‹ La vérité sur les Arnauld (volume 2)Chapitre 75 sur 99 · LES RELIGIEUSES DE LÀ FAMILLE ÂRNAULD · texte numérisé non relu

LES RELIGIEUSES DE LÀ FAMILLE ÂRNAULD

lèvres s'agitent dans le silence, ou murmurent tout bxv en apparence un cercle d'ermites, en réalité une re; nion de malcontents. — Mais au dedans quel calme -: quel silence ' ! quelle humilité et quel détachemeci Comme tout bruit expire aux pieds de la foi, comme toL éclat disparaît sous les pieds de la pauvreté !

Ce n'est pas cependant que ces murmures des docteurs, que cette inquiétude de tous ne glissent quelqtirfois du parloir au sanctuaire, et que les cloîtres ne sV: émeuvent. Parmi les solitaires, il en est de si tendrement aimés ! La famille et ses liens viennent ressai>r sur l'autel des cœurs qui s'y étaient fixés, et rainèneD' l'agitation où Dieu avait mis le repos. Douce et tristf punition de ce retour vers le monde qu'aucun de nous ne voudrait condamner, mais que la miséricorde d\\\ïif voulut peut-être faire expier ici-bas à ces âmes pour lesquelles un autre monde ne devait avoir que du bonheur. — Ames tendres dont le besoin d'aimer fit iou:e l'erreur, dont l'erreur ne fut que de la confiance, mais dont la confiance devint de l'obstination. — Croyaienîelles réellement en Jfansénius^? Elles souffrirent p^or ce nom ; mais elles ne croyaient qu'à leurs familles e: en Dieu '. — Qui donc oserait leur dire anathème ? An^thème à ceux qui les ont trompées, peut-être ; à elks jamais.

Pour nous, Avouons-le, nous ne pouvons songer s3Ln>

t Cr. Racine, Hist. de P. È., p. 61.

2 Cf. Uttreê de la M. Angélique, t. i, p. 218, S3I, SSS, 293, 436, &:>: t n,i). 846, 363, 865, 435, 441, 487, 517, 529, etc. Voir aussi oe qu'il } est dit des Jésuites, 1. 1, p. 233, 240, 309, 451, 603; t n, p. 10, 21, 33,34. 342, 353, 365, 44«, 487, 564, 573,^575: t. m, p. 24, 89, 172, «98, 203, 435, 534, 543, etc.

' Voir tous les interrogatoires dans CHistoire des Penéeutiane.

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s^ttenârissernent ^ ces longues vies usées dans la prière et surtout dans la charité, qui hésitent à se soumettre aux puissants, mais point à servir les pauvres; où l'on refuse une signature, où Von écrit des pages çonume celle-ci : « Or, Madame, afin qu'on suive en tout Tin- « tention charitable de Votre Majesté [c'est ^fle reinq 4e « Pologne que du fond de sop c](xUre, ^ cinq cents lieues (( de distance, la mère Angélique entretient de bienfat- « sance et, on va le voir, des vaches qui nourrissent lep (( pauvres de son canton], je U supplie |rës huipblement « de nous faire savoir si elle approuve }a pensée qi)Q j'ai a que son i^uipOne ne peut être mieux eipployée qu'aux u pauvres de la campagne qui sont entièrement ruinés (c [par les excès de la Fronde], même les laboiireiirs qui « ne se relèveront^ jan^ais s'ils ne sept secouiiis. Qp a pourroit prêter à quelques-uns, pour un teips, une (( somme qu'on dopneroit après à d'autres pauvres, « quand ils auraient moyen de la rendre. J['ai euqqre « une autre pensée, qui seroit de faire aclieter fies va*' ' (( ches pour les donner à louage i^ nos pauvres gepsi ; et« « s'ils peuvent payer, on en donneroit le pri^ j^ d'îjutres, (( Une vache nourrit toute une fauijiUe à la c^mps^gne* a surtout les pauvres petits enfans, dont les mères ms^l u nourries n'ont presqqe poiqt de lait; et qv^nà ils Qut (( de la bouillie, cela leur sauve la vie. 9 RieA n'avî^it pu sauver celle de deux enfants de la reine ^ et Angélique» continuant à parler des siens, ajoute : « Je ferai tout « mon possible pour soigner à leur conserver l'existence, « afin qu'il plaise à Dieu donner à Votre Majesté un en- « faut qui vive ^ ! »

1 Lettres de ta M, Angétique, U i, p. 583; t. ir, p. 98. • 2 fifid,^ (. 1^, p. 115, leltre ccccxu^u, <(u 16 mai 165 i. Sw l>(Un*^h»

296 LES BXUGIECSES DE LA FAULUS ABJSAUUK

La mère Angélique a écrit trois volumes où respirr même charité, dans les intervalles qu'elle mettait à rbonnes œuvres. Et que n*ont pas fait sa mère et su sœurs, et ses nièces et leurs deux cents compagnes ? - Rien de plus, sans doute, que ce que beaucoup d'auire: ont pratiqué; rien de plus que S. François de Sales e: S. Vincent de Paul, leurs contemporains, qui, sans li:^ Jansénius, avûent lu comme elles l'Évangile. — Ei ce* pendant nous concevons que Port-Royal jette son lustra même sur la charité ; car on l'y exerçait du sein de 'à souffrance, à travers les persécutions (provoquées x: non, qu'importe?), et l'on y consacrait toutes les ressources des cœurs les plus ardents, des génies les miem doués, des plus admirables caractères se succédant à travers ces générations de femmes fortes qui danâ \a famille Amauld se nomment la mère Angélique, \a mèn Agnès, ou la mère Angélique de Saint-Jean« — En re- j vanche la charité, pour compenser tant de sacri&eSt enveloppait de son doux rayonnement ces affections iymestiques qui n'eussent osé se dilater conmie elks 1^ firent, sinon à sa divine chaleur. — Et quels trésors de ' saint amour s'épandirent ainsi sur ceux qui soufiraies^ | depuis les pauvres jusqu'à la famille I La famille (ces | elle surtout que nous étudions) y trouve le secret de so^ ! courage et de sa persévérance ; car jamais un lien p^'ui , sacré ne forma un faisceau plus uni que celui aatûor

charité d*Aiigéliqtte, voir Mém* de Laneelot, L n, p. S15. Tout a qv Racine, dans sa mauvaiie humeur passagère contre Port-Royal, a pa ^^ procher à la charité d'Angélique, c'est de faire servir sur sa table va Jansénistes du pain blanc et du rin, tandis qu'elle ne donnait à leurs ennemis que du pain bis et du cidre. (OÊ£u»re$ de Racine, L vi, p. S 1.} Voir b réplique de Dubois {il^id,, p. 4A)i et ceUe de Barii)ier d'Ancouzt. [iHd.j p. 6&)

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