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décidé à lui faire signer un billet de six mille sept cent vingt-huit livres pour les arrérages de ses rentes. Dans cette vue, le créancier eut recours au neveu qu'il oubliait depuis si longtemps, et lui écrivit une lettre qui ne nous est point parvenue, mais dont il est question dans d'autres lettres de cette correspondance ^ Le neveu répondit à l'un de ses oncles que l'autre était pour le mo^ ment insolvable \ D'après cette réponse, au mois de septembre 1671, le grand Arnauld partit pour Angers. Des relations oiScielles ont été publiées de ce voyage qui en font une espèce d'ovation de la part des fidèles de l'Église janséniste ^. Or il en existait une histoire manuscrite, dont les éditeurs si féconds des documents favorables au parti ne nous donnent qu'une analyse ^, et dont le texte nous semble avoir dû indiquer le budget du triomphe. Mais tout ce que nous savons de ce budget, c'est que l'évèque d'Angers y contribua pour le billet de ses arrérages seulement K En échange, il reçut une semonce sur sa table, dont il essaya d'excuser la friandise en disant que c'était pour lui le moyen le plus efficace d'agir sur l'esprit des Angevins ^. 11 dut faure valoir aussi, cpmme compensation, la sobriété qu'il exigeait du bas clergé.
1 Cf. OEuvrtê du doct, Àmauld, U ir, p. 145, lettre cccixxiv, du S8 mai i68S, et lettre Dcan iMjl indiquée.
s Jbid.t t. m, p. 423, lettre dccczlvx, du 28 jantier 1692.
8 Larrière et Guelfe, loc. dt. ; Cf. Besoigne* Vie$ des ^atre évéq.^ U i, * p. 299 ; Goajet, Fie de NicoU^ part, ii, p. 67, el€.
4 IMation vMMUicriU du vojfa^ ^Àngers^ indiqua pv Larrière, Vie éTÀmauLit t* u, p. Si, 32, etc.
» Voir les notes précédentes.
* Lanière» VU d'Aruauld^ t. u, p. 33 : « Ce prélat très solireM avoit « DéanmoiDS une asseï bonne table, parcequ'il croyoit, dlsoil-ii, dans les « commencements deroir se senir de ce mojea pour oonnoUre cl gagner «I Moûeurs les Angevins.
S'il tenait table ouverte, n'avait-il pmnt fermé les cabarets ' ? Le docteur partit indemnisé, mais laissa impénitents son neveu et son frère. Tout le temps que ses rentes furent ponctuellement servies, U paratt ne s* en être plus inquiété.
En 1679, la paix rompue, le grand Arnauld crut devoir s'expatrier ^. Dans son exil, par surcroît de précautions, il jugea prudent de se cacher ^. Retombé dans la retraite,* ses rentes lui devenaient moins nécessaires; tel parut être du moins l'avis de son frère d'Angers, car dès le 9 octobre 1681 le docteur écrit à un abbé Jannin : a Est-ce donc qu'il faut se résoudre à perdre le couce rant de ma rente, après en avoir perdu vingt-huit ou « vingt-neuf années, pendant tout le tems que je suis ce demeuré caché 7 Et cependant je suis accabl^ de dettes. c< Peut-on, en conscience, agir de la sorte? J'ai honte c( d'en écrire à M. l'évèque d'Angers. Mais il me semble (1 que ce seroit une charité, autant pour lui que pour « moi, si quelqu'un vouloit bien lui représenter l'obliga- « tion qu'il a de ne me pas faire perdre mon bien. Car ce ce ne seroit pas seulement un délai, ce seroit une perte c( entière de toutes ces années-ci, si elles n'étoient point (t payées quand Dieu l'appellera à lui ^ »
Ainsi, en 1681, l'évèque d'Angers devait déjà de nouveaux arrérages pour plusieurs années, et son frère
^ Voir pi as hant, 1. 1, p. 276.
^ JHem. de Fontaine^ L ii, p. 406, et la plupart des Mémoire$ janséoistes, dont quelques-UDS, comme œux de Fontaine, exagèrent ou supposent des périls que necM>urait pas le docteur. Voir ce qa*il dit lui-même des motifs de sa retraite dans les lettres qu*il adresse à sa famille, au roi, à son archevêque, au chancelier. (OEiivrM, t. ii, p. S7-5?. — Cf. Quesnel, Kie (CAr^ nauld, p. 146.)
* Guelfe, Retraite tCArnauldj passim.
4 OEuvtres du doct. Àrnautd, t. it, p, 139.