CHAP. IV, SECT. IV, ART. II, § H
« dît Lancelot dans ses Mémoires ', en parlant de son ance cien disciple, qui avoit été élevé avec grand soin dès « son enfance, n'a pu persister [à Port-Royal], quelques « remontrances que M. son père et tous ses parents luy « ayent pu faire. 11 s'en alla, pour ainsi dire, prendre la « place que M. de Luzanci, son frère [ou plutôt la place a périlleuse que l'abbé Arnauld, son autre frère], avoit « quittée dans la Babylone de ce monde; mais il n'y vécut « pas longtems. €ar Dieu, ayant égard sans doute aux « prières d'une multitude de bonnes 4tnes sorties de sa « famille y lui fit la miséricorde de l'appeler bientôt à lui. « 11 mourut à Calais, où il alloit commencer sa première « campagne^.)) — Le doigt de Dieu d'ailleurs n' était-il pas visible dans l'acquiescement si prompt donné à ces prières ? « On remarqua, dit Du Fossé, le pieux condisciple (( de Jules, que la même année, tnois jeunes geotilshom-
1 Mim, de Lancelot, L u, p. 839.
2 Eit-ee la mémoire de Lancelot c|oi se trouve iei en délkiit? — €>« ae commeDce pas de campagnes au mois>de décembre ; on les termine. — Les lettres de Fabert prouTent que celle où périt le jeune Villeneuve s'était ouverte vers le 1*' août 1657, et que son père avait reçu la nonvdle de sa mort avant le 16 décembre. Evidemment cette mort avait eu Heu dmant les dernières opérations de la campagne, qoe Ramsay indique en ces termes dans son HUtoire de Turemif, t ii, p. 88 : « A la fin de novembre, les François f quittèrent Ruminghem, et les ennemis, eampés derrière Dunkerque, se tt retirèrent en Flandre. Le vicomte [deTurenne] retourna à la cour apréê « avoir mené aon armée dans U Boulonoia, où elle demeura /a j^'d ta fin ff de décembre, et s*y distribua entnHe en diverses provinces de la France, a D*nn autre côté La Mesnardière (Retat, de guerre; nége de Dunktr,, p. 48} dit: «Nous avions esté obligei... d*y mettre [k Mardickljusques aux Il troupes domestiques du cardinal, pour assurer le séjour des Anglois dans « ce réduit et dans celui de Bourbourg, qn*il IkHolt néce<9afremen^ panier « tout t'hiver à la veue des bastions de Dunkercke, contre les faisaltes a méditées continuellement de Bruxelles... En effet nostre aimée eut ordre « de tenir la campagne vers ces poinl»>lè, jusqu'à ce que nos ennemis, m estonnei de nostre constance parmi des loeommoditez eflroyables, mfareot « en quartier d'hiver par leur propre lassitude. »
212 LES PII^ d'arnauld d'andillt.
(c mes élevés à Port-Royal; savoir le marquis d*Abaiii, ce M. de Villeneuve et M. de Fresle, furent enle^'és dès (( leur première campagne ^ »
Puisque le Jansénisme reconnabsait si habilement le doigt de Dieu où la sagesse humaine, pour ne pas croire à deux crimes dont le moindre eût été le suicide, n'aurait pu découvrir que deux entêtements myopes concoarant à un résultat inévitable ; comment les esprits méditatif qui surveillaient les destinées du parti ne songèrentils pas à reconnaître un châtiment providentiel dans cette série de malheurs qui assaillit Port-Royal et la famille Arnauld à dater du moment où Villeneuve eut quitté le lieu de sa captivité préméditée pour marcher vers son sacrifice?
En 1655, au moment où d'AndiUy adressait son fils à Fabert, les deux Port-Royal étaient en pleine prospérité^ , Robert lui-même en dirigeait les affaires comme plénipotentiaire avoué, stipulant en 165& la paix avec la cour au nom de tout son parti ^, et protégeant, par ime simpl<
1 Mém. de Du FotU, ^ 129.
3 D. ClémeDcet, UUU de P. R,, t m, p. 386; tous les historiens de Por. Royal ; Remarque» de M. de Ponlchdteau snr ee qui s'est passé en 1656, Hr cueil iii-13,p. 329 ; Mém, de la M, Angélique, t. ii, p. 106. — « Toutes k^ « deuK maisons sont dans la paix et dans la joie. » (Lettre» de ta M. .U> gélique, t ii, p. 473, lettre dcuiv, du 5 ayril 1654. « Nos enfants i^ : « aux deux maisons soixante et douze ■ (p. 91, lettre dcclxxi, du 5 noreaibre 1655.) —Cf.. p. 544* lettre dclxxîii, L m, p. 82, 65, 202.)
3 iLorsquVn 1654 on tint au Louvre chei M« le cardinal Maxarin ce<*' «f assemblée d*eTéques, et que mon frère le docteur répondit par quain- Il écrits ài tout ce qu'alléguoit le P. Ânnat, Jésuite, confesseur da roy : j>r « envoyois toutes les feuilles ù Son Eminence avant qu'elles fussent im- « primées... Après cette assemblée... M. le cardinal m'ayant fait témoifnKr « par M. Tévéque de Coulances qui lui rendoit mes lettres qu*U désiroi. « extrêmement qu^on n'écrivit plus, je dis à mon frère et à ceux de mc^ « amis qui avolent le plus de part dans cette affaire, que... il me 9embl>>t
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lettre datée du 2 mars 1666 ^, son frère le docteur, plus efficacement que ne 1* avaient pu faire soixante théologiens ^. — Mais dès le 20 du même mois les écoles extérieures se trouvaient dispersées et les solitaires arrachés de leur retraite ^. D'Andilly n'était rentré seul au désert qu'après l'avoir fait évacuer par ordre de la cour *. C'était en passant sous les fourches caudines de Mazarin que le dictateur regagnait son Capitole. — Peu à peu ses compagnons l'avaient rejoint sans bruit [1657] ^ au moment où la mort allait frapper son fils. — Dès 1658, le premier habitant du désert et l'un des plus chers à d'Ândilly, l'ancien avocat Le Maistrè, expirait sous les yeux de ce dernier*. — Vers la fin de 1669, Robert perdait la confiance de Rancé \ — En 1660, les écoles extérieures de garçons étûent définitivement dé-
tt qu*ii8 deroienl en demeurer là, pourvu, que les Jésuites de leur côté « n'écrivissent plus aussi. Us Fapprouvèrent. Mais comme je n*ai jamais M donné de parole que je n*aye tenue.,., je les <^llgeai de signer ce quMls ff me promettoient J'écrivis ensuite à M. le cardinal ce que j*avois fait^ a n en fut s! content qu-il porta à l'instant ma lettre à la reme...» etc. » (Mim, de d'Andilly, part, n, p. 135. — Cf. Lettrée de la M. Angélique, t. ir, p. 462.)
* Lanière, Vie teArnauld, 1. 1, p. 167.
2 Larrière» Vie ^Amauld, L i, p. 451 ; Lettreg de la M, Angélique, t. m, p. 150, lettre ncccviit, du 6 janvier 4656; p. S45, lettre dcccxlit, du 30 avril 1656 ; p. 289, 245, etc.
' D. Ciémencet, Hiit. deP,R., p. 3^9 ; Lettrée de la M. Angélique, t. m, p. 499, lettre ncccxixfr, du 24 mars 4656; p^ 201, 305, 248, etc. ; Métm de la M, Angélique, t. ii, p. 108-449.)
4 Aiém. de d^AndWg, part, ii, p. 139-447; Lettrée de la M, Angélique, t. III, p. 231 , lettre dcccli, d'avril 4656. — Cf. Mévu de Fontaine, t. ii, p. 193.
» Mém. de Du Fo»»é, p. 455; D. Ciémencet, Hitt. de P. B., U ii, p. 470, etc. ; il/em. de Lancelot, t. i, p. 343, m
• Mém. de Du Fotsé, p. 462; Mém. de Fontaine, t ii, p. 162, 4 «6, 474f 519, etc , et tous les Néerologéê,
7 Voir plus haut, 1. 1, p. 474.