‹ La vérité sur Lourdes [microform]Chapitre 21 sur 26 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Les Sources guerisseuses non miraculeuses La Source de TAsclepion d'Athenes

Les Dieux guerisseurs.

Dans toutes les Religions de 1'Antiquite, il y cut des Dieux guerisseurs ; puis a mesure que les peuples eleverent leur niveau intellcctuel, ils laisserent dans le basfond do la credulite humaine la croyance naive en la vertu curative des Statues.

Les religions catholiquc et grccque, dirigees par des clcrges pen instruits, out continue a poussci' les fidelcs aux picds des images miraculeuses, au lieu de les en detourncr comme des fetiches; au contrairc les cullcs nouvcaux, luthcricn, calvinistc et anglican grcfles sur le vicux tronc chretien, en renvcrsant les autels de la Vierge ct des Saints, demolirent du meme coup lours pouvoirs de guerir miraculeusemcnt.

Dans 1'Eglise romaine la Mere de Dieu a pris peu a peu le metier de guerisseur qu'elle n'avait pas dans les premiers temps de 1'Eglise, ou du moins pas a un si haut degre, et la Vierge de Lourdes, detruisant toute concuiTencc, meme cello des sanctuaires les plus en

renom, s'est cree un veritable monopolede miracles qui aujourd'hui s'etend sur le monde entier.

Le Cercle historique.

L'histoire, a-t-on dit, au lieu cle marcher en ligne droite, tourne dans le meme cercle, ramenant apres une revolution complete, les evenements d'autrefois habilles de formes nouvelles, noussongions a cette comparaison en lisantun travail recent de M. Girard (1) sur un Dieu guerisseur de la Grece au temps de Pericles, le Dieu Aselepios, culte tellement identique a celui deLourdcs, que si on transportait la Vierge de Massabielie dans le temple d'Athenes d'une part, et d'autre part le Dieu Aselepios dans la Grotte de I'lmmaculee-Conception, rien ne serait change, ni dans la production des miracles ni dans la maniere de les produire : memes ceremonies grandioses, memes scenes de delire extatique, memes maladies hysteriques gueries par suggestion, memes exvoto pendus aux frits des colonnes, enfm meme revetissement des murailles par des plaques de marbre gravees d'hommages et de temoignages dc reconnaissance.

C'est ce que nous aliens demontrer.

Decadence des sentiments religieux.

Auparavant, notons la decadence du sentiment religieux dans les deux cultes hellenique et chretien. Dans les premiers siecles, c'est a Zeus, au grand Jupiter, que s'adressent les prieres, c'est a luiseul que vont les elans de Tame; c'est au loin dans les nuages que monte le Sursum Corda. Plus tard, on lui adjoint d'autres divinites, lesquels descendent de l'01} r mpe pour venir de

(1) Nous n'aurions pu ccrirc cc chap lire, si nous n'avions cu entrc les mains I'ouvragc sur 1'Asclepcicon d'Athenes dc M. Girard.

temps en temps habiter avec les homines : dans certaines villes privilegiees elles ont une maison plus belle que les autrcs, au milieu do la cite; Minervc vient loger au Parthenon, Apollon dans le temple de Delphes et Venus se delecte aux bosquets de Gythere.

Plus tard encore, la piete hellenique s'adresse a des divinites moins hautes, plus terre a terre, qui definitivementquittentl'Olympe sans esprit de retour : il en est ainsi d'Asclepios ; c'est un Dieu familier, abordable, toujours pret a recevoir la confidence des infirmites et des maux de chacun, toujours dispose a les soulager et a les guerir, sans eclats de tonnerre.

N'en est-il pas de meme dans la religion du \ r atican? INe voyons-nous pas aujourd'hui la piete catholique oublier le Pere eternel tronant au fond du ciel pour ne s'occuper que de Marie? Ne voyons-nous pas cette'piete domestiquer pour ainsi dire les saints et la Vierge a son usage, mettre saint Antoine de Padoue en demeure de retrouver les objetsperdus et faire prendre a 1'Immaculee-Conception le metier de medecin sans diplome?

Quedevient le Sursum Corda dans tout ceci ? Combien avec ces devotions, nous en sommes loin, helas !

Asclepios.

Qu'etait le Dieu Asclepios?

Fils d'Apollon, Asclepios avait ete, dit la legende, un medecin celebre dans les temps historiques; il avait accompagne Jason et les Argonautes en Colchide, et ressuscite Hippolyte que Phedre dans un acces amoureux avait fait perir. Apres sa mort, en raison des services rendus a 1'humanite, Jupiter 1' avait mis au rang des Dieux.

II etait le dieu guerisseur par excellence.

Les Remains, en 1'empruntant aux Grecs, 1'avaient debaptise ct en avaient fait le divin Esculape. On trouvera dans d'autres livreset dictionnaires,l'histoirefabuleuse de la vie de ce medecin : il serait oiseux pour notre these de la raconter ici.

Le Temple d'Epidaure.

Comme ce Dieu etait venu au monde sur le mont Tithion, pres d'Epidaure, on lui eleva pres de cette ville un temple magnifique avec une stalue d'ivoire et d'or, chef-d'oeuvre d'art.

L'Asclepion.

Athenes a son tour voulut en son honneur batir un temple d'une grande magnificence, 1'Asclepion (1).

Lelieu choisi fat le versant meridional dc 1'Acropole, sur deux terrains superposes ; de la la vue s'etend jusqu'aux eaux bleus du golfedePhalere, et jusqu'aEgine ct son temple. Abriic des vents du Nord par le haul rocher, expose aux rayons chauds du soloil, baigno dans un air d'une extreme limpidite, le temple par sa situation, etait merveilleusement propice a ceux qui venaient v chercher un remede a leurs maux.

L'Asclepion se composait de trois parties principales :

1 La Grotte;

2 Le Temple ;

3 Les Portiques.

Nous aliens successivement parler de chacune d'elles.

La Grotte.

Une grotte creusee par la nature dans le roc vif de 1'Acropole, renfermait une source qui s'echappait de la

(1) En grec 1'Asclepioion.

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cavite pour descendre en petite cascade et se jeter finalement dans le fleuve Illissus.

Nous verrons plus loin le role important que pendant six siecles cette cau d'une cxquise fraicheur joua dans la production des miracles.

Mais il arriva un moment ou les empereurs de Constantinople devenus chretiens, transformerentles temples pai'ens en Eglises catholiques : la grotte d'Asclepios n'echappa pas a ces changements et devint une sainte chapelle. Les chefs du culte, Patriarche, Evequeou Pope, savaient trop bien combien les coutumes religieuses sont tenaces et difficiles a deraciner pour ne rien changer aux habitudes du peuple et lui empecher de continuer ses pelerinages au meme lieu sacre et miraculeux. La preuve de ces faits nous est donnee par le reste des peintures religieuses du in 8 siecle que les fouilles ont mis a nu sur les parois de la grotte. II se peut que 1'eau de la source, indifferente au changement de Divinite, ait continue ses guerisons surnaturelles. L'histoire sur ce point est muette, mais comme il suffit de la foi, qu'elle soil pa'ienne ou chretienne, pour produire le miracle, la chose est probable.

Le Temple.

Non loin de la source, s'elevait le petit temple d'Asclepios : il avail ete bati au iv e siecle avant notre ere, au temps de Pericles, en meme temps sans doute que le Parthenon et les Propylees, ces magnifiques monuments qui le dominaient : aucune ruine d'un temps anterieur n'a ete retrouvee.

Comme le plus grand nombre des temples grecs, celui-ci etait de petite dimension, 8 m 90 de long sur

4 m 30 de large, destine qu'il etait a abriter la statue du Dieu, mais non la foule qui restait au dehors, sans crainte des intemperies, rares sous ce beau ciel : c'est autour et non dans 1'interieur du temple que se dressaient les nombreux autels pour les offrandes et les sacrifices.

La Statue.

La statue d' Asclepios n'a pas ete retrouvee et I'm'storien Pausanias qui nous decrit minutieusement celle d'Epidaure est muet sur celle d'Athenes. G' etait probablement 1'image d'un homme robuste a barbe touffue, avec tousles signes de la sante, tel qu'il estrepresente dans quelques bas-reliefs decouverts dans les decombres (1).

Asclepios et Hygie.

Asclepios avail plusieurs enfants et parmi ceux-ci la deesse Hygie dont la renommee medicale egalaitpresque celle de sou pere.

Gomme la Vierge Marie est representee, soit seule en Immaculee-Conception, avec un serpent sous ses pieds, soit encore portant 1'enfant Jesus dans ses bras maternels, de meme Asclepios est represente tantot seul avec un serpent enroule autour de son baton, tantot ayant dans ses bras paternels la petite Hygie, sa fille. Gurieuse analogic entre les deux gue"risseurs, ancien et moderne, que cette ressemblance dans leurs images qui seraient complete si les sexes n'etaient differents.

(1) Au Louvre dans la sallc du Nil se trouveune magniflque slatuo en marbre du divin Asclepios ayec le baton et le serpent. Dans la salle qui precede la Venus de Milo se trouve des petites statues clu meme Dieu, chefs-d'oeuvre admirablcs qui pourraient Give les ex-voto dont nous parlerons plus loin.

Le Lit et la Table sainte.

Dans le temple au-dessous de la statue de Dieu etaient deux meubles : 1 le siege en forme de lit pour les repas, sur lequel on couchait une effigie du Dieu en bois peint; 2 la table sainte sur laquelle on plagait le dos des animaux provenant des sacrifices, les gateaux de miel et de fleurs de farine, les vins cuits avec la canelle, olfrandes formant le menu du festin sacre.

Dans nos eglises chretiennes, la sainte table existe encore, mais elle ne sert plus a faire manger un dieu pa'ien, elle sert a manger un Dieu chretien.

Les Portiques.

Les Portiques formaient la troisieme partie de 1'Asclepion, sorte de galeries couvertes, largement aerees qui donnaient asile aux hotes passagers du sanctuaire. II s'etendait entre la source et le temple sur deux rangees paralleles : Tun d'eux s'appuyait sur le rocher de 1'Acropole et avait trente metres de longueur environ, le second en face etait beaucoup plusetendu. Des ruines de magnifiques colonnes de marbre blanc eparses c.a et la aident 1'imagination a reconstituer ces bailments dans leur etat primitif. Sous ces portiques, dortoirs sacres, que les malades venaient attendre en dormant la cure de leurs maux.

Comparaison .

Tels sont les constructions qui servaient de cadre pompeux au culte d'Asclepios : si, revenus en France, nous jetons nos regards sur Lourdes, nous voyons que la aussi jaillit du rocher une source sainte, que la aussi 1 ' eglise sert d'abri a la statue de la Vierge Immaculee et que si les portiques n'existent pas comme a Athenes, ils sont

remplaces par 1'immense esplanade et sa double rampe oil ont lieu en pleinc lumiere du soleil les faits de suggestion qui a 1'Asclepion so passaient an milieu des ombres de la nuit.

Les Ministres du culte. L'lereus.

Un pretre (1'Iereus) , etait le seul chef du culte ; primitivement elu chaque annee par le peuple, il resta plus tard quelques annees en fonctions, et finalement les garda sa vie durant, sous la domination romaine.

Le pretre avait 1'autorite supreme dans lesanctuaire ; il dirigeait les ceremonies religieuses et veillaita ce que tout se passat selon les rites,

Quel etait son role dans le Iraitement des malades etendus sous les portiques ? Est-ce lui qui avait le role actif ? N'avait-il au contraire qu'un role de surveillance et de constatation? Pour le second point la chose est certaine, il y avait a Athenes comme a Lourdes un bureau oil Ton notait les guerisons ; plus elles etaient nombreuses, on le comprend, plus il revenait de gloire au sanctuaire, de benefices aux Grands Pretres, et de clients malades a 1'Asclepion. Mais, nous le verrons, 1'Iereus ne tarda pas a jouer un role tres actif dans la production des miracles.

Le Grand Pretre n'etait pas medecin, pas plus que le cure de Lourdes ou 1'eveque de Tarbes. G'etait au Dieu et non aux homines que les malades venaient demander leurs guerisons, a Athenes au divin Asclepios, comme a Lourdes a I'lmmaculee-Gonception. Si le Grand Pretre avait etudie la medecine, chose possible, iljouait comme le docteur officiel de Lourdes un seul role, celui de relater les miracles, mais de meme que celui-ci laisse a la

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Vierge Marie son metier de guerisseuse, 1'Iereus s'effa- <jait devant Asclepios, seul charge du traitement. L'Asclepion n'etait pas un hopital, mais un sanctuaire oil des malades attendaient leur guerison, non du secours de la science humaine, mais de 1'intervention d'une force celeste, c'est-a-dire d'un miracle. J'insiste sur ce point pour bien prouver que la similitude dans les moyens d' action est semblable a Lourdes et a 1'Acropole.

Le Zacore.

Au-dessous du pretre etait le Zacore, domestique charge au debut de tenirle temple propre, de 1'entretenir et de le parerles jours de fete; la nuit venue, c'est lui qui passe sous le portique et eteint les lampes a 1'heure sainte du sommeil. Plus tard, le Zacore monte en grade et laisse a des subalternes les soins de proprete; sa charge devient une dignite sacerdotale : c'est lui qui reQoit les pelerins, les installe sous les portiques, leur donne quelques soins preparatories ; c'est lui qui prepare la guerison par suggestion en racontantaux patients des cures merveilleuses, en leur donnant confiance en la puissance de Dieu, en les chauffant, en les entrainant, en les amenantau point oiile miracle est possible.

Plusieurs Zacores servaient a cela; la charge etait fort rechercb.ee, honorifique d'une part, de Tautre elle etait avantageuse par les dons des malades reconnaissants.

D'aufires personnes encore etaient attachees au temple sous lenomdeCleidouques,pyrophores,canephores, etc.; c'etaient les sacristains, suisses et bedeaux de nos cathedrales.

Dans les grandes occasions, dans les processions par exemplo, des associations religieuses, des confreries

variees venaient se joindre au personnel du temple, apportant du dehors Ic mouvement tumultueux des foules et 1'eclat colore des bannieres et des insignes religieuses, mele a la blancheur de neige des vetements aux larges liseres teints de pourpre ou d'azur.

Les Serpents.

Pour completer le personnel de 1'Asclepion, il faut encore parler, bien que ne faisant pas partie de la famille humaine, des serpents et des chiens sacresqui jouaient un role dans la production des miracles.

Dans la scene d'Aristophane, que nous citerons tout al'heure, il est dit que le Dieu Asclepios avait avec lui deux serpents qui se glisserent sur le malade et lecherent ses paupieres ; d'autre part les statues d' Asclepios, de sa fille Hygie et plus tard d'Esculape a Rome, sont frequemment representees avec des serpents enroules autour d'un baton.

II est certain que ce n'etait pas un mythe, et que dans 1'Asclepion, il y avait des couleuvres apprivoisees et dressees a accomplir certains actes qui, la suggestion aidant, pouvaient produire la cure de quelques maladies.

La couleuvre commune, revetue de si belles couleurs, se laisse entortiller autour des bras et du cou, tourner et retourner en divers sens, sansdonner aucun signe de mecontement ; elle parait meme avoir du plaisir a jouer ainsi avec son maitre.

Une autre couleuvre tres douce, tres inoffensive, tres familiere, celle a collier, d'un gris bleu avec des bandes quadrilateres noires, s'accoutume si bien a son proprietaire, qu'au moindre signe, elle s'entortille autour de lui et le presse mollement comme pour lui temoigner sa tendresse. Elle s'approche avec douceur de la bouche

de ceux qui la caressent, suce leur salive et aime a se cacher dans leur vetement. En Sardaigne, les jeunes femmes elevent des couleuvres, leur donnant a manger elles-memes etles laissent circulerdanslamaison comme des porte-bonheurs. Les serpents de 1'Asclepion pouvaient etre de meme apprivoises dans le but de jouer un role important a certains moments decisifs.

Les Chiens.

Outre les serpents, il est certain que les chiens jouaient eux aussi un role actif dans la cure des maladies, car dans les depenses qui incombaient au temple et dont la liste nous a ete conservee, s'en trouvent quelques-unes concernant 1'entretien et le dressage des chiens et des serpents. M. Reinach (Acad. des Inscr. l er aout 1894) sur une stele a Epidaure a traduit une inscription rapportant plusieurs cures surprenantes ; or, dans un passage, un enfant avcugle a etc gucri par la languc d'un chien: dans un autre, on retrouve un chien lechant une tumour de la tete et la guerissant, cela avail lieu pendant la nuit et les patients pouvaientse figurcr avoir etc leches en reve.

La Vie a VAsclepion.

Nous venous de dire ce qu'etait TAsclepion avec scs constructions, son Dieu et ses serviteurs ; (itudions mainteiiaiil ce qui s'y passait ; pourquoi les malades vcnaient dans ce sanctuaire ? quels etaient les rites et les ceremonies qui produisaient les cures merveilleuses, miracles aussi retentissants aulrefoisque ceux de Lourdes aujourd'hui?

Nous resoudrons ces questions en prenant un malade a 1'cntrec, en le suivaul pas a pas dans les divers bali-

ments de 1'Asclepion, et en etudiant le mecanisme de sa guerison. Nous nous servirons pour cette reconstitution des textes d'ecrivains anciens, Aristophane, Pausanias, le rheteur Aristide, et des inscriptions retrouvees dans les feuilles.

Ge chapitre, les noms changes, pourrait etre la relation d'un pelerin a Lourdes.

L'Arrivee.

Les malades arrivaient a la porte de 1'Asclepion accompagnes de parents, d'amis, d'esclavcs ; ils apportaient avec eux les oftrandes, aniraaux, gateaux et farines ; quelques provisions de bouche, enfm des couvertures et des matelas pour le coucher nocturne, lorsqu'ils no so contentaient pas des jonchees de feuillages etendues sous les Portiques.

Dans unc sallc a 1'entree, le Cleidouque oil d'autres employes prenaicnl leur nom, leur age, leur domicile et inscrivaient les maladies pour lesquclles ils venaient implorer le Dieu. Plus tard, le Pretre sur la meme tablcttc notait la guerison si ellc avait eu lieu. Le bureau des constatations a Lourdes fonctionne presquc do la memo fac,on.

Le Bain dans les Piscines.

Les malades alors ctaient conduits a la grotle et plonges dans Teati de la source, trus froide, d'apres le recit d'Aristophane ; par consequent, par 1'effet seul dc sa temperature, favorable au traitement de certaines maladies nerveuscs.

Dans tout I'Orient, encore aujourd'hui commc symbole de la purete de Fame, il est d'usage de purifier son corps par des ablutions avant d'cnlrcr dans le Temple

pour y faire sa priere. Le benitier de nos eglises est un souvenir de cet usage. Celavage est une mesure de proprete des plus hygieniques, et certaines maladies produites par la salete ont pu s'en trouver bien. II nous souvient d'avoir rencontre dans les pays chauds des cnfants dont les yeux jamais laves attiraient des essaims do mouches ; les larves et les excrements de ces insectes deposes sur les paupieres disposent a des conjonctivitcs qu'tm bon nettoyage dans Peau pure font disparaitrc.

11 est probable que des faits semblables ont du se produire souvent dansl'Asclepion, carles ex-voto de 1'oeil rencontres dans les fouilles sont tres nombreux. A Lourdes, pays froid, ils sontrares. Le bainfaisait partie tellemcnt integrante du trailement, qu'a Epidaure, nous dit Porphyrc (de AbsL anim. 11 XVII), etaient graves ccs mots a 1'entree ; Gelui qui doit etre admis ici doit avoir une amc pure. La cercmotiie dc la purification consistait a prendre des bains d'cau simple, mineralc on salee, suivant la nature de la source, accompagnes dc frictions, d'onctions et de fumigations.

Mais d'autres maladies denature nerveusc trouvaient dans les piscines leur curation immediate. Le rheteur Aristide nous en donne le detail dans scs discours sacres , modele parfait des livrcs ecrits sur Lourdes de nos jours, c'est-ii-dire vingt siecles plus tard.

il appelle la source, jaillissant au fond de la cavilc, la scrvanle dc Dicu : on s'y baignait, on la buvait, ditil, clle tslait toujour? efficace; Tele surtout la foule des fideles se prcssail dans la grottc, se poussant, sc bousculant comine un essaim d'abeilles ou comme des mouclies autour d'unc jatte delait. Quelquefois il fallait en former les portos [our einpecbcr les lidelcs de s'y

ecraser. Cette grotteest a Athenes, neconfondez pas ! Aristide vivait au n e siecle de notre ere, non au xx e et comme vous pourriez le supposer, ce n'est pas de Lourdes qu'il traite ! On peut s'y tromper, car dans la grotle de Massabielle se passent des faits semblables. La aussi on se baigne et on boit une eau efficace, la aussi on se presse et on se pousse pour arriver avant les autres a tremper ses infirmites dans la piscine. G'est a croire que la grotte a ete transported de 1'Acropole aux Pyrenees, semblable a cette maison de Nazareth qui fut portee un jour de Galilee en Italic et devint la Santa Gasade Lorette.

En se souvenant du mecanisme des guerisons dans les maladies hysteriques, on comprendrace qui se passait autrefois a 1'Asclepion, et aujourd'hui a Lourdes ; ces guerisons nous ne les nions pas, nous les expliquons. Ce quo nous nions, c'cst le miracle.

Lfis Sacrifices.

Les malades au sortir des piscines etaienl ramenes autour du Temple ou sur des autcls, grands et petit*, retrouves de nos jours, ils off'raient aAsclcpios des sacrifices ct des oifrandes : les riches, des taureaux et des genisscs; les moins fortunes, des moutons, des beliers et des pores; les pauvres, des pains, des figucs et un gateau fait de pur fromenl.

Les sacrifices dans 1'antiquile iaisaient partie integrante de la piefce humainc. Le Dieu, croyait-on, reclamait cet hommage etn'accordait ses faveurs qu'a ceuxla qui le lui rendaient. Attribuanta Dieu des sentiments humains, on admettait qu'il devait etre reconnaissant des dons offerls. II y avail done la une cause i^eelle de suggestion : le Dieu, puisquc jcl'aircndu heurcux par

un sacrifice, doit a son tour me rendre heureux en me guerissant .

Le malade qui etait entre clans le temple avec une foi ardente dans le pouvoir gue"risseur d'Asclepios, qui se sentait purifie par 1'eau de la Source, s'exaltait devant les autels ou brulait une partie des offrandes, ilchantait les peans, cantiques sacres qu'il accompagnait d'ardentes invocations au ciel, un bras tendu en 1'air, on bien il repondait aux litanies, scmblablcs a noire Rosairc, recitees par le pretre.

Les Processions.

Quelquel'ois des processions avaicnt lieu dans 1'cnceinte avec une grande majeste et un grand eclat; les confre'ries religieuses de la ville apportant leur contingent de personnes devotes : certains jours de grande fete elles se deroulaient a Iravers la ville d'Athenes et se melaient a d'autres ceremonies, celles par exemple q ui accompagnaient la celebration des mysteres d'Eleusis , en 1'honneur de Demeter et de Core. Dans ces fetes des Epidauria, presquc tout le pcnple athdnien sc melait au grand dramc mystique qui etait jouc pendant les trois jours sacres.

D'autres fetes encore, les heroas, avaientlicu en grande pompe, sans qu'on sache encore pour quels motifs ellcs etaient celebrees.

Notons le role de la musique dans toutes ces ceremonies. Aristide (oral. sac. quart.) nous dit quo le.s prieres etaient chantees en musique par des cliceurs de voix accompagnes d'instruments, et Plalon raconle que certaias artistes etaient charges specialement de composer des bymnes en faveur d'Asclepios.

Ces manifestations exterieures eclatantes, au milieu d'une foule exaltee, clamant son enthousiasme en 1'honneur du Dieu guerisseur, jouaientunrole suggestif considerable et Ton comprend que des guerisons subites cussent lieu au passage de cette procession. Les statues d'Asclepios, de Demeter et de Gore accompagnees de canephores ou jeunes filles portant des corbeilles de fleurs et balancant des encensoirs, etaient portees d'abord a 1'Asclepion, de la a d'autres temples. II y aurait la quelque chose d'analogue a ce qui se passe dans certaines de nos fetes ; ces chapelles diverses par lesquelles on promenait les Divinites auraicnt ete comme autant de reposoirs oil Ton s'arretait pour oiTrir des sacrifices et prononcer des solennelles invocations. Les ephebes faisaient cortege a la procession, tous en armes et couronnes de myrthe : ils marchaient eu bon ordre prenant part aux sacrifices et aux libations qui avaientlieu pendant la route, etchantantdespieux peans ou cantiques sacres.

Les Processions a Lour des.

On sail qu'a Lourdes le passage de la procession csl egalement ime cause de grandc excitation ncrveusc; a ces moments les sens de certains malades rccoivent des impressions a leur maximum d'intcnsite ; dans cos conditions la suggestion se produit, et nalurellement la guerison subite pent sc faire.

Sans crainte de nous repeter: ecoutons M. Lasserre a ce sujet : Le temps etait magnifiquc, le jeunc soleil du printcmps s'etait leve et avangait dans un dome d'azur que ne ternissait aucun nuage. A la haute tour do la paroisse, a toutes les chapelles de la cite, a lous les cloclicrs dela villc, les bourdons, les clochcrs

et les campaniles sonnaient a toute volee. Une procession immense allait de 1'Eglise a la grotte de 1' apparition : les confreries portant leurs bannieres, les corporations portant les croix, les enfants de Marie dont les trainantes robes avaient 1'eclat de la neige, les soeurs de Nevers avec leur long voile noir, les filles de la Charite aux grandes coiffes blanches, les soeurs deSaint-Josephenveloppees dans leurs manteaux sombres ; les ordres religieux d'hommes, les Cannes, les freres de 1'Instruction et des Ecoles chretiennes, des multitudes prodigieuses de pelerins, enfants, femmes, vieillards en deux interminables files serpentaient le long du chemin qui conduit aux Roches de Massabielle.

D'espace en espace, des choaurs de voix humaines et d'instruments faisaicnt entendre des fanfares, des canliqucs, toules les explosions d'enthousiasme populaire. En suite, fermant ce cortege inouii, s'avanc.ait solenncllement entoure de quatre cents pretrcs en habit de chceur, de ses grands vicaires, et de dignitaires ecclesiastiques, tres hauts et tres eminents prelats, Sa Grandear Monseigneur 1'Eveque deTarbes, la mitre au front, revetu de son costume pontifical, d'une main benissant les peuples, de Faulre s'appuyant sur son grand baton d'or.

Les matades, les infirmes, les tuberculeux, tous ceux qui sont venus demander leur guerison, sont la echelonnes le long des rampes, en proie a une emotion indescriptible, a une ivresse extatique, levant les deux bras au ciel, clamant : cc Sainte Vierge, guerissez-nous , pendant quo des larmes d'amour courcnt sur le visage enflamme du souffle de la foi.

A Lourdes c'est principalement a ce moment psycho-

logique qu'ont lieu les gueYisons de ceux que le bain dans la piscine n'a pas soulage, mais que la suggestion peut encore guerir: c'est a cet instant precis que les paralytiqucs couches dans leur petite voiture, exaltes par le spectacle grandiose, persuades par la foi de tous ceux qui les entourent, certains que leur guerison demandee a grands cris ne peut leur etre refusee, selevent tout a coup de leurs lits, jettent leurs bequilles et sont debarrasses d'un des symptomes de leur maladie ; c'est alors que la foule, cbantant I'Hosanna et le Te Deum, accompagnent 1'heureux miracule au bureau des constations.

L' Incubation.

A Athenes, c'est sous les Portiques et pendant lanuit surtout, que les faits do suggestion et de guerison se produisaient.

Nous aliens en parlor.

On a designe ce qui sc passait sous les Portiques de 1'Asclepion pour le mot Incubation . C'est un tcrme impropre, le mot grec et le mot latin signifient sc coucher sur ; or, en franc,ais le sens en a etc etendu, puis detourne du sens primitif : incubation a signifie 1'acte des oiseaux qui se couchent sur les o?ufs pour les faire eclore, puis le travail qui se fait dans 1'oeuf, pendant qu'il est sousl'aile dela mere ; ici le mot signifie sculement le Goucher sous les Portiques :. Le malade qui etait entre dans le temple avec une foi entiere dans la puissance d'Asclepios, qui se 1'etait rendu favorable, croyait-il, par sa purification dans 1'eau de la Source, par ses offrandes accompagnees d'ardcntes pricres, ctait conduit a la tombee de la nuitsous les Portiqucs ct se coucliail sur le lit de eouverlurcs

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qu'il avail apporte ; pres de lui s'etendaient d'autres malades encombrant le vaste espace; quelquefois la place manquait et les malades s'etendaient un peu partout, meme entre les portes et sur les balustrades, meme sous la lampe sacree allumee devant la statue du Dieu, nous dit Aristide. G'est alors que la suggestion se completait et arrivait au summum d'intensite, pouvant amener le miracle.

Le pretre arrivait dans un appareil pompeux et allumait les lampes sacrees, puis il chantait une priere pour appeler sur les suppliants la protection divine : dans un discours plein d'onction, il leur vantait la puissance d'Asclepios, leur racontait les miracles obtenus et leur annongait que pendant leur sommeil le Dieu viendrait les visiter, leur apportant soit la guerison immediate, soil la formule medical e capable dela produire. Tous devaient rester dans un silence religieux en attendant la venue du medecin celeste.

Les Zacores alors traversant les Portiques, eteignaient les lumieres et invitaient les malades a s'endormir. Quelle e"tait cette invitation au sommeil ? Peut-etre un acte d'hypnotisme, qui sans eff'et sur les sujets ordinaires, pouvait amener cbez les hysteriques le sommeil somnambulique pendant lequel la suggestion, comme on le sait, est capable d'un miracle immediat.

Pour les autres, surexcites par tout ce qu'ils avaient vu ou entendu la veille, leur imagination, le sommeil venu, reproduisait en songes les sensations eprouvees ; alors le Dieu Asclepios leur apparaissait et leur indiquait par un signe ou par des paroles un traitement medical a suivre, un acte religieux a accomplir, un don au sanctuaire a faire ; toutes choses pouvant amener la guerison.

Souvent une nuit ne suffisait pas pour obtenir le songe revelateur, soil qu'Asclepios tardat d'apparaitre, soit qu'on ne fit pas le necessaire pourmeriter sa venue. II fallait alors coucher plusieurs nuits sous les portiques. Philosastre raconte qu'un jeune assyrien etant venu consulter le Dieu, celui-ci le negligea longtemps parce qu'il ne cessait de boire et de faire bonne chair.

Fourberie.

La nuit devait se passer sous 1'obscurite silencieuse des portiques, dans un silence profond favorable au sommeil et aux songes revelateurs et ce n'etait qu'en reve que les Dieux venaient visitor les maladcs et leur enseigner les dielames curables. Mais il semble quo la fourberie vint se melcr bientot au culte na'if du debut, tel que nous venous de la decrire et agir d'une fac.on beaucoup plus intensive sur les croyances des fideles,

Aristophane dans son Plutus nous fait supposercette fourberie, mais comme il ecrit dans un but comique et force la note vraie, on pourrait refuser sa narration, si d'autres auteurs, si 1'historien Pausanias et le rheteur Aristide entre autres, n'avaient raconte serieusement les memes faits.

Le pretrc deguise en Asclepios, accompagne des Zacores, transforrae en ses Ills, paraissait sous les portiques laissant croire a la foule que le Dieu est venu, que le Dieu a exauce les prieres, que le Dieu a produit des guerisons.

Le ReveiL

Le matin venu, grande surexcitation ; si un malade se reveillait gueri, cela arrivaitpour les affections de nature nerveuse c'etait grande fete sous les portiques, des

felicitations sans fin et des cris de joie enthousiaste, pendant qu'on conduisait 1'heureux miracule au bureau des constatations. Ges guerisons merveilleuses etaient enregistrees sur des tablettes, puis gravees sur des plaques de marbre dont quelques-unes ont ete relrouvees.

C'est le moment de reproduire une scene curieuse du grand comique Aristophane qui dans une de ces pieces, jouees sur les theatres d'Athenes, nous fait revivre mieux queles historiens, la vie publique etprivee de ce peuple hellenique qui venait s'instruire et rire tout a la fois a son ecole.

Dans son Plutus , Aristophane nous introduit dans 1'Asclepion et nous decrit d'une fagon plaisanle ce qui s'y passait, il a fallu que les decouvertes de la Societe archeologique d'Athenes, fit sortir des mines amoncelees le plan de Tedifice, il a fallu qu'on dechiffrat les inscriptions des marbre' s pour que tout devint clair dans le recitdu grand comique. Plutus, 1'aveugle dieu de la richesse, donne son or a travers, sa cecite 1'empechant de distinguer les honnetes gens des mauvais. Si on pouvait lui rendre la vie, il reserverait toutcs ses favours aux seulsbons. Asclepios seul csl capable de ce miracle. Si on lui conduit Plulus, il peut lui enlever sa cataracte pendant le sommeil sacre sous les portiques.

Chremylos, un ami et 1'esclave Carion, amenent le Dieu de la richesse au Dieu de la Medecine, emportant avec eux des couvertures pour la nuit, des provisions de bouche et des offrandes pour 1'autel. Le lendemain 1'esclave revient plein de joie raconter la guerison miraculeuse a la femme de Ghremylos. Voici son recit :

CARION Des que 7ious fumes arrives aupres du Dieu, menant

avec nous Plutus, alors le plus malheureux des mortals , maintenant le plus fortune, notre premier soin fut de le mener a la Source et de Py laver.

LA FEMME

Par Zeus ! le beau bonheur pour un vieillardque d'etre trempe dans I'eau froide.

CARION

Ensuite nous nous dirigeames vers 1'enceinte du Dieu. Quand nous eumes consacre sur 1'autel les gateaux, la fleur de farine, et toutes les menues offrandes, preliminaircs du sacrifice, nous couchames Plutus, comme il convenait ; puis chacun de nous se fit un lit avec des feuilles.

LA FEMME

Y avait-il d'autres personnes venues aussi pour implorerle Dieu ?

CARION

.11 y avail un certain Necoclid&s quietaitaveugle, oiais qui volail mieux que ceux qui voient ; beaucoup d'autres aussi se trouvaient la avec des maladies de toutes sortes. Bientot le scrviteur du Dieu eteint les lampes et nous invite a dormir, nous recommandant, si nous entendons quelque bruit, de garderle silence. Nousvoila done tous couches tranquillement. Moi, je ne pouvais fermer Pceil, tout occupe que j'etais d'un pot de bouillie place pres d'une vieille femme, juste derriere sa tete. J'avais une terrible envie de me glisser de ce cote, lorsque levant les yeux, j'apergois le Pretre qui raflait sur la table sacree gateaux et figues seches ; puis il fait le tour de tous les nutels. et sanctifie tous les gateaux qui restaient en

TA VfiRITE SUR LOURDES 297

les fourrant dans unsac. Jeresolusde suivre un si pieux exemple, et me dressais pour saisir le pot de bouillie.

LA FEMME

Miserable. Et tu ne redoutais pas le Dieu?

CARION

Si, par les Dieux. Je craignais que, couronne en tete, il n'atteignit la bouillie avant moi, car son pretre m'avait donne 1'eveil. Au bruit que je fis, la vieille avane,a la main, mais moi imitant le sifflement du serpent sacre je la lui mordis. Alors brusquement elle la retira, se blottit sous sa couverture et ne bougeaplus, lachant de peur des vents plus acres qne ceux d'une belette. Moi, j'engloutis une bonne part de bouillie, puis rassasie, je songeai au repos.

LA FEMME

Et le Dieu ne venait-il pas ?

CARION

II ne tarda guere, et quand il fut pres de moi, la bonne farce ! je petais fortement, car j'avais le ventre ballonae.

LA FEMME

11 dut faire la grimace.

CARION

Non, mais une certaine laso, qui le suivait, rougit legerement et Panakeia se detourna en se bouchant le nez, car mes pets ne sentent pas 1'encens.

LA FEMME

EtleDieu?

CAHION

Par Zeus, il n'y fit pas la moindre attention.

LA FEMME

Veux-tu dire que c'est un Dieu grossier?

CARION Point du tout, maisil aimea degusterles excrements.

LA FEMMK

Sacripeau, va !

CARIOX

Alors je me cachais tout tremblant sous ma couverture, tandis que lui, passant en revue toutes les malades, les examinait avec attention. Puis un enfant deposa pres de lui un mortier en pierre, un pilon et une petite boite.

LA FEMME

Mais comment voyais-lu, scclerat,- puisque tu te cachais, dis-tu?

CARION

A travers mon manteau, qui ne manque pes de trous, par Zeus !

Et d'abord, le Dieu se mil a composer un onguent pour Neoclides avec trois tetes d'ail qu'il ecrasa dansle mortier avec de la seve de figuier et du vinaigre de Sphettos ; il lui frotta de cette drogue I'interieur des paupieres afin que la douleur fut plus cuisante. Neoclides criant et vociferant, se leve et veut fuir, mais le Dieu de rire et de s'ecrier : grace a cet onguent tu n'iras pas te parjurer devant 1'assemblee.

LA FEMME

Que Dieu sage et ami de notre cite !

CARION II s'assit ensuite aupres de Plulus et lui- prit la tote ;

puis ayant choisi un linge bien propre, il lui en essuya les paupieres. Panakeia lui couvrit d'un voile rouge la tete et tout le visage. Alors le Dieu siffl i et deux serpents d'une taille prodigieuse s'eleverent dansle temple.

LA FEMME

Dieux bons !

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