‹ La vérité sur les Arnauld (volume 2)Chapitre 3 sur 99 · A MES ADDITEUKS BRETONS. XI · texte numérisé non relu

A MES ADDITEUKS BRETONS. XI

pour cette Société, comme je l'ai fait pour les Âr~ nauld, que j'admets tout ce que je n'ai point combattu. Je n'avais pas à faire son histoire ; et le peu que j'en ai dît, je l'ai forcément emprunté à celle de ses adversaires.

Il est un point cependant par lequel mes recherches peuvent ne pas être inutiles à la cause des Jésuites. Ce point, je me garderai de le dissimuler; car pour l'historien la justice n'est pas chose facul« tative, et le devient d'autant moins qu'il est plus impopulaire de la rendre.

La cause principale du discrédit des Jésuites, le fait est notoire, c'est la persévérance qu'a mise le Jansénisme à leur attribuer en masse les opinions et les actes de quelques-uns d'entre eux ; actes et opinions la plupart du temps condamnables, mais condamnés avant tout par la Société dont faisaient partie leurs auteurs. Or mes recherches prouvent qu'en procédant de la même manière il n'est guère de griefs articulés par les Jansénistes contre cette corporation qu'on ne puisse rétorquer contre euxmêmes. Seulement, pour cela, il ne serait pas besoin de descendre chez eux jusqu'à cette lie que les temps d'orages font fermenter dans tous les partis ; il suffirait de s'arrêter aux plus grands, aux plus purs, à ceux-là mêmes dont tout autre parti pourrait s'enorgueillir.

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Ainsi ce n'est point un La Valette qui entraînerait Port-Royal à des spéculations hasardeuses ; ce serait le grand Arnauld lui-même *. — Ce ne sont plus des séides inconnus qu'on accuserait chez les Jansénistes d'attenter aux existences qui leur feraient obstacle; c'est le procureur du grand Arnauld, le docteur de Saint-Amour». — Le Jansénisme ne s'introduirait pas seulement au sein des familles étrangères pour en relâcher à son profit ou pour en dissoudre les liens; d'Andilly ferait tout cela au sein de sa propre famille, dans l'intérêt de ses ambitions et de ses doctrines'. — Aucun confesseur de cour ne serait plus avide de la direction d'un roi, plus convoîteux de circonvenir les princes que cet instituteur manqué de Louis XIY *, rêvant la curatelle de tous les ducs d'Orléans '. — En dehors de la cour, aucun Jésuite, même en robe longue, ne vaudrait ce Janséniste en robe courte pour accaparer les consciences de choix et tenter les conquêtes influentes; témoins ses efforts près de Fabert et de Rancé®. — Enfin nul casuiste en présence du danger ne capitulerait mieux avec les

S T. II, p. 1-21, 184-214i etc.

^ T. I, p. 6-14i et t. II, p. 60-100.

apparences que Pomponne ayec ]a manifestation de ses doctrines en présence du pouyoir '. — Et ks fils de celui-ci défieraient n'importe quels courti«sans en fait d'obséquiosité ^.

Mais est*ce à dire pour cela que le parti janséniste, et même que la famille Arnauld soient un composé d'ambitieiix insatiables» d'intrigants ha« biles, de spéculateurs effrontés et au besoin d'assassins intéressés ? — Tant s'en faut. Un parti peut valoir mieux que ses chefs même; la famille, mieux que $9$ principaux membres ; les individus, mieux que certains de leurs actes. — Il y aurait de beau^ côtés dans l'histoire du Jansénisme, n'y eût-il que la supériorité du talent; il y en a d'admirables, |e Tai déjà veconnu, dans la biographie des Arnauld}. Mais en leur rendant justice, je pense qu'on peut aussi la rendre même aux Jésuites.

Ainsi quoique mon but premier soit de compléter la biographie de la famille Arnauld, je me féliciterais si, d'une manière accessoire, mon travail contribuait à transporter dans l'histoire de deux partis fameux ces habitudes d^ l'Ëcole, qui interdit si sé?è|pement toute conclusion du partieuUier au généraL Les questions essentielles qui concernent ces partis» celles que je n^ai pu ni touIu aborder,

* T. iij p. lOM*?»* «T.îi,p.tl6-278.

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