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oflicier fut ajourné, carie 8 juillet 1657 Fabert écrit de nouveau.: « Je suis marry, Monsieur, de ce que M. de ^ « Villeneufve vous a mandé une bagatelle S à laquelle je « puis vous jurer avec vérité que je ne songeois plus. Je « ne penssoîspas qu'il eust osé vous escrire sur ses sortes a de choses. Ge que je puis vous dire de cette afiaire est « qu'on a creu qu'il avoit escrite la lettre dont 11 vous a « escrit, ce qui m'obligea à luy parler comme je Os, pour a luy faire cognoistre le desplaisir que vous recevriez, sy « vous apreniez qu'il fust capable de semblable chose. « Il me nia fortement l'avoir fait; et il ne me resta dans « Tesprît que l'opinion qu'il estoit d*un esprit arrestéj et <( capable de croire qu'il pouvoit persuader ce qu'il luy (c plaisoit. Depuis ce tempsrlà, il m'a voulu parler, s'ai^ « tachant fortement à faire ce qu'il reut^ et voulant « confondre de raison ceux ausquels il parle. Pour race batre cella, je ne Tay pas voulu entendre ; au contraire, « je l'ay blasmé devant des gens qui luy ont dit que je « trouvois à redire en luy cette manière d'agir. Je con- (( tinueré en aparence à mespriser ses raisonnements, « sy vous le trouvez bon, parcequ'il s'y apuye trop, et (( que je croy nécessaire de le corriger de cella. Sy je (( savois quelque autre chose, je vous le dirois aussy in- « génuement que je vous dis cella ; et sy, Monsieur, vous « voulez que j'en uze autrement avec luy que je ne fais, « je le ferrez. Mais je croy que vous luy feriez tord. Les « capitaines de la garnison savent que je luy veux osier « de cette créance qu'il a de pouvoir faire aprouver tout « ce qu'il fait et qu'il dit, et il agiront pour ceUa de leur
1 D'Andilly, qui a consenré IbdI de lettres de Fabert, n*en a ftas consenré une seule de son fils; maïs, comme Ta dît un autre de ses fils, ses ( u*élaieut pas œ qu'il aimait le loieux. (Voir plus Jiaut, t. u, p« AO.)
208 LES ntS D'AKNACLD D'AMDILLY.
« costez. Vous verrez bien par ces choses-là que je ne (( croy pas cella incorrigible» et ce deffaut n*est pas une « chose qui doive vous donner la moindre afliction. »
Cette manière toute militaire de juger les gens sans vouloir les entendre n'était pas propre à donner au jeune officier plus d'affection pour son état. — La lettre de Fabert expliquerait d'ailleurs au besoin pourquoi celui-ci s'est porté si facilement à mettre Villeneuve en campagne. Un officier de ce caractère peut gêner dans une garnison ; et jusqu'à un certain point Ton comprendrait que le vieux soldat, fatigué d'avoir à concilier sa politesse avec la discipline, écrive avec une espèce d« soulagement le 25 juillet 1657 : « Je croy dans trois jours, ou quattre au plus a tard, faire partir de Sedan les compagnies que j'ay a faitte lever, où M. de Villeneufve est mamlenant p\a- « cez. » Nous concevrions encore que, tranquille du côté de la discipline, il partage ou prévienne la sollicitude paternelle dans la lettre suivante du 9 décembre 1657 : « M. de Villeneufve ne m'a pas escrit. Mais j'ay une lettre « de celuy qui commande les quattre compagnies d'im- « fanterie que j'ay envoyées à l'armée, dans laquelle il (( ne me marque pas qu'aucun des officiers soit malade^ « et il y a pourtant des particularitez de moindres impor- « tances. Les dites compagnies ont leur cartier d'hiver (( assignez à Rheims ou dans les lieux qui en despendent. « Mais je ne sçay sy le bruict que les Espagnols font « courir qu'ils attaqueront Mardik^ ne fera pas demeurer
1 Une épidémie s*élait déclarée à Mardiek, mais elle n^aUaqva qve les Anglais qui étaient dans cette garnison malsaine. ( La HesoanUère, HêUh HoH» de guerre ; tiége de Dunkerque, p. 44-51.)
3 Au commencement de décembre les Espagnols n*aTaient donc pas encore pris leurs quartiers d*li{ver, quoique Monglat dise (Mém.^ U tr, p. 156) qu^après le 2 poyembre les deux partis ê€ mirent en ^orniMm*
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« les troupes du roy sur la frontière de Flandres jusques « à ce que les Anglois ' ayent asseurez ce poste, ou que « les ennemis se soient mis en cartier. »
Mais quelle interprétation donner à la résolution d'un père dont le fils avoue que sa seule chance à la guerre est de s'y faire tuer, qui refuse d'abord pour ce fils une place de garnison où les jeunes officiers se forment d'ordinaire au commandement, qui accepte ensuite cette place en laissant toutefois la latitude de l'échanger contre les chances d'une campagne, qui sans se rétracter voit les chefs de son fils et son fils lui-même opter pour le parti le plus dangereux, et à qui Fabert, avant cinq mois écoulés, écrit la lettre suivante ? [23 décembre 1657.] « En recevant hier le billet du 16 que vous m'avez fait « l'honneur de m'escrire, l'on me rendist aussy lecy-joyat « du lieutenant-colonel du régiment d'imfanterie de Face bert, par lequel. Monsieur, vous verrez que c'est vous « qui m'aprenez la pertte que vous avez faitte. Je la « ressens doublement. Monsieur, parcequ'elle m'est sen- « sible par la douleur qu'elle vous cause, et parcequ'elle « m'oste les moyens de vous donner quelques foibles c( preuves de cette ardante pation que j'ay pour tout ce « qui vous touche de plus [près]. Monsieur. Ayant con- (c sidéré M, de Villeneufve comme vostre fils, je n'avois « pu me deffendre de sentir pour luy les mesmes mouve- « ments que j'aurois pour le mien s'il estoit en son aage. « Je sçay. Monsieur, que la concidération en laquelle vous
Fabert, qui venait de recevoir des notiTelIes du théâtre même de la guerre, devait savoie mieux que personne si les ennemis s'étaient mis en quartier,
-* et si ses propres régiments s'étaient rendus à Reims.
^ 1 On sait que Louis XIV était alors TalKé de Gromwell. Voir entre autres
La Mesnardière, Bqlaiianê dU guerre ; êiége de Dunkerque, p. li, 22, etc.
210 LES FILS D'ARNADLD D^ANDIU.Y.
« estes, avec la volonté qu'il avoit de se rendre digne des a employs, lui en auroit fait avoir de bien considérabU. « [11 ne tenait donc qu'à d'Ândilly de seconder rambitt tion de son fils ailleurs que sur le champ de bataille. 0 Hais |e me flatois que, ne pouvant luy estre util à sa « fortunnej'&urois la satisfaction encor quelques aniiée> « de le tenir dans un corps qui me donnoit moyen de luy « parler avec liberté [ceci est une adroite allusion à k «lettre du 8 juillet 1657], et de luy tesmoigner que tt je m'interressois pour luy. Je n'entreprend pas, Mona sieur, de vous parler de consolation en un rencontre « pareil. Dieu vous a mis sy haut au dessus des autres « hommes, qu'il semble que se soit pour leur faire des « leçons et leur aprendre comme il se faut conduire dans « les malheur, qu'il vous a vizité. »
C'était donc pour la plus grande gloire àe à' AndiHj que son fils était mort. Mais d'Andilly, dans son humilité, prétendait que c'était pour le plus grand avantage de ce fils même : «Le dernier de mes quatre fils, écrit-il dans se> « Mémoires, mort jeune à l'armée, avcrit été élevé d'une « manière si chrétienne, et M. le maréchal Fabert, qui « m'avoit fait l'honneur d'en vouloir prendre autant de « soin que s'il eût été son fils, t avoit confirmé de tclk « sorte dans ses bons sentimens., que j'ay sujet de croire « que Dieu l'a retiré du monde pour ne l'y pas laisser cor- « rompre ^ » — C'était évidemment un bienheureux que Robert et le maréchal avaient ajouté aux dyptique» de la famille Arnauld. — Aussi tous les Arnauld de Port-Royal n'avaient pas manqué de s'associer à une œuvre qui devait avoir de si précieux résultats. « U. de Villeneuve,
1 Hém, de iPAndiily, part ii, p. 157.