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« que point, j'attenderé, Monsieur, pour lui en donner « une, le temps auquel vous me faitte l'honneur de me « marquer que vous y consentirez. »
Jusque là Fabert croit devoir garder le silence. Mais le 21 février 1657 d* Andilly le rompt de lui-même : « Ce « que vous ne me mandez rien de mon jeune fils ne me « fait que trop juger, Monsieur, qu'il ne revient point de «son aveuglement; en quoy ma seule consolation est « qu'il a l'honneur d*estre auprès de vous. » — «Je ne « me suis plus donné l'honneur de vous escrire de M. de « Villeneufve, répond Fabert le 28 février 1657, parce- « que vous me fistes celuy de me mander, il y a quelque « temps, que vous m'ordonneriez au printemps ce que « vous voudriez que je fisse à son esgard. J*atend vos com- « mandements sur cella. Je n'ay pas voulu luy parler, ne « l'ayant pas jugé nécessaire, que vous ne fussiez résolu « sur son faîct. S'il persiste à vouloir porter les annes, je (( puis mettre deux enseignes à ma compagnie. 11 sera le « second aussytost que vous me l'aurez comandez/et « cette charge sera créée pour luy ; car dans la yille il « n'y en a point de vaquante. »
i IL. Vocation accélérée.
D' Andilly, bien convaincu désormais, comme il le disait le 21 février, que son fils ne revenait point de son aveuglement, acquiesce enfin, le 6 mars 1657, aux offres de Fabert, qui lui écrit le 18 du même mois : « Je ne me « donnay pas l'honneur de respondre à vostre billet du 6 « par le précédent ordinaire, parce. Monsieur, qu'estant (' sur le subjet de M. de Villeneufve, je voulois qu'il (( fust en possession de la charge que vous appi'ouvîez
\ « qu a prist, avant que de vous dire que je tiens à offence « ce qu'avec un excez de bonté vous me dittes là-dessus. (( C'est une bagatelle que la charge qui a esté créée... > Cette charge cependaait avait cela d'avantageux qu'eDe laissait, comme l'avait voulu Fabert, le jeune officier myope à l'abri dans une garnison. Mais à peine celui-ci en est-il investi, le père s'informe près de Fabert s'il n'y a pas quelque chance de mettre des régiments en campagne, et il lui laisse toute latitude pour y placer son fils. Un étranger ne saurait être plus scrupuleux qu'un père, et Fabert répond le 11 avril 1657 : « Il n'est pas « encor bien certain que j'envoye des compagnies d'im- <c fanterie à l'année. 11 faut en lever pour celJa, à quoy « je trouve beaucoup de dificulté. Mais sy je l'entre-
' (( prend, M. de Villeneufve y poura avoir employ, puis- « que vous laissez cella à moy ; mon opinion estant (( qu'ayant une espée au costé, il la faut rendre utille à « sa patrie, ou la remettre au crocq. Une campî^e vous « fera cognoistre ce que l'on doit attendre du génie de « M. vostre fils. // a beaucoup de volonté. Il ne prend a pas légèrement des pencée. Il est ferme dans ses réson luttons et ne veut pas demeurer dans un estât au des- « sous de sa naissance. — .Mais, ajoute Fabert comme par « une espèce de remords^i sa vèue seule me fait peine. (( Hors célla, je serois absolument persuadé de luy pour (( toutes choses. »
Ce regret que la conscience de Fabert glisse comme un dernier avertissement, tout à la fin de sa lettre, ne produit aucun effet sur l'esprit du père, à qui la faiblcï^se de la vue chez son fils cause mointf de peine sans doute que l'énergique entêtement de celui-ci à fuir la solitude. Aucun obstacle ne s'élève donc pour entraver la bonne
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volonté de Fabert, qui écrit le 16 avril 1657 : « Je viens ' «demander à Son Eminence [le cardinal Mazarin], « qu'ayant eu responce des personnes qui doivent lever « les quattre compagnies d'imfanterie que j'accorde de « lever, des dix que Ton me demandoit, que je ferez comc( mencer à y travailler -aussytost que j' aurez receu les (( commissions pour cella, et que l'année prochaine je « ferez les autres compagnies que je n'ose entreprendre « à présent. Sy, comme je croy que l'on ferra, l'on m'en- « voye ce pouvoir de lever, je changeré la charge de (( garnison de M. de Villeneufve [il l'a depuis un mois] « en une charge de campagne; et sy l'année prochaine « vous voulez pour luy une compagnie, l'on la luy don- (( nera. . . »
Fabert oublie- t-il donc que le 2à juillet précédent il écrivait : « Ce seroit un CRIME de donner des gens à (( mesner au combat à un officier qui ne verroit pas à <( dix pas devant luy?)} Le sang humain lui était^il si peu de chose? Nous préférons croire que le vieux guerrier se sentait rassuré par la froide sécurité du père, et entraîné parles instances du fils; car celui-ci, ainsi que le disait encore tout récemment Fabert, avait beaucoup de volonté, ne prenait pas légèrement des pensées, et se montrait ferme dans ses résolution^, «M. de Villeneufve, « dit-il le 18 avril 1657 à d'Andilly, tesmoîgne une ex- « tréme envie de servir à l'armée. Je n'ay pas encor fait « comencer à lever les compagnies que je prétend ence voyer en campagne cette année. J'atend pour cella les « commissions et l'ordre que j'advance l'argent de la le- (( vée et armement, sy l'on ne veut m'en envoyer présence tement. Je croy dans quinze jours que cella sera fort « advancé ; et vous pouvez compter, Monsieui-, vostre
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« fils pour officier de campagne, sy de la cour l'on dc « change cette affaire, n Le 2 mai suivant, Fabert écrit encore : « Aussytost qu'un gentilhomme que f ay envoyt « à la cour reviendra, je croy que l'on comencera la le- « vée des quattre compagnies que le roy veut que yt u face ; auquel cas M. de Villeneufve quittera ta garni- « son, puisque vous le luy permetez, et que vous tuy en tt accordez lajoye, n
On ne peut songer sans frémir à ce qu'était cette joie, lorsqu*on se rappelle que celui qui la ressent, d'après son propre aveu, n'a embrassé la carrière des armes que par force, et que depuis il a acquis la certitude ile ne pouvoir en attendre ni honmur ni fortune, mais seulement de «'y faire tuer, safis pouvoir donner autre opùuon de itty, sinon qu*il seroit allez aux ennemis sans les ouoir veu^ et sans savoir qu'ils seroyent devant luy. — Cette joie n'inspire à son père que de la reconnaissance pour Fabert. « Permettez-moy, je vous supplie, Monsieur, « écrit-il à celui-ci le 21 mai 1657, que pour vous des- « charger entièrement mon cœur sur le sujet des obliga- « tions que je vous ay touchant mon fils, je vous dise au « moins une fois en ma vie que celuy-là estant le seul de « mes enfans dont j'estois en peine, vous ne pourriez « sans injustice ne pas avouer que je ne sçauroîs trop res- « sentir l'extrême faveur que vous me faites d'en vouloir « prendre tant de soin... »
D'Andilly se trouve sans doute bien rassuré désonnais sur l'avenir de son quatrième fils, puisque celui-ci entre en campagne. Fabert écrit au père le 23 mai 1657 : « Je croy que voicy le dernier [ billet] que vous aui^ez ce de moy avant le despart pour l'armée de M. de Villece ueufve... » 11 paraît cependant que le départ du jeune