‹ La vérité sur les Arnauld (volume 2)Chapitre 69 sur 99 · CHAP. V^ SECT. U^ ART. IV. 25S · texte numérisé non relu

CHAP. V^ SECT. U^ ART. IV. 25S

L'Esprit de Jésus-Christ et de C Église sur la fréquente communion ^ Ce livre contenait la critique et tentait la ; réfutation de celui qu'un siècle auparavant le docteur f avait publié sur le même sujet ^. Mais la polémique du Jésuite n'était ni suffisamment modérée ni complètement orthodoxe. Ainsi d'un côté il indiquait la communion fréquente et même journalière comme un moyen suffisant pour conduire au salut à travers une vie oisive, sensuelle et impénitente ^; et de l'autre il avançait que le docteur Aniauld s'était fait chasser de France, et qu'il était mort excommunié avec la réputation d'un chef de parti révolté contre toutes les puissances ecclésiastiques et séculières K Lorsque le livre parut, il obtint cependant dès l'abord les plus hautes approbations ^. Parmi les évèques français, celui de Marseille, Belzunce, fut un des premiers à se prononcer en sa faveur^. — Belzunce au dix-huitième siècle, comme S. Vincent de Paul au dixseptième, devait incliner vers l'indulgence; ni l'un ni l'autre n'avait de sympathies pour le Jansénisme ^ — Les archevêques de Besançon *, d' Aix ® et de Sens ^^ accordèrent également leurs éloges au livre du Jésuite.

1 Imprimé à Parte, chez H. L. GnériD, 17^5.

^ De ta fréquente eommumam^ anil 1643.

« VeêffHi de J.-C, p. «74 et 47J.

4 iéfU, p. 3A0.

B Voir VAffpendiee^ note R.

< Ihid^t 6 novembre 1746* p> 7.

^ }ineo%Défen$edefeuM,VineeHt,piuAm; \<Atditet Siècle de Louis XV^ cbap. xxxTi ; Mém. de SainUSimon, L xin, p. 8 ; t nzTiii, p. 194 ; iUém. de la M. Angélique, t n, p. 8S7, 865.

> Appendice, note R, 17 décembre 1745.

9 Voir, ibid; débat da mandement do !•' juillet 1747»

^^ Ibid.^ 33 décembre 1746. — L*arcbeTéque de^Sens étaîl Languet de Ger^y, de TAcadémlc française.

25& LES PETlTS-nLS b'AMAULD D'ANIMjLLY.

Celui de Sens toutefois ne le fil qu*avec une singvlk hésitation. Le î2 décembre 1746 il avait écrit au P. Pi chon qu'il trouvait son livre plein de piété *. Le 2i ni suivant il lé prie de ne point faire imprimer sa lettre i' 22 décembre, « non pas, lui dit-il, que je il' estime beà> a coup votre livre ; ibais je crains de me donner poa- « approbateur*. » L'archevêque de Sen^ avait pour cela d* excellentes i^aisons; car, dans le temps même où 3 eiprimait cette crainte, il écrivait sur le livre du P. Rchoc des remarques pleines de blâme qu'il distribuait mâDuscrites à quelques évoques, qu'il fit imprimer en juin i7A7 5 et qui toutefois ne ftlrent publiées qu'en i/iS*. Or voici la clef des tergiversations du prélat — // araii au nombre de ses suffi-agants le doyen des évèqaes /tançàis et le dernier de ceux qui s'élaîenl pôrifes cotome appelants de la trop célèbre bulle Vnîgeniîu$^^ Gabriel de Caylus, qui occupait depuis qUarante-deux ans \e siège d'Auxerre [1704-1746]. Caylus, à qui sa mère avait transmis le sang de Pabert, cet ami douteux des Ar-

1 II parait qu*il se plaignit depuis des (UsificaUons qa*aarait subies afa lettre. (NouvelL eecUt, du 4 jaio 1748, p. 92, $ vn.)

2 Voir Y Appendice, note R»

s Ibid.

4 C*est ce que nous apprend une note manuscrite de Tabbé Ddaa êtes la table n* 3G (Appendice, note R), el une autre note mise à la saHeà la lettre de Beliunce qui se trouve dans le n* 5. — En effet la lettre éo h décembre 1747 ( Ibid,, n* 44} prouve qu'à celte époque Tarcbevlque et Sens n*avait pas encore distribué ses remarques imprimées en join 1747.- Enfin une note manuscrite qui suit la lettre de Belzunœ (n* S) nous apprad que cette lettré récemment écrite avait été communiquée à M. Drten ic 15 février 1748. Or, dans cette lettre, Bclzuooe remercie rarche^-^ne et Sens de ses remarques imprimées. C*est donc vers janvier 1748 qu'kraie&t été distribuées ces remarques, c'est à dire après Péclat lUt par TéTéqiit d*Auxerre, le ^7 décembre 1747.

• Detley, Vie de Cayluê, évéque d*Auierre, t. ii, p. 187-312,

MUildS avait reçu de son afetil un courage indompté, et des Arnauld leurs doctrines et leur opiniâtreté. En vain sa famille s'était-elle alliée à madame de Maintenon ' ; ses inspirations lui venaient des Pays-Bas bien plus que de la cour. Sut cette terre étrangère» le grand ArQauld avait laissé des exilés et des amis : Quesnel, contre les doctrines de qui était dirigée la bulle, et les successeurs de Neercassel, qui avaient fini par faire insurger TÉglise d'Utrecht contre Rome. Quesnel et les évèques schismatiques de la Hollande avaient toutes les sympathies de Caylus \ Son prudent métropolitain avait toute son aversion, car c'était celui-ci qui avait été choisi par le cardinal Dubois pour faire accepter la bulle à l'épiscopat français *. Le métropolitain y avait réussi, et ciepuis lors son suffV-agant observait toutes ses démarches, scrutait chacune de ses paroles, et ne perdait nulle occasion de lui ménager quelque désagrément ^ On conçoit donc quelles étaient les perplexités et les hésitations du malheureux archevêque dans les circonstances difficiles.

CeUe où l'eût placé une approbation entière du P. Pichon eût été plus dangereuse encore qu'il ne le soup^ çonnait. Une correspondance active s'était établie au sujet du livre de ce Jésuite entre l'abbé de Pomponne et l'évêque d'Auxerre^. Les sympathies et le zèle de celui-ci

1 Dettey, Vie de Caylui, é?èque d*Auxerre, L i, p. 8.

> N irparot à la cour (coouâe aumdniei* du roi] avec la distinction que R lui procuroît la ftiyeur de M"o de Maintrnon, dont le comte de Cajflus I son frère yenoit d*épouser la nièce, M*'* de Valois, » [qui dans les lettres ajouta ton si grand lustre au nom de Caylosj. (Md., p. 7.)

' yourelL eccUê. du 26 juin et du 14 août 1766, p. 105 et 134.

^ Voltaire, Hist. du partem., chap. lxti.

s Detiey, Vie de Gayim^ passim.

s Cette correspondance était en ISîS la propriété de M. de Monmcrquc (Biogr^ unit*,, t. xxxv, p. 809, col. 3) ; mais elle a été comprise dans une

256 LES HSTITMILS D'AIHAULD D*AlilMU.T«

étaient secrètement attisés par le dernier hénti& ^ Amauld, qui cette fois, dans l'intérêt de leur mémoj avait choisi un prélat pour en faire réditeiir de son in*^ gnation anonyme. Le 27 décembre 1747 cette indigra tiqn éclata tout à coup dans un long maodement o*. Caylus. Les erreurs et la polémique du P. Pichoi? j étaient vivement signalées à Vanimadversion générale '. Cette sortie vigoureuse eut un grand saocës auprès di public, et le corps épiscopal lui-même s'en émut Belzunce et l'archevêque de Besançon rétractèrent kur^ éloges avec franchise et loyauté \ L'archevêque d'Aû avait déjà rétracté les siens ^, et ce fut alors que celai de Sens publia les remarques critiques qull avait faii imprimer dès le mois de juin précédent K Cette fois son suflragant lui applaudit, et l'on put croire que la l)otine harmonie allait se rétablir entre les deux aatago^àstes ^ et dans tout l'épiscopat françsùs ^. En moins de six mois diihuit prélats, messeigneurs de Montpellier, de Tours, de Soissons, deCarcassonne, de Paris, de Lyon, du Mans, de Nantes, de Toulon, de La Rochelle, de Lodève, de RoaeD, d'Amiens \ de Toul, de Beauvais, d'Évreux, de Strasbourg, de Saint-Pons *, s'étaient rencontrés avec cfux

veote d^aatographcs raite en 4837. (Voir k f^Uloipie de celte vorte.) Um^ beurenieaieiir, après d*actives recherches, noas n^aTom po Uvanr o quellct mains die est passée.

1 Voir VÀjrpeHdice^ noie R. — Cf. SuppUm, aux Notn. ecdn. àt 8aTrili748, p. 57.

2 Voir V Appendice, note R, 38 férrier et 2S avril 4748. s/6Jd.,4«'jnilletl7/i7.

^ Voir plus haut, t n, p. 254. n. 4.

B Dettey, Vie de Caytu», t. n, p. 347, 305, 307 et 312.

</Mi<.,p.347.

7 cr. SuppUm, <mx NouteU, eecUê,, du 20 août 4748, p. 135.

s Voir VAppendicet note R, pa$sinu

CHAP. V, SECT, n, ART, IV. ^ '

que nous avons déjà indiqués dans un concert de réprobation contre les doctrines erronées qui avaient échappé à l'examen trop rapide des premiers approbateurs.

Le P. Pichon n'avsdt pas attendu que tous ces blâmes l'eussent atteint pour reconnaître sa faute. Avant qu'un mois se fût écoulé depuis la violente attaque partie d' Auxerre, il avait adressé de Strasbourg, où il se trouvait, la lettre suivante à l'archevêque de Paris:

« Monseigneur, recevez avec bonté un auteur qui a le c( chagrin d'avoir publié un livre qui ne fait que trop de

({ bruit. C'est dans votre diocèse que ce livre a été

ic imprimé ; il est juste, Monseigneur, que ce soit devant

c( votre grandeur que j'en fasse le premier désaveu pu-

(( blic. Peu de temps après que ce livre eut paru, mes

« supérieurs le désapprouvèrent, en arrêtèrent le débit,

(c et ordonnèrent qu'on le corrigeât. Plusieurs grands

(c prélats, plusieurs sçavants théologiens firent sur cet

« ouvrage de sages et de judicieuses observations. Dieu

« m'a fait la grâce d'avoir la docilité qui convient à mon

« état. Je déférai, comme je le devois, aux lumières de

« tant de personnes respectables ; et comme on conve-

a noit que pour remédier au mal il étoit à propos de

f( faire une seconde édUtion de mon ouvrage qui recti-

« fiât ou ftt disparoître tout ce qu'il y a de condam-

tt nable dans la première, ce travail fut aussitôt entre-

t( pris. Vous sçavez vous-même. Monseigneur, que dès

« la fin du mois d'août 17i7 cette seconde édition étoit

« prête de ma part ; que, revue par des yeux éclairés, et

(C retouchée par des mains habiles, on m'assuroit qu'elle

« pouvoit être désormais utile aux fidèles qui la liroient

(( dans un esprit de religion, et que ce n'est que quel-

«ques difficultés que je n'avois pu prévoir, qui en

tt ont enp^bé l'împresfiioQ. Dan» la crwiie Béawno^ « qu'on ne me soupçonne d'y avoir mis obsUde, eti> « tenir encore à des maxioies répréheaaibles, je décki? « ici à voire grandeur (et la supplie de ne point kissc: Il ignoitr cette déclaration), que je dés^vçue le line « intitulé l'Esprit éi Jé^m-ChrUt et d^ CÉgiise wU u fréqmnte CommunionM impirané ài Paris ehei Gaérâ « en 1745, que je rétracte ce* ouvrage, ei que je la cou- « damne de touA mon cœinr. J'ai l'iioiuiear, etc. Stras- « bou^, ce 24 janvier 1748 ^ »

Cette lettre^ on le voit, ne contea^ft strieleoarat qa« la rétracUtion des erreurs tbéologîquea du P. PîclKaL Le regset d'avoir attaqué la n^émoîre du gra»d Ariiauld ne s'y laissait point entrevoir, même par aUusimi. n en avait été et il devait en être de robm du bliine des évoques. Celui d'Auxerre fut le seul q?» coeapiit dûa\s le sien les attaques dirigées contre le célèbre docteur-. La tournure que prenait cette affaire était docic plus favorable à l'orthodoxie que satisfaisante pour fabbé de Pomponne. Aussi en écrivant le 2S janvier 1748 à M. de Caylus pour lui témoignar sa reconnaissance, il lui dit que s'il savait à quel tribunal s'adresser pour eu avoir justice, il y porterait ses plaintes; « mais, ajoute^ (c t-il, qui est-ce qui m' écoutera? et qui s'exposera à la fur « reur d'un corps aussi terrible que celui des Jésuites'?^» Le conseiller-clerc jugeait sans doute de la magistrature selon son propre courage, et des Jésuites d'après ses terreurs. C'était donc avec bonne foi qu'il évoquaii dans cette otalencontreuse prosopopée des juges au.v

1 Voir à ceUfi dfile dans V4ppeHdice, note EU

2 Hfi(i,9 27 décembre 1747, p. 166, S xliv* 8 DeUey, Vk dâ Cayk^ t. », p% 94i.

CHAP. Vi SEC^. n, ART. IV. ^59,

quela U ne croyait p^. Mî^Âs voici ^^e tout ^ coup Vé-

vêque d' Aqjçerre lui faisait s^pparaître unç omlare form^-

dali)le 4 Is^elle il ne sougeait plus. « Preuez, ^ui disait-

« il, la uiéme voye que prit fe\i M. de Troyes pour la

<( i^émoire du grand Bossuet» son oucle.... N'a-t-il pas

« obtenu du parlement de Paris ce qu*il demandoit ' ? »,

Feu BJ. de Troyes? qui donc l'avai.t fait descendra to.ut

vivaut dî"^* I3, ton^e? Celui qui l'y ayait précipité Iç

remplacerait-il? En Timitant saurait-il expier sa (aute?

o.vi bi^n aprèa avoir rendu impuissant ]e uoqi de Bossuet,

l9,^r^t-il celui d'Aruauld infâme?

Toutes ces queationçi surgissaient ^ la fois du fat^] biUet qfff, avait réppndu aux iuipru^^^tes démonatratioi^ ^^ Pomponne. Pour celui-ci U n'y avait plus d*atter- XKM)ien]içifit pos^le. U falkdt agir ou demeurer deshonor^. Aussi ^ui* qui le 23 janvier ne savait où trouver des jugea, le 29 du même moisi 1} drçai^e une requête ^u parleuiçnt, délivre pour la poursuivre une pX'OdiMration pardevant notaire, et déternûne sa beUe-^sœur, veuve de Nlc9]4a&-SJimon^ à le fortifier de spu adhésipA^* La requête d'ailleurs ne s'appuyait pas seulement de cette adhésion féminine; eUe s'abritait aussi derrière les niaipgiÇestatiQns déj^^ connues de l'épisçopat français cç^tre le liyre du P. Pichon^ Elle fut remise à M. le substitut de Gr^viUe, (jui en fit immédiatement son rapport au propucçiy g;énéral. Celui-ci avant de donner ses coi^

1 Deltey, Vie de Cayluê, t ii, p. S4i»

2 Voir VÀppendice, note R, SOjantier i74S. — Comment se ftdt-il qae la veuve de Nicolas-Simon, née Constance de Harfille, adhèce seale à un acte destiné à venger le nom d^AmaïUd^ tanéla que naduM de Toiçy, fille da iiremier marquis de Pomponne, le tient à Técart ?

' JM.f 29 janvier 174», p. 3.

260 LES PEnTB-PItS D'AANAULD D'ANDILLY.

clusions, crut devoir en communiquer au premier président de Maupeou et au chancelier d' Aguesseau ^

L' affaire ét^ût grave* car la cour ne jugeait pas des dispositions de la magistrature comme en avait jugé l'abbé de Pomponne. Il avait même fallu que celui-d fût en proie à une singulière hallucination pour s*y méprendre. Depuis trente années les parlements n'avaient pas laissé échapper une seule occasion de protester contre l'état d'asservissement dans lequel les avût tenus Louis XIV. L'opposition, après s'y être montrée financière sous Law', avait saisi le prétexte de la bulle Unigenituê pour revêtir une forme janséniste', et c'étût sous cette forme qu'elle s'était plus particulièrement envenimée. Les convulsions de Sadnt-Médard, les mandements des évèques à propos du diacre Paris, les foUes miraculeuses du conseiller Montgeron, la canonîsalion de ^S. Vincent de Paul, l'administration des sacrements sur biUet de confession, tout servait de prétexte à une insurrection parlementaire. Le barreau se taisadt; les magistrats descendaient de leurs sièges. Tantôt l'exil les décimait, tantôt il les frappait en masse. La Bastille n'y pouvsdt suffire*. Que n'eût pas fait jadis le grand Arnauld s'il lui eût été donné d'assister à une semblable mêlée? et que fût-il advenu, alors même, si tout à coup son nom y eût retenti ? La cour le savait bien. Aussi il faut lire l'acte notarié dans lequel l'abbé de Pomponne a fait consigner tous les détûls de sa conduite, afin que la postérité ne pût en ignorer.^

i Voir VAi^pendiee, note R.

s Voltaire, HiêU dm partan*^ cbap. li.

^ Ibid^f chap. liu.

4 IHéLf diafi. lu?-lxt.

B Appendice, note R, S9 jnfier €748, p. 5.

CRAP. V^ 8ECT. n, ART. IV. 261

(( M. le chancelier, dans la crainte que dans les cir- « constances présentes il ne s'élevât de nouvelles dis- « putes à l'occasion de cette affaire, engagea mondit « sieur comparant [l'abbé de Pomponne] à demander « justice au roy en personne, et à retirer en conséquence « sa requête des mains de M. le procureur général, se <( chargeant de rendre compte au roy de ses justes c( plaintes, afin que Sa Majesté ordonnât une satisfaction tt proportionnée à l'insulte faite à lui et à sa famille par « les excès dans lesquels le P. Pichon étoit tombé dans Cl son livre, en y parlant de M. Amauld son grand-oncle. « — Au nom du roy, la soumission de mondit sieur comr( parant a été entière et sans réserve ; il a répondu que (( sa confiance en son souverain étoit sans bornes, qu'il « se jettoit aux pieds de Sa Majesté, et qu'il entendroit « avec respect ce qu'il lui plairoit d'ordonner; qu'il se « reposoit entièrement sur le zèle de M. le chancelier, a son supérieur, des nàoyens qu'il croiroit convenables « pour procurer à la mémoire dudit Antoine Amauld et « à sa famillç outragée la réparation qui leur étoit due. »

La réparation en effet ne s'était point fait attendre. Dès le 18 février l'abbé de Pomponne l'avait obtenue proportionnée à la crainte dont cette affaire avait frappé la cour. « Monsieur, lui écrivait le chancelier au nom du <c roi ', j'ai eu l'honneur de rendre compte à Sa Majesté a des plaintes que vous avez porté contre plusieurs en- « droits du livre du P. Pichon, et elle m'ordonne de « vous écrire que vous avez eu raison de lui demander (( justice des excès dans lesquels il est tombé en parlant « de M. Arnaud, votre grand-oncle ; mais que le P. Pi-

1 Appendice f note R., 29 janvier, 1748, p. 6.

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