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frère pour ce dernier, voyons quelles lumières peut nous donner à ce sujet ce qui reste de la correspondance de l'oncle et du neveu. Et d'abord sachons à quelle occasion elle se renoue.
S I* te docteur Arnauld créancier snr titre.
Vers 1641, époque de la mort de leur mère' (leur père était mort en 1619) \ l'évêque d'Angers avait reçu du docteur, à titre de prêt, nous l'avons déjà dit, une somme pour les intérêts de laquelle celui-ci devait percevoir chaque année deux cent trente-deux livres ^ En 1643, le docteur s'était cru obligé de se dérober aux poursuites du pouvoir, et s'était ménagé en France une reti*aite d'où il ne sortit qu'au bout de vingt-cinq ans, ^ lors de la paix de 1668 ^. Durant ce laps de temps, et même quelques années après, l'abbé de Saint-Nicolas, ^ devenu successivement ambassadeur [1645], puis évêque [1649], avait, en soignant ses intérêts, ceux de son prince, et son troupeau, perdu de vue cette misérable rente de deux cent trente-deux livres ^ dont son frère ne
< Le 28 février 1641. Mém, de la M, Angélique, RclaUon de la vie et des vertus de madame Arnauld, t. m, p. 305.
2 Mém. de d'Andilly, part, i, p. 28.
> Voir plus liaut, 1. 1, p. 281.
4 Quesnel, Vie d^ Arnauld, p. 419 ; Larrière, Vie d^ Arnauld, 1. 1, p. 65, 163, etc.; Mém. de Fontaine, t. ii, p. 112, etc. Etait-ce Arnauld que Bacine arait en vue dans sa seconde Lettre à Nicole ? (Œuvres, t. vi, p. 88.) « Commencez à faire les importants ; mettez-vous dans la U^te que Pon ne • parle que de vous, et que i^on vous cherche partout pour vous arK-ter. « Dé'ogcz souvent; changez de nom, etc.... >
6 €.,„ Six mille livres me sont dus... pour n*avoir pas élé payé pen- « daut plus de vingt-neuf ans des arrérages de niu renie, m (OKuvrcs du dort. Arnauld, I. m, p. 423, Icltre occcxlvi, du 28 janvier 1692.) Voir plus haut, t., t, p. 28), n. 3 et 4*
30 IXS FILS D'ARNALID l^'AHDIIXY*
pouvait d'ailleurs avoir grand besoin dans une captivité économique. Mais la liberté est dispendieuse» et le docteur, délivré, dut songer à l'arriéré de ses rentes. Au moment où il y songea [1671] ^ la vingt-neuvième année courait, emportant son revenu comme les vingt-huit précédentes ; et ce revenu seul, à n'en pas calculer les intérêts, s'élevait à la somme de six miUe sept cent vingt-huit livres ^ Le bruit public lui apprenait d'ailleurs que si son frère d'Angers s'était condamné à la rési*dence stricte des évèques de la primitive Église, il ne s'était pas condamné à leur frugalité. Pour n'être pas à la cour, le prélat résident ne s'en nourrissait pas moins bien en province ^ et son neveu l'aidait à faire largement les honneurs d'une table ^ qui absorbait non seulement les rentes du docteur, mais un peu plus que les revenus de Tévêché. Le prélat, dont plus tard Rome aurait dû préconiser les vertus, sur l'information de son frère ^, se trouvait dès lors passablement endetté. II est vrsd qu'il n'avait pas signé le Formulaire. Mais le docteur était
1 et Guelfe, Retraite ^Amauld^ |i. 65; Larrîère, Vie WArnautd^ L ii, p. 33 ; Œuvreê du doet, Amauld^ L nr, p. 139, leUre vi, da 9 octobre 1681 ; p. 146, lelire ix, da 15 noTemhie 1683 ; p. 148, lettre x, da 11 jaoTier 1683 ; t xLu, tuppL, p. 42, lettre xux du 18 juin 1684, ete., ele.
> Le 13 juin 1684, le docteur dit que son frère loi a AJt une obligation de plus de 6,000 livres (ibid.) ; le 14 mai 1691, H dît que sa dette doit l'élever de 5,006 à^,000 livres (ièid, U ui, p. 847) ; le 38 janvier 1692, Il dit qu'elle est de 6,000 (ikid , t nr, p. 423) ; le 23 octobre, le 18 et le 27 novembre 1693, la délie est de 6,700jet Uni de livres {ibié., p. 684, 695 el 699). La mémoire reicnail au docteur à mesure qu'il avançail eo Age. £n eiët 332 livres pendant vingt-neuf ans, font 6^728 livret, el même, U ûiut le.remarquer, sans compter les inlérèU des intérêts.
* Larrière, Vie d^Amwld, t ii, p. 83.
4 Ibid,, p. 83 et 34 ; OEuvree du doct. Arnauid, t m, p. 187, lettre dcciu, du 4 avril 1689 [perperam 1688].
^ Voir plus haut, 1. 1, p. 284.