D^ANDILLY
U est vrai. Hais parlons nn peu de notre aflkire K
Or madame de Sablé ne veut pas précisément qu'on lui en parle. Elle a peu goûté la traduction de Tertullien. Très probablement le rouge lui en est monté au visage. Mais
Ce n'est point son homenr de faire des édals ;
Une femme se rit de sottises pareilles,
Et jamais du pabllc n*en Urooble les oreilles \
Seulement elle en a fait connaître sa manière de voir à d'Andilly, qui d'abord se trouve assez déconcerté. Mais bientôt celui-ci répond en homme qui se tire habilement d'un mauvais pas :
« Je m'avise que je vous dois responce touchant les « traductions. Celle dont le sujet ne vous plaist pas, es- « toit dix fois plus difficile à faire que l'autre. Et quant « à celle qui vous plaist, je vous envoyé la traduction « que M. de Balzac en a faite, et qu'il propose comme un « original et un chef-d'œuvre de traduction, afin que vous « jugiez si s'en est un, et s'il a fait parler ces consuls « romains avec une majesté digne de Rome, quoy qu'il « se soit donné une entière liberté, puisque M. Vallant « vous dira que jamais traduction ne fut moins fidelle. »
* Act. m, 8C. III.
2 Ibid,
CHAP. n, SEGT. n, ART. U^ $ VL 201
Ce VaUant, on le sait, était le médecin et l'intime de Madame de Sablé. La bibliothèque du roi possède ses portefeuilles. On y trouve plusieurs fragments du Tartuffe, alors dans sa primeur. On y trouve même Fun des trois placets qui figurent à la tète de toutes les éditions du chef-d'œuvre de Molière, celui où le grand comique demande au roi une faveur pour son médecin. L'obligeance de Molière à l'égard de ce dernier était-elle gratuite? ou le grand homme s'acquittait-il ainsi, en tète du Tartuffe, d'une dette contractée envers la docte faculté à propos du Tartuffe même? Le médecm de Madame de Sablé avait-il été discret pour son confrère? Etait-ce celui-ci qui, en échange de ses confidences, lui communiquait les productions qui en résultaient^? — Ces points sont trop difficiles à éclaircir entre deux actes. — Le rideau se lève pour le quatrième.