SECTION II
AOTOINE ARNAOLDy DOCTEUH DE SOHBONNF.
ARTiaE !•'.
Le Jansénisme Mrétique*
Antoine Arnauld, docteur de Sorbonne» qui occupe une si large place dans la biographie intime de sa famille, s'en est ménagé une bien autrement considérable dans l'histoire intérieure du siècle de Louis XIV. Chef de l'opposition religieuse^ il l'a excitée ou dhîgée pendant cinquante ans [16&S-169i] avec toutes les qualités qui lui ont mérité de la part du grand siècle le surnom de grand, avec tous les défauts qu'a fait oublier ce glorieux surnom. Peuseur profond, logicien consommé, écrivain i de grand style, homme de grand caractère, il laissa trou- • bler sa pensée par la passion, mit sa logique au service d'idées contraires ', dépensa son grand style à de misérables querelles, et son grand caractère à soutenir une hérésie. Cette hérésie, il est vrai, n'était à ses yeux que la doctrine de S. Augustin sur le libre arbitre. Mais un homme aussi compétent dans ces sortes de questions que bienveillant pour Port-Royal, celui-là même que de nos jours le grand Arnauld accepterait sans doute pour
1 La prédestination et la liberté. « Il est bien démontré qne Port-Royal, « fondé sur le double principe du néant de la nature humaine et de la « puissance unique de la grâce, ne pouvait admettre ni le Cartésianisme « ni aucune philosophie.... Arnauld n'a pas cessé d*étre un Cartésien dé- ■ cIaré...»(M. Cousin, Du iceplicitme de Pascal, Hevne des Deux- Momtn, t. X, p. 35\-353.}
286 * LES FRÈRES D'ARKAILD D A£iDiIXY.
juge, à moins qu'il ne fût toujours décidé à n'en pas reconnaître, M. Cousin a déclai*é le Jansénisme hérétique K Une telle sentence, portée de si haut, suffit pour* légitimer notre jugement sur le célèbre docteur, et nous permet de dire toute notre pensée sur ses doctrines et sur ses agresseurs 2. D'un seul mot M. Cousin a réduit pour nous cette prétendue réforme catholique, dont Port- Royal était le foyer, aux proportions d'une cabale théologique, tramée par des hommes de génie ^ ; et, du même root, r illustre écrivain a réhabilité la bonne loi des adversaires de Port-Royal. Ainsi ces adversaires tant moqués, ces persécuteurs odieux désignés à la vindicte populaire, ces prélats hypocrites, aveugles instruments de passions masquées, les Péréfixe et les Harlay avaient pour eux la raison, leur conscience et la religion même ; car ils avsdent la vérité. — Leurs ennemis ne défendaient qu'une hérésie. — M. Cousin, en le démontrant, a complété au profit du Catholicisme une série d'efforts> dont une partie seulement nous paraît suffisamment
^ 1 • Le uyslème jansénifte est mêlé de férité et d'erreor. Par son côté Ttai, « c'est la doctrine catholique.... Par son côté faux, ce n'est qu'une théorie
• particulière qui tombe sous noire examen. Port-Royal est un grand parti
• dans rÉglisc ; mais après «out ce n'est qu'un parU; ce n'est point l'Église f elle-Biôme. car l'Église l'a condamné. Ce qn'U y a resKntîellement faux f dans la grâce janséniste, etc.... > Il faut lire tout ce morceau capital de M. Cousin; {Du sccplicisme de Patcal, Rame des Deux-Mondes, t ix, p. 336.)
î «On peut dire aujourd'hui toute la vérité sur le Jansénisme. Le ■ P. Annat et le P. Letellier ne sont pas là pour nous entendre.... Portt Royal est tombé dans le domaine de l'histoire. Nous pouvons donc le
• juger avec rrspecl, mais avec liberté.... > {Ibid,, p. 334.)
* « Disons le donc sans hésiter : le Jansénisme est un Christianisme in- . « considéré et intempérant. Par toutes ses racines, il tient sans doute t t l'Égline catholique ; mais par plus d'un endroit, sans le vouloir ni le savoir « mtjno, a.incJine au Calvinisme.... Deux qualités éminentes lui ont man- « que; le sens commun et ki modération, c'est à dire la vraie sagesse, s (//*«/., p. 834-387.)
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appréciée. Des deux doctrines qui ont ébranlé le dernier siècle, et qui en ont fait écrouler les ruines sur la religion, il avait détruit le matérisdisme comme philosophe, tout le monde en convient; il a^ fini, et c'est ce que Ton n'a pas assez r^oiarqué, par détruire le Jansénisme comme critique ^ Heureusement le critique a gravé ses jugements, ainsi que le philosophe a scellé ses doctrines, dans un style qui les rend littéral rement impérissables.
A l'appui de ces jugements, nous devons l'avouer, notre dépôt ne contient plus que les copies de quelques pièces, dont les originaux ont dû servir à la publication des quarante-deux volumes in-4* où se trouvent réunies, depuis 1775, la plupart^ des œuvres du grand Amaukl. Ces co|Hes, d'ailleurs peu nombreuses, sont à peu près
1 Oq serait tenté de croire que le grand Amauld presientait riafluenec que rillustre improbateur de ses doctrines devait aToir au dix-neuyième sède sur l'instruction publique, lorsqu'il écrivait à !*mie de ses amies les plus dévouées, M*" de Fontpertuis : • Je ne doute point qu'on ne soit très saiisfaît < de monsieur votre fils, pourvu qu'on ne précipite rien, et qu'on le laisse c suflisamment dans les bumanités, en laissant là la philosophie de collège « qui ne lui servira jamais d9 grand'cbose. » Et ailleurs : « Je ne penscrois 0 qu'à lui Élire bien apprendre les humanités, et j'emploierois À cela les « deux ans qu'on leur fait perdre d'ordinaire à apprendre la philosophie f de collège Cela lui donnera quatre ans à étudier les lettres humaines, « qui sont bien plus Importantes, a ( OEuv, du docU Amauld^ t. ir, p. i46 et 467, lelt. ccccxvi et cccczci, du 3 mai 1683 et du 9 octobre 1684»)
^ Ou sait qu'il manque à ceUe édition la réimpression de la grande /'erpétuUé de la foi. Il y manque aussi plusieurs lettres, non pas seulement de celles q«e fes éditeurs n'avaient pu recouvrer sans doute f Cf. t. iii, p. 8ô4> lett. Dcccvii, du 5 juin 1691 ; p. 750, ielU Mxn, du 3 mars 1694 ; t. iv, p. 3, lelt. Mxxxvii, du 39 avril 1694, etc. Toutes ces lettres relatives à la fiunille Amauld devraient se trouver dans nos papiers, où il n'en reste aucune trace;} mais il y en manque également plusieurs de celles qu'adressaient au docteur ses correspondants, et qui n'ont pas été publiées quoiqu'elles fassent entre les mains des éditeurs. (CC Lanrière, Vie £Âm<mUi^ t. i, II. 170, t, II, p. 36, m, 215 et 394.)
288 LES FRËRES D'aRNAULD D*ANDILLY.
les seules traces qui restent désormais de ce glorieux personnage dans les archives de sa famille. — Parfois cependant son nom et les événements de sa vie se mêlent à la correspondance du marquis de Pomponne, dont nous aurons l>ientôt à nous entretenir.
Mais le fait principal que révèle à son égard cette correspondance s'y trouve mentionné avec tant de précautions et de laconisme, qu*tl passerait inaperçu si l'on ne nous permettait de réunir ici, par avance, quelques renseignements propres à l'éclairer lorsque viendra le moment de le mettre en relief. Cela est d'autant moins inutile que le point historique auquel ce fait se rattache, après s'être bruyamment produit, et nécessairement obscurci, au milieu des querelles religieuses du dernier siècle, s'y est tellement effacé, avant de se trouver lui-même élucidé, qu'il est aujourd'hui à peu près inconnu; et qu'en tous cas, pour s'en faire une juste idée, il faudrait se jeter dans une étude aussi longue que fastidieuse. — Il s'agit de l'acquisition de Nordstrand ^ île située près du Hol-
1 LMiistoîre complète de ceUe acquisition ne se trouve nulle part Nous n^avons pas la prétention de la faire. Pour en recueillir le peu que nous en BTons dit, nous avons été obligé de consulter principalement : 1* Chronicon congregaiionis Oratorii D. Jesu per provineiam achiepUcopatui MecMU niensis diffutœ^ ab anno D. 1626 vsque ad finem anni 1729, [auciore Petro de Swert ]. — P. deSwert, prévôt, c'est à dire supérieur général de rOratoire en Flandre, a joué un grand rôle dans l'histoire du Jansénisme, dont il Tut Tun des principaux soutiens. Il fit imprimer sa chronique en 1740; ma:s il n'en laissa produire aucun exemplaire en public avant sa mort, arrivée en 1747.-2» OEuvrei d^ Antoinette Bourignon, 43 vol, fabS", parmi lesquels il faut lire surtout : la Vie continuée d*Ant. Bourigàon [par Je ministre Poiret]; ta Lumière du monde, publié par Toratorien janséniste Christian de Cort; la Lumière née en ténèbres ; te Témoignage de vérité; C Innocence reconnue et la vérité découverte, rédigés et imprimés par Antoinette elle-même; le$ Persécution» dujuste^ V Étoile du matin. Us Avis et instructions salutaires.-^B"* Œuvres du doct, Amautd, 42 vol. in-4''f 1775, principalement les volumes i, ii, in, iv et xi.ii dans lesquels se trouveot les let-
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steiîï, sur les côtes de la Baltique, et dans laquelle Port- / Royal eut un instant le projet d'émigrer tout entier. C'est à Port-Royal même, à ses amis, à ses associés pour F acquisition de Nortstrand que nous avons demandé l'histoire de cette curieuse entreprise ^ En l'esquissant, nous porterons le scrupule jusqu'à laisser ignorer ce qu'en ont dit les Jésuites et leurs partisans ^. Singulière impartialité, nous en convenons, qui supprime les principales accusations et n'étudie que le dossier où devrait se trouver la défense! Mais qu'importe, après tout, si la vérité se fait jour dans ce dossier même? Aussi n'est-ce
1res,— 4" Vie de Mestire Antoine Arnauid [parLarrière],^ vol. ln-8% 4782, particulièrement la notice sur Nordstrand, t. ii, p. 385-400. —5<' Mém. de Fonfaine, t ii, p. 188.— 6* Bayle, Diction. Auf., v*^ Bourignon^ et NouveUca de la répub, de$ lettrée, 1685, p. 432 et 458. — 7* Cbauffepié, v" Labadit ; Nicéron et Goujet, dans les M^m. de Niceron, L ir, p. 144* t. x, p. 140, t« XTiir, p. 386, L XX, p. 140, etc. '— S*" Lettre pastorale publiée par M. de Mailly, arekevêque de Aetmj, le 10 septembre 1718. — 9** Lettre pattorale de Mi^ eévéque de Montpellier [Charancy], le 38 septembre 1740, — 10* Dé^ fence de la vérité et de ^innocence outragée dans la lettre pastorale de M, de Charancy, évéque de Montpellier [par Legros, chanoine de Reims]. — 11* Goajet, Vie de iVic0/<;, faisant le t. xiv des Essais de morale. — IS* Histoire du Socimanisme [par le P. Anastase], part ii, chap. XLni, p. 541-560, — 13* Histoire curieuse de la vie, de la conduite et des vrais sentimens de Jean de i^badie [par Des Marelz frères, avec la Modeste réfutation, la Déclaration chrétienne et la Copie de deux lettres qui doivent se joindre à Vhistoire].'^h'' ActaErudit., Lips., 1686, p. 9 et 1687, p. 233.— 15* Lett, tCEusébe Philal. [Dom Clémencct] à M. F. Morenas, p. 320. — 56* Giiîlbert, Menu hist. et chron., t. t, p. 541-565.
* « On n'auroit pas cru trouver ici de l'essentiel pour rhisloirc des ' > Jansénistes; il y en a pourtant. L'on y apprend que ces Messieurs, lors- I qu'ils étoientle plus persécutez en France..., résolurent de se cantonner « dans une lie sur les côtes du Holstein, et qu'ils en avaient acheté déjà une ■ partie, etc. » Pfouvell. de la rép. des lett., 1685, p. 427.
2 Morenas f ex-cordelier], Abr, de Vhist. ecclés. de Fleury, t x, p. 86 ; D'Avrigny, If^ chronol. pour Vhist, ecclés., t. m, p. 144; Supplém. aux Nouvelles eeelés, passtm; Colonia et Patouillet, Diciionn. des liv, Jansén.^ t. 11^ p. 354f V* Imaginaires ; Lettres choisies de M, Simon [cx-or8toncti1« t. iif p. 227, lett. xxxij, du 15 janvier 1687, etc.
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point en faveur de cette méthcnle abrégée d* instruire un procès que nous sollicitons T indulgence du lecteur, mais bien plutôt pour les longueurs d'un épisode que l'intelligence «du sujet nous oblige à reprendre d'un peu loin.
ARTICLE n.
Le Jansénisme prédicant. ^
Le Jansénisme, placé sur les confins du Catholicisme et de l'hérésie, est une- réaction contre les tendances de la Ligue, qui avait gravité vers les limites opposées par lesquelles l'orthodoxie touche à l'ultramontanisme. Il est né des doctrines gallicanes agitées de l'esprit inquiet de la Belgique espagnole, comme la Ligue était issue de ces mêmes doctrines frappées de vertige par l'astucieuse politique de l'Espagne méridionale. Aucun de ces deux mouvements, on ne l'a point assez remarqué, n'est donc vraiment national dans son développement. Le choc qui détermine celui-ci descend des Pyrénées; l'impulsion qui engendre celui-là vient des rives de TEscaut ; et si l'histoire de l'un se déroule de l'Escurial au Louvre, celle de l'autre flotte perpétuellement de l'Université de Louvain à Port -Royal.
Ces mouvements si contraires ont d'ailleurs procédé par les mêmes voies. Tous deux se sont adressés aux corporations. On sait quel levier y trouva la Ligue ; et chacun connaît ce passage d'une letti*e de Jansénius à Saint-Cyran : « Ce ne seroit pas peu de chose si Pilmot « [le Jansénisme] fut secondé par quelque compagnie...; « car, étant embarquez, de telles gens passent toutes les
cBAi>. m, SFXT. n, art. u. 291
(( bornes pro onYonlra^. » I/ami dé Saint-Cyran ehen-cha donc avant tout à mettre Pilmot sous le patronage de quelque compagnie ^. Ce ne fut pas aux plus anciennes qu'a s'adressa de préférence, mais à celles qui, dans toute Tardeur d'un début ou d'une Réforme, avaîrat assez de zèle pour patronner ses propres débuts, assez d'entbousiasme pour seconder sa propre réforme. Divers établissements surgissûent alors en France, ou s'y réorganisaient pour combattre les désordres que la Ligue avait introduits jusqu'au sein du clergé. Dans le cloître, les ré- ■ formes de Saint-Maur et deSaint-Vannes pour les hommes, ' de Port-Royal et du Calvaire pour les femmes, épu- ' raient différentes familles de S. Benoit'. Dans le monde, \ le cardinal de BéruUe cherchait à créer au sein de l'Oratoire une association de prêtres exemplaires ; et Vincent de Paul, à constituer dans Saint-Lazare une pépinière de missionnaires édifiants. S'insinuer dans ces établissements, c'eût été se saisir de la haute aristocratie monacale, de la portion du clergé séculier à qui appartenait l'avenir, et pai* elles de toutes les populations. Saint- Cyran, sous l'inspiration de Jansénius, tenta ces- diverses conquêtes *. Éconduit du Calvaire par le célèbre P. Jo-
i Uttre$ de Jansénhu, lellre da 2 juin I6S8» p. 150. Tout en ehoyant les ooaipagfnies, Jansénius ne négligeait pas les hidifidos. il avait Icmé, mais en Tain, le cardinal de Ridielieu, dans les bonnes grftees doqnel ne put se nainlenir son ami Saint-Cyran. ( Mém. de Lanceioi, t. i, p. 527, etc.)
3 [L'abbé de Saint-Cyran interrogé,] « a dh Pinclination qa*il a d'assister ■ toutes les communaatés... > (Interrogatoire, dans le ntcueilin-X^ p. 88.)
A Voir pins haat, p. 156-176, ce que nous avons écrit sur Rancé et sur la Trappe.
^ Au début, Saint-Cyran n'avait fait acccptiou, dans ses tentatives, d'ancan éiabHsMment ; tout lui était lM>n. La foi, disatl-il, doit être caffw tique comme la eharifé, (Mém. rie Livcclot, t. ii, p. 271. ) Mais les érlirrs
292 LES FRÈRES D'ARN ADLD D'ANMLLY.
. seph s introduit à Port-Royal par d*Andilly \ repoussé des missions par Vincent de Paul ^, il ne put entr'ouvrir qu'à demi les portes de l'Oratoire * et de la congrégation de Saint-Maur K
Le mouvement de réforme se trouvant moins avancé en Belgique^, Jansénius eut aie faire naître ; ce qui était une manière plus difficile, mais plus sûre de le conquérir. Il ne négligea point de le propager dans les abbayes de l'ordre de Saint -Benoît ^ ; mais l'Oratoire, dont l'action était plus directe sur les masses, lui parut propre surtout à seconder ses projets; et pendant sept années [1619-1626] ce fut vers ce but qu'il concentra ses efforts *. Il y fit
siiccesttfs quHI subit dans son prosélytisme te forcèrent enfin de se ralMtlre exdusivement sur Port-Royal, quoiqu'il condamnait ceux qui w faisoient un petit monde dan» un grand monde, (Mém, de Lanceiot, U ii, p. i69.} La pratique l'ayait entraîné an démenti de ses théories.
i Jbid,, 1 1, p. 82; Radne, Hiet. de P. A., p. 4l« — CL Udyot, Htst. de» ordres monastique», L Ti, p. 367.
3 Lettre» de la M. Angélique t. i, p. 13, lettre du 7 janvier i6Sl ; p. SI, lettre du 3 novembre 1634 ; p. 39, lettre du 38 mai 1626 ; p. 383, lettre du 6 mars 1643, etc. — Cf. Mém, de Lanceiot, u i, p. 877-434, la première des Pièces justificatives ; et Mem, de la M. Angélique, t. i, p. 474-495 ; on y verra combien le P. Joseph dut se féliciter d^avoir éloigné Saint-Cynn du Calvaire.
^ Mém, de Lanceiot, U i, p. 95, 286, t. ii, p. 292 ; Racine, iRtf. eeclé»,^ U XIII, p. 162 et 166; Recueil tn-12, p. 35, 89, 69, 166f D. Gerfaeron, hist, du Janeén., i, i, p. 459. — Cf. Collet, Lettre» critique»^ première lettre, p. 1-36 ; Mém. de la M. Angélique, t. ii, p. 884» lettre du 13 mars 1655 ; Abelly, Vie du vénér. Vincent de Paul, liv. ii, p. 409.
4 Mém, de Lanceiot, t i, p. 78, 94, 153, 308, n.; Rseueil in-lS, p. 12, 70. — Cf. Quesnel, Anatomie de la sentence, p. 10; Mem* de la M, Angélique, L i, p. 451 ; et plus haut, p. 38, n. 8.
fi Mém. de Lanceiot, L i, p. 97, t n, p. 180^ n. ; Déf. de M, Vin* cent; Acte», lett,, relat,, t. i, n. 4* p« 191.— Voir plus haut, p. 131, n. 3.
s Laurent Beycrling, Magnum theatr, vitœ hum,, t. iv, lettre R, p* 268.
"^ Voir plus haut, p. 35* . s Swerr, Chronicon, p. 4-7, 27, 65| etc. ; Lettres de Jansénius, p. 1-178 Tpassimt
CHAP. m, SËCT. Uy ART. H. 295
concourir les prélats les plus influents de la Belgique et i de la Hollande : Boonen, archevêque de Malines, et Ro- i venius^ archevêque d'Utrecht'. Il fit partager ses vues aux archiducs-^gouvemeurs des Pays-Bas ^, et se rendit en France [1626] pour en hâter l'exécution '. 11 avait accès près de BéruUe, le fondateur de l'Oratoire, par f l'antipathie commune que leur inspiraient les Jésuites^; • et Saint-Cyran le seconda si bien près de ce saint personnage, que trois prêtres de sa compagnie furent enfin détachés pour aller s'établir à Louvain, sous les yeux mêmes de Jansénius, qui depuis [neuf ans [1617-1626] s'y était fixé \ Du diocèse de Louvain, l'Oratoire se pro- ) pagea rapidement dans toute la province ecclésiastique de Malines, et jusque dans la Hollande ^, et devint ainsi le principal auxiliaire de * Jansénius dans les Pays-
î Les archeréques d*Utrecht, ne pouvant prendre ce titre qu'avait aboli la réforme» en prirent un autre in partibus ; ainsi Roveuius portait celui •. d*archefiÊque de P]iilippes^(Cr. Lettres de Janêéniuê^ p. 99 et i07), comme plus lard M. deNeercastel, l*ami d'ArnauId, porta celui d*év£quedeCaslorie. (Swert, Chranic, p. 77, et Lettrée tCAmauld^ passim.) Mais, pour plus de clarté, nous désignerons ces prélats par le nom du siège qu'ils occupèrent réellement, et non par celui que les spoliations de la réforme les forçait d'y substituer.
3 Swert, Chronieon, ibid,
s JkkU^ p. 27, et ÀppeiuL, p. li, MoKum., x et xi.
4 Voir la lettre de BéruUe du 23 décembre 1629, au cardinal de Richelieu ; Jbid., AppeniL, p. 8, Motmm. T.^JanséniusaTait d'ailleurs secondé en Belgique les efforts de BéruUe pour soumettre à l'autorité de celui-ci les Carmélites déchaussées (Cf. Mém. de la M. An^lique^ t. u, p. 344), quarante ans avant que ses disciples amenassent les religieuses de Port-Royal à secouer Tautorilé de l'archevêque de Paris [4323-1664]. (Voir Uttree de Jaminiu» du 27 mai et du 2 juin 1623, p« 145 et 149.; Un autre point unissait encore Bérulle et les amis de Jansénius; c'était le blâme qu'ils déversaient sur la cour de Rome. [Mim. de la M. Angélique^ t, ii, p. 309.)
s Voir les lettres adressées à Saint-Cyran, & la suite des lettrée de Jarné^ Hw», p. 301-326.— Cf. Mém, de Lancelot, 1. 1, p. 78 ; t. ii, p. 94, n. » Suert, Chronieonf p. 4-27 et 77.
29a L£S FRÈRË6 D'ARNALLD D'AMDIUY.
Bas ^ Ce fut dans son sein que Port-Royal, persécuté, et particulièrement le gcand Arnauld trouvèrent leurs meilleurs appuis^; près de ses membres qu'ils trouvèrent, exilés, leur meilleur asile.
Huit années avant la mort de Jansénius [1630-1038], était entré dans cette congrégation un prêtre qui en fit trente-trois ans F édification et six ans le scandale ; Christian de Cort, premier assistant de l'Oratoire, supérieur de la maison de Malines et curé de Saiqt-Jean, paioisse principale de cette cité *. Christian, si Ton en croit un de ses confrères, janséniste comme lui, était, malgré sa chute, un homme d*un génie vaste et entreprenant^. C'était du moins, avant sa chute, un excellent prêtre, plein de zèle et d'activité, espèce de Vincent de Paul dont la charité faisait le génie* Ce fut à créer des hôpitaux qu'il appliqua d'abord cette surabondance de charité que n'absorbaient ni la direction des siens ni les
î Andreaê CreuHn,,»,» 17 Juny 1667 inauguratuê est aixhiepiêcofnu MechUnienêk^é* CœpU iê moâ^ ah inifto vthemeniiê$ime penet/ui eeclesioi-' fico* iUûs f «i vocabantur Janteniste ; cnmpie invidioêo iUo, et ab hostUmê t^ritatU ae fmtia ekristianct fcen» excofitato, namine traduoereolur omncs omnUio prcsbyteri congregationis nostne Belgîcae, vexavit eiiam iUo9 ab initio,.,, ( Swcrt, Chronicon, p. 86.)
; > Neercastel, qui, après avoir toidlà à rUDivenilé de Louvain, entra ù rOraloire de Paris, d*où il revint à TOratoire de Malines (SwcrI, p. 77); Coddi^ égalemeot élève de Louvain, de Paris et de Malines et successeur de Neercastel à rarchevêcké d*Utceoht, aveo le titre de Sétaste (Ibid^, Pi 116); De Hondty prévôt général de lX)ratairei dans la maison duquel Arnauld mourut, après y avmr été caché durant les cinq dernières années de sa vie (Ibid., p.- 458}, etc. — Il faut lire la eorrespondanec d' Arnauld avec tous ces Oratoriens belges, et la défense qu'il prend de leur congréga- Uon dans les Difficultés propotées à M, Ste^aert» ( Œuv., t. viii et ii.)
' Swert, Chronicon, p. 80-41 ; Innoc. reconn,^ p« 13-20 ; Témoignage de vérité, p. 15.
i Vir fuit vasti ingenii et latoriosus. (Swert, Chromeon^ p* 6i)>— Cfl Larricrc, VictCArmmtdt L ii, p. 387.)