‹ La vérité sur les Arnauld (volume 2)Chapitre 84 sur 99 · CHAP. VI^ SEGT. U, ART. U · texte numérisé non relu

CHAP. VI^ SEGT. U, ART. U

« vostre païs. Le seul avantage que je trouve de ce que (( vous n'estes pas à cent lieues, c'est qu'au moins on « peust y envoyer exprès des gens quand il n*en vient « point de lettres, comme nous sommes contraintes de le « faire encore cette nuit. Je vous supplie donc trôs hum- - « blement de commander à Saint-Omer qu'il nous écrive <( au vray ce que c'est,et ce que c'a esté,que cette maladie; (( et qu'il ait soin, tant qu'elle durera, de nous en mander (( des nouvelles par tous les ordinaires. On aura soin « d'aller prendre les lettres chez M. Petit '. »

Et quelle joie lorsqu' après six mois de convalescence [6 février 1670] Luzancy vient lui-même rassurer le désert; et comme les prétextes se multiplient avec bonheur pour l'y retenir! « Nous aurions esté (( partagées de sentimens dans nous-mesme, si Dieu « ne s'estoit rendu l'arbitre pour déterminer que mon « frère demeureroit icy plus longtemps qu'il n'avoit « dessein quand il est venu ; car les neiges l'y ont « assiégé depuis deux jours, et il n'y auroit point d'ap- « parence de le laisser aller par ce temps-là sans une ((fort grande nécessité qui fait tout faire. Mais, Dieu (( mercy, elle ne se rencx)ntre pas présentement ; et d'un (( autre costé, outre là satisfaction que nous avons de le « posséder un peu icy, c'est mesme qu'il nous y est fort (( utile pour prendre son avis sur beaucoup de choses de (( nostre ménage et de nos desseins d'accomodemens et « de bastimens où il s'entend bien. Avec cela ma joye « est traversée de peur qu'il ne vous fasse un peu faute, (( et que vous soyez trop seul durant qu'il nous tient (( compagnie. Quand les chemins seront un peu battus,

1 C*était un libraire de Paris qui avait la couGauce de d'Andilly el recevait ses correspondances.

8A6 LES REUGIEDffiS DE LA FAVULU ARNAULD.

ff il y auhi moins de péril à aller ; mais présentement on « se peut perdre dans les neiges.*, n

Bientôt toutefois les neiges devaient fondre et rendre au cher captif sa liberté, qu'il maudissait de son côté, on l'a déjà vu ^ et dont il ne profitait qu'afin de mieux unir ses efforts à ceux de sa sosur pour ramener leur père dans la solitude. Il l'y ramenait enfin [26 msi 1673]i mais pour l'y voir mourir, et pour se voir ensuite frappé de ce dernier exil durant lequel ezpirërentSacy, Angélique et lui-même. — Afin de calmer les ennuis de cette nouvelle séparation, les lettres s'étaient multipliées entre Port- Royal et Pomponne; et Luzancy avsdt pieusement transcrit celles qu'adressait, à Sacy et à lui, sa sœor de prédilection. On ne saurait voir sans un sourire attendri l'ancien Aomim tie ménage de Port-Royal traîner péniblement sa grosse écriture écrasée et lourde derrière la plume sVelte et agile de sa sœur, trébuchant tout essoufflé sur le sens et regagnant le temps perdu sur Yorttaographe, sauf à semer ensuite sa copie d'assez de ratures pour lui donner les apparences du premier jet que n'affecte jamais l'original '.

Sous ces avaries de seconde main, il est facile cependant de retrouver dans sa pureté le texte primitif qui s'est perdu $ et sans nous mettre trop en frais de restauration, nous potirrons prendre dans les deux extraits suivants une idée de la différence qui existait aux yeux d'Angélique entre ses deux frères, l'ambitieux et fortuné

1 Voir plus bant, t. ii, p. 120.

' Voir plus haut, ibid,

* «t Si elle écriyoit nne lettre, quel qu'en pût être Je sujet, elle le foisoit « avec une activité et une facilité étonnante, et en même tems avec tant « (Tesprit, que Ton ne pouToit se lasser d'en admirer Pagrément. » (Mém. de la M. Angélique, t. ni, p. 551.)

Pomponne^ et le mddeste Lùzàncy : nQ\ïé eétte bdtine « mère de Saint-Optat [ces derniers mots sdilt une de ces « périphrases pseudonyines que JatiséiiittS avait intrd- «duites dans l'argot de t^)rt4l07id; ils désignent le (( marquis dePomponne]^ que cette bonne iiiëre de Saintce Optât feroit bien mieux de prier Dieu que de se dona ner tant de soin de rétablissement de sil Inaison 1 Toutes n ses inquiétudes ne sçauroient faire un eheveu ny blanc (t ny noir. Quelle inutilité donc, et quel peu de foy de se « tourmenter, après ime deffence ei expresse que Jésusce Christ nous fait dans FÉVangile. Personne n*y croist R plus en vérités II ne faut que cette conduitte intéresisée « de tout le monde pour nous en coiivaincre; Sy on se (I fioit à Dieu, il feroit des miracles; Mais on ne les at- « tend pas. — La sœur de la Court [nous pensons qu'il (c s'agit ici d'Angélique elle-mêffié] * n'fest point une relice gieuse qui cherche les grilles. Elle se consolera que c( la visite qu'on [sans doute Pomponne] luy voulloit faire, ce soit différée. Il ne faut point que des gens du monde ce s'incomodent pour Voir des rdigiéusesi k moins d'unne ce véritable amitié qui les y portent, car ilz ne sont pomt et obligez de le faire par devoir; Oii léë ft QtiittèK de tes ce cérémonies de civilité en quittant le mdhde et lès te uzages du monde. — A juillet 1680. )i

ci [Autre lettre] à moy [Liizahcy] le lô juillet [1680]. ce Dieu àynie ceux qui donnent gayement, et entre ce amis on ayUie ceux qui font librement fet de bon cœur ce ce qu'ilz font, h me repose sur vostre amitié qui sçàit

1 OEuv. du doei. Arnauld, t u, p. I4l» letUv da 6 mai 168S.

3 n ii*y a jamais existé à Port-Royal de religieuse porUnt le nom de La(»art Voir tous les Nécrologeê et la double listé ^nï se irouvë i la fin du x« Tolume de D. Clémeucet (HiiU ifén, de P, A.).

3&8 us REUGIEUSES DE LA FAMILLE ARNAULD.

(c par elle-mesme ce que Ton sent dans ces occasions « d'éloingnement, et qui fait pour les autres ce qu'elk a souhaitte qu'on fasse pour elle en de semblables reo- « contres. [Nous pensons qu'il s'agit de donner à Aûgétt lique des nouvelles de Sacy, retiré à Pomponne depuis « un an ^] L'absence prolonge les maux ; mais Dieu le « veut sûnsi : Odoretur sacrificium ^; parfumons le sa- « crifice 1 » — Jamais victime n'apporta plus de parfums sur l'autel.— Elle en avsût recueilli de suaves ; la Piondence y en avait ajouté d'amers. C'était au sein de k prière qu'était venu la chercher le combat ; elle avait été distraite de la charité par la persécution; la séparation brisait ses liens les plus chers, et lorsque la mort vint les renouer pour une autre vie, tout, dans celle-cif semblait conspirer à relâcher ceux qui avaient si étroitement uni sa famille à Port-Royal.

ARTICLE m.

Angélique de Saint^Jean et ses nièces.

En vain Pomponne, durant sa première faveur, avait fait deux parts de ses enfants ', écartant ses fils de l'abbaye suspecte, mais y faisant élever deux de ses filles, afin de ne pas nuire dans le monde à la fortune des uds, et, sans doute aussi, d'assurer celle des autres dans le cloître. Six mois avant la disgrâce de Pomponne, l'ordre de Louis XIV, qui arrachait de Port-Royal Sacy et Luzancy, en chassait également pour une seconde et der-

1 Mém. de Fontaine, t. it, p. 500.

3 Reg,9 1, c. xm, v. 19*

^ Voir plas haut, t u, p. 114*

CHAP. Vi, 8EGT. U^ ART. AL 5A9

nière fois les pensionnaires etles novices [17 mai 1679 1]. Angélique perdait en même temps un frère dans son dîrecteur, deux auxiliaires dans ses frères, et dans ses nièces des élèves dociles et des héritières présomptives.

L'une de celles-ci, Talnée, Marie-Emmanuelle, fut languir et mourir dans la maison paternelle^. — La seconde était cette pauvre Charlotte que nous venons de voir pleurer toute jeune enfant sur les outrages faits aux vergers de son bon papa. Que de larmes ne dut pas lui coûter son exil I Elle avait alors près de quinze ans^. Sa jeune âme s'était prise d'affection pour le cloître, et son esprit de sympathie pour les doctrines de Port-Royal. Mais ni elle ni sa tante ne pouvaient rien attendre de cette vocation mise en interdit par Louis XIV, mise au secret par cette bonne dame de Saint-Optat dont le cœur maternel était si vivement préoccupé de l'établissement de sa maison, et dont le courage 4;ant soit peu féminin n'osait hasarder une visite dans les lieux où sa fille aspirait à vivre. — Lors même d'ailleurs que tout obstacle eût disparu, la tante était trop clairvoyante pour ne s'être point asàurée, en élevant les filles de Pomponne, qu'il y avait peu de fond à faire sur cette génération.

Ses nièces sans doute n'eussent pas imploré comme une faveur l'oubli de Port-Royal, ni délaissé les plus saintes reliques de leiu: famille sans sépulture^; mais elles promettaient plutôt de pieuses compagnes à la douce

i Mém. de la M. Angélique, t in, p. 583 ; Mém. de Fontaine, t. if , p. 499 ; Guilbert, Mém. chron., t. u, p. 193; Besoigoe, Hist. de P. R., t. II» p. 527.

3 Voir plus haut, t. ii, p. 317, n. 1.

3 Elle était née en 1665. (NouvelL eeeUe., du 6 mars 1747, p. 40.)

4 Voir plu5 haut, U ii, p. 330 et 373.

MB LES MtlblMBKS M Là ^àiiSUÈ A&NAULD.

Tbfirèsè qdfe dé coaràgfetiôes héritières des Agnès et de Atigëliquè. LadàMé péHelitait dans Tune, et l'esprit dans l'autre. Charlotte^ enfant opiniâtre et colère ', était dev^oue dans lés mains de son institiitHce une jeune fille èalme et opiniâtit dont l'éducation poUTsdt façonner, non suppléer, la nature, tbais qui n'avait pas plus acquis Jes aditolrables qualités d'Angélique que l'abbé de Pomponne eeUes de «on instituteur le grttUd Arnauld. — Odoretgr mtrifttitm! — Là I^ovidence avait ihénagë ft la sainte f ifctiitié pettl* Étin heuf-e suprême cette dernière douleur, aflu d'eu Faire le J)arfum de soU dernier sacrifice.

SECTION itL MAftLOTtï UB WllfrOlrtrBi PBÎlîB-ntLB n'ÀMàtLD tf iksiMi-t.

ARTIOB !•'.

Charlotte sous CinspiratUm de ses tantes.

Charlotte àVàit dix-neuf ans lorsque expirèrent du même coup Sâcy, sa tante et Luzancy [1665-168Â]. Ble en avait vingt et un lorsque s'éteignit sa sœur Emmanuelle [1686]. te spectacle de la mort continuait dans son esprit l'œuvre de PorV-Royal, jusque sous le toit de son père. En vain celui-ci, secondé dans l'exêcutioii de ses desseins par Louis XIV, dont il secondait en cela les projets, avait choisi pour gendre^ le marquis de Molac-

\ Voir pltti baat, t n{ p. Sd9, n., U lettre dn S9 septembre i97U

» « L'alnéc [de Félicité, dcpui» madame de Torcy], ayant étf acccrdèe

« et promise en mariage par le roy et par H. son père àM. le narqaisde

n Molae Roamadèk, les pria d'agréer itu^eUe lui prtftrast wi plus r*«»

« époux, et se fit religieuse à GiC » (Mercure gtUant de déooiritft l«9^

r GHAP. n, SBGT. m$ âET. L S5i

.\osmadeck« — Le odsur dé sa fille était au pieux asile lont on voulait Téloigner. — Ne pouvant s'y introduire , nalgré le roi, celle-ci parvint du moins à s'ouvrir un dol- . re tout prochain de Port-Royal, celui de Gif ^^ que son voisinage même lui avait fait jadis interdire comme pensionnaire^, mais où elle pénétra comme novice: De là 3ans doute elle espérait se glisser quelque jour dans l'asile qui lui était clos alors. Mais les volontés de Louis XIV étaient plus opiniâtres encore que celles des Arnauld, Port-Royal ne devait plus se rouvrir que deux fois, l'une pour se dépeupler [1709], l'autre sous le mar- ' teau des démolisseurs [1710-1712].

Un instant toutefois Charlotte avait pu croire son projet sur le point de se réaliser. L'ordre qui fermait le noviciat dans le cloître proscrit [1679] permettait de le rétablir pour l'époque où le nombre des religieuses se trouverait réduit à cinquante ^. Or en 1692 la mort avait ramené ce nombre au chiffre fatal. Celles qui survivaient de-

p. 70.) La généalogie de la fiimille de Rosmadeck est très fattlive dans La Chesnaye Desbois, {DieU de noblesse, t. xii, p. 330.) — Cf. M** de 1* Arsenal, HIstFr., ii« 745, r» Bùsmadee^ où Ton Terra <|ae le maniais de Rosmadeek» dont il est ici question, doit être Sébastien IV, de la branche ainée deMolac- Rosmadeck, gonvemeur de Nantes, marié une première fols en i68i et sans doute veuf lors du projet dont parle le Mercure,

t Le BÊercurt galant que nous venons de citer { Moreri« (v«> Àmauld,) les AUm. de la M. Angélique, (t. i, généal., p. xvi); D. Clémenoet, {Hist, de P. A., 1. 1, p. 305) ; Larrière, (Vie d' Amauld, t, t, p. 389,) indiquent une fille de Pomponne comme ayant été religieuse à Gif. Moreri donne à cette religieuse le prénom de Charlotte* qui parait ignoré de D. Clémencet et de Besoigne, [Hiti, de P. R., u h lAbte généal., après la préface.) Enfin les NoUvelL eeeléê,^ (6 man i7A7, p. AO) \ Guilbert, (Jlf^. chron.^ L vii, p. Hk) ; le liécroL de Cerveau, (t. ii, p. iS7), ne parlent point du séjour de Charlotte à Gif, mais seulement de celui qu'elle fit à Malnoue et à Ghelles.

2 Besoigne, Mist, de P, R„ U ii, p. 625; Guilbert, Mém. cAron., t ii. p. 380.

8 Mém. de la M* Angélique, t m, p. 53t.

352 LES REUGIECSES VE LA FAMILLE A&HACLD.

maDdërent à rouvrir le noviciat. On leur répondit ; un subterfuge équivalent à un refus ^. Aussi à dahr 1698 nous ne trouvons plus aucune trace du séjour Charlotte à Gif*. Elle n'y prit point Thâbit. Cefe Malnoue qu'elle le reçut ^ Malnoue, situé entre Gi Pomponne, Téloignait de Port-Royal, mais la rapprocii^ des siens sans l'enlever à Dieu.

ARTiaE IL Charlotte sous CinspiratUm de son père.

La jeune professe eût été mieux inspirée tout^foU:-le souvenir des morts que par les conseils des viwr de sa famille. — Son père d'abord semble avoir pris direction de son avenir. — C'était lui sans doute *> l'avait attirée à Malnoue. A la tête de cette abbaye ^. trouvait la sœur* de cette princesse du sang, maden]'selle de Vertus, qui avait été l'un des principaui app^/^ du Jansénisme 5, et qui à sa mort [23 novembre 169voulut que ses dépouilles fussent réparties entre P'"- Royal et Malnoue ®. L'abbesse, non moins janséniste, e^ '

1 Gailberl, Mém, ckron., L m, p. 136 ; Besoigoe, Hist, de P- A> ^ '' p. 592.

2 Le Mercure gâtant de décembre 1695 désigne GirconiiDeéUBl^^'' époque son séjour; la lettre du 11 octobre 1697 que noos allons ôtf^f"^ ce séjour h Malnoue. — Charlotte se trouvait à Gif sous la dimti^a c Tabbesse Marie de Bethune Dorral, cousine^rmaine de cette C«siï«* de Harrille que le marquis Simon-Nicolas de Pomponne éponsi es ^^-^ (Cr. Gatt. christ.^ L tu, col. 609, et La Chesnaye Desbois.)

s Marie^Claire de Bretagne de Vertus. (Call. ckriit., t. tii, coL ô^ii

4 Guilbert, Jlfeiii. chron., L vu, p. 544* — Cf. le Recueil in-12, p. ^>-'

5 Mém. de Fontaine^ t. i, p. 27Î, 296, 385, 491. — M»« de Vert© ^'^ seule étrangère que le pouvoir tolérât & Port-Royal après 1679. (Bc^ Hisf. de P. R„ L ii, p. 534. -- Cf. U m, p. 131.)

^ Guilberty Mém, chron,, L lu, p. 142.

CHAP* vr, SBÇT. m, ART. II. 353

plus prudente que sa sœur, savait ménager la cour '. Pomponne ne pouvait remettre sa fille en de meilleures mains ; car, nous le savons, madame de Saint-Optat se préoccupait de l'établissement de sa maison ; et, de sa fille, le secrétaire d'état voulait faire une abbesse. Gela du moins semble résulter des lettres suivantes, qui lui sont adressées et qu'il a conservées précieusement au nombre de ses papiers :

« Monsieur, la seule veue de Dieu me faisant jetter les « yeux sur madame vostre fille religieuse de Malnoue (( pour ma coadjutrice, avant de luy marquer ma pensée, « je m'adresse premièrement à vous, et vous suplie très « humblement. Monsieur, de m'acorder vostre consente- « ment. Regardant cette entreprise comme l'ouvrage de « Dieu, j'espère que le roy qui a depuis peu accordé une (( coadjutrice à madame l'abesse de Malnoue ^, ne me (( refusera pas cette grâce. Gome' je ne recherche point « la chair et le sang, je n'emploie persone que le Père « Athanase de Mesgrigny, mon frère, capucin, qui vous « rendra la présente, et vous expliquera toutes les parce ticularitésr que vous souhaiterés. Je remets le tout à

« la divine Providence, et suis avec respect Sœur de

« Mesgrigny, abbesse ^. A Gbarenton en Bourbonois, « 11 octobre 1697. »

Pomponne souhaita de connaître toutes les particularités dont ne l'instruisait pas cette bonne abbesse, qui

1 Guilbcrt, Mém* chron,, t. ?i, p. 284.

2 CeUe coadjutrice était Marie-Claude-Margueritcdc Rosmadeck, issue de la branche cadette de cette famille, dite deGoulaine. (GalL christ,, t. vit, col. 595.)

s Madame de Mesgrigny était elle-même reHgieose professe de Malnoue. (GalU christ,, t n, col. 178.)

ft5& UES RBUGISDSES DE I^ FAiPUM ARNACLD.

avait laissé ce sota à son frère, sans doute a6n de prouyei qu'elle ne recherchût pas la chair et k mng. Le frère écnvit au ipinistre : o lioaseigneur , pour vous doimw une par- « faite conoissance de Vahbaie dout j'eu Thooeur de toq$ « parlw hier au soir, j'en ay fût cette auict une descrip- « tion très macère ^e je prends la liberté dévoua adrea- « ser, eu vous avertissaut, liouseigpeur, que \r<ûs pertt sones pensent fortement à la dîtte abbaye. 1* IL k tt comte de CharlusS lieutenant de roy de Bourbouois, tt qui a deux filles du même ordre, maia jeunes; lûsnée « depuis peu est nomiaée prieure perpétuèle des Bénéa dictines de Provins. 2* L'abbé de La Chaise ^ qui a le « prieuré de Souvigny, à six lieues de Cbareaton, et a « madame sa tante ou sa seur ', à six lieues, abbesse (k » Sednt-Menou; et a une autre seur bénédictine, fort « jeune qu'il soubaiteroit y placer. S* M. k covAe de « Bricbanteau^, cousin et tuteur du jeuae marquis de u Nangis, pour madame sa seur religieuse bénédictine c( à Provins^. — Cette dernière me paroist la aieîlleure ir des trois; mais je préférerois de Y)eaucoup (es deux (( que j'ay eu l'honeur de vous proposer hier. Je vous « suplie très humblement, Monseigneur, quand wua tau- (f riê leur sentiments de m'honorer d'ua mot de response « adressée à nostre couvent de Saint-Honor^ à Paris où

t Cl^rUi-AntoiiM 4e Len$, eomU de Charlvs, mon le SS »ml i7l9. (HUU généaL du P. Anselme^ L iy, p. 85.)

> Il éUU ûls da marquis de La Chaise d'Aix et Derea du célèbre P. La Chaise. (Journal de Verdun, mars 1709, p. 239.)

' Elle nVtaît que sa cousine-germaine. (Cf. GalL christ,, t n, col. iSO, et Journal de Verdun, mars 1709, p. 225, et juillet 1709, p. 73.)

i François de Brichanteau, seigneur de Gurcj. (Hist. généaL du F» Aitulme^ U Yxi, p. 900.)

B Anne de Brichanteau. Elle mounit simple reiigieiue de Prorins en 1790. (Ibid.)

CHAB. n, SECT. ifa, 4tT. p. iSJd

u je ue retourne point;, allant de ce pas travailleF ^ p)u- €< sieurs fissions dans le diocèse de Troyes où nos pères c( me feront tenir vos lettres. J'offriray mes prières à Dieu c( pour prostré conservation et seray toujoi^s avec un trë^ (( proffond respect.... frère i^tbanase de Hesgrigny, cs^ii pucin indigne. I7 octobre 1797. »

A sa lettre le P. Athanase joint, comme il le prQfnel, un nxémoire détaillé sur l'abbaye de Charenton. }1 ep évalue les revenus et les charges, et dresse longuemeiit l'état du temporel. Quant au spirituel, il se contept^ d'aflirmer que les religieuses ne disent pas tfatipes le soir plus tard qu'à huit heures, ni Primes le n^atin «vapt sept he^res, et qu'elles chantent la grande messe seulement les dimanches et fêtes ^' C'était sur des mémoires semblables ^ que jadis l'avocat Antoine, ce terrible antagoniste du relâchement jésuitique, avait conclu la vocation de ses deux filles Angélique et Agnès avant de les investir des abbayes de Port-Royal et de Saint-Çyr. — Pomponne avait également, d'après la lettre du P. Athanase, à pourvoir deux vocations dans sa famille. L'abbesse de Charenton nous a fait connaître l'une. Nous pensons que nos papiers révèlent l's^utre. On y treuye cette lettre d'une seconde prétendante à la coadjutorerie : <c Monseigneur, je prendray la liberté de me servir tt des mesmes termes avec lesquels vous m'avez autrece fois fait l'honneur dem'escrire, guefay tant de raisons « de prendre part à ce que le roy fait pour vous, que 0 vous ne doutés point du tout de mes sentiments. C'est « cependant un devoir. Monseigneur, duquel je me se-

1 Ce mémoire ajouterait une page aasex utile à la notice que le Gatlia chmtn t IX, p. Hht consacre à Fabbaye de Chaienton» > Guilb«rt| Uém. ehron., partie i", 1. 1^ p. tfli^ 375, etc»

356 LES REUGIBCSES DE LA FAHItLB ARNAULD.

(c rois plustost acquitée dans cette dernière occasion ^ >]

« madame [de Floranville, abbesse] de Sainte-Marie [<\t

« Metz] ne m'eust ordonné d'attendre la lettre queù:

« vouloitvous escrire. Cette bonne dame, qui n*escritp]iL>

« çue delà maingauches vous en avoit commencé une avec

a im travail tel que vous pouvés l'imaginer à son aage.

c( Elle mêla fit voir, et j'aurois bien voulu vous Tenvoyer

« d'abord; msds j'eus beau dire que vous en sériés tris

« content, sa femme de chambre, et c'est tout dire pré-

« sentement, n'y a pu consentir; et il a falu attendre ]•:

a retour d'un voyage de son aumosnîer, pour vous fairi

(( dans toutes les formes une pièce d'éloquence passé

« par l'examen de l'université de Pont-à-Mousson. Aprè

« cela. Monseigneur, le nom de mon abbesse estant an

« bas, douterés-vous qu'elle escrive doctement, surtou:

« quand je vous auray dit que pour vous rendre la chose

« plus touchante, M. l'aumosnîer m'a vérifié confidem-

« ment tous les beaux endroits de sa lettre pour les

« avoir empruntés du recueil de celles de Monsieur

«vostre père. [La satirique correspondante àe T?om-

« ponne oublie qu'elle-même a fort adroitement com-

« mencé sa lettre par une citation plus directe encore

« que celle de l'aumônier.] Pour moy, Monseigneur, je

« vous les envoyé toutes deux ^, et vous suplie de fiùre

^ La favenr que le roi venait de faire au manniîs de PoiDpoBoe « ^ chargeant de gérer les affaires étrangères avec son gendre le wrqjùs àt Torcy. (Mém. de Saint-Simon, t ii, p. 180.)

2 Mallieureusement la pièce d*éloquence de M. raumônier ifeSl é^rée; des deux lettres, il ne reste dans nos papiers que celle de madamie de FWranville, à laquelle semble n^avoir pas collaboré Tunivcrsité de Poni>> Mousson, mais seulement la main gauche de la digne abbesse ; car «c* style et son écriture sont bien évidemment de cette main. En voici le teite « Monsieur, j*ay bien de la joye de quoy le roy vous a donné la [durr- « de secrétaire d'étatjt Je vous suis très obligée de vos bonté poar m:

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