‹ La vérité sur Lourdes [microform]Chapitre 5 sur 26 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Lesions de la peau. Lupus

SOMMAIRE : L6sions de la peau. Le lupus de la Rouquette et le lupus de Marie L em arch and. Le roman d'Emile Zola. Les croutes de i'eu, les plaies syphilitiques et les plaies hysteriques. Carre de Montgiron et le cimetiere de Saint-Medard. Le lupus de veuve Pecoulet, Mahmoud et le marabout. La veuve Rouche et le proces de Metz.

A cote des troubles sans lesion de la peau, analgesie et anesthesie, pouvant se guerir par suggestion chez des hysteroses, il existe des lesions plus graves des teguments dont il nous faut parler.

Lorsque ces lesions, par exemple les troubles trophiques, sont dus a la nevrose, ils sont susceptibles de guerir a Lourdes sous une influence suggestive. Lorsqu'au contraire 1'hysterose n'y est pour rien, la Vierge n'y peut rien ; nous aliens prouver la chose, en etudiant les cas soi-disant miraculeux de Lupus, cites par Boissarie.

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Elise Rouquet. Pour commencer, choisissons une cles guerisons les plus retentissantes et les plus troublantes de ces dernieres annees : celle du Lupus de Marie Lemarchand, 1'Elise Rouquet du roman de Zola, La Rouquette.

D'une part, Zola, dans son roman de Lourdes a ecrit 1'episode du lupus de la Rouquette ; d'autre part, le D r Boissarie dans son gros livre les Grandes Guerisons a Lourdes a raconte 1'histoire du lupus de Marie Lemarchand. Or ces deux recits sont dissemblables sur des points essentiels, et ni 1'un ni 1'autre ne reproduit la realite des faits : nous allons essayer de prouver la chose.

Zola etait un ecrivain admirable, mais il n'etait pas docteur et surtout il n'etait pas medecin specialiste des maladies de la peau ; son episode du lupus est un fait divers, non une observation medicale.

Voulant etonner ses lecteurs, il a donn la description horrible d'un lupus place sur la figure de la Rouquette, mais cette description ne s'applique qu'approximativement a Tulcere de Marie Lemarchand, et il en differe sur un point essentiel.

Si les panegyristes de Lourdes ont interet a identifier

Elise Rouquet et Marie Lemarchand, les critiques qui cherchent la verite en ont un autre diametralement oppose ; aussi refusent-ils de confondre le personnage fictif avec le personnage reel. II est done indispensable de mettre d'abord toutes choses au point, et de savoir

exactement, medicalement parlant, ce qu'etait la maladie de la pretendue miraculee.

Si, au lieu de dormer a Elise Rouquet un lupus de la face, Zola 1'eut privee d'un ceil, et lui eut fait eclore, dans 1'orbite vide, grace a 1'eau deLourdes, un ceil tout neuf, il est evident qu'il y aurait eu la un miracle authentique.

Mais, aux aveugles de cette categoric, on ferme les portes de la piscine, et on les renvoie de Lourdes, sans obtenir de la Vierge autre chose qu'un ceil de verre. La foi des plus exaltes cathoiiques ne va pas jusqu'a croire au miracle d'un nerf opliquc florissant au fond de la cavite en un ceil nouveau.

D'autre part, supposons Marie Lemarchand atteinte seulement d'un ulcere de la cornee et guerie par 1'eau de la piscine, il est evident qu'on ne pomrait confondre cette inflammation legere avec la fonte entiere d'un ceil, et que cette guerison meme immediate n'auraitrien de miraculeux.

Or, un nez prive de ses cartilages est un cas analogue a un orbite prive de son globe oculaire ; un nez prive de ses cartilages est un nez qui n'existe plus, tandis qu'un ulcere de la peau du nez, c'est un cas analogue a la taie de 1'ceil, c'est-a-dire une inflammation legere et curable.

La question a traiter roule tout entiere sur ce point ; essayons de la resoudre.

D'apres Zola, la plaie etait celle-ci : le lupus avait envahi le nez et la bouche ; une ulceration lente, sous les croutes, devorait les muqueuses. Les cartilages du nez se trouvaient presque manges. La bouche s'etait retractee, a gauche par 1'enflure de la levre superieure,

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pareille a une fente oblique et sans forme. Une sueur de sang mMee a du pus coulait de 1'horrible plaie livide. En regardant Elise Rouquet glisser avec precaution les petits morceaux de pain dans le trou saignant qui lui servait de bouche, tout le monde avait blemi dcvant 1'abominable apparition.

Cette peinture d'un naturalisme effrayant qui nons est donnee comme celle d'un lupus gueri miraculeusement n'est pas la description de 1'ulcere de Marie Lemarchand. Pour grossir les choses, Zola s'est servi de la loupe puissante dont son imagination etait pourvue ; il a peint un tableau qui remplit d'horreur ses lecteurs, mais qui n'est pas la photographic de la plaie veritable.

C'est le point faible et meme facheux de son livre, puisque, ne croyantpas au surnaturelj.il se trouve avoir fait un recit tel, qu'apres 1'avoir lu, la croyance au miracle s'impose. D'apres lui, en effet, un nezprive de ses cartilages, celui de la Rouquette, s'est reconstitue de toutes pieces, apres son immersion dans la piscine.

Apres le roman, voyons la realite; elle est tout autre :

Le nez de Marie Lemarchand point capital , n'avait nullement comme celui de La Rouquette, perdu ses cartilages. II etait meme indemne de toute ulceration : la plaie etait a cote du nez, elle n'etait pas dessus.

C'est le D r Boissarie qui nous Fapprend a la page 126 de son livre : Marie Lemarchand avait un lupus qui couvrait toute la joue droite, la levre et une partie de la bouche.

Done les cartilages du nez de la miraculee n'etaient pas detruits ; ils etaient intacts. II n'y a done aucune

ressemblance entre sa maladie et celle decrite par Zola : c'est ce qu'il fallait demontrer.

En outre, le D r Boissarie, parce qu'il est infeode a Lourdes, declare Ex Cathedra, que la plaie de Marie Lemarchand etait un lupus, mais son affirmation ne remplace pas une preuve. II devait faire le diagnostic differentiel de ce mal avec d'autres affections qui lui ressemblent; ce diagnostic s'imposait absolument comme preuve de la realite du lupus ; il ne 1'a pas fait.

Reparons cette omission, et demandons-nous si Marie Lemarchand, au lieu d'un lupus, n'etait pas atteinte soit d'un eczema impetigineux, ce mal que le vulgaire nomme croutes de feu , soit d'uu ulcere d'origine syphilitique, soit, enfin, d'une plaie hysterique, trois maladies susceptibles de guerir en quelques heures sans miracle.

Observons ensuite qu'un lupus de la face a un lieu de predilection, le nez; c'est le nez, 99 fois sur 400 qui sert de vehicule a la terrible maladie. Nos livres de medecine, si vous les ouvrez, confirment notre assertion. Le lupus, ecrit Dieulafoy, peut envahir la peau en diverses regions, mais le nez estle siege de preference : tantot le nez est seul envahi, tantot lemal s'etend de la, aux joues et autres parties du visage ; tres souvent le lupus prend la forme d'un papillon : pose sur 1'appendice nasal, il s'etend comme deux ailes sur les joues .

Or le lupus de Marie Lemarchand, qui ne se loge pas sur le nez, comme tout lupus qui se respecte doit le faire, met un premier doute dans notre esprit.

Un autre sujet d'etonnement, c'est que ce lupus ne presentait pas les petites nodosites intradermiques qui sont caracteristiques de 1'aff.ection, et ne manquent jamais.

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Que Zola ne parle pas de ces tubercules lupiques, cela se comprend : il n'a pas etudie 1'anatomie pathologique. Mais le savant D r qu'est Boissarie, et les autres medecins qui ont examine la malade avec lui, en auraient parle s'ils eussent existe. Us n'en disent mot, done ils n'en ont pas vu.

Enfm, lorsqu'un lupus guerit, il donne lieu a de tres laides cicatrices blanches, deprimees, qui deferment la peau. Or, chez la miraculee de Lourdes, au contraire, la cicatrice ne laissa rien de pareil, mais seulement une peau rouge, lisse et luisante a 1'exces, qui, plus tard, nous affirme-t-on, devint nacre et rose. Pourquoi la Vierge de Lourdes n'a-t-elle pas immediatement donne ce teint de lys et de rose a la pauvre fille, au lieu de lui marchander ses faveurs en lui laissant une peau ecarlate; ce miracle pour etre vraisemblable devait, au moins, etre complet.

Des faits precedents, il resulteque lapreuve du lupus de Marie Lemarchand n'est pas faite ; pourtant la chose est des plus importantes, car si la guerison instantanee d'un veritable lupus tient du miracle, la cure meme rapide d'autres affections ayant de la ressemblance avec lui, n'a rien de merveilleux.

Etudions, en quelques mots, les faux lupus dontpouvait etre atteinte Marie Lemarchand.

Des croutes de feu d'abord : a la visite d'un service d'enfants scrofuleux dans les hopitaux, on rencontre frequemment des plaies de la tete ou du visage, dues soit a la scrofule, soit a la malpropete, soit le plus souvent aux deux causes reunies : ces piaies crouteuses et purulentes guerissent parfois du jour au lendemain, apres un fort nettoyage, unbain sulfureuxet des lotions

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appropriees. II arrive meme que des medecins sont inquiets parfois de cet arret trop rapide dans 1'ecoulement dupus. Je me souviensace proposqu'un de mes anciens maitres pour parer aux consequences de cette cessation trop brusque deshumeurs, avail coutume de donner des remedes derivatifs pour empecher, expliquait-il, lesdites humeurs de se porter ailleurs.

Admettons que Marie Lemarchand fut atteinte de croutes de feu. Que se passa-t-il, a son arrivee a Lourdes? Gonduite a 1'hopital; on lui fit immediatement u n nettoyage tres complet et un pansement, peut-etre antiseptique. Le lenderaain a la fontaine, elle fit plusieurs lavages. et 1'immersion dans le bain corhpleta le traitement. La plaie a pu, ainsi, so trouvcr guerie d'une fagon fort naturellc et nullement miraculeuse.

Une deuxieme hypothesc est celle d un ulcere syphilitique; etudions-la.

On sait que si la syphilis est frequente, elle n'est pas toujours maladie venerienne, temoin le doigt de sceur Ghatard, infirmiere-accoucheuse des hopitaux de Lyon, qui, tout en restant vierge, prit le petit chancre initial a 1'extremite de son index. Nous citons ce fait d'une syphilis honorable pour bien montrer que nous n'avons aucune intention desobligeante envers les personnes avariees, autant que miraculees, dont nous parlons ici.

Ceci dit, vu la frequence des plaies syphilitiques, il est plausible de supposer que Marie Lemarchand pouvait-etre atteinte d'un accident de cette nature.

Nous avons traite, il y a quelques annees, un ulcere de la levre et du menton chez un jeune homme qui ne se doutait nullement de la nature syphilitique de sa plaie. Lc chancre initial datait de dix ans, saris que

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dans 1'intervalle, des manifestations secondaires ou tertiaires aient eu lieu. Devenue un objet d'horreur, cette personne se desesperait de son mal qu'elle croyait incurable. Or il sufiit a un medecin de constater la nature syphilitique de la plaie, et d'essayer un traitement mercuriel, pour guerir ce faux lupus en quelques jours.

Qui nous dit que, soil pendant le voyage deLourdes, soil pendant les heures qui precederent I'immersion dans la picisne, Marie Lemarchand n'a pas ete frottee avec 1'onguent napolitain? qu'on n'a pas lave et panse avec une solution de sublime la plaie de son visage, et amene ainsi la guerison, a bref delai ?

La chose est-elle possible?

II est evident que personne n'osera dire qu'elle no Test pas. Or cette possibilite suffit pour mettre un doute dans les esprits, et dans le doute, abstiens-toi... de croire au miracle.

Nous arrivons a notre troisieme hypothese : ne pouvait-il se faire que Marie Lemarchand fut atteinte d'une plaie hysterique ?

II y a des plaies hysteriques.

Les stigmates de saint Francois ct d'autres saints en sont une preuve. Or ces plaies, comme toutes les autres manifestations de la nevrose sont susceptibles de guerir en quelques heures, et meme en quelques minutes, sous 1'influence d'uue forte impression religieuse ou autre.

G'est alors le plus beau triomphe do la foi, de la foi qui guerit de Charcot.

Sur ce sujct, Carre do Monlgiron, au xvn e siecle a ecrit un ouvrage fort curieux, intitul3 : La verite des miracles dus a Tinterccssion do Monsieur de Paris, dc-

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montres centre Mgr 1'Archeveque de Sens. (3 vol. Cologne, 1787).

II y a deux siecles, le tombeau du diacre Paris jouait le roleactuel de Lourdes, etguerissait miraculeusement des maladies analogues, c'est-a-dire, celles derivees de 1'hysterie, avec cette difference pourtant que les miracles du diacre etaient regardes par le clerge comme une oeuvre du demon, tandis que ceux de la grotte de Massabielle sont 1'oeuvre de 1'Immaculee-Gonception, nous disent pape et eveques d'aujourd'hui.

Parmi ces guerisons, nous en citerons deux qui se rapportent au sujet que nous traitons.

La demoiselle Thibaud, comme elle s'etait etendue sur la pierre tombale de Paris, fut guerie subitement d'une paralysie droite et d'ulceres multiples des mains, des aines et du sacrum.

Je signale cette coexistence de la paralysie et des plaies, preuve de 1'hysterie du sujet.

La demoiselle Goirin, outre une paralysie, avait le sein gauche ronge par un ulcere depuis 12 ans. Les medecins de 1'epoque avaient diagnostique un cancer, ne se doutant pas qu'il y cut des plaies hysteriques; comme de nos jours, beaucoup de ces medecins ignorant ces fails extraordinaires, ou ne les connaissant qu'imparfaitement ; mettaient un empressement peu scientifique a donner des certificats d'incurabilite, a des maladies nerveuses curables.

Transportee au cimetiere de Saint-Medard le 12 aout 1731, M" e Coirin guerit a la fois de son hemiplegie et de son pretendu cancer ulcere.

Les temoignages qui accompagnent ces observations sont d'une precision telle qu'il est impossible de nier la realitc des fails.

Le D r Boissarie reproche a ces miracles, parce qu'ils sont vieux de deux siecles, de n'etre plus valables. II oublie que les miracles du Christ, auxquels il croit fermement, je presume, sontbeaucoup plus anciens; que la fontaine de Siloe est plus vieille encore, et que les siens, ceux de Lourdes, vieilliront comme ceux du diacre Paris.

Je suis, du rcste, ca niesurc de lui iburnir deux observations a son gre, puisquc les sujets sont encore vivants. Nous n'en citerons qu'un pour ne pas nous repeter.

M me Z... atteinte d'hysterose depuis de longues annees, et de folie hysterique depuis deux ans, est affligee d'une paraplegic incomplete. Cette paralysie des deux jambes s'accompagne du phenomene suivant : lorsque la malade entre dans un acces de colere maniaque, il se produitsnr la peau des jambes, en quelques minutes, une plaque rouge, chaude, cedematisee qui, parfois, se gangrene. Nous en avons compte successivement trois sur la jambe gauche et sept sur lajambc droite qui se sontgangrenees. Alasuited'un acces de fureur qui dura du matin jusqu'au soir, presque instantanement une poussee inllammatoire se produisit sur le cote externe du pied gauche : la peuu devint d'un rouge vineux, des phlyclenes se produisirent, et la gangrene survint, attaquant la peauet tous les tissus sous-jacents jusqu'al'os.

Le calme moral etant revenu, les plaies se mivenfc a guerir, avec une rapidite telle que, dans six semaines, tout fut cicatrise; deux ulceres qui n'interessaient quo la peau se fermerent dans 1'espace de vingt-quatre heures. Si, ce jour-la, M" 10 Z... out etc conduite dans la piscine dc Lourdes, cette cicatrisation ultra-rapide cut

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etc certainement regardee comme un miracle ct relatee comme tcl.

II peut done se produire chez les hysteriques deux faits en sens inverse : sous I'influence de la nevrose, des troubles vaso-moteurs peuvent amener des congeslions plus ou moins fortes, allant parfois jusqu'au sphaccle de la pcau; mais, par centre, sous I'influence (Fautres causes, de la suggestion surtout, les faux erysipeles, les fausses lymphangites, les plaies simulant 1'cczema, {'impetigo, le lupus ou le cancer peuvent so cicatriser en quelques heures.

Lorsque Charcot parle de la foi qui gucrif, il veut dire que la foi peut produire une suggestion assez puissante pour amener la guerison immediate des affections de nature bysterique ; mais il n'csl pas necessaire que cettc foi soil culholique; clle peut etre grecquc ; clie peut etre arabe ; elle peut etrc spirite ; elle peut etre diabolique. La foi imporle peu, c'est la suggestion qui fait lout. L'idole des negrcs est aussi puissanlc que J'laimaculee-Gonception pour produire des miracles; il sufiit pour cela que bon negre ait la foi qui gueril. Aussi, lorsqu'on etudie les guerisons de Lourdes, doiton pour les comprendre, connaitre a fond les symptomes de 1'hysterose, et s'etre rendu compte de la puissance de la suggestion.

Yoici a ce sujet, un exemple typiquc : unc dame est alteinte d'unc plaie de la face, de nature hysterique; dans quelques semaines,cllc doit reccvoir unancien ami qu'elle veut epouser. Elle a. un ardent desir de guerir, et toute sa pensec est tournec vers ce but : avoir un visage presentable. Kile vicnt nous consulter: connaissanl sa nevrose et la nature de sou mal, nous lui don-

LA YHRlTJi SUB GOURDES

nons une solution qui, en realite, : ii'est que de 1'eau pure prise a la fontainc voisine, mais nous lui assurons que son effetcuratifest certain. Nous lui citons quelques personnes gueries par ce remede. Elle devra s'en fairc des lotions trois fois par jour, regulierement, avec un petit pinceau tres doux que nous lui remettons. Elle nous croit fermement, carclleala foi laique qui guerit; clle suit le traitement, la suggestion fait son cfl'et : trois jours apres, 1'ulcere est cicatrise, et M mc X... rec.oit son ami avec un visage auquel il sufiit d'un pcu'dc poudre et de fard pour etre tres presentable.

A Lourdes, la foi religieuse aidant, la plaie trempec dans la piscine pouvait se cicatriser dc la memo fac.on.

En resume, quelle que fut la nature dc 1'ulcere dc Marie Lemarchand, scrofuleuse, syphilitiquc ou hysterique, sa guciison a pu se produire en quelques hcures, sous 1'influence des moyens que nous venons d'indiquer.

Rayons done ce fameux miracle du livrc des Grandcs f/ucrisons de Lourdes.

Si le D r Boissarie avail demande a, un group e de professeurs dc maladie de la pcau, ou aux membres de 1' Academic de medecine de lui adresser quelques malades alteints notoirenient dc lupus, lupus du nez, lupus anodosites caracteristiques, lupus a bacilles de Kochrcconnus au microscope ou lupus erylhematcux, lupus vrais enfin ct ccrtifids vrais, si, dis-je, ces lupiqucs, en arrivant a Lourdes, ploiigcs dans la piscine, dissent gueris instantanement, on pourraitalors oil'rir ccs miracles a 1' admiration des i'otiles, en memo temps qu'a ccllc des savants. Mais cclui dela Rouquctte n'cst pasdcfendablc.

La veuve Pecaulet.

Un autre cas de lupus qui pourrait bien ctre un cas d'cczema, c'est celui de la veuve Pecaulet de Bagneres.

Comme le precedent, le lupus de cette dame n'estpas nasal ; comme le precedent, il est loge plus bas, sur la levre inferieure Boissarie, etantdu pays de Cyrano de Bergerac, n'admet pas qu'un lupus vegete sur un ncz gascon. De plus, comme il a eu 1'idee dc pholographier M rae Pecaulet, celanous vaufcdc conslalcr, dc visu, non un lupus, mais un eczema des levres, maladie bien connuc et faciiemcnl reconnaissable.

Enlin, sile D r Boissarie affirme le lupus, il n'en cstpas de memo du D r G randy de Bagneres, le medecin dc la malade, qui ccrtiile ie contraire. M'" c veuve Pecaulet ctait alteinte d'une affection bulbeuse rcssemblant a un lupus. (Page 134.)

Du reste, le miracle no marcha pas tout seul. Ge ne fut pas une do cos guerisons foudroyantes oil les microbes de Tulcere pcrissent cVun seul coup dans la piscine. Non, 1'cau dc Lourdes, dans celle circonstance, manqua de force ; la guerison se fit par petits paquets : aujourd'hui une colonie de microbes etait noyee ; le lendemain une aulre perissait. Ge nc fut qu'apres quinze jours d'immcrsion repetde, quo le D 1 ' Boissarie signa a la veuve Pecaulet son certifical dc miracle et la renvoya a Bagneres.

Un mois apres Jiorreaco rvfcrens ! le lupus se moquanl de la vierge de Lourdes el du D r Boissarie

avail ropfis possession de la levre de la veuve. II fallut revenir a la grotte de Massabielle, et tout recommencer. EnQn, apres un mois de lavage et do lessivage, les microbes, lupiques ou non, disparurcntjaar miracle, c'est Boissarie qui le dit et M mc Pecaulet retourna dans son pays avec une levre saine et belle.

Nous conseillons a notre confrere d'omettre dans la prochaiue edition de son ouvrage, cetle cure si peu miraculeuse ; il ne faut pas preter a rire a ceux qui n'ont pas la foi avcugle.

Mahmoud et le Marabout.

Medecin en Algerie, nous trouvons dans nos notes un miracle analogue a celui de la veuve Pecaulet.

II s'agit d'un arabe atteint, lui aussi, d'une plaie de la levre inferieure, un lupus, disent les uns, un eczema, pretendent les autres. Mahometan, il n'a pas la foi catholique, mais il a la foi coranique. S'il y a eutre les deux malades des habitudes religieuses differentes, il n'y en a pas dans les habitudes hygieniques : M mo Pecaulet etlui ignorent le lubin.

Or, Mahmoud, c'est son nom, a ete laver sa levre ans 1'eau sainte du puits d'un marabout, et Mahmoud a gueri par 1'eiTet de cette eau. Gomme Mahmoud, saris se soucier des prescriptions de Mahomet, neglige d' ordinaire ses ablutions, nous avons mis sur le compte de la malproprete la cause du mal, et, par contre, sur un regain de proprete due a 1'eau du puits, la cause

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de la guerison.Mais 1'arabe et le muezzin d'en face, gens profondement religieux, ont attribue le miracle au saint marabout, commc Boissarie, muezzin c.atbolique. attribue Ic sien a la vierge de Lourdes.

Quo serait-il advenn si la veuve Pecaulet etait allec lavor son lupus an pnils d'un marabout? Que serait-il advcnu si Mahmoud etait alle baigner sa levre a la piscine des Pyrenees?

Ln parole osl au prophet e Boissario.

Madame Roucliel, de Metz.

Dans le livre de Georges Bortrin paru en 1909, nous h-ouvons un dcs miracles autour duquel on fit le plus do bruit dans ces derniers temps : celui de la guerison deM'" e llouchel, de Metz, agee de 55 ans.

Elle iv etait pas atteinte, comme on nous le dit, d'un lupus, car son nez etait la partie du visage la moins touchee par les plaies qui couvraient principalemenl la levre super! cure ct I'inlerieur de la bouche.

En 1890, douze ans auparavant, raconte-t-elle, elle venait de mettre au monde son quatrieme enfant, lorsqu'un fou furieux entra dans sa chambre, arracha les rideaux de son lit, et la menaga d'un grand couteau qu'il brandissait d'une maniere effrayante ; terrifiee, elle s'enfuit au dehors, a peine vetue.

A la suite de cette secousse terrible, elle s'affaissa et devint anemique.

Si, dnrnntlesmoissnivanls, les plaies dcM m * Roucbel

LA. VKR1TE SUR LOUUDKS

s'etaient manifestoes, on aurait pu les regarder, avec quelque vraisemblance, comme des troubles trophiques dus a 1'hystero-choc ; meme ce diagnostic, malgre les douze annees ecoulees, pourraient encore a la rigueur se defendre, puisque, depuis ce jour do terreur, la sante de M me Rouchel fut constamment mauvaise ; pourtant la chose est peu vraisemblable et nous ne nous y arreterons pas; nous ne liendrons comptequc d'une autro hypothese, la suivante :

Dans scs interrogators. M"' c liouchel repete souvcni. tantot qu'elle est une iemme indigne, tantot qu'ellc doit etre chatiee pour ses peches. Elle est plus explicite encore dans 1'entretien suivant au sujet d'une ancienne faute commise.

Je cite Georges Be.rtrin :

Mere Rouchel, voudriez-vous m'expliquer une parole que vous aimez a repeter? Yous elites souvent : Je suis la plus grande pecheresse du monde !

Qu'avez-vous done fait de si mal, dans votre vie. vous qui etes une bonne ehretienne ?

<( Elle reflechit quelques instants : puis, prenant son parti, avec son de"dain ordinaire de toutes les conventions, elle repond : Vous voulez le savoir? Eh bien, je vais vous le dire.

Non, non, m'ecriai-je, en me ravisant aussitot, car je la savais capable de ne rien omettre dans cette confession publique.

Si nous rapportons cette conversation oil Ton parle d'un gros peche, c'est qu'elle corrobore dans noire esprit 1'idee de la syphilis, qui nous est venue en lisant la narration de Georges Bertrin.

La description qu'on nous fait de ce faux lupus s'applique, en effet, point par point, aux plaies de 1'avarie :

boutons sur la figure au debut, boutons qui s'ulcerent Qtgagnent graduellement les levres et Ja muqueusc de la bouche ; suppuration aboudante, boursouflcment des levres dont la superieure obstruc completement les narines; a droite, a la commissure des levres, plaie penctrant dans la bouche; petite fistule de la joue; autre fistule lineaire a travers la voute palatine laissant tomber dans la cavite bucale les mucosites de la cavite nasale.'

L'odeur infectc qui s'exhalait de ces ulcerations est encore une preuve de syphilis, car elle ne manque jamais non plus, dans les accidents secondaires ou tertiaires.

J'ai cite dans 1'observation de la Rouquette le fait d'un malade qui avait une plaie grande comme une piece de dix francs, a cheval sur la moitie gauche de la levre inferieure, plaie qui futguerie par le mercure.

Ne se peut-il pas que le D l Ernst, qui vit la malade douze jours avant le depart du pelerinage, songeant a la possibilite de la syphilis, en enetant certain peut-utrc, ait prescrit, comme lotion antiseptique, une solution do sublime, et ait ordonne des frictions mercurielles sur les plaies etailleurs.

Ne se peut-il, a defaut du D r Ernst, qu'une soeur de charite ou une personne quelconque entourant M me Rouchel de soins minutieux de proprete, avant et pendant le voyage de Lourdes, se soit largement servi de la meme solution.

Enfin a I'hdpital de Lourdes ou elle fut logee, soeur Mechtilde et les autres ne laverent-elles pas cette face avec la meme eau anliseptique ? Or, on sait combien vite la solution de sublime est absorbee par les ulcerations ; combien souvent meme surviennent des accidents, notamment dans les accouchements, par 1'usage inconsidere de cette solution. Ce qui revient a dire que,

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si, Mme Rouchel etait atteinte d'un accident secondaire, le mercure a pu lui etre administre d'une fac.on tres efficace, et produire rapidement la guerison des plaies.

A 1'appui de cette these, ajoutons ce fait d'experience journaliere que la plaie syphilitique qui resists parfois longtemps au traitement hydrargyrique, so guerit, une fois la cicatrisation commencee, avec une rapidite excessive.

Nous avons done une explication plausible de la guerison de Mme Rouchel, explication qui, n'est pas seulement une hypothese, mais, pour nous, medecins, la realite.

Analysons maintenantce miracle d'apres un autre ordre d'idees, et voyons s'il s'est produit commetout honnete miracle doit se produire, c'est-a-dire, radicalement.

Nullement.

Si nous en croyons le clan catholique, Georges Bertrin, le Journal de la Grotte, les sceurs de 1'hopital de Lourdes, les compagnons du pelerinage, les temoins de Metz, tous sont d'accord pour attester d'une fagon categoriquc que lesamedi 5 septembre, a 1'eglisede Lourdes, la plaie s'est subitement sechee.

Et pourtant, il n'en fut pas ainsi, car les plaies ne furent pas cicatrisees.

Done, d'une part, guerison complete, cicatrisation de la plaie, absence de suppuration, peau lisse ; miracle.

De 1' autre, guerison incomplete ; persistance de la plaie, continuation de la suppuration; non miracle.

Que va nous donner la verification du visage de M me Rouchel ?

Si nous ecoutons les temoins, nous allons entendre chacun d'eux dire tantot blanc, tantot noir.

Sceur Sophie, apres avoir declare d'une fagon tres

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precise que tout est gueri et cicatrise, au dehors comme au dedans, convient pourtant que la levre superieure n'avait diminue que des deux tiers.

Le bureau des constatations, de meme : Jes plaies elaient seches, et toute suppuration avail cesse ; mais il v a un mais, il restait du mal disparu un peu d'ulceralion a la face interne de la levre superieure.))

Le I) r Ernst, de Melz, ecrit, cinq jours apres lore tour do Lourdes : j'ai va Mme Rouchel : elie elait guerie, raais la levre sur laqueiie s'etait formee le plus d'ulcerations, (Halt reconverts d'unc croule de belle apparence ; 1'cnflurc avait disparu aux deux lier.s ; des ulcerations il ne restait plus fjuere de traces.

Celte croute de belle apparence cst une trouvaille et le plus guere en est une autre : celle-ci vaut bien celle-la.

La Societe de medecine de Metz, a qui la miraculee fut presentee (page 373 et 539) ne la trouva nullement guerie ; II lui restait, declare-t-clle, des vestiges de son mal, et particulierement une ulceration a la face interne de la levre superieure.

Enfm le D r Tenneson, ex-medecin de Thopital Saint- Louis de Paris, a la date d'avril 1905, c'est-a-dire, deux ans plus tard, bien que dispose en favour de Lourdes, declare pourtant : qu'a la levre superieure, 1'ulceration occupe 1'etendue du bord libre, et a. la levre inferieure, le voisinage de la commissure droite .

II resulte de ces diverses attestations, que si Mme Rouchel d'une part, est guerie, de Fautre elle ne Test pas ; qu'elle est guerie, la nuit, lorsqu'on n'y voit pas clair, mais non le jour, lorsqu'on peut constater les plaies. En resume, personne ne veut manger dans son assiette, ni boire dans son verre.

Eh ! voila un miracle qui devient plus amusant que lo bureau des constatations ne le voudrait.

Georges Bertrin qui sait meler le plaisant au severe, a trouvc la cause de cette persistance des ulceralions : ia Vierge de Lourdes voulait lout guerir et faire de Mme Rouehel une fcmme delicieuse ; mais cclle-ci la supplia de lui laisser une pelile suppuration, comme souvenir du miracle ! Pauvre M'" e Rourhel !

De cette facon, qaand on guerit, il y a un miracle, et quand on ne guerit pas, il y en a deux ! ! !

Mais voila bien d'une autre affaire : tout n'est pas iini au sujet de Mme Rouehel ; la comedie se continue devant les tribunaux de Metz : le miracle attaque devant le Tribunal correctionnel et la Cour d'appel se defend bel et bien, essayant de prouver qu'il est miracle lupique, etque la Yierge de Lourdes a etendu samain guerisseuse sur un visage devore par le staphylocoque dore, et non sur 1'accident secondaire d'une maladie que sa purete abomine.

Yoici ce qui s'est passe : lorsque Mme Rouehel se presenta devant la Societe de medecine de Metz, pour etaler sa face miraculee, les membres declarerent que le miracle n'etait pas etabli, puisque les plaies persistaient. De plus M. le D r X... seleva et pretendit que le D r Ernst lui avail declare, quelques jours avant le pelerinage de Lourdes, que Mme Rouehel etailavariee, et que ses plaies etaient de nature syphilitique. Or, c'etait maintenant le D r Ernst, qui presentait la malade a la Societe de medecine, comme miraculee d'un lupus ; c'etait lui qui affirmait le miracle dans des certificats publics par le D' Roissarie, Georges Rertrin et le Journal de la Grotto, oubliant ses declarations anterieures.

Le D r Ernst attaque le D r X... devant le tribunal de

Metz, pour avoir faussemenl mis dans sa bouche, des paroles qu'il n' avail pas prononcees, et porte ainsi un tort considerable a sa reputation, en faisant croire qu'il signait des certificats conlraires a ses convictions. Les juges eurent done a deliberer et a rendre un jugement non seulement sur 1'assertion vraie ou fausse du D r Ernst, mais encore sur larealite ou la non realite du miracle.

Le D r Ernst et Lourdes, perdircnt leur proces et furent condamnes aux depens.

Le D r Ernst ct Lourdes en out rappele ; la Cour d'appel nous dira si delinitivement le miracle tient ou no tient pas. Que va fa ire la Viergc de Lourdes, en folte occurence.

En attendant, quelle que soit la decision de la Cour, n'etes vous pas d'avis de rayer do la liste des miracles, cette cure si contestee ?

Un lupus Russe

Dans son numero du 15 Janvier 1900, la Medecine moderne rapporte en ces termes la relation d'une guerison d'un lupus ou plutot d'un sycosis ou teigne du menton, a la suite d'une priere faite par une femme dans une egliserusse.

Le malade etait professeur a 1'Universite de Moscou. Le Docteur Gogcwuicoff nous dit que la maladie consistait en suppuration des follicules pileux, et se manifestait par des pustules qui ne depassaient pas 1'epaisseur de la peau ; celle-ci oflrait, en outre, un etat inflammaloire mal limite.

Comme on le voit, il n'est nullement question d'examen microscopique, non plus de la decouverte dans les boutons du staphylocoque dore ou autres, dont on parle dans les traites de medecine.

Or, il arriva que le professeur, apres bien des traitements de nature variee, alia trouver une bonne femme qui guerissait ces maladies par des prieres. Elle amena le professeur au temple du Saint-Sauveur, et lui dit : je prierai le bon Dieu, et la maladie disparaitra . II attendit a la portc, durant quelques minutes, la fin de la priere. Le soir, ils revinrent ensemble a la memo place ; la priere eut lieu do la memo fac,on, et le professeur subit alors la suggestion ; il crut ce que lui disait la bonne femme, que la maladie devait disparaitre avec 1'aide de Dieu.

Le memejour, la tumefaction commenc,a adiminuer ; les boutons se fanaient, et la suppuration se mit a tarir. Le soir meme, pour la premiere fois, le malade se decida a se montrer dans la rue, sans pansement. La guerison fut complete au bout de deux ou trois jours.

En admettant que tout soit vrai dans cette histoire, nous aurions affaire a des troubles tropliiques chez un hysterose miracule par suggestion. Dans les sanctuaires pourtant scbismatiques de la Russie, il so produira bien d'autres miracles, autantqu'a Lourdes.

Conclusion. Ed resume, les cas de Marie Lcmarcband, clc la veuve Pecaulet, de Mmc Roucbcl et des autres sont si peu lupiques qu'ils nous laissent complctemenlincredules, et qu'il faudra la guerison de quelques

autrcs lupus plus vraisemblablcs, pour nous dormer la foi.

Lcs pauvres malades atteinls d'un vrai lupus, Icquel etait repute incurable jusqira ce jour, pourraient afctendre encore longtemps a Lourdes leur guerison, si la science nc se preparait a faire en leur faveur do vrais miracles.

Aujourd'hui, c'est aux rayons cliimiques de la lumiere, c'est a la phototherapie ct a la radiolherapie, c'est au radium, c'est a la science pour tout dire en uri seul mot, qu'on doit demander la guerison des vrais lupus, et qu'on peut 1'esperer.

La science fait de vrais miracles, puisqu'elle guerit des affections reputees incurables jusqu'a ce jour; elle fait des miracles scientiiiques que tout le monde peut constater, ct surtoul que toutle monde peut reproduire. Elle ne guerit pas un unique lupus choisi dans le tas, laissant dans le desespoir uue foule d'affliges ; elle guerit laplupartde ceux qui viennenta elle, quelle quo soit la gravite de leur mal ; en sorte qu'aujourd'hui, le pouvoir de la Vierge se trouvc inferieur au pouvoir du radium.

C'est ainsi que la science prend, pen a pen, la place du surnalurel.

LA VERIT1-: SUIl LOCRDES

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