SS
ia Russie serait obligée de la limiter en deçà de la Dwioa et du Dnieper, car une armée quelconque , se trouvant en guerre avec elle, pourrait toujours 'donner l’impulsion à un soulèvement général dans ces provinces, si fortement aliénées.
■ Pour ce' qui est de l’ancied service de police, sa dissolutiou e»t complète. La poliee est impuissante à prévenir ici l'affichage des placards révolutionnaires, et la lecture qu’en font des milk'ers de curieux sous les yeux mêmes de cette police. Cette dissolution semble provenir de deux causes : de l’abandon de l’ancien système gouvernemental sans qu’un- nouveau- lui ait été substitué, ci de , l’attitude de la presse russe à l’étranger. Alexandre II, à son avènement , voulut renoncer au gouvernement violent dç son père , adoucir les rigueurs de la police et régner sans recourir au gibet de la Sibérie. Mais il oublia que sans une police sévère on ne peut gouverner qu’une nation pourvûe d’institutions sérieuses et solides, munie d’une organisation intérieure saine et hoiméle, et pénétrée d’un sentiment mûri de la légalité, c’esl-à-dire de soumission à la loi. Or, tout eela manque en Russie; voilà pourquoi l’essai n’à pas tourné à bien, et lorsqu’on s’en est aperçu, lorsqu’on a voulu revenir à la sévérité originelle, il était trop tard, et on a pu voir combien peu il était possible de faire sous ce rapport un seul pas en arrière , la police, la Sibérie, la prison ayant perdu tout leur terrifiant prestige.
« La presse russe, conduite à l’étranger par Hertzen et consorts, contribue singulièrement de son côté à ce dissolvant résultat, en attaquant énergiquement et en brisant moralement l’ancien système impérial , sans eu -présenter ni en édifier aucun nouveau capable d’obtenir du peuple obéissance et respect. Cette presse, à la fois exotique et nationale, compte deux camps qui tous les deux ont produit à peu près les mêmes ravages. Les socialistes comme Hertzen, imitant les socialistes français de 1848, ont surexcité les passions et flatté le peuple qui, en Russie, est ignorant et impréparé, non-seulement à la vie politique, mais à la vie civile mente.
■ Les doctrinaires comme Dolgoroukoff se rattachent au seul point d’un rêve constitutionnel, pour la réalisation duquel la Russie n’est nullement mûre. Ils élèvent donc là un édifice sans fondement, faute de tenir compte du manque absolu en Russie de bonnes institutions , de bonnes lois , ainsi que d’une magistrature suffisamment courageuse et éprouvée. En supposant doue que l’empereur Alexandre II accorde une Constitution à ses Étals , où en trouver la base? qui la respectera et saura s’y conformer ? .U^e '
Constitution n’est possible que dans une muuarchie pleinement, solidement organisée, et les premiers rudimeus de cette nécessaire organisation sont à naître en Russie.
* Néanmoins leurs idées, propagées en Russie avec une grande rapidité, y ont enflammé jusqu'aux fonctionnaires et aux miUlQires contre tout ce qui existe, sans toutefois montrer une réforme en perspective. Les Russes connaissent mal l'histoire des autres peuples ; ils n’aperçoivent pas que dans aucun pays une Constitution n’a pu précéder les réformes économiques et légales. C’est dans la déplorable facilité avec laquelle le peuple reçoit sans examen les impressions les plus étranges, que git surtout son impuissance. De son côté, le gouvernement ne peut rencontrer un sol homme d’Etat capable de lancer d’un bras vigoureux le pays dans la voie de l'organisation économique et législative. Les ministres se’ succèdent à Saint-Pétersbourg sans changer de programme , ou plutôt aucun d’eux n’en a jamais conçu. Ils ne sont, à mi dire , que des expéditeurs des numéros de bulletins; et c’est encore là une des grandes causes de la faiblesse du gouvernement. A défaut de l’ancienne police, tombée en désuétude et à laquelle personne n’a assez d’initiative ni de force pour substituer quoi que ce soit", une garde nationale ou des constables pourraient peut-être rélever puissamment l’autorité et assurer l’ordre public. Mais il n’y a pas à Saint-Pétersbourg un seul homme qui osât certes proposer une organisation semblable.
■ Ces quelques observations suffiront à faire comprendre combien l'organisation intérieure de la Russie est défectueuse, et combien même sous ce rapport l’anarchie de ce malheureux pays est complète. Elle n’a pas de l>onnes lois, et celles qui existent ne sont pas respectées. Pour ce qui est d’une magistrature telle qu’il en existe ci* Occident , |>ersonite dans l’empire n’en a même l’idée. Tous se récrient contre la bureaucratie aetuelle , et ce n’est pas sans raison ; elle est vénale et sème la démoralisation ; elle s’use d’ailleurs et s’efface de plus en plus. Mais à sa place on ne met rien, absolument rien. Tout ouvrage russe publié soit à l'étranger, soit dans l’empire même, fournit de ces vérités d’innombrables preuves; et certes le contenu de ces livres ne semblera entaché d’exagération à quiconque a vu la Russie et la connaît tant soit peu. «
• Sous le rapport religieux, la Russie est rongée par un cancer qui la niénace d’une révolution et d’un cataclysme. Le danger provient surtout des sectes de dissidens dont on a dernièrement écrit
tant de choses vraies. Le clergé orthodoxe n’a ni considération^ ni instruction, et par conséquent n’a point d'influence sur les nasses. Une pareille corporation peut-elle être regardée comme -un des soutiens du pays?
• Sbus le' point de vue social , la Russie est - menacée de deux eôtés à la fois, d’abord par le socialisme, qui est le credo de la jeunesse, et en général de tous ceux qui savent lire, sauf un petit nombre de dignitaires et de riches , ensuite par la question des paysans, trop carrément et trop précipitamment posée. On a voulu transformer d’un seul coup des esclaves en citoyens libres et en propriétaires , au lieu de commencer par leur donner la liberté personnelle, en laissant le soin de régler tous autres points relatifs à la main d’œuvre, aux terres à bail et à la transmission de la propriété, au progrès régulier et harmonique résultant de la liberté. Il s’ensuit que les baux de propriété ne sont aujourd'hui qu’une simple promesse, et après la passation des actes, ils seront dans la plus grande partie de l’empire une Action. Les paysans, en efFet , ne pourront pas effectuer leurs payemens , et tous les propriétaires se considéreront comme lésés. En outre, les paysans appelés forcément à la vie civile trouveront rien qui leur assure l’exercice de leurs droits nouveaux. Us seront donc livrés en proie à la bureaucratie , et regretteront leurs anciennes relations avec les propriétaires, lesquels, dans leur propre intérêt, étaient tenus de les protéger. C’est là aujourd'hui une question des plus dangereuses peut-être pour la Russie.
«Enfin, sous le rapport financier, la prochaine banqueroute de l’empire, et cela d'après le dernier budget rendu pnblic, est évidente pour tout le monde. Aucun emprunt ne réussira désormais en Russie, car la confiance est ébranlée, et les ministres, par prédilection sympathique pour les entreprises des chemins de fer, ont chassé du pays tous les capitaux. Croyant que , par suite de la baisse du taux de l'intérêt des sommes placées à la Banque, ces capitaux se tourneraient vers les actions des chemins de fer, dont les intérêts sont plus forts, le ministre des finances a a produit, en déterminant cette baisse, une véritable panique parmi les capitalistes , qui à l’envi se sont mis à placer leurs fonds à l’étranger. Ainsi la Russie aujourd’hui manque de capitaux, et la. ressource de l’emprunt lui est Refusée. L’absence complète de l’or et de l’argent, ainsi que lé manque d’équilibre commercial entre l’importation et ('exportation , ont fait que les assignats russes sont aujourd’hui de 16 0/o à 20 0/o au dessous du cours des monnaies
étrangères. Cet état de choses réagit même sur le royaume de Pologne, où les assignats russes ont cours forcé. i.e trésor est vide et ne cherche son salut que dans la fabrication d’assignats nouveaux émis sans contrôle ni mesure.
C’est à cet état d’impuissance’ radicale du gouvernement et de la nation qu’on doit attribuer le succès remarquable d'opposition qui a éclaté dans les provinces polonaises; mais dans cette impuissance se trouve aussi un obstacle à la rénovation de ces mêmes provinces. Une entente directe entre le souverain régnant en Russie et le peuple polonais semblerait donc, d’après cet état, nécessaire. .Mais çette entente, pour se réaliser, aurait besoin d’une initiative vigoureuse du gouvernement russe, et* c’est justement là la qualité qui manque le plus à Saint-Pétersbourg. La mésintelligence prend donc tous • les jours des proportions plus alarmantes. Kl comme il est de l’essence des gouvernemcns faibles de tendre à • recourir aux mesures violentés, nous avons dans ce fait la triste explication du régime brutal et des scènes de mort» qui assômhris-
sent et ensanglantent chaque jour un peu plus ce malheureux pays. * *
. «Pour extrait: A. Husson.*
2 me APPENDICE
Je suis convaincu d’avoir raison en réfutant M. l'roudhon, sous le rapport concernant les Polonais, quand il désire dans ses lettres, que les Posnaniens et les autres habitants des provinces jadis polonaises, aujourd’hui prussiennes, aidassent le gouvernement de Berlin, de même que les habitants de Gallicie, de Lodomirie. de Bouko* vine, de Cracovie, d’Osvietzime» de Spiz, de Zator, ecc., ne refusassent leurs concours au Gouvernement de Vienne dans les réformes politiques et administratives de ces deux puissances, dont la première, celle de Prusse, appartient à la Confédération Germanique par deux tiers du nombre de sqs habitants ; et la seconde seulement par un cinquième de ses sujets, allemands pur sang.
Selon moi, tous les efforts des Allemands patriotes, et des honnêtes gens d’autres pays, doivent être dirigés à réfondre, pour ainsi dire, la Confédération Germanique ; c’est pour cola que je dis : les Polonaiç, habitants des provinces ci-dessus mentionnées, sont obliges de concourir à l’aide des Allemands pour constituer l’unité politique, qui serait composée de tous les États de l’actuelle Confédération ; mais que la raison et la justice gardent ces mêmes Polonais de se fondre avec les Allemands, et de les aider à germaniser les pays, qui furent les berçeaux des ancêtres de Posnanien, de Gallicien et d’autres.
lai peuple allemand, par les perfides suggestions de ses gouvernements était toujours animé de très hostiles sentiments et velléités envers la France et contre les Slaves, Hongrois, Roumains, Italiens, Polonais, qu’il veut germaniser par tous les moyens.
A ne considérer toutefois que la justice et ie bon droit, il faut que les Allemands-patriotes choisissent un nouveau point de vue plus élevé, plus rationnel? plus humanitaire, d’où, regardant leur passé, seront convaincus qu’ils étaient dans l’erreur, qu’ils servirent *es intérêts de la politique des clochers, des intrigants et de quelques maîtçes-couronnés. Si M. Proudhon voulait se placer sur le même point de vue, il se convaincrait de même de mon impartialité, avec laquelle je choisis pour thème de cette appendice — faire démontrer, prouver aux Allemands, que toutes les contrées., enclavées entre le Rhin et l’Oder, entre la mer d’Allemagne et les Aipes centrales, dont les habitants parlent des différents dialectes, delà même langue-mère, doivent former un seul Etat, puissant sous-tous les rapports, pour leur propre utilité, prospérité et félicité f
La race allemande jusqu’à nos jours est au comble de la démence, permettant qu'on la déchire en tant de morçeaux; qu’on la parque comme un misérable troupeau, autour de tant de roitelets, qui, riant dans leur barbe de, cette division, continuent à tirer profit chacun de son troupeau pour leur propre compte. A l’instar des maîtres, des favoris, des courtisans, des parasites de toutes couleurs, hauteurs et dénominations, leurs familles, et à son tour, lenrs favoris, courtisans, etc., en un mot une chaine de parasites, traient ces dociles vaches, auxquelles leurs superbes maîtres donnent le nom de fidèles sujets, bons sujets, par exemple — de S. M. Bavaroise, ou Hanovrlenne, ou Saxonne, etc. Et comme ils sont magnanimes ces maîtres, laissant ses plus que dociles sujets supporter toutes les charges par lesquelles ils sont grévésî...
Cet objet a déjà été plusieurs fois traité et jugé doctement, dansles gros volumes et dans les minces brochures; répéter donc de nouveau ce qui a été dit une fois n’entre pas dans mon dessein: je veux encadrer dans une petite dimension un tableau tout à fait autrement exécuté. Peut-être, dira quelqu’un , après avoir lu cette appendice, l’auteur s'est placé sur le point très-excentrique, très hardi , même déraisonnable, pour traiter la Confédération Germanique; peut-être observera un autre — l’auteur est un révolutionnaire d’un genre tout à fait nouveau. . . Tout cela m’est égal : chacun juge les choses et les moyens d'en acquérir, selon ses forces;
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intelligent patriote, dans la véritable signification de ce nom, me rendra justice, voyant me placer sur un nouveau poste d’observation, d’où je regarde les descendants des vieux Teutons, comme une nation grande, qui, selon toute ma conviction, s'arrangeant de manière que je propose ici, se rendrait utile efficacement à toute l'Europe, à toute ^humanité.
Nous vivoos dans une époque un peu différente de celte de nos pères. Ils n’ont pas eu dans leurs mains ni l’élelricité, ni le gaz. ni la vapeur, si applicables comme nous les tenons... L’humanité sous beaucoup de rapports à fait un pas en avant et, même en matière de haute politique, nous u’avAns rétrogradé; au contraire, nous avons le droit de dire: nos pères furent bien des myopes-politiques! Voulez-vous des preuves?... En voici une qui vous satisfera, c’est l'alliance anglo- française : en comprenez-vous le sens?..
Autrefois la politique de la France servait a merveille les intérêts des maltres-couronnés et mitres, gouverneurs du peuple allemand; favorisait les délimitations des terrains occupés par la race allemande, en un échiquier politique , et il semblait pour la France un intérêt le plus évident, pour que ce bon peuple, voisin dé ses frontières du Nord et de l’Est, était continuellement divisé en une 'quantité des petits Etats, rivaux, adversaires, même ennemis entre eux, jpsqu’à tel point, jusqu’où peuvent arriver les choses humaines... Parmi les gouvernements d’Allemagne ont éclaté tant de fois des guerres acharnées: partout et toujours s’est vue la main , de la politique française qui versait l'huile sur le feu , au lieu de l’éteindre ; et une pareille |>oli tique a été tenue, quelque quatorze années auparavant aussi à l’égard de l’Italie...
Aujourd’hui , ja politique de l'héritier du grand nom est tout à fait opposée à celle qui prédominait jadis: aujourd'hui, à l’instar des Italiens, toutes les souches du peuple allemand, doivent chez, soi retrouver leur Victor-Emmanuel, leur Garibaldi, leur Maniai, leur Cavour ; doivent toutes s’unir pour constituer un grand Etat, dont les limites assignées par la nature-même se présentent les plus normales; au Mord-Ouest le littoral de la mer d’Allemagne; à T Ouest la rive droite du Hhin; au Sud les revers septentrionaux des Alpes centrales; au Sud-Est la rive gauche de la rivière de
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l’Enus; à VEst les monts de la Forêt de Bohème, la rive gauche du Bober et de l’Oder après la jonction du premier avec le second: et enfin au Nord les côtés de la Baltique, le chenal Eyder et de nouveau la mer d’Allemagne. Voilà les frontières véritablement na- • turelles et invulnérables de l’Allemagne.
A une combinaison pareille, toute l’Europe Jibérale et l'alliance anglo-française devraient prêter de bonne grâce leur concours efficace pour y coopérer activement , et alors personne n’aura des inquiétudes pour un tel ordre de choses dans' le centre d’Europe, parceque celte combinaison évoquera des autres tant sur les rives du Bhin.que sur celles de l’Oder, qdi équivaudraient une semblable agglomération de la race allemande autour de l’unique trône constitutionnel, du nouvel empereur des Allemands, deç Germains ou des Teutons. C’est une allusion à la cession de Ja rive gauche du Bhin à l’empire français et à l’idée d’établir un autre Etat composé des pays limités par l’Oder, le bober. les monts Carpats. le Dniester, le Dnieper, la Duna, le golfe de Higa et le littoral de la Baltique. Cet Etat servirait de balance à l’Est 'pour le nouvel empire Constitutionnel des Germains, qui se priveraient de leur suprématie sur les pays Slaves.
Pour démontrer aux Allemands qu’une telle réorganisation |>olitique sociale aurait toute la raison de son côté, et avançant une telle idée d’unification , non-seulement des Etats qui aujourd’hui com- • posent la Confédération, mais aussi de fusionner avec eux l’Etat des Pays-Bas, je donne quelques chiffres puisés dqns les Manuels de l’Economie politique , qui regardent tous ces pays.
Pour ne pas ennuyer le lecteur par la description particulière de chaque Etat appartenant à la Confédération Germanique ,• sous son rapport économique, je présente seulement en général les recettes et les dépenses des six principaux membres de celle Confédération (trois pour l’Allemagne du Nord, et trois pour celle du Sud), et les chiffres de leurs budgets de guerre, tels que je les ai trouvé dans l’Annuaire politique pour 18fil.
Là nous voyons qu’en général les recettes de l’Autriche représentaient. 736,028,795 fr., 80 e., et les dépenses 1,451,330,94G fr.
Les frais de l’administration du département de la Guerre arrive
jusqu’à 782,991,895 francs, 40 cent., dont pour la marine (1) 23,225,235 fr., 80 c. Quoique toute cette somme n’ait rien de commun avec la la Confédération, toutefois il y a quclqu'utilité de mettre sous les yeux du public libéral ces énormes dépenses au détriment de l'humanité ! Encore un autre chiffre de dépenses productive ‘s : le département de la police ouvertement coûte aux peuples fustigés par le bâton du caporal autrichien— 25,528,713 fr., 60 c. !!!... et clandéstinement, combien?...
En Bavière les recettes ordinaires arrivent à une somme de 83,154,571 fr., 50 c„ elle total des dépenses à 86,933,410 fr., 20c. Pour l’armée 19,059,390 fr.
En Wurtemberg les recettes représentent une somme de 28,862,267 fr., 70 c., et les dépenses de 29,453,896 fr., 80 c., dont pour le département de la guerre 6,291,177 fr., 90 c.
En Prusse les recettes et les dé|>enses jusqu'à la coronatiou à Konigsberg de Guillaume I se balançaient, représentant deux som* mes de 487,879,365 fr. La prochaine réunion des Chambres démontrera quel déficit qu'il faudra payer par les sujets du partisan du droit divin, pour celte comédie des siècles de barbariç... L'entretien de l’armée prussienne coûte à la nation 119,521,744 fr., et la marine 7,525,245 fr. (77 des différents bâtiments de guerre avec 524 bouches à feu; future marine de guerre de l'Allemagne en Baltique...)
En Hanovre, les recettes arrivent à 73,466,617 fr., 50 c., les dépenses à 74,667,555 fr., dont 9,849,375 fr. pour l'armée. (La marine de guerre à créer, pour raser les eaux de la mer du Nord;
(1) La marine autrichienne est déjà assez considérable; mais elle ne sera de Ipngue durée, et comme celle des Deux Siciles, elle se fondra à l’approche dn soleil du printemps. Quoique la diète de Francfort destine dernièrement à former de la marine autrichienne une des trois divisions de la future flotte allemande, qui agira sur les eaux de l’Adriatique et ailleurs, je ne prends pas au sérieux une telle disposition : ce sont pia demleria ; mais je trouve nécessaire de mentionner que les desseins de la politique des ilapsbourg sont connus à tout le monde; or que les Allemands ouvrent les yeux ! ils gagneront aidant la politique qui veut que : A ustria £ rit I« Orbe U Itima. (L’Autriche sera la dernière daûs le monde.)
la participation au commandement de cette division est un cauchemar pour les diplomates et politiques hanovriens de vieille , ■ roche. . . )
En Saxe Royale les recettes et les dépenses étaient égales à 41,453,098 fr. L’entretien de l’armée au-dessus de 7,400,000 fr.
A ces données adjoignons quelques autres chiffres qui concernent les Pays-Bas. Cet Etat par une de ses provinces (Grand Duché de Luxembourg ) est en relation avec la Confédération Germanique; or profitant de cela je me pose en hardi spéculateur, qui entreprend de prêcher la fusion des Hollandais et des Allemands, et les réciproques avantages, pour toutes les deux parties, d’un tel arrangement.
La population des Pays-Bas en Europe est de 3,494,161 habitants, et en Colonies — Indes Orientales 17,528,876; Indes Occidenta!es85,450, — en somme 21,108,487 âmes de toutes les couleurs et conditions. Les recettes de cet Etat représentent un excédant dans son budget pour les possessions en Europe ; elles arrivent à une somme de 190,430,559 fr„ 90 c. Les dépenses représentent 167,612,042 £r., 30 c. Le budget colonial sans deGcit: les dépenses égalent les recettes. Le département de la Guerre coûte à la nation 24,906,298 fr., 20 c. La flotte, dont l’entretien coûte 18,542,911 fr.,
80 c., se compose de 152 divers bâtiments à vapeur et à voiles avec plus de mille six cents bouches à feu.
La situation actuelle de la population des Etats qui entrent dans la Confédération Germanique n’est pas de couleur de rose: leurs dépenses annuelles représentent des sommes, qui en général sont au-dessus de 880 millions de francs, tandis que les recettes n’arrivent même à 828 millions, c'est à dire qu’annuellement les dettes s’augmentent par les déficits plus ou moins grands que celui qui excède de la comparaison de ces deux chiffres, et que chaque habitant paye en moyenne 26 francs pour couvrir les dépenses.
Les budgets des États appartenants à la Confédération Germanique (à part l’Autriche et la Prusse) représentent ces particularités: les frais d’administration : des ministères de Guerre sout au . dessus de 290 millions de francs ; des ministères des maisons royales et princières régnantes, au-dessus de 103 millions, des mini-
stères d’Etat plus que 18 millions; des ministères des Affaires étrangères, au-dessus de 10 millions de francs, etc... Ce sont des chiffres bien importants, et néanmoins là n’entrent pour rieu les dépenses que fait l’Autriche, la Prusse et la Hollande; or, supposons que l'unification s’est effectuée sous les auspices d’Hapsbourg, les résultats dans ce cas seraient tout-à-fait autres que satisfaisants, tant pour les peuples, que pour les régnants actuels, qui seraient plutôt payés à la manière de la politique des Autrichiens, qu'indemnisés avec l’honnêteté hollandaise...
A l’unification de l’Allemagne sous les auspices des Hohenzollern il ne faut pas même penser : la politique de cette maison est si .titubante, si indolente, qu’il ne vaut pas la peine de s’en intéresser. Le Duc de Saxe Cobourg-Gotha, drapeau du parti libéral, a révoqué toutes ses idées et tendances libérales ; donc reste à examiner quels résultats pouvait obtenir le parti libéral allemand par l’unification des Allemands avec les Hollandais, en un empire-république sous les auspices de la maison d’Orange.
Un tel empire constitutionnel aurait de la population seulement en Europe plus de 58 millions de citoyens, auxquels adjoignant les habitants des colonies, on arriverait au chiffre de 56 millions d'habitants. Quelles innombrables débouchés et nouveaux marchés se présenteraient aux produits de l’industrie et du commerce des Allemauds, dont la (lotte mercantile dépasserait celle de France; dont la floue de guerre conterait tout d’un coup plus que 500 bâtiments des différentes dimensions et qualités, armés de quelque (quatre ou cinq) mille de bouches à feu. L’entretien de cette armée flottante , ensemble avec l’armée de terre , forte plus que d’un million et demi en cas de guerre, né pourrait coûter plus qu’à peu près une somme de 250,000,000 (I) de francs.
Les dépenses en général pour les autres branches d’administration civile seraient suffisamment couvertes par .216,000,000 fr.
(1) Cette somme serait au-dessus des besoins du nouvel empire, parce qu’inslituant la garde nationale et la garde mobile ( Land wekr) on pourrait réduire le nombre de l’armée pendant la paix à 100,000 hommes et meme moins, s’il s’effectuera le désarmement obtenu par les moyens proposés dans la 3 e appèndice.
Les intérêts de -médiation des maisons actuellement régnantes, les intérêts des dettes publiques et l’amortisation de quelques-unes de ces dettes — 500,000,000. et pour la liste civile de la maison de l'empereur-citoyen 24,000,000. En total 990,000,000 de francs ou un milliard.
Quoique cette somme soit énorme, pourtant elle ne représente que les deux tiers des ‘dépenses de l’Autriche (1,451,330,946 fr.), et une telle somme pourrait être recueillie par le gouvernement du nouvel empire-république, en demandant en moyenne de chaque citoyen 17 fr. 08 c., c’est-à-dire, une quole,- qui, en parallèle avec ces impôts directs et indirects que payaient les habitants des Etals composants la Confédération Germanique, représente à peu , près aussi les deux tiers (de 20 fr.). Aujourd’hui presque en tous » les Etats de la Confédération Germanique, chaque habitant paye annuellement pour l’entretien de l’armée seule, à peu près six francs, tandis que dans le nouvel empire des Allemands l'entretieu de l’armée et de/la flotte coûterait à chaque citoyen seulement 4 fr.,
32 c. La diminution des impôts dans cet État nouveau s’effectuerait de l’année à l’année, pareeque ces millions qui sont engloutis aujourd’hui inutilement et improductivement par l’entretien des armées ne seront plus demandés à la nation des Germains , .gouvernée rationnellement.
De cette courte exposition le lecteur se convaincra que le statu quo en Allemagne ne doit et ne peut pas durer. Dans ce tableau ' c’est l’Autriche, proprement dite, qui représente l’arbre aux fruits les plus mauvais, qui doit être coupé et brûlé.... Oui, le nom de celte puissance doit être rayé de la carte de l’Europe ! Toutes les provinces qu’elle a volées et qu'elle s’est adjointes par la force, doivent recevoir leur autonomie. Le gouvernement autrichien, qui a fait fouetter et pendre en public, des femmes coupables de patriotisme, qui a fait fusiller ou massacrer des milliers de patriotes Hongrois, Polonais, Italiens; ce gouvernement qui en ce moment aiguise de nouveau les haches de ses bourreaux pour égorger des nouvelles victimes; ce gouvernement, pour ainsi dire, excommunié par la voix de la raison, de la justice et de la révolution, ouvertement et partout prononcée» ce gouvernement doit avoir sa fin,
comme le plus grand obstacle à l’unification et au bien-être de la race germanique. De même il n’y a pas de raison de conserver les ndtns des Prussiens, des Bavarois, «les Saxes, etc.; le glorieux .
nom DES GERMAINS sonne le mieux.
Cette unification effectuée, ce sera l’âge d’or pour l’Europe, .
parce qu’après la disparition pour toujours de l’Autriche, leSthamps de batailles et les gibets de ce gouvernement ne boiront plus le sang des victimes humaines. De mon côté je soutiens, de même que M. Proudhou, qu’un tei^ps viendra ou les nations , éclairées sur. le but de leur destinée par une. instruction répandue parmi toutes les classes de la société, qu'en ce même temps les nations réunies par la concorde , libres — par la raison et par l’influence de la concorde, fortes — en vertu 'le la liberté, de la concorde, et par l'obéissance aux juste? lois, et enfin enrichies par la possession incontestée des produits de leur travail, que telles nations travailleront en commun au grand œuvre du bien-être général ; mais pour y arriver il faut en finir une fois avec l’Autriche, car ce sera le premier pas vers l’unification, premier degré de l’échelle récemment dessinée pour monter au temple du bien-être général.
Qui sait, si l’idéal de Schiller ne se verifiéra pas bientôt?... La réalisation de mes idées ne nuira ni à l’humanité entière, ni aux peuples Allemands et Hollandais, ui aux’ autres peuples qui auront des rélalions avec le nouvel empire constitutionnel des Germains. *
Pour faciliter cette grave tâche il faudrait procéder à la décentralisation de quelques-unes des branches de l’administration intérieure, savoir: de l’instruction publique, de la justice, de l’intérieur, des travaux publics, etc., à la réorganisation des ministères de la Guerre, de la Marine, des Colonies et des Affaires étrangères, et créant trois nouveaux ministères: de la Sécurité publique, du Progrès et des Finances, organisé selon le nouveau programme.
La pleine liberté de commerce remplacerait par ■son utilité et par le bon marché toutes les restrictions douanières et les privilèges de port-frane.
Toutes ces données m’induisent encore dans une tentation de faire l’hypothèse suivante. Si les impôts diminuirpnl de plus en
plus, le bienrêlre général grandira et les prix des matières brute* et des produits des fabriques seront réduits. . . Alors , oh! Germains.' — alors la bière et le tabac se vendront à moitié dh prit d’aujourd’hui et leur qualité ne présentera rien à souhaiter !!l...
Alerte donc tous , descendants des vieux Teutons î Démontrez que v<?bs êtez Yalionnalistes et que vous comprenez les chiffres.
Réjetez les codes de la vieille école de vos conseillers d'Etat, conseillers de cour, chambellans, etc. , et fondez nne nouvelle école ‘humanitaire, c’est-à-dire fondez le uouyel empire-république (ou empire constitutionnel, c’est égal) ci-dessus représenté! •
Chassez les nuées de la vieille politique qui devait dividere ut imperare... Oubliez pour le moment votre ténébreuse philosophie et l’enivrement causés par les chants de vos poètes et de vos élu- . diants!
Degrisez-vous de cette haine contre les autres races et de cette présomptuosité , dont récemment un de vos professeurs ( M. H. , . de Berlin) donna un échantillon dans son Ode, écrite à l’occasion du couronnement de Kœnigsberg ! Sortez enfin des caves enfumées où l’émanation de la mauvaise bière et du mauvais tabac vous privent de la fraîcheur des idées et de la force du raisonnement!
Regardez le soleil resplendissant de la vérité qui brillera au-dessus du trône républicaih-impérial î De toute la poitrine libre respirez la fraîcheur de la brise de celte mer que vous souhaitez si ardemment et qui se présente si facile? à devenir votre propriété depuis les bouches du Rhin (Escaut) et sans interruptions (chenal de l’Eyder) jusqu’aux embouchures de l’Oder ; une telle grande idée de l’unité , de la. force et de la liberté, n’a pas rêvé même votre immortel Schiller!!!
Et pourtant cette idée est réalisable : 'que les patriotes allemands créent une rubrique à part, dans leurs périodiques, pour énumérer là avec toute précision combien coûte l’entretien des actuels maîtres-gouvernants avec tous leurs budgets ; ils trouveront à la fin que mes chiffres et mes raisonnements étaient lout-à-fait justes et réalisables.
La route sur laquelle j’invite les Germains, conduit directement et promptement ap temple de liberté, de fraternité et d’égalité ration-
nelles ! Suivons-la résolument ! Tout honqète homme qui a lu celte appendice , peut se convaincre que c’est une amicale main qui l'a tracée; au contraire quelque faux patriote allemand criera au scandale! parce que le Rhin , l’Oder et l’Enns constitueraient les frontières hypothétiques du nouvel Etat , empire république , avec le trône héréditaire constitutionnel; mais qu’importe tel cri!?!...
Quels bénéfices |>our tout le monde, évitant une fois pour toujours, cette haine qui existe aujourd’hui entre les Slaves et les Allemands, entre ces derniers et les Hongrois ; cette méfiapce que nourissent les Allemands contre la France ; ce cauchemar causé par le voisinage de la Russie!?!
Une fois accomplie l’unification de toute l’Allemagne avec la Hollande toutes ces principautés, toutes les royautés et ces Ilapsliourg d'Autriche disparaîtront pour toujours... Les contrées situées à l’Ouest de l’E nns et des monts de la Forêt de Bohème, habitées par les Allemands, et entrées au sein de l’Allemagne unie, toutes les autres contrées , qui aujourd’hui composent l’empire d’Autriche et qui sont habitées par les Slaves, les Croates, les Serbes, les Hongrois, etc., devenues confédérées parmi elles, pourront constituer u n^ autre Etat, empire-république slavo-hongrois ou des Slaves du Sud, un Elat fort, grand, véritablement constitutionnel, régi par un prince digne d’être appelé par le suffrage universel des élus d’entre tes élus , ’à occuper ce nouveau trône, érigé sur les débris de la monarchie des Hapsbourg.
De tout ce qui concerne la nation hongroise et lés membres éminents de son émigration à l’étranger, il finit conclure que les leçons de malheur ont contribué à déraciner cette présomption de suprématie que la race hongroise voulait exercer autrefois au détriment des autres races, qui occupeut le bassin du Danube. Aujourd'hui -les Hongrois sont convaincus que tons les membres de leur futur empire doivent jouir des droits d’égalité sous tous les rapports, et que c’est l’unique moyen de gagner le concours des Slaves, des Transylvains et des Roumains pour combattre l’ennemi commun , qui s'appelle parasite-autrichien...
Je n’ai l’intention d’écrire aucun décalogue ou quelque programme politique pour qui que ce soit , ni dicter des lois pour une nation
quelconque ; nullement, cçla n’entre pas dans ma pensée ; mon but peut paraître bien hardi pour les politiques routiniers , mais cela ne m'arrête |>oint, parce que je présente selon toute la conscience mon avis sincère sur tout ce qui peut réellement servir l’humanité oppressée.
Mais, demandera quelque Berlinois on Viennois , — si on propose Eisenach ou Gotha pour un centre administratif du nouvel empirerépublique, que deviendront ces deux grands centres administratifs, de même que les autres grandes villes , aujourd’hui capitales de principicules et de royaumes microscopiques? Le libre commerce et la diminution de l’impôt causeront que toutes les villes d’Alle.magne et de Hollande ne pourront perdra leur importance, et quoique le nombre des employés soit diminué, en revanche dans la même proportion augmentera le nombre des commerçants, des industriels et des travailleurs utiles dans toutes les classes de la société.
En ce qni regarde particulièrement Vienne , Berlin , Munich et Amsterdam , elles seraient quatre villes cardinales de l’empire projeté , où l’empereur convoquera pour deux mois , chaque année, la Diète régionale : à Vienne pour l’Est de” l’Empire , à Mui^jch pour le Sud , à Amsterdam pour l’Ouest et à Berlin pour le Nord de l’empire. Les derniers quatre mois la Diète Générale de tout l’empire siégerait à Eisenach ou à Gotha, choisie pour la capitale de l’Etat. De telle manière tomberaient toutes les difficultés que le municipalisnie pourrait susciter.
L’instruction publique et les travaux publics, d’ensemble avec l’industrie et le libre commerce , satisferont tout le monde I Au reste ces idées ne peuvent trancher la question, ni émouvoir personne : elles partent d’un particulier qui désire que ses idées puissent apporter le bonheur général.
Je ne veux rien dire ici des provinces italiennes qui se tronvent sous la domination autrichienne. Cet objet est traité dans une appendice à part , destinée aux affaires d’Italie tant politiques que religieuses : — là j’offre non des larmes de condoléance , mais des armes de la justice pour réçQnquérir la liberté de la Vénétie, pour unifier toute l’Italie et enfin pour la renforcer pour livrer un gratiii combat avec le parasitisme clérical — avec la papauté.
En conclusion de cette Appendice, il est juste de fairé quelques observations qui regardent le Danemarck (à propos des duchés de Schleswig, de Holstein' et de Lauenbourg), la Belgique et les contrées situées à l’Est de la rive droite de l’Oder et du Bober ; pareeque tous les trois seraient limitrophes avec le nouvel empire-république des Germains. .
De même il me faut mentionner à celle place, qu’il n’entre pas dans mes desseins d’exposer un tableau de la politique générale en Europe, parce que, touchant seulement ces Etats et ces contrées qui appartiennent directement à la Confédération Germanique actuelle ou seraient limitrophes avec elle, représentée en un nouvel empire ici projeté, je procède selon mon programme, tracé à l’avance pour cette appendice, observant néanmoins qu’il est à espérer que tous les autres pays et toutes les contrées d’Europe ressentiraient une influence bienfaisante d’une pareille réorganisation du centre dè l’Europe, dont j’ai parlé plus haut.
On ne peut passer aussi sous silence la grave question de guerre qui allait éclater entre les Anglais et les Américains. Cette guerre n’aura pas lieu et ne causera point ces plus que fuuestes conséquences pour le commerce de tout le monde civilisé ; mais cette même guerre aurait eu une influence plus qu’efficace pour résoudre beaucoup de questions politiques pendantes en Europe. . . Après un tel préambule à la conclusion projetée, je la présente au lecteur.
Pour le Danemarc, la question schleswig-bolsteinoise est, pour ainsi dire, un nœud gordien. . . Cette question pourrait être résolue à l’amiable, sans brûler un’amorce, pour le nouvel ordre de choses proposé pour l’Allemagne. Quoiqu'il ne dépende point de moi d’établir un pareil ordre de choses, pourtant la saine raison démontre à toutes les deux parties, savoir aux citoyens de l’empire-république des Germains et aux citoyens de la Scandinavie réunie, défit le rétablissement, je ne me trompe pas, est à la veille de sa réalisation, que ces parties, en continuant leur lutte à propos des droits sur les Duchés sus-mentionnés, serviraient la cause de leurs adversaires, c’est-à-dire , des bureaucrates gouvernementaux et des féodaux des États actuels de la Confédération Germanique.
Selon la* justice et l’impartialité, la condescendance réciproque entre ces deux parties doit finir la question entre les Germains et les Scandinaves. De cela dériverait que l'Eyder (devenu un chenal pour s’en servir comme d'une route de navigation directe entre la Baltique et la mer d’Allemagne, route bien préférable à la voie du Sund et du Catlegat), serait désormais une frontière naturelle, indiscutable, entre les territoires des Ueux nouveaux empires. En vertu de la même condescendance le duché de Schleswig, sans ultérieurs subterfuges de la paHt des diplomates allemands, entre* rail dans la composition de la Scandinavie rétablie* laquelle, de sa part, par la cession de ses droits sur le Holslein et le Laùenburg, pourrait fort justement et très probablement avoir une récompense ailleurs. Nous vivons dans une époque de -transition : l’esprit du temps par son influence réveille les tendances des nationalités, assoupies ou même sufioquées jùsqu’à hier... La définition et l'éclaircissement de cette allusion, je les donne dans l’appendice suivante, où je présente une nationalité qui a beaucoup d'affinités historiques et ethnographiques a vec la Scandinavie.
Dans la dernière appendice le lecteur se convaincra, que j’ai raison disant de moi-même, que Je suis homme libre et libre penseur, dont les nœuds du système cérébral ont reçu leur organisation définitive sans l’influence de la férule professorale. .. Un • «
de ces nœuds, le nœud d'association des idées, des combinaisons sociales et politiques, doit être plus développé, aux dépens des autres nœuds; pourtant je ne suis pas encore, et je suis s&r de n’arriver, ni au nombre de ces obstinés' dont le caractère, coïncidant avec leur devise sic volo, sic jubeo, qu’ils voulaient réaliser dans leurs actions — comme Nicolas 1er ou Ferdinand 11, etc., les rendait très insupportables pour les honnêtes hommes; ni à une autre catégorie des bienheureux qui se croient empereurs de Chine*, cousins de la lune, fils du soleil, ou avec la tête ornée de cornes, ou faite de porcelaine si fiue, que personne ne doit approcher pour ne pas la briser par le plus léger contact, etc... Non ! grâce à tout mou passé modeste, je suis un des très simples mortels qui connaît beaucoup de ses défauts, mais qui aussi, en homme d’expérience, en homme libre, raisonne sur les affaires humaines,
matérielles, et frauchement pose devant l’opinion publique les nouveaux problèmes, dont l'un est l'union volontaire des Belges avec les Français.
Les citoyens de la Belgique actuelle, appréciant toute la valeur et la signification de la fusion de la Hollande avec l’Allemagne, ne devraient* retarder à se prononcer spontanément pour l'union de leur patrie avec J’Empire constitutionnel des Français. Ceux-ci, après avoir obtenu de la part du nouvel empire constitilulionnel des Germains toutes les contrées de la rive gauche du Rhin, aujourd'hui appartenant aux quelques-uns parrrfi les États confédérés, comme une sorte de récompense de tout ce ^ue peut faire la France en aidant son nouveau voisin du Nord et de l’Est dans la difficile réorganisation projetée, et pour le contrebalancer ; ceux-ci, c’est-à-dire les Francs, 'entreraient dans une nouvelle phase de leur vie politique. Une nouvelle ère se prépare çour la France, et cela s’enleud clairement de l’expression de l’opinion publique, qui ne tardera pas à se réaliser dans les débaLs solennels des Chambres françaises, dont la réunion est lien proche. .( I). Cela transpire des signes des temps dont je parle dans la dernière appendice, et dont les indices très significatifs se présentent dans deux journaux de Paris, dbnt l’un parle de retour du régime parlementaire, et deux jours après l’antre dessine sur l'horizon bien proche l’Empire constitutionnel. .. Or, dans un tel avenir les Francs offriraient aux Belges tous les avantages de la vie constitutionnelle, sans les priver de ceux dont ils jouissent actuellement, tes fielges sont Francs pur-sang : donc s’unifier volontairement et aux conditions avec l'Empire constitutionnel des Francs, ce serait pour les Belges retourner à une grande nation, pour constituer avec elle une nation libérale dans toute la force de ce mot !
Aujourd’hui plus qqf jamais il faut que les libéraux se lient tous les uns aux autres : l’heure suprême de la lutte décisive s’approche: pensez-y tous !!1 Que les adversaires de la révolution nous retrouvent forts et liés : L’UNION FAIT LA FORCE !...
La politique actuelle qui régit le sort de la France suit lente-
(1) Voir la note à la fin de l’ouvrage.
ment la route jalonnée par de sublimes actes et entreprises. . . Faut-il espérer que les Belges comprendront toute l'inutilité de rester isoles entre les deux grands peuples, entre les Francs et les Germains. . :
Pour les Belges, rester isolés, pendant que pourraient et devraient s’accomplir les arrangements territoriaux projetés, ce serait perdre beaucoup, au lieu de gagner encore, par la fraternisation de toutes les branches qui composeraient une grande famille, assise sur le territoire circuit par la Méditerranée, les Pirénées, l’Océan atlantique, la Manche, la rive gauche du Rhin et par les Alpes. Les Belges sont fort rationnaliÿes et bien positifs; ils comprendront la propre utilité, représentée daps ces quelques paroles.
Les vertus constitutionnelles et traditionnellement exemplaires de Léopold 1er, roi des Belges, retrouveront une, récompense dont la valeur morale et matérielle prévaudra sur la position politique actuellement occupée par ce patriarche des rois constitutionnels!
Reste donc encore à éclairer ma thèse en ce qui regarde les contrées situées à l’Est de la rive droite de l’Oder et du Bober.
L’histoire des envahissements de ces contrées présente les dates suivantes, dans lesquelles ces contrées furent violemment arrachées ou perfidement volées à la famille des Lekhites, polono-slave, par leurs voisins de l’Ouest.
Ainsi sur la première place je mentionne qu’à la fin du X” f siècle les fleuves : Danube (dans son cours aujourd’hui depuis Vienne jusqu’à Presbourg), Morawa, et Bober, ne parlant ni de l’Elbe, ni de la Saale, étaient des frontières naturelles du pays des Lekhites, gouverné par le sceptre de Boleslas 1er; surnommé le Grand.
Dans le XII siècle, jusqu’en H29, savoir pendant le règne de Boleslas III, les frontières du Nord-Ouest et Ouest de la Pologne, de cette é|K>que-là, se trouvaient même sur la »ve gauche de l’Oder, à l’Ouest de Stralsund, et, tracées du Nord au Sud, passaient en distance à peu près de trente kilomètres de cette localité qu’aujourd’hui occupe la ville de Berlin.
Autrefois toute la Silésie appartenait à la Pologne. Par les événements qui ont eu lieu au, commencement du XIII siècle, cette province fat héritée par Ladislas II (le Cracheur), et à la fin de
1339, elle était cédée à la Bohémie par les descendants de . Mieczyslas 111.
Les Slaves du Nord se composaient de plusieurs branches, parmi • lesquels les Lekhites jouirent d’une grande renommée. Des Lulyques, des Wiltiys, des Yeudys, des Hachmibet, des RorouSses, etc. occupaient autrefois les pays aujourd’hui appelés la Poméranie, la Prusse royale, la Warmie et la Prusse orientale. La première de ces provinces, c’est-à-dire la Pomeranie, s'étendait sur la rive droite du fleuve Oder, du Sud au Nord, depuis les environs de la ville de Wscbowa jusqu’aux embouchures de ce fleuve, et de l’Ouest à l’Est, depuis ses embouchures presque jusqu'aux environs de la ville de Putzko, aujourd’hui baptisée par les Allemands en Putzk. Cette province était arrachée à la Pologne à la fln du XIV siècle par les ducs de Steltin. qui out su profiter de l’état d'affaiblissement causé par les guerres civiles et les conséquences de l’excommunication jetée contre le roi polonais Boleslas 11 (le Hardi), par le pape Grégoire VU. La Pologne de la fln du XIV siècle devait déjà combattre l'hydre des cent têtes, l’ordre des chevaliers de t la Croix, invités par Konrad, un des princes de Mazovie, pour les employer contre les Borousses (Prussiens), payens et ravageurs des domaines de ce prince. Les chevaliers, de vassaux et serviteurs, après quelques succès sur les Prussiens, se changèrent eh véritables ennemis de la Pologne, dont ils voulurent en faire la conquête. La protection des papes sauva quelques fois ces vilains LandskneChts et leurs chefs du glaive exterminateur des Polonais, suspendu au-dessus de la tète de l’ordre monaco-soldatesque, et ces guerres étaient la cause radicale pourquoi la Pologne ne pouvait jamais reconquérir la Poméranie perdue pour elle par la perfidie des ducs de Stcttin, qui ont traîtreusement tué le Przemyslaw, un des rois polonais (1374), et comme je l’ai mentionné, s’approprièrent toute cette province. Encore aujourd'hui çà et là, non loip de Stettin, se retrouvent des familles de campagnards dispersés parmi les Allemands, et même des bourgades, villages, oü on peut entendre un dialecte bien ressemblant à celui qu'on parle dans la Grande-Pologne, savoir en Poznauie, près de Kalisch, et même près de Varsovie.
La Prusse orientale (dont le chef-lieu, la ville Kroleviec Kœnigsberg), créée en duché de Prusse en 1526, d’une province vassale à la Pologne, était libérée en 1657 de tous les devoirs allodiaux et de vassalité envers la République polonaise, qui • commença à succomber sous les malheureuses guerres quasi-religieuses, conduites sous l’influence des jésuites, contre les tzars de Moscovie (période depuis Boris Godounoff jusqu’à l’avènement au trône du tzarat du premier Romanoflf, Michel Fedorovich, commencement du XVII siècle), et contre les Cosaques, ces braves compagnons d’armes des Polonais dans les poursuites des hordes tartares ou contre leurs attaques. Les Cosaques, sous le règne d’Etienne Batory étaient de vrais amis de la Pologne; mais’ en 1657, en conséquence de la persécution par le fanatisme religieux, des vexations, et évitant la propagande du catholicisme, fomentée par tous les moyens qui étaient dans les mains des jésuites, alors tout-puissants dans la République polonaise, les mêmes Cosaques, sous Chmielnicki, devinrent la cause des désastres les plus grands pour cette République, dont un des plus remarquables était le détachement^de la Prusse orientale.
Depuis 1772 jusqu’à 1794, la Pologne, trois fois envahie par lestarmées russes, autrichiennes et prussiennes, a été définitivement dépecée. . . C’est pendant cette période que les provinces , la Prusse royale et la principauté de Warmie furent volées à la Pologne par Frédéric 11; pourtant le roi actuel affirme que c’est le bon Dieu qui a fait et donné la couroune de la monarchie • de Prusse, à ses antécesseurs et à lui...
Dans la même période de l’histoire de Pologne, l’envahissement par l’Autriche du comté de Spiz et des principautés de Zator, d'Osviétzime, de Cieszyn et d’OIbrome, de laCracovie, delà Gallicie, de la Lodomirie et de la Boukovine est une histoire trop pé- ( nible pour la nation polonaise. Raconter cette histoire n’est pas mon but ; (oui le monde honnête la connaît bien ; .elle représente un dernier anneau de cette chaîne fatale, laquelle rétrécie de pins en plus autour de la Pologne, à la fin a pu, devant tout le monde,l’étouffer politiquement. Cette chaîne se trouve dans les mains des trois ligueurs couronnés, qui, après avoir rayé de la carte d’Eu-
ropc un Etat, s’approprièrent impudemment sa pourpre républicaine. . . • .
Voici donc les données réelles, approuvées par l'histoire critique, qui regardent les contrées situées à l’Est de l’Oder et du Bober. M’appuyant sur ces données, j’ai le droit de dire : Les contrées en discussion étaient des possessions slaves, envahies par les Allemands, et devraient retourner aux £Iaves pour former un Etat autonome et constitutionnel, slavo-prusso-polonais, dont l’établissement dépend de . , . l’avenir. .
Dans la brochure Le Rhin et ta fistule, publiée dans les premiers |ours d’octobre passé, l’auteur a démontré toute la nécessité et l’utilité d’ériger sur les rives de la Vistule un État fort et propre à rétablir l’équilibre politique à l'Est de l’Allemagne et à arrêter les empiétements des Moscovites.
Mon idée sur la formation d’un Etat slavo-prusso-polonais, dont les frontières seraient : *l’Oder, le Bober, les monts Carpathes, le Dniester , le littoral de la mer Noire depuis le golfe de ce fleuve * •jusqu’à celui du Dnieper, le cours du même Dnieper, de la Duna, et depuis son embouchure la côte de la Baltique jusqu’aux embouchures de l’Oder; une telle idée coïncide parfaitement avec le dessein de l’auteur de ladite brochure. Cet Etal nouveau, supposons, nommé empire des Slaves d’Ouest avec Varsovie pour capitale, contiendrait tous les éléments d’un pays libre, fort et riche, dont la population dépasserait mênîe trente-cinq millions de citoyens, gouvernés par un sceptre constitutionnel.
Un tel joyau voudraient bien posséder plusieurs princes ; mais celui parmi eux, serait, sans aucun doute, plutôt et plus spontanément, que quelqu’un autre, acclamé par le suffrage universel des citoyens de ce nouvel empirej dont te pire , se décidant à abdiquer sa couronne fabriquée par le droit divin et récemment obtenue des mains de Dieu, voudrait, par cela même, faciliter à son actuel héritier présomptif de recevoir une autre couronne plus splendide , des mains du peuple, qui de son Vroit et par sa volonté élirait ce prince pour son empereur constitutionnel.
3 me APPENDICE