‹ La vérité sur les Cent-joursChapitre 14 sur 23 · DE LOUIS XVIII · texte numérisé non relu

DE LOUIS XVIII

AUX MINISTRES DES PinSSAÎNCES ALLIÊBS,

Le'31 juillet 1815.

Le midigtère du roi a l'honneur de communiquer à leurs asoelltnoes unasiettrs les ministres et secrétaires d'état des puissances attîées, trois ordonnances de sa majesté , l'une Tendue à Lille pour le licenciement de l'armëelîtançaiBe , «tles deuxautres^ qui ne smit encore qu'en projet et qui sont relatives à rornanisatioti d!m« noofalle armée.

Le besoinde l'Europe , me^ moins que de la France Âie^mème ^ écant^ue celle-ci ait une armée^ le rois*est attaché et croit étne parTenu à concilier ce besoin avec

HÎSTOIlIQirBB B9R 1^1 5. 167

le béBdîti eiieot% plus grand qu'elles ont également l'ane et l'aube et énir sans retour les révolutions.

Il y a vingt-^six ane que la France, cherchant des |ga^ rantiefi contare les abus d'un pouvoir ministériel satis contrepoids iet eiiercé sans unilë conihie sans contrôle ^ s'^ara et se peixlit dans cette sorte d*égalité dont Tii^évîtable conséquence est la dotriination de la multitude, é*est-àMÎîte sët tyrannie, la plus effroyable detbtites, mais aiissi , et par cela même , la moins durable^ Cette tyrannie fit plàœ , ainsi qu'il est toujours arrivé et qult arrivera toujours, au despotisme d'un Seul, lequel, patr tiempéramei;it et par calcul , dépla^ la révolution en^en changeant le mobile , et la transporta du dedans Mtt de-» hors , en substituant à l'esprit d'égalité l'esprit de conquête.

Les derniers événemens ont prouvé jusqu'à quel point l'un et l'autre s'étaient affaiblis, puisque l'usurpateur, qui les avait tous deux appelés à son secours , n'a pu être soutenu par eux contre les effets d'un premier et seul revers.

Mais les chances de révolution ne pouvant cesser qu^îlsne soient tous deux entièrement éteints ou contenus de manière à ne pouvoir jamais redevenir domi— nans j toutes les pensées du roi , pendant sa retraite en fielgique , ont été tournées vers les moyens d^ôbtenir ce résultat , et tous ses actes depuis son rétour ont eu pour but de Uassurer;

La doctrine d'une égalité extrême peut bièû avoir encore pour apôtres' et pour partisans quelques spéculatifs bâtissant des théories pom* un monde imaginaire, et

traire donner les moyens de les replacer dans ces mêmes temples et galeries dpi|t ils ont été si long-temps les pmemens.

S'il était possil>le que les sentimens de son altesse royale pour la personne et la cause de Lpuis XYIII fussent mis en doute , ou que la position de sa majesté trèschrétienne vis-^à-vis de son propre peuple dût en souffrir , le prince régent n'en viendrait pas à cette conclusion sans la plus pénible répugnance. Mais au contraire j fon altesse royalfs croit réellement que sa majesté augmentera l'amour et le respect de ses propres sujets pour sa personne , à proportion qu'elle se séparera de . ces souvenirs d'un système de guerre révolutionnaire.

Ces dépouilles , qui sont un obstacle à la réconciliation morale de la France et des Etats qu'elle a envahis , ne sont pas nécessaires pour rappeler les exploits de ses armées , qui , malgré la cause pour laquelle ils ont eu lieu, doivent toujours faire respecter au-dehors les armes de la nation : mais tant que ces objets resteront à Paris , constituant , pour ainsi*dire , les litres des pays qui ont été rendus , le désir de les réunir à la France ne isera jamais éteint, et le génie du peuple français ne pourra jamais s'accoutuiper i la diminution d'existence territoriale assignée à la nation sur qui régnent les Courbons.

Le prince régent, en donnant cette opinion, n*a aucune intention d'humilier la nation française. La politique générale de son altesse royale, la conduite de ses troupes en France , son empresse;nent à rendre à la France , dès le premier moment de la reddition de Buo-

HISTORIQUES SUR l8l5. I77

naparte , la liberté de son commerce , et par-dessus tout, le désir qu'elle a récemment témoigné de conserver définitivement à la France , avec quelque modification peu considérable 9 son intégrité territoriale , sont les meilleures preuves qu'un n^otif de justice pour les autres , le désir de cicatriser les blessures faites par la révolution , et non aucun sentiment peu généreux pour la France, ont seuls dicté cette décision.

Toute la question se réduit 'à ceci : les puissances de l'Europe forment-elles aujourd'hui un accord sincère et durable avec le roi ; et 9'il en est ainsi , sur quels principes sera-t-il conclu? Sera-ce sur la conservation ou l'abandon de^ dépouilles révolutionnaires? Le roi peut-il croire rehausser sa propre dignité , en s'entourant de monumens des arts qui ne rappellent pas moins les souffrances de son illustre maison que celles des autres nations de l'Europe?

Si les Français veulent porter leurs pas en arrière , peuvent-ils raisonnablement désirer conserver cette source d'animosité entre eux et les autres nations? Et s'ils ne le veulent pas y est-il politique de flatter leur vanité , et de tenir éveillées les espérances que la contemplation de ces trophées doit exciter?

L'armée même peut-elle raisonnablement le désirer? Le souvenir de ses campagnes ne peut jamais périr. Elles sont rappelées dans les annales militaires de l'Europe ; elles sont gravées sur les monumens publics de son propre pays. Pourquoi faut-il associer sa gloire acquise sur le champ de bataille à un système de pillage contraire aux lois actuelles de la gueiTe , et par lequel

178 PIÈCES £T BOGUMBKI$

le chef qui la condaiaail am: comlaU a en effet tenu l'éclat de ses armes.

Si nous Toulûns réellement revenir à la paii; et aux anciennes maximes , il ne peut pas être sage â^ ccoftseï^ ver tant de restes des abus du passé , et le roi ne peut désirer , en sortant des naufrages de la révolulion dont sa famille a été la principale vicstime 9 perpétuer dans sa maison cet odieux monopole des arts*

Les riches collections que la France possédait avant la révolution, augmentées de la collection Borghèse(une des plus belles du monde) qui a été achetée depuis , donneriint au roi d'amples moyeos d'orner omvenahle^ ment la capitale de seau Empire 9 et le roi peut renoncer lui-même aux objets précieux venus d'une source im-* pure, sans porter atteinte à la culture des arts en France.

En aj^liquant un remède à ce mal dangereux y il ne semble pas qu'on puisse adopter une ligne moyenne qui ne tende pa» à reconnaître diverses spoliations faites sous le nom de traité , et dont le caractère est, s'il est possible, plus frappant que les actes d'une rapine ouverte, par lesquels le reste a en général été rufisem-» blé.

Le principe de la propriété , réglé par les rédama** tions des pays où ces ouvrages ont été pris , est le plus sûr et le seul guide que doit suivre la justice ; et peut-^ être n'y a-t-il rien qui puisse contribuer davantage i établir aujourd'hui l'esprit public de l'Europe, qu'un tel hommage rendu par le roi de France à ce prU^r cipe de vertu, de conciliation et de paix.

HISTORIQUES SUR l8l5. 179

Page 1