ABANDON ET PERTE DE PIGNEROL
S'il fallait, du reste, une dernière preuve, l'abandon définitif du donjon de Pignerol me la fournirait complète. Les années 1692 et 1693 avaient été terribles pour cette forteresse. Menacée d'un bombardement en 1692 par le duc de Savoie Victor-Amédée , elle avait été assiégée et bloquée en 1693, jusqu'au 5 octobre. Vauban d'ailleurs était depuis longtemps d'avis de quitter ce poste , qu'il regardait comme inutile et dont il avait démontré l'impossibilité de la défense dans une lettre au ministre"^.
Sur les ordres du Roi pourtant , il avait fait un compte rendu du siège entrepris par le duc de Savoie, et des travaux à exécuter pour fortifier le bastion de Sainte-Brigitte, et particulièrement la partie voisine de ce bastion, c'est-àdire le fameux donjon, qui, paraît-il, avait fort souffert du siège. Il devint donc nécessaire de débarrasser la citadelle et le donjon de tout ce qui pouvait gêner une défense utile, et particulièrement des prisonniers d'Etat qui s'y trouvaient enfermés.
1 P. 429, V. 783, Mss. Dépôt de la guerre.
2 1693. Archives du Dépôt des fortifications, p. 472, l'^'' inventaire.