SECTION V
LES SGEimS D'ARIfAULD D'ARDILLY.
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La mère Angélique et la mère Agnès.
$ I. Angélique Tappoi et le modèle de deux générations.
Ce fut d'abord la mère Angélique près de qui tous se groupèrent ; heureux de rencontrer la vigueur où abondait la tendresse. — Sa mère, vingt fois brisée sous les douleurs de la maternité S sa sœur aînée, madame Le Maistre, que cinq enfants n'avaient pu consoler du père qu'elle leur avait donné \ vinrent étayer leur abattement à son courage. Ses quatre sœurs puînées y abritèrent leur virginale ignorance 5, qui se dissipa bientôt, mais seulement pour le bien, après s'être épanouie chez quelques-unes en force, chez toutes en dévouement. — Les ' hommes même, car les honmies de cette famille n'en furent pas toujours la portion la plus virile, allèrent tremper leur découragement à l'énergie de cette femme héroïque. D'Andilly, l'habile courtisan. Le Maistre, le
i Voir pins liant, L i, p. 251 ; t. n, p. Si8, etc.; les Mém. delaBL ÀH" gélique, t. ni, p. 275-308, etc.
3 Mém, (CArn. d'AndUty, part i, p. S6 ; Mém. de la M. Angélique, U m, p. 313-356.
S Voir plus haut, L i, dans VAjfpendieê, note A, et Mém. de la M. Angelique, 1. 1, p. 72 ; t m, p. S0I-S78, 380-41 At 4IM84, et 488-489.
2Î98 LES BEU6IEUSES DE Ll FAHutË AllSf AtTLD.
célèbte avocat, ces deux aînés des deux mères à qui le monde avait fait payer si chèrement ses joies, ensev^ lirent les mécomptes de leur ambition ' dans le désen. sous les yeux d'Angélique, au milieu des saintes femm^^ qui leur étaient si chères. Et qui pourrait dire les cods*}lations et Tingénieuse tendresse dont ils furent environnés ! Les trois volumes de la correspondance incomplèted'Angélique laissent entrevoir seulement quelle dut èircette vie où les forts veillaient pour les faibles, où les faibles s'entr aidaient, où la prière secondait le conseil, où la grâce implorée descendait des lèvres d'une mère ou d'une sœur.
Et comme si tant de consolations n'eussent pas suffi au dédommagement ou à la récompense de cette première génération de pénitents et de saintes, il lui lut donné de les transmettre à une seconde. Û Xnàïïiy fut précédé ou suivi, dans le désert, de Luzancy son fils ' e: de ses six filles, parmi lesquelles était une autre Augélique *. Le Jlaistre y fut accompagné ou remplacé par ses frères les plus jeunes, dont Yvn fuf le vertueux Sacj \ Dans cette nouvelle génération, aussi grande à ceruii-s égards que la précédente, la diiTiculté des temps voù
^ En ce qui concerne d'Audill/i voir plas baat, L i, passigiu Ponr Le Mabtre, voir Tallemant des Beaux, L u, ]p. 319. -^ Cf. ilem. de U M. Angélique, i, i, p. 73.
^ Avertissement du L l.
s Voir plus haut, t ii, p. â^t 179, el U i, Appendice, note A.
4 Mtim, de la M. Angélique, U m, p. 489-496, 498^74i 588-595. c G elcC-t c la clière iille de M. d*AiidiIly et dont il me disoit: Coniptet que tous mes c frères, tous mes enfants et moi, nous sommes des sois en comparaJ5<^a • d*Angéiiqiie. Jamais rien n*a été bon de tout ce qui est sorti de ces pâ}>« c là, qui n*ait été corrigé et approuvé d'elle. Toutes les langues, toutes le^ « sciences lui sont ihfuses... Hc.*(LcU. de madame de Sévîgné^ t. Ti, p. 3S.)
^ Voir t)!us haut, t. i, Appendice, note A.