CHAP. V, SBGT. II, ART. III
ponne à se défendre lui-même. Ils obtinrent une rétractation du dernier survivant de ses accusateurs ^ qui depuis n'en réimprima pas moins Taccusation sans y rien changer^. — La rétractation de Desmaizeaux est de 1730. Dés 1731» il publia le quatrième volume des Œuvres de Bayle sans correction.
Après d' Andilly, ce fut son frère l'évèque d'Angers *, et après celui-ci ce fut La Boderie^, beau-père dç d' Andilly, que Tabbé de Pomponne mit en lumière. Burtin ^ imprima pour lui les Négociations de l'un et les Ambassades de l'autre. Ces derniers ouvrages ne touchaient à aucune question dangereuse, et cette fois l'éditeur responsable désigna dans sa préface l'éditeur véritable^. — 11 n'en fut pas de m^me des Mémoires de l'abbé Antoine ' Amauld, dont la morale relâchée se bigarre si grotesquement de Jansénisme ^ Le frontispice de ces Mémoires annonce qu'ils sont imprimés à Amsterdam; les éditeurs en datent la préface de Leipsick. Us furent imprimés à Paris*, et les éditeurs sont demeurés inconnus^ — Jusqu'ici le grand Arnauld eût avoué sans doute son élève.
1 BibUoth» raUoH,, t. \\ p. 356, n.
2 OKuvreê de Bayle, t iv, p. 8/^6-850.
S Négocwiiont A la cour de Rame et en diférentet «mvê d^ Italie de Mes^ aire ffenri Arnauld^ abhé de Saint-NieoUu, dejmi* évéqwe d'Àngere, 1748.
h AmboMêadei de M. de La Boderii en AngUterte^ êouê le régne d^UenrilV et laminoriié de Louis XIII, il&O.
» Biblioth. kiit.du P. Lelon§^ t m, n* 80383 et 30801.
* Négociât,, préf., p. i; Ambass^t préT., p. t. ^ Voir plus haut, t. n, p. 8.
* Bibliolk. kitt. du P. Lelong, t n, n* 24071. —Le irrand Arnaald s'était IraoTé dans ie même cas poor l'irapresaioD de 'son Pkanloeme du Jatué^ Mtfme. (Voir set explications à ce sujet, OEuvreê, L ir, p. 742f lettre du Si janvier 1687.)
9 M. Noél (Biogr, Kniif., t. ii, p. 510) indique cependant P. Pingre conne éditeur.
250 LES PSTITSULS D'àMAUUO »'AIIDILLT.
Itti dont les (Mroduclions littAraires sont presque Urate anoiiyiiies S et qui pendant quarante années s'était résigné à une exiatrace pseudonyme pour mieux servir se* doctrines et son parti.
Mais nous doutons qu'il eût pardonné à son successeur certaines démarches politiques auxqu^es Ponponne lui-même n'eût peul^ètre p(mit apjdaudi. — Ainsi le Gallicanisttie de Bossuet avait été se résoudre en Jansénisme ches son neveu l'évéque de Troyes ^. Celui-ci, qui n'avait de son oncle ni le génie ni la souplesse, suscitait aveuglément au pouvoir les plus graves em* barras dans un diocèse qu'il gérait depuis un quart de siècle [1718-1742]. Le cardinal de Fleuiy, alors ministre tout puissant, n'y pouvait cependant rien par la violence. Il apprit que M. de Cbasot, premier président du parlement de Metz et neveu de l'évèque de Troyes, était devenu le donataire de celui-ci \ Les affaires du donateur étaient en assez mauvais état, et on pommait surtout itiquiéter son héritier sur les réparations qu il faudrait Taire un Jour à févëclié. M. de Chasot prit le parti de négocier la démission de celui dont il devait
t Voir l>K|ilicaUoii qa*m dbnne Fontilne (Mém., t. n, p. iOO). Cette expllcatioii todlHbis ne nous lemMc ^s tuSnate^ an moltm ca ee f» coflceme IM prewIonyiiiM. Le iièendonyaie «t vu BitDMMii«« et il à b rigueur on conçoit que le Jansénisme ait boulevcné rÉgHie plutél qae de signer un FoMlillalre iftii d*afirè8 sel adeptes conlenaii une ftoasctév m u*en est que plus disposé à se montrer rigovieni envers ces capknlatioDs de conscience qui substituent le nom mernoofer de Moatalta à celnl de Pascal, on le nmm de Wendroafc, docteur de TUnitesaîté die SsdtsboHit, à edui de Nicole.-**Qmind on n^ pas la courage de ses opinions» mé pent-aa du BMids coiiserver oelui da Tanonyme? (Cf. OÊSmvrm eu éocU 4nun{d, t. II, p. 74, et t. m, p. 4SJ
a SoHtflL «rrffS., de 1718 h 1749 futuim.
^ thid., du M avril 1743, p. 63.
CliAP, V, SECt, lî, ART. Ûi. 251
bientôt recueillir la fortune. Il commença par le séques- | trer dans la maison de càtnpagne épiscopale pour le séparer du clergé janséniste . qui 1* environnait à la ville M*uis, comme il surprit des lettres glissées en secret jusque dans le lit de son (Hicle, il détermina celui-ci à le suivre dans la capitale* « Arrivé à Paris, disent les Non- (( velles ecclésiastiqueè^ il y fut pour ainsi dire gardé à ff vue, jusques là. qu'il n'étoit permis à qui que ce soit de « le voir qu'en présence de M. ou de Madame de Chasot, « et que les lettres mêmes de ses grands vicaires ne poua voient pénétrer jusqu'à lui. M. l'abbé de Pomponne eut a sur cela une préférence dont on ne sera pas surpris « lorsqu'on saura que cet abbé fut choisi pour faire goû- « ter au prélat le projet de la démission. Quelque habile tt que fût le négociateur, tout le monde convient qu'il c( n'est redevable du succès de sa négociation qu'au Xi poids de Vâge et au nombre des infirmités^ avoués puce bliquement par la personne avec qui il avoit à traiter. (( [Les auteurs jansénistes des Nouvelles soulignent dans (( ce passage les mots que nous y soulignons nous-mème, « pour en fiBÛre pénétrer, plus facilement l'intention iro- « nique.] La démission étant faite, M. l'abbé [de Pom- « ponne] la remit à M. de Chasot, comme un bon moyen, « lui dit-il, de faire sa cour à M. le cardinal ; car pour lui, « il parolt qu'il n'a pas voulu en avoir le mérite. » Cette fois les journalistes ont oublié de souligner la jphrase où ils semblent croire au désintéressement du dernier des Arnauld^ arrachant de l'épiscopat le dernier des Bossuet, dans l'iiitérët de la cour et au détriment du Jansénisme.
) i\uuveU, eceléi, Ûù fî avril i74ts ^ «4.
253 LES PETlTS-FlLS D'ARNÂULD D'ANDILLY.
ARTICLE IV
Vahbé de Pomponne défenseur du grand AmamiéL
Après avoir trahi les doctrines des siens, il ne restait à Tabbé de Pomponne qu'à transiger sur leur honneur. Sur ce point toutefois, nous Pavons déjà fait pressentir, il se montra un peu moins spontanément servile que son frère atné. Il fit précéder d'un combat assez vif ses capitulations de conscience. Les conjonctures, il est vrai, se prêtaient mieux à une saillie de piété domestique* Louis XV n'avait point hérité du despotisme de Louis XIV. Il n'en avait point conservé les antipathies religieuses. Le cardinal de Fleury, qui seul aurait pa les lui inspirer, était mort un an après avoir obtenu la dènusâon dwnèrveu de Bossuet [29 janvier 1748]. L'esprit parlenoentaire était loin d'être dans toute la magistrature ce qu'il était chez M. de Chasot ; et, dans le public, les sévices exercés à la fin du dernier règne avaient changé la sympathie en adhésion pour les persécutés, les répugnances en irritation contre les persécuteurs. C'était surtout à dater de la destruction de Portr-Royal que les Jésuites, à qui on l'attribuait', étaient devenus odieux.
L'un d'eux cependant, le P. Pichon, avait choisi cet instant pour renouveler une attaque contre la mémoire du grand Amauld. 11 l'avait fait dans un livre intitulé :
f La plupart des aatenrs jansénistes accasent les Jésoites d*atoir i par rintrnnédiaire des religieuses de Port-Royal de Paris la disperawm an religieuses de Port-Royal-dev-Cliamps. Mais ks mieux instruiu s^appliqnent à prouTer que la dettruetioH de Port-Royal mène eut lien mm aralement sans leur participation, omis malgré leurs efforts (Gnilberl, Mtwi. ckron.^ t. vi, p. S57, 169 ; D. aénenoet, Jïisf . ^ P. Jl>, t x, p. 4)f de