‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 12 sur 88 · CHAP. II, SECT. D, ART. I, § V · texte numérisé non relu

CHAP. II, SECT. D, ART. I, § V

préventions expirantes. Mais Fabert lui répond [10 juillet Idôi] : u Sy, comme l'on me l'avoït mandez, l'on fait « osier des libvres des Jésuiates les choeea qui ont donnez B le scandale qui a tant f^t d'esclat, ce sera un grand ic bonheur pour eux, sy l'on peut de leur cœur oster l'ai- « greur avec laquelle tous me /aille» parestre qu'ils agisd sent dans r affaire que vous croiyez terminée, et que je I croyois fmie aqssy'. H y a parmy eux de fort honloestes gens, capable de gouster ce qu'on leur.dict a contre cette manière d'agir de tout Jeur corps, baus taine et fiëre plus que la^ religion ne semble poilvoir « permettre. Mus je croy que les bommes ne sauroyent I composer un grand corps, où les chosies aillent bien, n allant aux plus de voix. [Un maréchal de France, sous n Louis XIV, devinait mieux le Grand Turc que la moa n'arcbie consUtutionnelle.] C'est le malheur de ceux qui « vivent dans les comunautez où l'on n^i nul esgard à la I vertu de ceux qui pouroyeat les mesnër sagement, et n où un emporté mest son contentement à faire parestre t qu'il a autant d'àutborité qu'un plus sage que luy. «.Ailleurs,, où l'on se mest spubs ' le eomandement, ■ ceux-là qui l'ont en main en uzent avec un empire «insolent, et. ceux qui sont aoubmis .géinissent àoubs n des extravagans. Les s^nts qui Jbndent les ordres ne t laissent pas leur esprit avec. leur règle, et l'infinnité de n ceux qui leur succèdent a itientost corompu ce iqu'ils n croyoient devoir loutjours duter. Dieu qui soufre cella n sçait mieux que nous pourquoy. » '

Cette tettie, où lés concessions fûtes au Ëlâme se rétractent par tant d'excuses, fut, avec les deux boutades

' Saiw doule l'allsirc du Kormalaire, qui ataîl Hi rtprisi; >rr9 U fin de IBSt. (CaadnMe, Udm. kitt. «vr U fomml., L i, p. 180..

10& ROBERT ARNAUUO d'ANDILLT.

misantbropiques ^ dont nous avons déjà parlé, les seules consolations que d' Andilly reçut désormais du maréchal. Cependant l'illusion du solitaire put se prolonger dans ce mirage de compliments qui se déroula jusqu'au dernier instant sous la plume obséquiieuse de Fabert. — Mais à cet instant fatal d'Andilly dut soupçonner qu'il avait eu à faire à l'un de ces esprits scrutateurs qui veulent étudier par eux-mêmes les partis ; et que son" ami lui avait fût subir avec toutes les formes de la plus excessive polir tesse une expérimentation de laquelle il n'était pas sorti triomphant.

Fabert en effet, se sentarit frappé de mort, avait convoqué une partie de sa famille et de ses amis *, celle-là pour la mettre sous la protection de ceux-ci. A ceux-ci il disait : « J'ai tin frère, quelques autres parens et alliés, « néanmoins je pas^e sur leur tête pour venir tomW sur (( la vôtre, et vous donner beaucoup de peine et d'em-

(( barras Il est vrai qu'en vous chargeant de ma fa-

« mille, je trouble votre repos T mais pourquoi m'avez- « vous aimfr, et pourquoi vous ais-je aimé ' ? » Puis il leur indiquait parmi les absents ceux de qui ses enfants devaient surtout solliciter les conseils : c'étaient MM. de NofiriHes, de Crequi et Voisin ♦. Il écrivait à ce dernier le 16 mai 1662, veille de sa mort : « Il faut. Monsieur, « que'la destinée jn' ait poussé avec une grande force à

^ Voir plus haut, t».65-6d. Ces deux 1eUres,datéesdu 26 etdu SI juillet 1661, viennent, dans notre collection, îmquédiatement après celle du 10 juillet que nous f cnons de citer. En rapprocliaîit celles-là de celle-ci, qui est si calme et si bieuTeirante, on se convaincra tle plus en plus que 1^ premières sont de pures boutades écrites* dans.- un accès de mîsanlhropifT.

2 Le P. Barre, Vie de Fabert^ t. ii, p. 245-267.

a yWrf., p* 255.

4 IbitL, p. 257.

CHAP. n, 8EGT. H, ABT. I^ g Y. 105

« tomber sur vos bras, puisqu'aprës ma mort il faut que « je vous sois à charge. Je vous conjure, par cette amitié « si tendre dont vous m'avez honoré, de vouloir trouver « bon que H. de Termes vous consiilte quand je ne serai <f plus en vie sur les propositions qu'on pourroit lui faire

« pour les mariages de mes enfans Si d'autres af-

a foires importantes leur arrivent, au nom de Dieu, 0 Monsieur, donnez-leur vos avis. Je n'ai que vous au « monde entre les bras de qui je puisse les jetter ' ?» — Et d'Andilly ? Etait-il donc absent de la pensée du maréchal? — Pas autant peut-être qu'on serait tenté de le supposer; car le fils aîné, le successeur de Fabert à Sedan, l'ancien élève des Jésuites, voyant .Candie étreinte depuis vingt années dans les tenailles du. Croissant, et près d'y succomber^ dut suivre pieusement les volontés de son père, et consulter ses amis avant de mettre son épée au service de la Croix, et de voler à File assiégée où les Turcs ne pénéu*èrênt que sm: son cadavre ^. '

Mais si Fabert se méfiait de l'enthousiasme de d'Andilly, il. ne se méfiait peut-être pas de seà doctrines ; et, sans lui léguer le soin de sa famille, il pouvait léguer à Port-hoyal le soin de ses néophytes. — Ses affaires terrestres mises en règle, le moribond s'occupa des affaires étemelles. Il fit venir le chef du conseil souverain de Sedan, le président Morel : « Je meurs trop tôt, lui f( dit-il ^, pour le grand dessein de la réunion des reliogionnaires de Sedan à l'Eglise. Ils étoient dans les « meilleures dispositions du monde. Mon seul regret en 0 mourant est de laisser cette œuvre imparfaite. Je vous

1 Le P. Barre, Vie de Fabert^ ii,'p. 152. 3 /^ûf., p. 165.

s IHLt p. 149.

106 BOBBRT AANADLD D'ANIULLY.

a prie de ne point vous démettre de votre charge, 11 y a auroit de la lâcheté d^ abandonner votre poste, pouvant

« être utile à la religion et au roi Je vous conjure

a décrire- au P. Adam de venir achever ce qu'il a comc( mencé avec tant de succès, et de ne point négliger une a affaire où Jl va de la gloire de Dieu, du salut du pro- (( chain et du service du roi. » — Le maréchal rendit le dernier soupir le 17 mai 1662, à cinq heures et demie du soir, et le 18 mai^ près du. lit funèbre, le président Morel écrivit au P. Adand : « Dieu nous a afiligés, naon 0 révérend Père ; il a retiré de ce monde Monseigneur le (( maréchal de Fabert, pour le faire vivre heureusement a dans l'autre. Mon cher maréchal est mort. Votre ami « et le mien n'est plus. Prions Dieu pour lui ^ » — Non seulement le P.* Adam pria pour lui, mais le vicaire général Oliva lui fit décerner les prières de toute la Société de Jésus ^.

Quant à d'Andilly^ après avoir échoué à faire un roi, il avait échoué à faire un ministre. — Dans le monde, Mazarin et Pérefixe lui avaient enlevé Louis XIV. — Jusqu'au sein de fort-feoyal, lej*. Adam et les Jésuites étaient venus lui ravir le maréchal Fabert.

ARTiaE II.

Correspondance de dAndiU^ mec Vabbé de Rancé*

Après un premier njiufrage.dans le siècle, après cet autre naufrage dans le port, lorsque du port elle avait voulu regagner le siècle, il ne restait guère à la diplomatie de Robert qu'à s'exçrcer abritée dans les limites

* Le P. Barre, Vie de Fabert, U-ii, p. 263. a JlniL, p. U2.

CHAP. 01 flBGT. n, àWtt n, g I. 107

de la solitude, — Au dehorsi un flot trop houleux peut ouvrir les filets sur les plus riches captures. — Au dedans, une amorce bien disposée défie mieux les vagues. ^ Le Jansénisme en robe courte échappe ; on le retient plus facilement en robe longue. A défaut de l*tin, d'Andilly espérait bien' saisir l'autre; à défaut du maréchal Fabert, Fabbé de Rancé.

Cette troisième tentative du pilote transitoire, qui entre Saint-Cyran et le grand Amauld manœuvra la flottille janséniste, se trouve, conune nous l'avons dit, aussi complètement ignorée que les deux premières. — De même que celles-ci,' elle a ses enseignements. Mais po\}r en sentir toute l'importance il est nécessaire, de rappeler ayant tout ce que l'on s^it jusqu'à cette heure de la conversion de l'abbé de Rancé et de ses relations avec le Jansénisme.

S I"t Lacune dant la vie de Ranoé.

« 11 existe, dit M. de Chateaubriaqt ^ un traité de « 280 pages in-12, imprimé à Cologne chez Pierre Mar- « teau; il porte pour titre : Les véritables motifs de la 0 conversion de Cabb& de la Trappe, avec quelques ré- ^flexions sur sa vie et sur ses écrits.... » L'auteur anonyme de ce traité donne à la conversion de Rancé le double motif d'un amour malheureux et d'une ambition trompée*. C*est la première de ces deux assertions que Tadmh'able plume- de M. de Chateaubriant cherche à faire prévaloir '. C'est la seconde que .semble appuyer

2 et Bayle, Nouvel, de la Bép, du kUtêê 1085, p. 067* . » F» ift AaiM^i p« S7^$.

108 ROBEBT ARNAULD D'ANDOXY.

une plume non moins admirable, et de plus contemporaine de Rancé, celle de Saint-Simon '•

Si nous avions à nous prononcer entre les deux versions de l'anonyme, nous inclinerions, on lé pressent, pour la seconde. Nous n'y serions pas décidé toutefois par le témoignage de l'anonyme même, dont l'opuscule n'est qu'un libelle, ni par la seule autorité, quoique prépondérante, de Saint-Simon. Mais Rancé lui-même nous aiderait à sortir de l'incertitude. Avant de transformer l'austère pénitent en précurseur de La Vallière, nous ouvririons ses lettres 2. Alraversson style incolore, nous rapprocherions facilement, mais vainement,' ses rudes pensées ; jamais il n'en jaillirait une étincelle sur la sécheresse de ses lignes : et il deviendrait certain pour nous que jadis dans le cœur du pénitent les sens ont pu porter le trouble, mais non laisser l'amour. Que s'il s'agissait au contraire des mécomptes de son ambition, sans les attribuer précisément à cette circulaire faite au nom du cardinal de Retz, qui, selon l'anonyme', aurait aliéné l'esprit de Mazarin et dû roi, et dont Rancè affirme n'être pas l'auteur*; sans même les rapporter, comme semble le

1 Mém, de Saint-Simon^ U m, p. SSl. *

2 Leitres de piété 'écritei À différente» personne»; lettres publiées par M. Gonod, etc. — On le voit, et nous Tavouons avec crainte, nous sommes loin de partager Tadmiration de Nicole pour le style derabt>é Rancé. (Voir les Quatre lettres de sainte Marthe, p. S,)

s Cl L'abbé de Rancé, à qui on avoit remarqué de tout tems de beaux « dons pour la satyre, estoit Celui que son parti [le parti dévoué au cardinal • de Retz] choisissoit 'd'ordinaire pour parler et pour écrire. De tout ce qu'il « a dit pendant longtems rien n'a esté si contraire à sa fortune qu'une « lettre circulaire qu'il composa sous le nom^u cardinal de Retz à tous les ff é?éques de France, dans laquelle il attaquoit non seulement le cardinal «r Mazarin, mais le roy mesme dont il blamoit la conduite. » {Les ventantes motifs de la conversion, eXc.f p. i9*) . *

^D. LeNain, Vie de Rancé, Ui, p.233, lettre de Rancé du S7 septembre i6S5.

CHAP. n, SECT. n^ ABT. n^ $ L 109

faire Saint-Simon, à la part active qu'avût prise le jeune abbé aux troubles de la Fronde, nous nous contenterions de remarquer, avec tous les historiens de Rancé, que les premiers symptômes de sa conversion se déclarent im« médiatement après sa retraite de l'assemblée du clergé M retraite que lui avait fait opérer, d'après son propre témoignage, la certitude d'être tombé, dans la disgrftce du cardinal Mazarin K

Mais quels* qa'sdént été les motifs d'une conversion d'ailleurs indubitable, comme le Jansénisme semble n'y être entré pour rien, nous n'avons à nous en occuper que pour en fixer la date, et déterminer par suite quel laps de tempss'écouleentre cette date et les premières relationsdu pénitent avec le Jansénisme. — Or, l'assemblée où Rancé eacourut la disgrâce de Hazarin le vit assidu à ses séances du mois d'octobre 1655 au mois de février 1657 '. Vers la fin de février, sa belle campagne de Veretz l'accueiUit fugitif^. A la fin de 1657, elle le vit amendée Dans le monde on le proclamait converti. — C'était le 28 avril

> Maapeoo, rieieAaiM^;ManoUier,tH<^,t i,|i.25;D.LeNdo,t6i^,ti, p. 13; Ckal^ubriaiit, t'Mi., p. 53 ; U. Malachie dlnguimbest, ibid,^ L i,p. 37. ■ÂUora fa la prima toI^ che l^Skbbateprincipiassëa rifletCere serlamente, etc.»

2 c Ceux qui Toulqient te rendre maîtres de» affaires [dans rassemblée « da derfé de 1655-1.057] fireftt dire iVdithé de Bancé'qu'il étoit suspect « au premier mlSnistre... Gdohci crut qu*il feroit mieux de céder au tems,

• de prétexter des affîb'es et dé se retirer de l'assemblée. Ce fut le parti

• qall prit » (>fanoIlier, Prc de Rancé, t. i, p. 25.].— L'avis qu'on arait donné à Rancé était faux, et ae^ afnû TeA aTertirenC ■ Mais, dit Marsolliar, > ibid,, p. 26, il prétendit qu*iU.* n*af oit pu mieux faire que de défl&rer à i cet avis, qme tm eût tardé de le faire, la feinte au^oit bien jm u changer

• « réalité, » , '

* C'est ^ une erreur de typographie sani doute ^e D.Le Naio» t^ûC, 1 1, p. 13, met 1656 pour 1657.

« Manolfier, iM<C« 1. 1, p. r? ; D. Le Nain, tftui.^ t.i, p. 13.'

• ManoUier, ikid., U i, p. ti-hîi IX LeJfalm iM., UhV* i^-M

110 BOBERT ARIf4III.D O^ANIULLT.

de cette ndème année qu'était morte Madame de Mont^ bason '. — Six années s'écoulèrent avant que son ancien amant Bubstituâtraifreuae Tbébaïde du Perche à la splendide et riante solitude de Veretz'. [16574869.]

De eea six années, les trois premières [4657-1660] ne fournissent jusqu'à cette heure aucun renseignement sur le sujet qui nous occupe. C'est à F Oratoire surtout que Rancé semble alors accorder sa confiance. C'est le P. de Mouchy, prêtre de cette congrégation, qu'il' choisit pour directeur \ Certains membres de l'Oratoire, il est vrai, avaient une secrète propension vers le Jansénisme, et le P* de Mouchy né lui' était pas hostile i

* f II. Rahcé Janséniste modéré.

Mais durant les trois dernières années qu'il passe dans le monde [166(^-1668], Rancé ne remet plus au seul Oratorien la direction de sa conscience. Il en confle les perplexités à quatre évêques ^ qui tous devaient jouer un grand rôle dans les querelles du Jansénisme, MM. de Comminges, de Châlons-sur-Marne, d'Alet et de Pamiers ^. Dursmt ces tristes querelles, les deux preiniers

1 Les véritables motifs de la conversion, p. ^5 ; le P. Anselme, HiiU ginéaL, 1 1, p. A74 ; t. iv, p. 08,' -v- Ct A/^'m, 4^ 4f* de Motteville, t ir, p. S70, el Mém, de Mademoiselle, t. m, p, 4SS.

> C*est le 18 Juin 1663 que Rancé enUraau noiidât ide .Pétroite observance de Ctteaux. (MacsoUier, ibid,, 1. 1^ p. 189; Le Nain^ ibid,^ 1 1, p- ^^O ■ A proprement parler U demeura dans le n\pnde jusques au 18 juin 1663, t qu*U le qqiua, en prenant Thabit de l'étroHe ol»erf ance, > (MarsoUiefi 161U, t I, p. 66.)

' HarsoUier, ibid., U i, p. 88 ; IX LeNain^ ibid,j t..i, p. 19.

* MarsolUer, ibid., U i, p."?) et 180 ; Actes,-Utt.^ relat., in-"A", 1 11, n« iii p. 175 du Journal d»; 1665 1 1669.

» MarsoUier, ibid., 1 1, p. 68-94; D. Le Nain, ibid,, U 1, p. J6,

< MM, Gilbert de Ghoiseu), Félix àeVlaW (Nicolas PaYilloa et. François de Gaulée

CHAI», n, SBGT. u, aut. U3 s n. iil

remplirent surtout le râle de oonciliateurs K Les deux derniers, que le grand Amauld entraîna plus tard dans une opiniâtre résistance aux volontés de Rome et de la royauté^ leur étaient alors entièrement soumis*. En cela ils suivaient surtout les conseils de Vincent de Paul, leur ami commun K Les diocèses de ces quatre évèques étaient situés sur les- confins du royaume. Non loin de Paris et à Paris même, où se rendût fréquemment le pénitent perplexe, était situé le double monastère de Port* Royal. A quelque distance de Yerets m trouvait un membre éminent de la famiHe Amauld, Févèque d'Angers, qui avait pour métropolitain Toncle de tlancé, Victor Le Bouthillier, archevêque deTours, et avec qui d'ailleurs le jeune pénitent était personnellement en rapport *• Jamais, au contraire, ce dernier ne. s'y était mis avec les prélats d'Alet et de Pamiers ; mais des liens étroits l'unissaient à

i Coudrette, Btém BUU $^rU Farmutairt, t ij p. ilS, lOft-m et I9i i

CEmvtu iTArnauUlt U i, p. S99; et t. n^ p. i-278 poêtimi La Chassagne, Vk de Pavillon, 1. 11, passim ; Besotgne, Vies des quatre évéq.^ U i, p. 88, 159, «85, 190, etc. I Méwu de Vabbé ÂmmUd^ part, m, p. 99 1 Larrièret Vie d^ Amauld^ t. ^i,' p. 168 ; Beeueil, îji-12, p. 564 ; G«yet, Vie de mcole^ part n, p. 7 ; ( HisU desPtfrséeutt in-V, p. 71, etc.— Dans les négociations, revenue de Ghàlons n!i ^e le rôle secondaire; il se Bodèle la plupart du tenps sur rèrèque de Gonuoinges.

2 La Chasaagoe, Vie de Pavillon, t« n, p. 1; Besoîgne, Vies des quatre évêq., U î, p. 4, 158, etc. ; D. Gerberon, Hist. du Jansén,, 1. 11, ç. 500. Dmis la rtsislafice, Téréqne de Pamiers .n^esl que le sateUite soumii. de Tévéque d'Âlct, à qui appartient le rôle prindpaL (Cf. Viee'des quatre évéq., t i, ^ 80, 158, etc.)

* La CliasaagDe, Vie dé PamUen, t. ir, p.'i^Vks des quatre éviq., L u, p. 123, 156, etc. Caulet, dans sa' jeunesse, avait même déposé joridiqoement devant L«ul»ardèmont contre Saiot-Cyren. (àiénu de Hjoneelot, U I, p. 114 et un, p» 479 ; ilfciiet7, in-12. p. i960

i Vcnr les lettres inédites de Ranoé du 8 qctolwe 4658, do M noYem« brel658,etc

112 ROBERT ARNAULD D'ANDIUY.

ceux de Cbâlons et de GoInmiIlges^ Durant cette période décisive de son existence, les amis et les conseils du prochain réformateur appartenaient donc à la partie la plus modérée du Jansénisme.

Les points sur Jesquels il demanda leur avis étaient au nombre de cinq K — Il jouissait dès son enfance de revenus ecclésiastiques ; son père, durant sa minorité, et luimême depuis avaient méisusé de ces revenus; était-il tenu à restitution*? — Sa maison de Veretz était trop magnifique pour un pénitent; dèvadt^il la conserver? — Il possédait plusieurs bénéfices; cela étaiMl licite? — Psormi ces bénéfices se trouvaient trois abbayes en commende ; valaitil mieux y rétablir la régularité? — Enfin il se sentait invinciblement porté à la solitude; fallàit-il s'y ensevelir? . . * -

L'évêque de Gbâlôns, consulté le premier, se prononça plus particulièrement pour là restitution des revenus illégitimement empit)yés, et'contre la solitude ; renvoyant les autres points à la décision de Tévêque d' Alet'. Celuici, adoptant l'avis de son collègue, y ajouta le conseil de vendre la terre de Veretz, d'en appliquer les premiers deniers à la restitution exigée, et le surplus aux hôpitaux de Paris *. L'évêque de Pamiers, renchérissant sur ces décisions, voulait que Rancé se réduisit à un seul bénéfice, mais lui pemîettait de le posséder en commende ^ Enfin l'évêque de Comminges tolérait la commende, mais

1 Marsollîer, Vie de Bancé, L i, p., 70, 73^ 78, etc. ; D. Le Nain, Vie de Ranci, t i. p.'26-S9. .- . .

» Marsollîer, im', t,'i,.p. ^Mk\ D, Le Naio,ï6iV(.^ U i, p. 26.. » Martollier, ibid.^ t i, j»; 74.

^ /6irf., t, I, p. 79.

»i6irf„p.85. .. •

CMAP. n, SBGT. îif AtiT. 0, ^ IL US

conseillait de préférence la régularité ^ Tous avaient à /envi dépouillé le pénitent ; maia tous unanimement lui avaient interdit la solitude absolue ^. Le P. de Houchy s*était rangé au sentiment de ces'prélats ^. •

Cette quintuple consultation dura jusqu'à la fin d'oc* tobre 1660 *. Le 13 juin 1663, Rancé avait accompli tous les sacrifices qu'elle lui imposait. Dépouillé de ses biens, il enchaînait sa liberté conune novice dans l'étroite ob-

servance de Clteaux ^, pour. ne rentrer à la Trappe, devenue son unique bénéfice^, qu'en qualité d'abbé régulier. La régularité qu'il y rapportait le Ih juillet 166& ^ n'excédait point les bornes des conseils qu'il avait reçus. — Les grandes austérités dé la Trappe, dont la moindre est l'excessive solitude, ne datent que du mois de

mai 1666 ^. Or l'interdiction d'une excessive solitude

était, on vient de le voir, le seul point 9ur lequel ses cinq directeurs se fussent trouvés unanimes.

Après avoir mis trois années [1660-1663] à exécuter si ponctuellement leurs prescriptionsL, même celles où il se rencontrait quelque incertitude, 'comment, au bout de trois autres années [1663-1666], l'obéissant cénobite cesse-t-il soudain de se conformer au seul avis qui ait rallié tous leurs suiTrages? Comment surtout, avant de l'enfreindre, ne cherche-t-il à le faire rétracter que par

^ tfanoUier^ Vie de Raneét p. ^9.

^ IlfiiL, p. 74» 76, 85 et 87.

^ Ibid., p. 7S et iS9.

* D. Le Nain, Vie de Haneé^ L i, p. S7-di. Qanoé était de retour à Veretf le 17 octobre. Cf. M. Gonod, UtL cci, p. 340.

' Voir plus haut, p. iiO, n. S.

* D. Le Nain, Vie de Rancé, U i, p. 38 et 51. ' iWi., p. 58.

lia ROBERT ARNAULD D^ANDlUt.

le moins éminent de ses cinq conseillers, par le seul P. de Mouchy, se contentant de prévenir les évèques lorsqu'il est sorti de la ligne qu'ils lui avaient tracée ^ ?

Durant cette dernière période, les anciens oracles de Rancé étaient devenus peu à peu ceux du Jansénisme. Le principal d'entre eux, celui au sentiment duquel tous lea autres déféraient, Tévêque d*Alet avait perdu en 1660 son illustre et saint ami Vincent de Paul, et depuis la fln de 1663 lé grand Arnauld, dont jadis [1657] il avait repoussé les suggestions, était parvenu à dominer son esprit 2. — On était alors dans tout le feu des querelles du Formulaire. — Le nouveau disfeiple d' Arnauld fut le premier des évolues dont éclata la résistance contre les deux pouvoirs. Buzenval , évêque de Beauvais , suivit SOU exemple, puis Henri Arnauld, évêc^ue d'Angers, frère du docteur. Enfin F évêque de Pamiers compléta cette minorité rebelle de l'épiscopat ' pour laquelle les prélats de Cbâlons et de Comminges avaient précédemment déployé et déployèrent toujours une intervention bienveillante. Les démarches les plus actives de cette intervention sont de 1668*. Le grand éclat des quatre évêques date de 1665 ; et c'est en 1666 que Rancé élève

1 Marsollier, Vie de Rancé, U i, p. 128-183; D. Le Nain« ibUL, t i, p. 47 et 50.

2 La Chanagne, Vie de Pavillon, t u, p. à et 121 ; Goudrette, Mém. Hist. $ur U FormuL, U i, p. 216. — En résistant au gn^nd Arnauld, si Ton en croit la famille de celui-ci, Pavillon faisait acte de conscience plutôt que de gratitude ; oar Tabbé Arnauld (Mim,, part, m, p. 80] prétend que TéTèque d'Alet devait sa prèlalure'à Tinfluence de d'Andilly sur madame d'Aiguillon. — (Cf. Mém, dclMneelot, U ii, p. 289 et 429.)

s Goudrette, Mém, Hist, sur U FormuL, t, i, p. 284; Vie de Pavillon^ t. II, p. 177; Besoîgne, Vies des quatre évêq., passîm ; Œuvres du docU Arnauld; Hist. du FormuL, U xxv, p. 107.

4 Nous ne parlons pas des démarches de 1668 [Vie de Pavillon^ U u, p. 348, etc.). Elles ne sont pas de notre sujet.

CHAI*. 11, sÈCT. n, Aftt. Il, s It. 115

entre lui et ses anciens Conseillera les barrières d'une solitude absolue.

Ce ràpprochetnetlt de dates trouve tlll utile coinrhéntaire dans deux lettres fle ttancé, ddiit voici quelques fragments : « J'allai Voir % Févêque d'Alet, il y â bien a quarante ans; et j'eus la consolation de le trouver tel a qu'on m'atoit dit (lU'il êtolt ; jfe vèUi dire rempli dès « Téritez et des m^tlines de l'Èvâhgile, en rendant à « l'Ëglisë Une sdumissioil parfaite dans les troubles dont « elle étoit ftgltêd. Il ttlé parla des matières du temps « avec beaucoup d'étendue ; il irie îoùà d-avoir embr.àssé «les décisions du Saitit-feiége, et m'exhorta de tout son « possible à tiè rien écouter de contraire. II me mena un ajout' daiià ôon cabinet, où, à^fès m* avoir lii quelques « écrits des t)lus âçâvans qiiî eussent été composez [pdr « leâ iatisètiistes] contre la signature [du Formulaire], il a me dit, en levant les yeux au ciel : Ces ouvrages sont tt beaux et éloquens. Cependant je ne vois rien de solide, « rien qui prouve que l'opinion de ceux qui ne veulent a pas signer soit thitùbte, ni qui détruise te sentiment « de ceux (fui sont persuadez qu'un Chrétien est obligé 0 de suivre tes décrets du Saint-Siège, Il faut demeurer tt fermes, et mourir dans ces sentimens; les raisons con-

« traires rVe valent pas ta peine d'être écoutées ' La

« Teille de mon départ, il fit porter deux sièges à trois 0 cens pas de sa maison, sur le bord d'un torrent, où, tt après un entretien de deux bèures, il me répéta ce

\D. Le ffain, Vie de Haneé, U ii, p. 436. — Cet entretien, on se le rappelle, atait Ijeu en 1660, et en 1667. Lancelot, dans son voyage d^Alet [^ém., t n, p. 40â), prétend que le saint évéqoe^ par esprit de pauvreté, non seulement n'avait pas de biblioth^ue, maïs qu'il manquait même de tv^aiie. (CC iii(L, p. 423.)

116 ROBERT ARNAULD D'AimOLT.

« qu'il m'avoit dit sur cette matière, me conjurant de (( demeurer ferme dans les sentimens où il me laissoit, « nonobstant toutes les conduites qu'on pouvoit prendre, « et les raisons dont on pouvoit sô servir pour m'en faire « changer. Par la grâce de Dieu j'y ai été fidèle, et je « le serai jusqu'au dernier soupir de ma vie ^... Je sçai <(. qu'il changea depuis de sentimeqs ; mais je sçai aussi « de quels artifices on s'est servi pour l'y porter *.... La ce vérité est que je n'ai jamais été plus surpris que quand « j'af sçu qu'il avoit changé d'avis, et qu'il étoit entré « dans le parti de» adversaires de la souscription ; et en <c un mot, j'ai cru qu'il y avoit plus de sûreté de suivre a M. d'Alet, qui n' avoit en ce temps-là consulté que « Dieu seul et écouté sa parole,.,, que d'embrasser ses « pensées lorsqu'il se fut laissé aller aux instances près* (( santés de ceux qui entreprirent de lui faire changer « d'opinion » ^. '

§ III. Rancé janséniste malgré lui.

Aiiïsi se dénouèrent les relations intimes qui s'étaient d'abord établies entre le réformateur de la Triq)pe et le

^ D. Le Nain, Vie de Rancé^ t i, p. 41*

2 IbiiL, t. II, p. 437.

^ Jbid,, 1. 1, p. 40. c ... Suivant en tout les avis de Tévèque d'Alet, qu'il

« respecta toujours comme un saint, jusqu'à ce qu'ayant connu très cer-

« tainement que ce prélat avoit changé de sentiment sur la doctrine de

« l'Eglise, par les menées de M. Arnauld (et de M. Du Vaucel, théologien

« d'Alet qui se retira depuis auprès dudit sieur Arftauld et du P. Quesnd

« dans les Pays-Bas, et qui fût député à Rome par le parti [janséniste]

c pour être son agent, où il avoit pris le nom de Valoni ), qui l'engagea

• malheureusement dans son parti, M. de la Trappe rompit absolument

I avec lui... >» f/6iU, 1. 1, p. 34* Jl faut se rappeler que Dom Le Nain était

frère du savant historien janséniste, Le Nain de Tillemont, pour apprécier

toute l'autorité de son témoignage. — Cf. UtU de ht Nain de TiUem. à

M, de Rancéf p. 105, etc., et Menu de Lancelotf U ii» p. 4Q3.)

CHAP. n, SECT. Il, ART. H, § UI. 117

Jansénisme. Ce dénouement toutefois n'entraîna pas une rupture. Le parti janséniste fit toyt ce qu'il put afin de sauver les apparences, et de paraître aux yeux du public conserver les sympathies de Rancé. Il eût été trop dangereux pour ce parti, dont le mot de raliement était la réforme, de se montrer hostile à la fois pour ceux qu'il accusait de méconnaître la morale évangélique, et pour ceux qui la pratiquaient dans toute sa rigueur. — Le réformateur, de son côté^ eut des ménagements tout particuliers pour les doctrines et pour les hommes qu'avait répudiés sa conscience. La sainteté de. sa vie lui donnait le droit d'être sévère pour tous. Il usa de ce droit si largement que le Jansénisme seul parut avoir des titres à sa charité. **

Que s*a s'agissait des évêques, il écrivait [septembre 1687] : « R. n'a pas tant de* tort que l'on le pour- « roit dire sur la conduite des évêques de France ; car, « en vérité, on fait de la plus saipte marchandise un « étrange trafic ^... » Il est vrai que le Jansénisme ne se faisait pas faute de déclamer* contre les évêques -.

S'agissait-il du simple clergé? « Pour ce qui est d'al-

'M. Gonody iMi, Lxxxi, p. 458. — On sait aussi avec quelle violence Rancé attaqua Fénélon dans la querelle du Quiétisme, et avec quelle adminble homllfté Fénélon loi répondit. — • Je ne puis penser à ce bel ouvrage ■ de M. de Cambrai sans indignation, • écrivait Rancé & Bossuet. — • Si TOUS m*eus8iex fiiit Thonneur de m*écrire ce qui vous avoit scandalisé dans mon livre, disait Fénélon à Rancé, j*aurois tâché ou de lever votre scandale OQ de- me corriger... Je ne puis flnir ceUe lettre sans vous demander le secours de vos prières et celles de votre communauté ; j'en ai besoin. Vous aimez PEglise ; Dieu m^est témoin que je ne veux avoir de vie que pour die... B (M. Gonod^ Lett, ccxvii, de mars 1697, p. 398. — Cf. de Beausset, HUt. de Fénélon, U i, p. 399 et 568.)

^ Mém, de Lancelot, U i, p. 163, 192. '^ Cf. Lettres de /a M, Ange" ii^, U III, p. 446, et plus bas chap, iv, sect» i, art, i, n.

\\S nOBERT ARNAULP P'ANPUXT.

(( 1er servir des curés (copseil que lui donnait v^ crîti- « que), c'est, disait Rancé, une vision toute pure. Où (( trouvera-t-on des*curés en ce temps-ci qui n^éritent « qu'on les serve?... [22 povenibre 1688.]^ » Rancé oublie que l'Oratoire, où il a reçu ^e ^ pieux cpnseijs, institué pour la réforme des curés, avait réussi à se les agréger en partie. Après s'être servi des Oratoriens, ne pourrait-il donc les servir ? — Serait-il ingrat î

Il écrit en parlant des femmes [septembre 1687] ; « Les « hérétiques ne veulent de pénitence que celle que l'qn (( trouve dans le inariage, et en cela ils n'au^oient pas « tant de' tort si c'étoit l'esprit de pénitence qui leur fît «•épouser une femme, ses ipauvaises hun^eurs, les incon- « vénients qui sont attachés à cet état. Selon moi, je p'i- (( magine point de Trappe comparable k celle-là ; et celle <( où nous sommes me.parolt un Ut de roses ^...,. » Derrière le guichet des Carmélites, ce n'était pas sijr un Ut de roses que reposait La Yâ'lUère I

Mais Rancé n'épargne pas plus ses liens présents que ses anciens souvenirs : *« Puisque vous vqulez savoir des « nouvelles de notre affaire [ la réforme complète de « Cîteaux], je vous dirai, écgt-il à l'abbé Favier, son « ancien précepteur devenu son ami [3 octobre 1675], « je vous dirai quelque juste qu'elle fût, qu'elle a été « jugée entièrement contre qous ^ Et pour vous parler

1 M. Gonod, LetU xcT, p. 459.

3 Idan, LetU lxxxi, p. 139.

s L'ordre de Citeaux avait quelque répugnance à multiplier dans son sein le nombre des candidats à Ja béatification, du mojns & en juger par ce passage de Tabbé cl'Olivet, qui dit* en &c plaignant de Yoir le nombre des grands seigneurs se multiplier au sein des académies : « Je me souviens « d'avoir lu que l'ordre de Citeaux assemblé capltulairement fit un statut K par lequel U'fut ordonné quç|, vu le grand noinbre de leurs religieux qui

CHAP. n, SECT. n, AW. fl, § pi. 119

« franchement, ma pensée est que Tordre de Cîteaux est « rejeté de Dieu ; qu'étant arrivé au cqmble de Tiniqui^é, a il n'étoit pas digne du bien que nou3 prétendions y a faire, et que pous-mêmes, qui voulions en procurer a le rétablissement, ne méi'itions pa^ que Dieu prptégeat 0 nos desseins, ni qu'il les fit réussir ^ » .

Ce jugement sévère, sa corppration le méritait en partie K En ét^it-il de même des autres corporations monastiques qu'il att£^ue ? « Je sais par ma propre expérience, « dit-il [13 août 1676], et je l'éprouve tous les jours, jus- « qu'où va l'injustice et la violence de ceux qu'on ap- « pelle Molinistes. 11 n'y a point de calomnies dont ils a n'essayent de ruiner ma réputation; point de bruits inju- « rieux qu'ils ne répandent contre pia personne. Comme a ils ne sauroient attaquer mes mœurs, ils attaquent ma « foi et ma créance^ pt trouvent dans les règles de leur mo- « raie, et dans la fausseté de leurs maximes, qu'il leur est n permis de dire contre moi tous les maux que l'envie et (I la passion leur peut suggérer... Ma conduite n'est pas «conforme à la leur. Mes maximes sont exactes, les a leurs sont relâchées. Les voies dans lesquelles j'essaie

« «TOtent été inscrits au catalogae des saints, ils ne poursuiTroient désor. m mais la canonisafion d*aacifn ; et cela de peur que ia trop grande quantité «D^en fit baisser le pcix ; Ne multitudine êancti vilçêccrent in ordine,

• (Voy. Tépltre dédicat. du P. Thomas Leblanc, en tète de la vie du P. Vin- « cent Caralfe.) Précaution sage et nécessaire sans doute dans les temps

• béfolqtws de ce finnenx oidre, lesquels, je TaToue, me sont encore moins « connus que ceux de la Grèce. Quoi qu^il en soit, je ne serois pas fâclié « que les académies fissent un statut dans ce goût-là, d*autant plus qu^elles « n*ont pas rinfi^inibillté de TEglise, A force de multiplier nos héros, les « véritables j perdront, les faux n*y gagneront pas, et le monde se fera « tellement à nos apothéoses qu'elles ne signifieront plus rien. » (Ikcueil ^(fptufuUâ litt,, p. ihi.)

^ M« Gonod, Lett, xxxtii, p. 56.

3 Marsollier, Vie <U Ranci, 1 1^ p. 103.

120 ROBERT ARNAtLD D*ANDIUY.

« de marcher sont étroites, celles qu'ils suivent sont larges n et spacieuses. Voilà mon crime. Cela suffit ; il faut « m'opprimer et me détruire '. » Rancé termine son parallèle par cette citation du livre de la« Sagesse : Opprimons le jmte dans sa pauvreté. Sa vue nous est insupportable, car dans sa vie il nous est dissemblable ^. A ce passage de l'Ancien Testament Rancé aurait pu en joindre un du Nouveau : Mon Dieu, je vous rends grâces de ne pas ressembler au reste des hommes. Ils vivent de rapines, d'injustices, d'adultùrei^ comme ce publicain. Moi je jeûne deux fois pour le sabbat^ ! Mais si l'humilité du Trappiste se montrait trop spontanément pharisaîque, sa charité ne se trouvait en défaut que parcequ'on l'y avait mise. — On lui faisait croire que la plupart des attaques dont il était l'objet venaient des Jésuites. — Ainsi, rien n'était plus propre à le blesser que de voir attribuer son changement de vie à l'ambition ou à l'amour brusquement trompé; et le grand Arnauld disait de l'œuvre anonyme où pour la.première fois cette assertion s'était produite : « On a imprimé en Hollande un libelle très « injurieux contre la personne et contre lelivrede M. l'abbé « de la Trappe. Il y est parlé tant de fois et si hors de « propos du P. Boubours [Jésuite] et de ses divers ouvra- « ges, qu'on ne peut s'empêcher de croire qu'il en est « l'auteur *. » Or l'auteur était un protestant, Larroque, fils d*un pasteur de ce nom, et depuis employé dans les bureaux des affaires étrangères sous l'administration du mai^quis de Torcy, élève et gendre du marquis de Pom-

1 M. Gonod, Lett. cctii, p. 355.

s Sagesse, chap. u, v. 10.

s 5. Luct chap. xviii, t. il et iS.

4 Œuvres itÀmauld, t ii, p. 554» lellre dxxtui, du Ih août 1685.

CHAP. U, 8EGT. U, ART. 11^ $10. 121

ponne '. Si les Jésuites avaient employé Larroque, on les eût accusés d'avoir dirigé sa plume. Les Jansénistes faisaient mieux : ils employaient Larroque et attribuaient aux Jésuites les productions de sa plume ^.

Hais si l'on peut accuser le ^and Amauld d'avoir concouru'à répandre sur ceux-ci une opinion qui excitait contre eux les ressentiments' de Rancé, il faut reconnaître que le célèbre docteur n'en agit pas de même à l'égard des Bénédictins, chez qui le Jansénisme comptait plus d'un adepte^. Le censeur des évèques, des curés, du mariage, des Cisterciens et des Jésuites eut, on le. sait, un démêlé fort vif avec Mabillon sur les études monastiques, et à ce sujet Amauld écrivait * : « La manière dont

1 Cf. Bayle, NouveL de la Bip» des Uttreq, 1 685, p. 665 ; le Journ, de Verémn^ 1706, p. 9, et lettres de Tabbé d'OliTet du 6 juillet 1736 dans le recueil mtitolé OpHÈCulet Uttéraireê, etc., p. 199. Il est vrai que Pabbé d*01ivet attribue remploi qtt*obtint Larroque à rinterreution de Tabbesse de Foote- ▼rauld en sa faveur (p. 202). Mais il oublie de dire quelle intervention valut à cdui-ci les faveurs de Torcy dont parle le Journal de Verdun en 1708, p. 9.

2 11 y eut quelqtt*un qui* fit mieux .encore que les Jansénistes ; ce fut Tabbè Des Fontaines. l\ imprima sous son nom un ouvrage de Larroque, cl prétendit que^xtui-d écrivait très mal. D*01ivet réclama contre ce jugement* {Becueil ttopuMC, Utt., p. 206.) Nous nous rangeons à Topinion du spîrilnei académicien^ et nous espérons même y conquérir celui d*entre ses illustres successeurs qui a mb dans la bouche de Rny Gomes ce hfi\ hémistiche :

Le cœur n*a point de rides!

quoique Larroque semble le contredire dans le passage suivant : « Le cœur V t ges rides aussi bien que le front. Quand une fois elles sont tracées» c*en « est fait; il n*y a plus de remède. C'est le caractère du vieil homme : 11 est • ineffaçable. » (Let Vérit, motif» de la eonv, de M, l'abbé de la Trappe^

S Dom d*Acheri, dom Gerberon, D. Thierry de Viaixnes» D. Bourgoing, D. AnbiOyD. Darîet, D. Clemencet» D. Martin, D. Massuet, Dom Choial, etc., k différentes époques.

i Cf. Recueil de pièce» concernant M, Amauld, p. 135 ; (Muvres pos^ ikume» de D, Mabillon, L i» p. 865, etc.

(( M. de la Trappe parle des Congrégations çle Saint- « Vanne et de Saint-Maur va beaucoup à les décrier. Or « quand une Congrégation de religieux est bonne en soi, c( et que ceux qui s'y retirent sont en état de se sauver, « quoi qu'il y ait quelque chose à désirer afin qu'ils fus- « sent dans une plus grande perfection, et qu'on y puisse « même remarquer des défauts assez considérables, on « ne doit pas les décrier par des livres publics, ni dé- « tourner par là ceux qui, n'étant pas capables d'une vijB « aussi austère que celle de la Trappe, auroierit la pensée « de se retirer dans des réformes moins parfaites. Il n'y « a presque rien dans ce monde qui ne soit mêlé de bien « et de mal, de vertu et de. défaut, d'avantages et d'in- «convéniens. Il me semble donc que pour en porter un « jugement absolu, il faut avoir égard à ce qui y pré- « vaut du bien et dii mal; et que de plus, pour en parce 1er dans un livre public, il faut considérer s^il est plus « avantageux à l'Église qu'une telle personne, ou un tel

« institut soit exposé aux mépris des hommes C'est

« par là que de grands l)ommea Nicolas Pavillon,

« évêque d'Alet, François de Caulet, évêquede Pamiers, ss ont jugé qu'oïl de voit |faire connoître les Jésuites pour (( tels qu'ils sont, à cause du mal que cette Société fait « présentement à l'Eglise. Mais apparemment ils n'au- (( roient pas cru qu'on dût parler désavantageusement (( dans un livre public d'un ordre tel qu'est la Congrég$k- « gation de Saint-Maur ^ » Pour bien comprendre la secrète amertume de ce ps^ssage, il faut se rappeler que les évêques d'Alet et de Pamiers avaient été jadis les conseillers de Rancé ; et pour se faire une juste idée de Tim-

1 Œuvres <CÀrnç.uld, t. ii, p. 275, lettre ccccmi, de juin 4983.

partialité qu'y déplpie le grand Amauld, il faut savoir qu'après qu il eut écrit ces lignes [1692], up Bénédictip, membre de cette fapdille Sainte-Marthe, dans laquelle le Jansénisme coippte d^ ai illustres p^rtisan§, publia contre l'abbé de Rancé, sians enpourir le blâme du docteur, un f^ctuin bien autrement ii\juri6ux que celui dont la charité de ce dernier avait fait lea lioqueurs au P. pouhours ^

L'indulgepce d'^rP^uld pour ceiuc qui étaient favorables à Port-Iloy$tl ae convertissait eu sollicitude pqur ceux qui s'y étaient afiilié?. M^iQ d^us ce dernier cas, nous l!avou8 dit, ftaucé, devenu moiqs rigide, rendait par ses tempérament^ cett^ SQUiçitud^ ^urabQpd^Qte. 4msi par deux fois \] s^rrjva qu'une dissidenoe s'établit entre Tabbé de la Trappe et des amis ^^lé^ du grand Amauld. ta première, cela provint 4e ce que le réformateur, supposant à ses religi^u^ des fautes poiur e^erc^r leur humilité, employait à leur égf^rc} ce qu'il uomjuait des fictions, ce que de moins parfaits eussent appelé des mensonges. Leroi, abbé de Hautefoutaine, en C|)ampagqe« qui, bien que Janséniste, ét^it î^u nombre de ces derniers, quoiqu'il eût aspiré à être du nombre des premiers 2, écrivit

1 Le factum d^aUlepff font spirituel de Depis 4e Saintf-Maithe {Quatre Uitre9 àhL de l{ancé) élait ^i yiplent, que les BénédicUqs eux-mâmes furent obligés de'd^oser son aotetir d'un prieuré qu'ils lui avaient conféré dans la Touraine. — Voir VÀpohyie de Vakké de f^nci, par Tliiers, etc.

s L'abbé de dantefontainfl, qui avait été le collègue de Rancé, comme chanoine de Notre-Dame de Paris (Racine, HieU ecclés., t. xii, p. 417, etc.; D- Le Nain, Vie de Ranci, 1. 1, p. 103), et qui, nous le verrons plus tard, avait quitté Port-Royal pour s'adjoindre & Rancé daps sa soHtude de Veretz; depuis la retraite absolue [1669], et après la plus austère réforme de celuiHs, ajait voulu affilier son abbaye à celle deja Trappe, où se trouvait rancien prieur de celle de Hautefoûtaine, D. Rigobert. Leroi, dans ce but, s'était démis de son abbaye en faveur de 0. Rîgo|)ert. Mais Rancé, détrompé alors du Jaittéoioney s'était rfifuç^ \ W^ !^ justauc^ de Leroi. (D. Le

12& ROBERT ARNAULD D*ANDILLT.

un mémoire afin de restituer aux fictions de la Trappe leur véritable titre, et le fit parvenir à Rancé [1672] '. Celui-ci, comme on le voit, n'était pas l'agresseur. 11 se défendit. Sa défense, qui d'abord demeura secrète, comme l'avait été l'attaque *, est conçue dans des termes qu'il faut comparer à nos citations précédentes pour en comprendre toute la modération '.

Et cependant le grand Aiiiauld apporta tous ses soins à étouffer cette querelle naissante. Il se rendit avec Nicole à la Trappe, et à peine de retour il écrivit à l'abbé Leroi [30 septembre 1673] : « Je ne revins qu'hier au « soir de-la Trappe, et j'y avois pris la résolution de vous (( écrire sur les merveilles de cette sainte maison, que je « n' avois connue jusqu'ici que sur le. récit des. autres. •. . « Je devois aussi vous assurer que le saint homme dont « il a plu -à Dieu de se servir pour renouveller en notre « tems la première ferveur des religieux de Saint-Ber- « nard, continue toujours d'avoir pour vous une très « grande estime et une affection très sincère. Il est per- « suadé que la charité que Dieu vous a donnée pour lui « n'a point été altérée par le petit différend qui semble « avoir été entre vous. Ce différend, au reste, toutes « choses considérées, se réduit presqu'à rien,, puisque « de sa part il déclare qli'il ne prétend point autoriser a les fictions proprement dites," et que de la vôtre vous « protestez ne vouloir combattre- en aucune sorte les

Nain, Vie de Rancé, t i^ p. 95, i03. C'est trois ans après ce refus que Lcroi critiqua la conduite de Rancé.

* fiarrière, Vie iVArnauld, t. ii, p, 5*6.

2 Œuvrez d*Amauld, t. ii, p. 1, lettre ccxcvi du 2î mai 1677 ; Larrière, Vie d^Arnauld,\, ir, p. 56.

s Lettre $ur le sujet des humiiiaiioni, etc.

CHAP. n^ SBGT. n, AET. D^ $ O^ 125

c( humiliations dont on se sert avec tant de .fruit. ... ' » Depuis quatre ans [167S-1677] cette lettre avait assoupi la querelle, lorsqu'un libraire cupide parvint à se procurer une copie de la défense de Rancé, et la vendit au public '. L'auteur, trahi, n'était pour rien dans cette seconde agression. On pouvait l'accuser tout au plus d'avoir communiqué trop complaisanunent ses manuscrits. — Le solitaire Hamon, médecin de Port-Royal, se rend à la Trappe, sous prétexte d'y soigner Rancé ^, et le grand Amauld reprend avec Leroi sa correspondance : a J'ai eu bien de la peine de ce qu'on a imprimé la « lettre de M. de la Trappe sur votre dissertation...., et 0 je ne suis pas le seul. Tous nos amis sont sur cela dans Q le même sentiment que moi. Je pense que vous savez « que cela est arrivé par l'avarice d'un libraire, qui l'a « imprimée sans en parler à personne, sur une copie a pleine de fautes qui lui étoit tombée entre les mains, tt Vous me direz que si on n'en avoit pas donné de copie, « il n'auroit pas eu celle-là. Cela est vrai ; et on ne peut « nier qu'il n'y ait eu de la faute de celui [Rancé] à qui « vous aviez écrit. Hais enfin, la chose étant faite, et

« étant certain que les ennemis de là vérité tireraient un 0 grand avantage de la contestation qui serait entre vous, « je crois que vous ne sauriez rien faire de plus agréa- « ble à Dieu, dans cette rencontre, que de montrer par 0 votre exemple, plus efficacement que vous ne feriez tt par des paroles, que bien loin d'être ennemi des mor- « tifications. Dieu vous iait la grâce 4'en souffrir d'assez

1 CEuvres érAmauld, 1 1, p. 715, lettre cdizii* 3 /M., L a, p. I, lettre ccxcn* > JHd,, t. u, p. 3, même lettre.

196 ftoitËKt AllftAUib b*Af}lXt:LT.

(( rudes satis tôuâ plaiflâfe.^ < » Eti elftti c6lte-cl n'ëttdt pas uiie flctibii, et Leroi ti'ëta eût ({ilë plUs de mérite à l'accepter.

ArtiAuldf dé doii cOië^ avait eu t|Uëlt}Ué ttieritë à la cOnseUler i car cittq afas a|Jrè3 [1677-1082] il écrirait encore \ « Pour Voué parler dftuà Itt sincérité chrétienne, d eomitie U peut y àyoir queléfué chose de répWhensible « dans Iti conduite des SttiIit^is^ il y à Une chose qui m'a « fait de la peitië datis lu Conduite de de saint abbé. « C'est le dilRrfeîid qu'il â eu avec Mi l'abbé Leroy, tou- « chant les manières môHiflftUteS dont les supérieurs des « pionastères peuvent et doivent User enVers leurà infè- « rieurs. Car il est certain que M. l'abbé Leroy n'avoît « point condamné généralement dans sa lettre ces sortes (( de mortiflcâtionêi conime M. l'abbé de \& Trappe le « lui attribue dans sa réponse; mais Seutement celles où (c il y a de la fiction et t/uehftte mtle de menêonffe ; ce « que M. de . Ist Trappe témoigne aussi ne pas ap- « prouver •. »

La seconde circonstânee dàiiS laquelle Rancé crut devoir se séparet d'un aihï de Port-fioyal se rattache encore à la direction de son monastère* Dans les instructions qu'il faisait à Ses inoines, il 6e posait cette question : è( La pauvreté et les nécessités pressantes des « pères et des tières ne sont-elles pas des motifs suffi- « sans pour obliger les religieux à quitter leur solitude

1 CBuifteâ it Arnaud, t it, p* 1» tourne lettre.

2 /6iU, U II, p. 122, lettre ccclvii, du 9 janTîer i68S. • L'abbé de Ranoé « ne prélendoit pas autoriser les actions proprement dites, * (Larrière, Vie d^Amauld, t ii, p. 56.} — En condamnant Rancé, les Jansénistes ne ae rappelaient pas sans dodtè « ^uè rhtdnitlté de Af. de l^int-Cyran alloit « encore plus ajant; car souYent il s*imputôît des fautes dOnt il n*étoit « nullement coupable. » {Menu de Laneelof, f. ii, p. 245.)

CHAI*, tt, SECT. û, ÀRt. H, § m. iH

0 afitt de les secourir ^ ? » îl répondait négativement et de là manière la plus absolue. Un prêtre janséniste nommé Florlot, choisi jadis comme Préfet pour diriger les écoles de Port-Royal *, avait, fait en même temps le catéchisme aux familiers de cette abbaye ', d'où la persécution Favalt depuis écarté *. Florîot venait d'imprimer sous le titre dé Morale du Pater quelques-unes des instructions qa*il avait données à ses anciens auditeurs [1672] ^, au moment même où Nicole et Amauld se rendaient à la Trappe [167S] pour y assoupir une première mésintelligence. Or, dans la Morale du Pater, Florîot soutenait précisément le (contraire de ce que Rancé enseignait à ses religieux touchant les devoirs de la piété filiale. Nouveau grief sur lequel les deux» visiteurs ne crurent point dans leur conscience devoir faire droit à leur hôte ®. Après leur retour, celui-ci écrivit à Nicole, qui communiqua sa lettre à l'auteur dont il se plaignait \ Floriot répliqua, et une polémique s'ensuivit, polémique anodine, et qu'on tint enfouie toutefois jusqu'en 1741 ^.- En 168â cependant, Rancé avait rendu publique, dans son livre surVû Sainteté de la vie monastique ^ l'opinion con-

^ De la sainleté et deê devoirs de Ul vie monaitipte, t iif p. 69, et EcUtircistemens, p. 195.

3 Radne, BUU eeeUe.^ L m, p. 858 ; Cenreaa, liécroli, t tn, (>• 288 ; Mim, de LemeehU t. n, p.* i29, ete. | Floriot, Mortik chrétienne, L vi, âofCi p. 6.

* Besoigne, HUt. de P. R., L ir, p. 800; Floriot, ibid, — Cf. T^ftrei de <« M, Angélique, 1. 1, p. 458.

« Beaoigiie, ibid., L u, p. 9 ; Floriot, ibid,

8 Cenreaa, NécroL^ L iv, p. 380 î Bcwignc, HisU de P. A, t. iv, p. 600.

^ Besoigne, ibid. ; Floriot, ibid.

^ Floriot, Morale chrétienne, U n, recueil de lettres, p. !• .

^ Floriot, MoraU chrétiennes p^ nr-xxm»

128 ROfiERT AftNAULD D'aNDIUY.

traire à celle de Nicole, de Floriot et dû grand Arnauld. Aucun de ceux-ci ne 1* avait combattu; ils avsdent laissé ce soin à l'auteur anonyme, qu' Arnauld insinuait charitablement devoir être un Jésuite, et qui fut plus tard pensionné de sa famille ^

Cette condescendance du grand Arnauld n'était pas seulement le prix de la modération de Rancé envers les partisans de Port-Royal; c'était aussi l'appât destiné à l'attirer de plus en pluâ vers Port-Royal même ; et à tout événement c'était la fiction ménagée pour faire croire à sa conquête. Mais cette fois les Jansénistes durent se contenter de la fiction. Rancé eut à l'égard de Port- Royal les ménagements! qu'il avait pour les affiliés de cette maison; rien de plus. Seulement à toutes les avances de ses alliés fictifs le saint abbé répond avec un embarras qur décèle sa contrainte, et tombé dans des contradictions qui décèlent plus que de l'embarras.

H^las ! comme le disait Arnauld ^, la conduite des saints

n'est pas toujours irréjM'éhensible ; et nous craignons bien que Rancé n'ait introduit dans ses relations avec Arnauld lui-même les systèmes qu'il avait défendus contre les amis de ce docteur. — Tous les chrétiens ont besoin de mortification. — Un allié est moins qu'un père. — Arnauld était prévenu. Il pouvait s'attendre à être humilié et abandonné.

Ce côté si curieux de la vie d'un des membres de la famille Arnauld appartient trop à notre sujet général pour que nous ne prolongions point ici de quelques détails l'étude particulière que nous avons entreprise sur

1 Larroque, Vérit, motifs de la eonv., p. 104. > Voir plus haut p. i26.

CHAP. JI, SECT. Il, ABT. II, § IV. 129

les relations connues de Rancé avec le Jansénisme. Ce sera en apparence une parenthèse mise à la biographie de d'Andilly en faveur de son frère. Ce sera en réalité une suite de ce que notus venons de dire sur le réformateur de la Trappe/et une introduction pour ce qui nous reste à dire sur le dictatéifr "passager de Pôrt-Royal. .

g IV. Rancé en préseno(;*du grand* Amduld.

C'était, on se le rappelle, en 1666 qUe Rancé, itu glus fort des , querelles du Fonnulâipe, avait déhissé les' conseils de ses anciens'amis devenus les partisans trop exclusifs de Port-Royal. Il les avait délaissés au imment' où ceux dont il les avait reçusr refusaient d'obéir'à une bulle du pape^' qui, en leur deoiaiidant de signer ce Formulaire, selon eux inacceptable, blessait leur conscience. Choise singulière J En 16679JKancé lui*mèmev au sein d'une assemblée fénérale.de Tocdre de CiteaUx avait publiquement protesté contre une bulle ij}Â coçtrariait sa réforme ^. .Sa protestation était j)éndante, lorsqu'on 1668 la duchesse de LongueviUe, qui. mettait sru service de lâFronde religieuse l'activité que lui avait laissée la Fronde politique, parvint à ménager aux Jansénistes leur paix avec toutes- les puissances. *

1 La bnitedonnée par Alexandre Ville 16 octobre 1956. (D. Gerbcren, UitU du Jansétu^ t. i,^P| 316 ; Mém, HisU êur le Formutt t. i, p. 173^ etc.

^ ifanollien Vi^ de Rancé, t r, p. 284; D. Le Nain, ibid., t. r, p. 93 ; iMtrede Levain de "T^Hem,^ p. 71.' ^

'Quâoel, Hiêt.'du Fcurmûl, et de lia vaix de Clément IX; Qucsnel, la pmx de Clément IX; D* Gerberoii, Histoire abrégée de la paix, dans son //uf. dujansén., L hi, p. 317 ; Varet, Relaiion de ce qui s^eêt passé dans eafait^ de U paiif de l'Elise (Queud; <|litear ) ;'Guilbert, iiém, chroh. << Aûf«, L'ii, pe 23 ; Mém, de Fontainct U ih P« 225-; Mém. de Lancelot, 1.1, p. 271.

130 ROBERT AflNAULD B'ANIULLY.

U était naturel' qu*Arnauld, alors victorieux après une lutte, eut toutes les sympathies' de Rapcé, pour qui ce triomphe était un heureux pronostic : a J'ai toujours a témoigné aux amis de Sf. Amauld. écrh Ranoé,- aussi (t bien qu'à lui-'même, qjiand j'en ai jeu l'occasion, parti- <( culièrement lorsqu'on fit lapaix dei'Éfftise,qixe}'aYois c( beaucoup d'estime ponr son mérite ^ » Aussi, écrivant sous l'influence de XfiXie paix k l'abbé de Hautefontaine, Rancé ^proclamait Amauld le premier homme du^ siècle ^, 0t 11 disait à ce dernier : « )1 est impos- (i sible d'ahûer Jésus-Christ' * et^ son Eglise ^ans être H comblé de joie et dé consolation 'toutes les fois que « r on pense k ce que-Dieu fait aujourd'hui par voua pour « la gloire de* son «nom,* la défense de sa foi,' et la conm fusion de ses 'ennemis; etrje puis, vous assurer, Hon- (( sieur, que-personne ne â&uroit voir d'une manière plus « sensible que moi, quel succès et quelle bénédiction il i< donne aux travaux continuels auxquels vous vous « trouvez engagé par Tordre de sa Providence, Je le « prie de toute Tétendue de moiï cœur, qif après avoir (( éclairé et* sanctifié son Eglise par votre piété et votre « doctrine, et avoir emploie selon ses desseini^, comme «un fidèle serviteur, tant de dons et de talens de iiature (( et de grâce dont il vous a favorisé préférablement aux « autres hommes, il récompense* dans l'éternité un mice nîstère si saint et une dispensation si heureuse [1672].» ^ En se remettant à Dieu de cette récompense pour l'éternité, Rancé d'ailleurs prétendait bien se réserver la

1 Lettre de U Nain de VUUm., p. M.

} Lariiève, Vie tfàrnauid, Ulh P* ^5; Lettre iU U Nmm éeHUem.^ p. i tO. , '

■^ Lettre de Le Nain de THIhn,, p. 'i06.

CHAP. }I^ SECT. H, hn. Uf S IV. ISl

liberté 4e n'y pas pontribuer ea ce monde ; car deux ans après [4074], et lorsque la paix de TEglise durait encore, il écrit au célèbre chef de^Ia propagande janséniste : tt J'ai un extrême déplaisir^ Monsieur, de ce que nous «ne pouvons reicevoir le jeune btunnie qyevous nous a aveu adrosfiié. Vais le dortoir de* nos oorivera eattene- (( ment rempli, que quand les deux religieux que nousy « attendons y auront pris leilrs places, îL b'en reste au- 0 cune, et nous sQmmes obligés d'en fermer lea portes.!. « Je vous auplie de croire que' j'aurai toujours tou|e 1k « considéra^tion possiUe pouf les «bqses et* les personnes tt qui me .viendront de votre part ^ .%» sauf à leur fermer ses porte?, bien entendu; car ^ancé voulait piouvoir écrire en toute sûreté de conscience à rarcbevèquê de Paris, Ifc de Harlai, qu'Amauld considérait comme son plus implacable ean^i api*ës les -Jésuites : u Monsei- Q gneur, ailn de vous déclarer mes sentimens et me faire « connoltre à vous tel que je suis, je vous diraf, comme « si j'étois devant Dieu, «qife j'ai considéré comme un « bonheur attaché à ma profession, de n^êtr3 point obligé « d'entrer .dans toutes les contestations qui depuis ces « damiers tems se sont élevées dans T Eglise. J'ai em- « brassé \e^ décisions du Saint-Siège et celles des évê- « ques de France, comme les règles de ma croyance et « de ma çpodmter J'ai condamné tout ce que l'Eglise a u condamné dans son sens et dans son esprit, sans équi- « vocpie. /f n'ai soM^ert que nul de nos religieux ayertt » lu aucun liirç gui ailjraité de ces^natiêres contestées, « et je leur ai- toujours appris que. le seul parti qui leur « convenoit étoit celui de lasoumission et de la docilité ^ . »

> Latrtdê fjt NtCm de ïlUm., p. i4)7.

^ n. Le NaiD, Vie de Rancét X. ii, p. W*

Ici, à en croire les Jansénistes, le saint abbé devait se permettre une légère fiction : « Témoin, disent-ils, trois (( des plus savans religieux qu'il ait jamais reçus en sa « maison : M. Cordon, docteur de Sorbonne et vicaire de (( Saint-Merry à Paris, sous le fameux M. du Hamel « [Saint-Merry était la paroisse de la famille Amauld]; « M. Hardie supérieur du séminaire et théologal de «Féglise d'Alet, sous M. 'Pavillon; et Doiii .Augustin, (( religieux céléstin d'un mérite distingué. Ces trois per- M sonnes déclarèrent en 'arrivant à la* Trappe qu'ils vert noient embrasseç 1^ Vie pénitente qu'il y avoit établie, « mais que c*étoit à condition qu'on ne leur parleroit (( jamais de signature. Cette déclaration a' empêcha pas (( M. l'abbé de les recevoir à bcas ouverts, et de leur « faire faire profession; et, ce qui est en quelque façon « plus considérable, de les combler d'éloges après leur « "mort, comme on peut le voir dans les relations qu'il a « publiées de la mort de ses religieux ^ , parmi lesquels ces M trois [personnages] tiennent "des premiers rangs 2. ...» — (( On est'biqn assuré, dit le grand Amauld, que les prince cipaux de son monastère, quelque vénération qu'ils a eussent pour sa personne, n'auroient point trouvé bon tt [s'il les eût consultés] qu'il eût parlé en leur" nom en « la manière qu'il fait, il est .certain 'aussi qu'il a reçu « beaucoup de religieux tant de ceux qui .vivent- encore

1 Relation de la vie et de la mfivt de quelques religieux, etc.

' iMtre de Le Nain de Tilletn,, p. 69..—' Cf. l^ lettres de Rancé au sujet de l'admission de Hardi, dans D. Le Nain, Vie de Bancé, L i, p. 107, et M. Gonod, LcHi\ cciii et cciv,du 5 a^ril 1670-etdu 28 juillet 16-72» p. 943 et 3^5. On y ^crra que M Hardi conserrait des opinions jansénistes, comme l'aflii-mc railleur que. nous vouons de citer, du moins il Vêtait soustrait à l'influence et à la direction de Tévèque d'Aiel. —.Cf. Méjn, de Lancefot, U II, p. 440.

CHAP. n, SECT. U5 ART. Il, § IV. 133

« que dé ceuï qui sont morts... et dont il a fait lui-même (I reloge, qui ne se jseroient jamais engagés dans sa niain son s*il avoit exigé d'eux qu'ils fussent dans la dispo- « sition de signer le Formulaire au cas qu'on le leur « présentât ^ .. »

Mais si Rancé avait parfois laissé forcer secrètement aux Jansénistes le guichet de son monastère, en public du moins il dressait soigneusement autoCir de sa personne le cordon sanitaire qui devait leur en mesurer r.accès. « Ceux « qui vous ont dit, proteste-t-il à l'abbé Favier, que jen'a- « vois vu que dès Jansénistes à Paris, ne voqs ont- pas dit* « vrai. Je n'y ai fait aucune visite ; et quoique j'aie fait ce «que j'ai pu pour éviter que l'on ne m'en rendit, j'y" ai « été vu de toutes sortes de personnes; et même de celles « qui tiennent les premiers rangs dans le royaume, Mader « moiselle. Madame de Guise, Madame de Longueville, et « quantité d'autres, M. le cardinal de Retz, de Bouillon, « M. le premier président, et un grand nombre de gehs fl très qualifiés... Véritablement la foule fut si grande è, « rinstitution [des Pères de l'Oratoire] où fé lois logé, a que cela me concilia Fenvie. Je m'en aperçus, mîiis il «ne dépcndoitpas de moi- de l'empêcher, quoique je «fisse toute chose pour*âter les occasions. [3 octo- «brel676.]2)>

En agissant ainsi Rancé avait acquis le certitude de ne pas mécontenter ses alliés impassibles de Port-Royal, car l'amiéeonême où il avait écrit la* lettre précédente, il écrivait encore ces lignes vraiment curieuses : « Il y a a cela de bon avec les Jansénistes, que quand on ne dit « pas de mal d'eux, ils disent du bien de vous. Mais

1 Œuvres tVAmauld, t. ii, p. 133, lettre ccclvii, du 9'janvier'i682. 3 M. GoDod, Lettre xxsvii, du 3 octobre i675, p. 56.

13& ROBERT AHNAtLD tt'ÀNblLLY.

« pour ces autres [les Molinistes] , à mollis que Ton tféa pouse leurs passions et que .l'on n'entre en tout dans « leurs excès et dans leuria eniportemeuSi ib vous conit( sidèrent comme leur ennemi, et n'oublient rien dfe ce « qu'ils croient capable de vous nuire. Jt vous ai'oûe il\ie n rien ne m'a tant ^loi^né d'eux et de le\& conduite qiie « ce mauvais procédé ^. ))

Nous avons déjà' vu un exempte de te mauvais prt>iôédé, et nous savons quel en étai| l'auteur ^^ (Hais Rancé était d'autant plus excusablede méconnaître celui-ci que, d*après les Jansénistes même, te réformateur n'était point doué en général du don dé discernement ^, et qu'en ce cas partÎQulierte grand Amaùld l'avait aidé à se méprendre*. Heureuse méprise! qui en 1676 valait à Port-Royal les lignes suivantes ? « Je ne nie point que -dans le nombre « presque infini de crimes et dé maux dont je me sens « redevable [comptable] *. la justice divine, celui d'avoir «'imputé aux personnes qu'on appelle Jansénistes des « opinions et des erreurs dont j'ai reconnu dans la « suite qu'ils n'étoient pas coupables,* n'y puisse être (( compris. Etant dans, te monde, aVàut que je pensasse « sérieusement 4 mon salut, je me suis expliqué contre « eux en toute rencontre, et me suis donné sur cela une X( entière liberté ; croyant que je le pouvois feire sur la c( relation de gens qui avoient de la piété et de la doc- « trine. Cependant je me suis mécompte» et ce ne sera

« point une excuse pour moi au jugenàent de Dieu, d'à-

« LcUre à la M. Agnès CaméKlc, en 1675» à la mite de la Leétrede Le Nain de TiUem,, p. iiu . «

^ Voir pïus haut, p; lîO.

3 n Cet abbé nravoit pas en un degc^ éminent le don du discernemeut « des C5|)rit8k B (Liifre de Le Nûin de TiUem,^ p.'î8).

^ Voir plus haut, p, 120.

CHA^ Uf SkCT. 0> AU. n, s IV. 135

« voir cru et d'avoir pdrlé sur le rapport et sur la foi « des autres. Ceià M'a ftdt prendre deux résolutions que tt J'espère de garder inviolablehtent avec lagrftce de Dieu. « L'une est de ne croire Jalhais le mal dé personile, quelle Il que soit la piété de ceux qui le diront, à moins qu'ils K ne me le fassent voir avec évidence, [sans doute avec 0 cette évidence qui permettait de confondre le Jésuite « Boobours avec Larroqœ te protestant] ; l'autre edt de «n'en dire jamais, à moins qu'avec l'évidence je; n'y «sois engagé par une nécessité indispensable.... Pour « parler ftanchemebt, je ne suis rien moins que Moliniste « [y a-t-il à le pfodamer népessité indispensable*' 7 nous «le verroils par la sufte], quoique je«sdis parfaitement «soumis à toutes les puissances ecclésiastiques. Je ne V pense p5iât comme eux pout ce qui regarde la grâce a de Jéstts-Chridt, la prédestination de ses saints, et la iB morale de son Evangile^ et je suis persuadé ^ue tes « Jansénistes* niant point de ihaumise doctrine^ d Nous

avons besoin de prévenir que c'est à la suite é^ cette citation que Bancé ajoute : cf J'ai- vu depms quls j'ai quitté ft le mteide, les différons partis qui ont agité l'Eglise.

1 Lf JnnéBisle lâtenont écrivaU à Ruicè ea piriant des iaméaiAes : I Pouniuoi TOUS décli^rer cobire des personnes que le monde n*aime pas et

■ ajouter de nouvelles douleurs à leurs playes ? • ( Leit, de Le Nain de raem., p. è«. ) La Inflexion n*en eût pas été moins juste pour s*toppliqncr aux Jésuites.

' Lett, de Le Ifain de TÎUem.^ p. ii8. — US, Gonod, lelt. ccvii, à M.' le duc de Brancas, le 18^oftti676, p^ 859. — t Je eit>lsla ibi des Jan-

■ sèmstas très sàlne et tirés oatàolif «et et quoique je n'eitre point m tout

■ (bas leurs «eatimeiis et. dans 4eurs raisons^ il ne s^ensuit pas pour cela

■ que je les juge> ni que je les çotidamn'e. Ils n*entendr«nt jamais dire qu'il « ûh IdHi rien de ttà Moche^^m' reT^arde leur pertonnc en pariieuUer, • qui Jie soit plein de toute restime et de toute la coQsidération qu'ils |»eu-

■ Tent désirer que j'aie pour eux.i ^ Lettre à madame de Saint-Loup, en 1677, i la suite de la teff, dt te Snin ée TiÛem,, pv ll9. >

136 ROBERT ARNÀULD D'ANDILLY.

tt J'ai vu de tous les cotez les intérêts et les passions qui (( les ont continués ; et par la grâce de Dieu je n'y ai pris (( aucune partque, celle de m'en affliger, d'en gémir de- (( vant Dieu, et de le prier d'inspirer des sentimens de i( paix et de charité à ceux qui paroissent en avoir de « tout contraires. J^aivécu entre tes uns elles autres en « état de suspension..., ' »

Rancé avait la conscience trop Jtimorée pour ne pas se mettre tôt ou tard en règle avec cette dernière assertion. Il av^t donné. au duc de Brancas; à qui s'adressaient les lignes précédentes, l'autorisation de les communiquer; et soit que son correspondant eût usé de la permission, soit que les Molinistes, d'après le^ froideurs, soupçonnassent les antipathies au réformateur à leur égard, im bruit se répandait à la cour que Tabbé de ia Trappe était Janséniste. Celui-ci écrivit.una autre lettré ostensible au marechal.de BeUefônds î « Je ne puis m*empècher de vous ou- « vrir mon.cœur touchant les bruits qu'on ne se lasse point

(( dcTép^ndre sur mon sujet, et auxquels, par la grâce de « Dieu, je n'ai jamais donné aucun, fondement légitime « par ma conduite. Je ne vous en .parle pas pcjur votre c( éclaircissement, parceque vous ne doutez point de la « piifeté de mes sentinaents , et que vous me rendez en .« tout une entière justice ; mais afin qiie vous puissiez « dans les rencontres, si vousjugei^ à ppopos de me don- « ner cette marque de votre bonté, dire précisément ce a j'ai toujours été, et ce. que je syis ericore sur les ma- « fifres du temps. — Je vous dirai donc, Monsieur, que « depuis que je ne suis plus dû moïhie, je n'ai jamais été « d'aucun .parti que de celui de Jésus-Christ et de son

1 M. Gonod, t^iU^ p. 857. — Lett. de Le Nain, p. iSl. -

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