‹ La vérité sur les Cent-joursChapitre 4 sur 23 · VÉRITÉ · texte numérisé non relu

VÉRITÉ

ils proclament la souyeraineté dérisoire, quelques hommes contiDoent de condamner ce qui est devenu plus sacré que la chose jugée; car, qu'est-ce que l'arrêt d'un tribunal comparé à l'arrêt d'un peuple entier?.... Et tout en blasphémant ce que le vote public d'il y a trente ans a consacré , ces mêmes hommes frustrent le peuple d'aujourd'hui du droit de voter ! ils parlent sans mandat au nom du public , et substituent leur volonté à la volonté de tous les citoyens, qu'ils évitent de consulter, même après la victoire !

Les chambres usurpatrices s'insurgèrent contre Napoléon , à la voix de cet ami de Washington (i) dont l'intention fut toujours

(i) Le général Lafayette s'exprima ainsi : « Messieurs, lorsque , pour la première fois depuis bien des années , j'élève une voix que les vieux amis de la liberté reconnaîtront encore , je me sens appelé à vous parler des dangera de la patrie que vous seuls à pr^ sent avez le pouvoir de sauver.

tt Des bruits sinistres s'étaient répandus ; ils sont malheureusement confirmés. Voici le moment de nous rallier autour du vieux étendard tricolore, celui de 89 , celui de la liberté , de l'égalité et de l'ordre public ; c'est celui-là seul que nous avons à défendre contre les prétentions étrangères et contre les tentatives intérieu-

droite, mais dont l'influence fut bien funeste. Quel fut en effet le résultat de cet étrange appel au patriotisme de lySg?.... Une députa-

res. Permettez , Messieurs , à un vétéran de cette cause sacrée , qui fut toujours étranger à l'esprit de faction, de vous soumettre quelques résolutions préalables dont vous apprécierez, j'espère, la nécessité.

n Art. I*'. La chambre des représentans déclare que l'indépendance de la nation est menacée.

M Art. IL La chambre se déclare en permanence. Toute tentative pour la dissoudre est un crime de haute trahison ; quiconque se rendrait coupable de cette tentative sera traître à la patrie et sur-le-champ jugé comme tel.

<t Art. III. L'armée de ligne et les gardes nationales qui ont combattu et qui combattent encore pour défendre la liberté , l'indépendance et le territoire de la France , ont bien mérité de la patrie

« Art. lY. Le ministre de l'intérieur est invité à réunir l'état -major-général , les commandans et majors de légion de la garde nationale parisienne , afin d'aviser aux moyens de lui donner des armes et de porter au plus grand complet cette garde citoyenne , dont le patriotisme et le zèle éprouvé depuis vingt-six ans offrent une sûre garantie à la liberté , aux propriétés, à la tranquillité de la capitale ^ et à l'inviolabilité des représentans de la nation.

M Art. y. Les ministres de la guerre, des relations extérieures , de la police et de l'intérieur , sont invités à se rendre sur-le-champ dans le sein dé l'assemblée.

tîon honteuse au camp des alliés.... Fh^roîque armée' de la Loire licenciée... . Tenthousiasme des soldats et du peuple réprimé....

enfin les Bourbons imposés pour la seconde fois! Ah! ce n'était pas la route où se précipitèrent les hommes de 89 ; ce n'était pas le drapeau de 89.... Il y a loin de Fimmortalitë glorieuse du cri marseillais ^ à l'inexo* rable immortalité de ce cri nos amis les en-

nemis !

Ne nous étonnons plus que des chambres coupables n'aient pas osé consulter le peuple, pour lui soumettre leur conduite.... Qu'eussent-elles recueilli d'une votation nationale?.. Depuis les trois cotations du Consulat ^ de V Empiré et de Vacte additionnel ^ le peuple français ^ que vous appelez encore sous^erain, n^aplus été consulté. Sans votation populaire , il ne peut y avoir de légitimité populaire. Ou vous reconnaissez le principe de la sènveraineté ab-^ solue, et Henri V est votre maître; ou vous reconnaissez le principe de la souveraineté populaire y et vous êtes renégats de. votre foi politique , si vous ne consultez pas le peuple d'aujourd'hui sur le pouvoir que vous avez substitué de fait aux pouvoirs votés par le

SUR LBS CBMTr-IOURS. 4f

pcjuplç d'hier. Devaxit cette yérité, quQ.p^u-r v/eat les mille sophismes de lu .doctrine ? ...

M Âh ! pourquoi un de nos députés ne monla-t-il pas M à la tribune pour dissiper d'injustes prév^entions , ce pour forcer jtpus. les .partis :Jl se réunir cxMotre les M baïonnettes étrangères , pour rappeler à VassémlAée m l'exemple du sénat romain allant en corps au devant «r de Yarron , vaincu à Cannes par sa propre impru- M dence? Un pareil mouvement imprimé à la nation « l'eût préservée du joug ; ou du moins , s'il était dans t< notre destinée de succomber , nous serions tombés « avec gloire , nous ne serions pas tombés sans ven- M geance. »

Tout cela a été dit : c'est précisément le fond, et presque la forme du discours que j'adressai aux deux chambres , comme commissaire extraordinaire de l'Empereur. Je montrai, sans détour, la France se perdant par ses dissensions et descendant au dernier rang de l'échelle politique. Je parlai, non-seulement de Varron , mais de Saragosse et de Moscou , qui étaient plus près de nous ; je dis enfin tout ce qu'écrit Lamarque.... Tout fut inutile :

céder aux ennemis^ c* était refaire 89!!! tant était complet le bouleversement des idées !

Comment expliquer ce bouleversement

L'A. vÉRiré

parmi tant de citoyens honorables , et lors* qu'ils pouvaient tous entendre les hurlemens des C!osaques?.... Dieu le voulut ainsi :Dieu voulut , sur tous ces amis de la patrie

Répandre cet esprit d'improdence et d'errenr

De la chate des rois (et des peuples) funeste avant-coureur !

M Pendant que l'agitation régnait dans l'assemblée, « qui croyait- toujours entendre à sa porte le pas de « charge de SaîntrCIoud, Regnault de Saint-Jean- « d'Afigély vintdonner quelques détails sur les batail- «« les de Fleorus et de Waterloo. Il aufîonça que Tar^ «( mée se réunissait sous les muirs d'Avesnes et de « Philippeville , et que l'Empereur était venu à Paris « pour conférer avec ses ministres sur les moyens de « rétablir le matériel , et pour concerter avecles cham- « bres les mesures législatives que les circonstances « exigeaient.

, « Cette dédaration ne rassura paa l'assemUif e , qui N s'oecupa de la'noiilitiationr' imffi^«ke:d'tuie com* « mitôioti , pour' poui*voir -aiût'fchoyens dé la protéger. K Les ministres né se rendant pas assez promptement M dans son sein , At. Jay prépose un second message et « ajoute que s'ils n'y cédaient pas , l'invitation serait « changée en ordre. — Un autre membre a'écria qu'il « fallait prendre sur-le^H^hamp des mesures de sûreté

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