‹ La vérité sur les lettres de M. J. ProudhonChapitre 12 sur 15 · LE COMITÉ NATIONAL ROMAIN · texte numérisé non relu

LE COMITÉ NATIONAL ROMAIN

Braves Romains ! Vous avez oublié que c’est le pouvoir spirituel de la papauté, qui cherchait, par tous les moyens, même les plus exécrables, à s’arroger les droits du pouvoir temporel. C’est l’histoire qui parle. . . Ressouvenez-vous des guerres des Guelfes et Gibelins! Combien elles ont coût# de sang au monde catholique en général et aux Italiens en particulier !... Et pourquoi tout ce sang a-t-il été versé, tous ces carnages, toutes ces dévastations et tous ces crimes, qui ont eu lieu pendant ces guerres ?... Pourquoi?... Pour que le pape pût devenir pape-roi!...

A présent, Italiens, vous voulez spolier l’actuel porteur de la tiare-couronne de son titre et de ses attributs de roi, pourtant vous consentez à le laisser à Rome avec sa seule tiare, dont le pouvoir spirituel même doit s’augmenter... Donc, ô Italiens, vous êtes par trop crédules, par trop bonshommes, quand vous pouvez supposer que la paix sera stable, que le loup ne mangera plus de moutons, et que vous pouvez dormir tranquillement sans être réveillés de nouveau par les coups de canon d’autres guerres de Guelfes et de Gibelins !... Non ! vous vous trompez ! Ressouvenez-vous de 1847 et de 1840, deux graves périodes de

l'histoire de la papauté... Il assurez- vous dans cette supposition qu’au Vatican le pape-caméléon cessera de tromper le monde... Relisez ce qui a été dit sur les pages Ifiâ. 171 et 178 de ce livre: après jugez bien les actes des papes, et vous conviendrez que vous vous trompiez ! L’hydre de Lerne ne meurt jamais, quand on ne lui coupe qu’une tête; et la légende dit qu’il fallait les lui couper toutes d’un seul coup, pour libérer la terre des plaies que ce monstre causait... Le mal qui provient du prêtre de Rome, ne cessera jamais, qu’a près avoir Uni une fois pour toujours avec son pouvoir spirituel et temporel!!! Sécularisez donc tout le clergé; vous taillerez toutes les têtes de l'hydre de Rome; vous guérirez la société des plaies qui la ravagent !

A propos de la note sur la page 107.

On s’attendait avec impatience à des débats dans les Chambres françaises: l’attente publique n’à point été trompée ; le discours du sénateur Piélri est une sorte de manifeste. Voici ce discours, qui a servi de base à la discussion de l’adresse du Sénat français:

« m. pietri lit un discours dans lequel il dit qu’il ne faut pas s’en rapporter à la sagesse impériale en toutes choses , mais que les amis sincères du gouvernement ont le droit et le devoir de dire franchement leur opinion pour repousser toutes les éventualités que l’on oppose perfidement à la dynastie napoléonienne.

« Mais avant d'entrer en matière , l’orateur juge à propos de dire quelques mots sur ce qu’il a entendu dans la séance d’hier. Nous sommes plein de respect, dit-il, pour toutes les convictions, mais nous avons gémi d’entendre faire ici le procès de la presse libérale, et cela au nom des opinions ultramontaines.

« On a pris le gouvernement à partie parce qu'il accorderait sa sympathie à un homme honorable, au directeur d’un grand journal, lorsqu'on devrait le louer de s’engager dans [une politique de conciliation et de progrès et de refuser de se laisser influencer par des tendances rétrogrades.

» L’honorable membre aborde ensuite la discussion des faits et des principes, étrangement méconnus, à son avis, dans la précédente séance.

• • Pour bien préciser l’état de l’esprit public en France, il suffit d’avoir suivi avec quelque soin les événemens qui se sont succédés depuis quelques années. Il s’est opéré un classement suivant

les lois de l’affinité. D'un côté se sont groupés les partisans du passé , réactionnaires aimant et regrettant les abus du régime parlementaire; de l’autre côté se sont réunis les hommes dévoués à la cause du progrès, défenseurs de la Révolution, soutiens de la démocratie personnifiée sur le trône par l’Empereur Napoléon III.

« Sans doute, les premiers ont aidé à l’établissement de l’Empire, mais c’était une tactique pour faire supposer qu’eux seuls avaient élevé l’Empereur, tandis que, fier de son origine populaire, le gouvernement nouveau n’avait qu’un but , se dévouer à tous. L’Empereur s’était fait sans eux, au besoin il se serait fait contre eux.

« Tant que l'Empire eut à se laisser absorber par le rétablissement de l’ordre, par le soin de faire oublier des utopies dangereuses, les hommes du passé n’eurent aucun prétexte de l’attaquer, et gardèrent un prudent silence.

• Mais lorsque le gouvernement nouveau eut à pratiquer le respect des nationalités, lorsque la guerre de Crimée 6t voir qu’on avait rompu avec le principe de • la paix à tout prix ■ et du • chacuu chez soi • , on vit les hommes du passé changer de tactique ; ils virent avec déplaisir celte guerre, pendant laquelle ils exhalèrent de secrètes rancunes.

• La guerre d’Italie leur fit jeter le masque; ils accusèrent cette guerre d’inutilité. Celte guerre n’était pas inutile, car elle avait pour but de délivrer la Siobe des nations et d’éteindre à deux pas de la France un volcan révolutionnaire.

■ L’Autriche vaincue, diverses monarchies italiennes tombèrent apportant leurs territoires comme une alluviott à l’unité de l’Italie. Les avertissent ens de la France n’avaient pas manqué aux familles régnantes , et si à la suite des événemens de la guerre un agrandissement en est résulté sans que la France ait été appelée à l’approuver, peut-on dire qu'il aurait fallu qu’elle tournât ses armes contre ses alliés en faveur des vaincus «le Solferino?

« Les partis qui prétendent que l’unité italienne occasionnera le bouleversement des Etats du saint-siège devraient savoir qu’il n’y a aucune puissance assez forte, s’il s’en trouvait d’assez injuste, pour empêcher une nation d’arriver à ses destinées lorsqu’elle est mûre pour la sagesse et la liberté...

« Quant aux hommes nouveaux, oubliant d’injustes préventions, ils comprennent que l’Empereur, incarnation de la France démocratique, doit prendre en main la défense de la cause des peuples

et les guider vers les sources vives de la démocratie et de la liberté.

• Avec le prestige résultant de ce baptême auguste de la dynastie, la marche du gouvernement impérial est toute tracée: à l’extérieur, défense de la cause des peuples: à l’intérieur, donner au peuple autant de liberté qu’il a reçu d'égalité, et discipliner les forces de la nation. Ce progrès s'accomplit par degrés: la Constitution est perfectible et il a été solennellement déclaré que la liberté serait le couronnement de l’édiQce impérial.

« Si l’Empire n’a pas encore porté tous ses fruits, à qui faut-il en attribuer la faute ? A l’Empereur? Non. Est-ce à la Constitution? Pas davanlage. A qui donc reprocher l’ajournement des légitimes espérances du pays?

« A ceux qui défendent l’Empire par les mêmes moyens que les gouvememens déchus, et à ceux qui manquent de patience et de réflexion. Trente années d’un régime parlementaire qui en était plutôt l’apparence que la réalité, les députés nommés par une poignée d’électeurs, l’impuissance à abolir les prohibitions, à empêcher la contrefaçon, voilà, entre autres choses, ce que les anciens régimes avaient donné au pays.

« L’Empereur a du appeler dans ses conseils des serviteurs des anciennes monarchies, et s’entourer des lumières de quelquesuns d’entre eux. Comment ont-ils répondu à ce qu’on devait attendre d’eux ? 11 en est qui ont compris la raison d’être du nouveau gouvernement, et qu’il fallait non plus comprimer les masses, mais les diriger, et aborder les grandes questions.

• D’autres , au contraire , ont semé la zizanie , engendré les rivalités et fait un retour aux idées d’autrefois; une troisième catégorie a créé des difficultés au gouvernement en essayant de montrer la démocratie comme un épouvantail.

« Le gouvernement doit cesser de s’adresser à eux et s'arrêter aux hommes qui veulent le progrès de la démocratie.

• Après avoir signalé les obstacles qui peuvent s’opposer à la marche de l’Empire, l’honorable orateur cherche quels sont les moyens de les vaincre.

« Fidèle à son origine nationale, le gouvernement de l’Empereur doit briser toute entrave à la liberté individuelle et à la liberté de la presse.

« Les lois de sûreté générale ue doivent plus subsister, les lois d’exception servent les rancunes des partis : elles n’ont jamais sauvé les gouvernements.

• Les éleclious doivent être libres, à la seule condition que la loi constitutionnelle demeure a l’abri de toute attaque. Une pression exercée sur le suffrage universel ne pourrait servir qu’à séparer l’Empereur de la France. Les excès de zèle dans ce sens nous ramèneraient au régime parlementaire, aux gouveriiemeus de caste , oit il y avait tles représentés et des non représentés. Ces temps ne sont plus ; l’Empereur aujourd’hui règne et gouverne; il est responsable envers le pays, et il entend qu'il n’existe entre la France et lui aucune muraille de la Chine.

• Qu’on éclaire donc le suffrage universel, mais qu’on ne le violente jamais. Que la presse soit délivrée du système des avertissemens préventifs. Le régime actuel n’est pas la liberté, et quoiqu’il ait toujours été appliqué avec une grande modération , il doit avoir un terme. Cette tutelle administrative décourage les écrivains. Il arrive qu’ils se taisent quand ils devraient parler et qu’ils parlent quand ils devraient se taire. Le rôle de la presse est de devenir un auxiliaire et non un ennemi, et si elle s’écarte de ses devoirs, il sera facile de la maintenir par les pénalités du droit commun.

« L’honorable orateur passe ensuite à l’exameh deè affaires extérieures. Ainsi que l’Empereur l'a déclaré, « l’Empire c’est la paix > ; mais une paix qui doit protéger notre dignité et nous l>ermoitre d'expripier hautement nos sympathies pour les peuples.

• Ainsi comprise, la paix ne pouvait nous laisser insensibles aux malheurs de l'Italie. Cette grande cause n’a trouvé contre elle que certains prélats ligués avec les mécontents de tous les régimes. Les princes de l'épiscopat ont montré eu effet qu’ils avaient la mémoire du cœur plus courte que le petit clergé, qui est plus près du peuple et qui partage mieux ses sentimens. •

« L’Eglise aurait-elle donc oublié qu’elle est aujourd’hui plus largement dotée que sous tous les précédents régimes ; que la liberté d'enseignement lui a été donnée : que tous les ordres religieux, prêcheurs et mendians, peuvent se multiplier en France? Pourquoi donc ces plaintes, ces accusations? Et serait-il vrai que tous les partis, même les partis religieux, sont insatiables?

• Celte pénible question me conduit aux difficultés de la cour romaine. Ces difficultés, nous ne les avons ni soulevées ni compliquées. L’Empereur, chef d’une nation catholique, a prouvé, au contraire, tout son dévouement au saint-père, et si ceiui-ei eût tenu compte des averlissemens qui ne lui ont pas manqué, peul-

être la papauté serait-elle aujourd’hui réconciliée avec la cause italienne.

• La question romaine est une question épuisée; elle a lassé

l’opiuion publique;. .le statu quo ne saurait plus se prolonger. Pendant que nous nous épuisons en efforts de conciliation, Rome devient le centre de toutes les menées qui troublent le royaume de Naples ; notre dévouement est méconnu , les consciences sont profondément troublées, et les intérêts spirituels eux-mêmes compromis. Nous aussi, nous sommes catholiques

...« Moi, à ma façon, cela est vrai; je ne suis pas capucin, voilà tout; mais je suis profondément catholique et non pas à la maniéré de ceux que j'ai pu counaltre dans les fonctions que j’ai exercées...

• Et nous aussi nous, sommes catholiques ! Nous le sommes peut-être avec plus de conviction que beaucoup de ceux qui spéculent sur ce titre... (Interruption sur plusieurs bancs.)

< m. le president. Pas de personnalités!

• m. pietri. Je ne fais pas de personnalités... Je demande qu’on me laisse achever mon discours.

< k. le president. Vous avez été interrompu avec une vivacité regrettable... Mais , de votre côté, vous avez dépassé les bornes.

• m. pietri. Je ne le crois pas.

• s. eh. le cardinal donnet. Vous avez otjjblié qu’il y avait cinq prélats qui vous écoutaient.

« h. pietri. Ma pensée u’aliait pas à l’épiscopat (1). Je dési-

(1) Selon moi, M. le sénateur Piétri aurait dô répondre à MM. les milrés : dans la Chambre du Sénat français il n’y a que des sénateurs. . ,

Outre cela, il seçait bon de se rappeler que, tant au Sénat français qu’italien et aux Chambres des Députés de ces deux nations, comme dans les Chambres pareilles de la Pologne d’autrefois, quand les mitrés se sont introduits, les intérêts de la Pologne peu à peu furent remplacés par ceux de la catholicité, c’est-à-dire, de Rome, et cela conduisit A la décadence de la République-royaume de Pologne. Pour prouver ce que j avance, je mentionnerai seulement quatre fatales décisions des. assemblées polonaises à différentes époques, agissantes sous l’influence cléricale.

La première, pendant le régne de Wladislas Jagellon, quand par l’ordre venu de Rome, l'archevêque de Cracovie Olesnicki . homme très-influent sur ce roi , l’a arrêté dans la destruction complète de l’Ordre des chevaliers Teutoniques de la Croix...

La seconde, quand le jésuite Possevin, nonce papal, par ordre de

rerais que tout le monde professât pour la religion et pour ses organes les sentimens sincères qui sont les miens. \ . . .

« . . . . (Reprenant la lecture de son manuscrit.) El nous aussi nous sommes catholiques (rires), et c’est pour cela que nous espérons que certains prélats reviendront à des sentimens plus justes et nous aideront à la solution de la question romaine. Elle doit être tranchée par la raison et non par l’épée.

• Aussi quoi de plus douloureux à constater que les refus absolus de I» cour de Rome, qui fait monter jusqu’au ciel une question terrestre, et qui semble tenir plus à la récupération de son pouvoir temporel qu'à l'extension même du domaine spirituel ?

• Il faut sauver Itonic, qui tend à se perdre: qu’on lui fasse une nouvelle proposition, et si elle la repousse par un refus, que la France et l’Italie procèdent sans elle à la grande œuvre de conciliation entre l’indépendance nationale et la religion. II n’y a pas de temps à perdre. Vous savez que le souverain-pontife a convoqué tous les évêques de la catholicité à Rome pour un concile œcuménique.

• Il s’agit, je crois, dans la lettre, des martyrs du Japon; mais * de cette assemblée peuvent sortir des résolutions qui compromettraient tout.

• Si les populations exaspérées de l’Italie venaient à considérer l’opiniâtreté du saint-siège comme un mal incurable , où serait

son chef, a ordonné au haut-clergé polonais d’agir ensemble avec lui pour arrêter le bras d’Etienne Balory prêt à détruire le tzaral de Moscovie et son maître, qui, pour être sauvé, avait promis de se convertir au catholicisme... et n’a pas accompli sa promesse...

La troisième, n'ayant pas voulu que Sigismond III (Wasa) envoyât son (ils Wladistas, qui avait été acclamé le tzar de Moscovie par toute la nation moscovite, le haut clergé voulut que le roi de Pologne s’afTublàl lui-même du pouvoir tzarien pour catholieiser les Moscovites, à quoi ce faible roi, esclave des jésuites, a adhéré...

La quatrième, réagissant sur Jean III Sobieski, pour q’il se dépêchât de sauver l'Autriche, menacée de destruction par les Turcs, et n’acceptàt des propositions de Louis XIV, de s’allier avec lui et la Porte Ottomane pour déraciner à jamais la monarchie autrichienne de Léopold I (ingrat)... Qui ne voit pas ici la funeste influence des prêtres?..’ Prenez donc garde à eux!

(auteur).

le remède? Songez que les hommes les plus intelligents de l'Italie ne croient pas à l’affranchissement de leur pays sans la disparition du pouvoir temporel. Cette opinion est devenue celle de l’Italie entière; prenez garde, en y faisant obstacle, de jeter l’Italie dans la révolution et dans le schisme.

• Elle se précipiterait alors comme un torrent qui enlèverait le grain et le sillon. Héfléchissez à ce danger. N'oubliez pas qu’une solution prompte et pacifique de la question romaine nous permettrait de réduire notre armée de cent mille hommes et notre budget de cent millions. Mon langage paraîtra peut-être hardi , mais à ceux-là seulement qui ne comprennent pas les aspirations.

« Eu résumé, discernement et résolution, respect à la religion, à la justice, à la liberté Ainsi l’on ajournera les tempêtes! •

Le point le plus saillant de ce discours, qui démontre la nécessité de la perfectibilité de la Constitution, est celui, où M. Pit!lri soutenait que • le gouvernement , voulant introduire de nouvelles améliorations dans l’organisation politique, doit briser sans retard les entraves mises à la liberté individuelle et à la liberté de la presse sans négliger d’assurer la sincérité et la liberté des élections.

C’est un programme, tout à fait nouveau, de la politique impériale, que toute la France, tout le monde libéral, accueilleront avec des applaudissements d’une sincère satisfaction.

Le discours du Prince Napoléon-Jérôme. »

• Nous n’essaierons pas de donner une idée du discours du prince Napoléon. Un tel discours, interrompu à chaque phrase par les murmures et les plus violentes apostrophes,, échappe à toute analyse. L’esprit public est en éveil; les plus grands intérêts sont en jeu; les questions religieuses se mêlent aux questions politiques; la lutte est ouvertement engagée entre la révolution et la contre-révolution.

Entre ces deux principes la conciliation est impossible; toute idée de rapprochement est une chimère, toute hésitation une faute. Le prince Napoléon n’a pas hésité; il s’est prononcé nettement, sans phrases ni circonlocutions. « Vous voulez ■ a-t-il dit à la majorité du Sénat, « que ’ l’Empire retourne en arrière. Nous, nous le plaçons à notre tête, et dous lui disons :

Marche, marche dans le progrès » ..

■ C’est parler d’or; mais la question est de savoir quels sont ceux qui comprennent ainsi la mission de l’empire, la logique des institutulions impériales, et qui se joigneut au prince Napoléon pour crier : Marche ! Marche U! A en juger, par l’attitude du Sénat, le nombre n’en est pas considérable ; mais qu'importe ! La France veut toujours ce qu’elle a invarîable-

ment voulu depuis 89; elle redoute et déteste ce qu’elle a toujours redouté et détesté, — les hommes et les choses de l’ancien régime ; la ' Révolution n’a pas besoin qu’on lui crie : Mar-

che! elle marche par sa propre impulsion, et ce n’ést pas le Sénat qui l’arrêtera...

■ ... Napoléon I, à qui l'experience avait tardivement, mais complètement ouvert les yeux, disait à Ste-Hélène : « Dans un gouvernement représentatif, l’interdiction ou la restriction de * la liberté de la presse est une anomalie, une véri-

table folie.,, l’étouffer est absurde. Je suis convaincu sur ce point... •

, • Celte çonviction, le gouvernement la parta-

gera tôt ou tard , et des discussions comme * celle (qui suit ici) du Sénat lui feront de plus en plus comprendre le besoin de la liberté des journaux.

. «Malgré tous les écarts et tous les excès de

, langage, ces discussions ont une incontestable

importance. Elles dessinçnt nettement toutes les positions, elles entretiennent la vie politique; elles réveillent, et affermissent dans les esprits le sentiment de la liberté. ^

f «A. Petrat.»

{La Presse du 24 Février 1862).

Que ces quelques' lignes servent d’épigraphe pour le discours du prince Napoléon. ■ *

Dans la première séance M. le sénateur Larabit a prononcé son discours en faveur de la Pologne. Dans la seconde , le discours le plus remarquable a été celui de M. Piétri, plus haut donné, et quoique les deux premières séances du Sénat aient été bien importantes, elles ne présentaient cet intérêt et cette gravité des matières discutées , comme la troisième, qui a été remplie presque entièrement par le discours-réponse de M. Baroche, aux orateurs du parti contre-révolutionnaire, dont un grand nombre se trouve dans le

Sénat et dans le Corps législatifs de France : et par le discoursprogramme du prince Napoléon- Jérôme, plus explicite que celui de M. Piétri.

Le discours de M. Baroche est un monument d'éloquence • et de logique, en un mot du talent oratoire. Il l’a fini disant....

* Voilà en somme ce que j'avais à repondre.... Je me résume maintenant en deux mots et je dis: Non. le mal n’est pas si grand que vous l'avez fait ; mais plus il serait grand, moins il faudrait que le gouvernement songeât à se désarmer (Très bien! Marques très nombreuses d’approbation).»

En donnant ces quelques paroles et mettant en guise d’épigraphe . les paroles de M. Peyrat , on*peut avoir une idée de toute l’importance des discussions des Chambres françaises, que j’ai présupposées (voir pages 107 et 156 de ce livre); mais l’événement parlementaire dans la Chambre des sénateurs c’est le discours du prince Na* poléon.

Et par cette raison je le donne tel comme il est apporté par la presse française; mais il me faut auparavant donner quelques mots du Siècle du 24 Février qni concernent le même discours :

• Sommes-nous dans le Sénat français de 1862 ou dans la Chambre introuvable de 1815, qu’il ne soit plus permis de dire , que le retour de l’ile d’Elbe s’est accompli aux cris des; À bas

Page 1