‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 13 sur 88 · CHAP. U, SBGT. U, ART. H, $ IV · texte numérisé non relu

CHAP. U, SBGT. U, ART. H, $ IV

« Église. ••• J'en ai vu les contestations avec une douleur tt sensible; et jen*y ai point pris d'autre part que celle n qu'y peut avoir un homme qui 3' en afilige devant Dieu, « et qui gémit au pied dé ses autels en considérant le a sein et les entrailles de sa mère déchirés par ses pro- « près enfants. J'ai toujours cru que je devois me sou* fc mettre à ceux que Dieu m'avoit dpnnés pour supérieurs a et pour pères : j'entends le pape et mon évèqme. J'ai « fait ce qu'ils ont désiré de.mDi, et j'ai signé simple- « ment le Formulaire concernant les propositiojas de Jan- « sénius, sans, restriction et sans réserve ^ J'ai gardé H tant de mesures sur tous ces différends, que non seutt lement je me suis abstenu d'en parler,, mais j'ai même « empêché que lès relations n'en soient venues jusqu'à « cette communauté, et que l'on n'y ait janiai^buvert la a bouche ni des questions, ni des personnes entre lestt quelles elles s' étoient excitées. [Comme. supérieur sans « doute, nous l'avons Vu, il s'était permis quelques ex- « ceptions à l'égard des- Jésuites] ^ Plus }'ai vu que les « esprits s'engageoient dans la dispute, et ^ue la chaleur a augmentoit' entre les'deux partis^ plus je m'en suis tenu (I à l'écart, de crainte d'entrer en rien qui fîlt contraire à « ma profession ni gui fût capable de troubler le repas de n ma gotitude; [ndus verrons tout à l'heure le commentaire

t Cr. f «a lettre bu curé de Saint- Jacques du Haut-Pas, en 1677, à la suile de la UiU de U Nain de THUem., p. id2.

3 c II anroit mieiu fait de garder le silence qu*il impose à Ions ses relît gkuz avec de tant sévérité. U semble qu'il n*ait étudié S. Bernard à Tond

• qne pour ei(i« et n^att retenu pour lui que Textérieur et la superficie ; car c si dans la pensée de ce grand .sainte il n*jr a point d'instrument qni vuide « tant le oœur qpe ta langue, il est à craindre pour lui [Tabbé de Rancé]

• que la multiplicité de] ses écrits et celle de ses conférences ne seidie sa « vertu jnsques dans sa racine.*, t ( Recueil de piéUk concernant M, Ar* namtdf p. 145.) . , . '

i3& kOBERT ÀRNÀtLD D'ANDILLlr.

« que madame de Longueville donnait à ces parotes].... c( Pour ce qui est dé rties sentiments sur la iiiorâle chré- (( tienne, je fais une profession publique de m'attàcher « uniquement à ceux que Jésus-Christ nous à enseignés « dans son Evangile. . . Je sùiâ fort convaincu qu'il Faut se {( garantir des opinions excessives, et ne pas porter les c( dhoses à un point où personne ne puisse atteindre ; m^s « je le suis aussi qu'il n'est pas moins dangereux d'élar- « gir les fchemins au-delà des* bornes que Jésus-Christ «"leur a prescrites,. de donner le notù de bien à ce qui « est malj d'entrer dans des condescendances molles, de (( flatter les pécheurs dans leurs, iniquités, et de mettre, (( comme dit le prophète, des coussins dessous leurs « coudes, au lieu de couvrir leur tête. du sac et de la (( cendre. . . . .^ »

feien p' est plus sage assurêinent ni plus évangèlique que ces paroles. Mais la sagesse est ce dont les partis s'accommodent le moins, surtout celle de l'Évangile. Madame de L'ongil^Vîlle préférait la parodier, et feignant de ne voir dscns la modération de Rancé qu'un appel aux générosités dtela coù^envers son monastère, elle s'écriait avec plus d'esprit que de charité : Vœ nutrtenlibml ' Malheur aux nourrices ! — De moins spirituels voulaient qu'on attaquât publiquement le réformateur. «Vous n'i- « gnorez pas, lui écrivait à ce propos Le Nain de Tille- « mont, que M. Arnauld, ayant sujet de parler de vous « d'une autre manière qu'il n'a fait, et en étant sollicité « par diverses personnes, tf toujours déclaré qu'il ne le « feroit jamais, parcequ'il àittioit et honoroit trop l'œuvre

* M. Gonod, /eff. ccvin, du 30 novembre 1678, p. 362.

2 S. Mattb.» ch. XXIV, v. 19. — UiU de Le yain de TiKem,, p. 69.'

« de Dieu en vous. ^ Et M. Nicbte a 'écrit à un de seB « amis qu'il aymeroit mieux que Fonluy coupât le bras « droit que de Hen écrire de désavantageux à votre per- « sonne et à votfe ouvrage. * a .

Tout en respectant i'œuvre de Dieu^ ces gfandshommes espéraient bien ne pas nliire & la leur. — Ils renoacèrent giÊuéreuis^nënt au scandale qu'eût fait un^ lettre dans laquelle Rancé, quinze joùrd avant d'écrire au maréchal de Bellefonds^ s'était pront)ncé d'une manière toute favorable aux Jansénistes '. —Pendant seize années [1678-1TO4] ceux-ci n'teurent guète qu'à selouèr du iréibrmateun —Il paraît même qu'il conserva moins de rancune de l'inlervBDtion die Nicole en faveur de Flôtîot qu'il n'en conçut depuis [lô»2]*, lorsqu'il cessa d'échanger ses productions contre celles de l'illustre motidiste à propos.de l'appui que ce denief avait prêté à MabiHon dans la querelle des Etudes monastiques', fin effet J' ancien antagoniste de Floriot écrivait en i08ft(^ dû futui- partisan de l'érudition bénédictine : «.Le livre de M. Nicote^ iftwi tfû*on entUse, ft est un ouvrage 4'une force et d'aune beauté' admirables. 0 II ne se peut quHl ne 'fasse impression sur les esprits < qui ne seront pwit prévins pourvu qu'on le lisâs avec « soin etavec applicat&oii.^ »>

Hais un jour la nouvelle se lêpândit que le grand Ar-

1 CL QEu9. itAmauld^i. ii/pi 123, leU. ccclvxi, da 9 janvier 1682.

2 LetU de Le Ifain de Tiltem.^ p. 4a.

^ Ihid,9 p. 129, leUre du curé de Saint-Jaoques du Haut-Pas à Bancé, eu date da 26 janTîer 1695.

^ « Comme M. Nicole se déclaroil cputre ie pieux aJ^bé» celui-ci se piqua • coDtre loi, et cessa de lui faire présent de ses ouvrages. ■ (Besoigne, HisU à€ P. A., t. T, p. 311 r Goujer, Vie de Nieoiè, parL ii, p.. 234*— Cf. Œw vret poêtlL dfi D, MàbiUon^ 1. 1, p. 588, oi^ se trouve l^opinion de Nicole ; Ultra de Picote, Eêsaiê de morale^ t. ywu p^rL ii> p. 366-373, [Racine, But, §eelé$„À* ziii, p. 133.)

^ M. GoDod, lelU lxzii, du 2 août 1684t P« i09.

lÛO ROBERT ARNA13LD D'ANDIUY.

nauld était mort. On eût dit que tout à coup, après seize années d'oppression, la poitrine de Rancé se dilatait. (( Enfin ! s'écrie-t-il dans une lettre à l'abbé Nicaise, l'un « de ses principaux coirespondaQts, enfin voilà M. Ar- ((iiauld mort! Après avoir «poussé sa carrière le plus (( loin qu'il a pu, il a fallu qu'elle se soit terminée. Quoi n qu'on en dise^ voilà bien des questions finies. Son éru- « dition et son autorité étoient d'un grand poids pour le a parti. Heureux qui n'en a point d'autreque celui de Jé- « sus-Christ (...^ » Si la lettre au maréchal de Bellefonds avait mis le parti en émoi, ces quatre lignes devaient le mettre iiors* de lui-même. — Deux autres affaires, dont l'une a>ait précédé, dont l'autre suivit lajnort d' Amauld, achevèrent de porter au comble l'exaspérationjanséniste. Gn prêtre de Toulouse; nommé Maupas, avait été promu à un canonicat dePamiers par l'évêque de cette ville, François de Gaulet, dont il s'était déclaré le partisan lors de cette querelle de la[Régale qui acheva d'irriter Louis XIV contre le- Jansénisme. ^ Maupas fut arrêté en 4688, ' 'et croupit pendant trois^ ans * au fond d'un cacliot humide, où il tua« dit-il, jusqu'à onze scorpions ^. En 1691, l'intendant Basville, dont on connaît la tendresse pour ceux qui résistaient aux volontés de son maître, fut cependant touché de pitié après avoir visité le cachot de Maupas, et obtint du roi qu'on le reléguât à

la Trappe. L'infortuné chanoine vendit tout ce qu'il pos-

1 Itecueil de piéees concernant M. Amauld, p. 105. — M. Gonod, Ici t. cxLV, du 2 septembre 1694, p. S^.

2 Lettre de Maupas, du 5 septembre 1691, à la SDÎle de la Utt. de U Nain de Tillan^ p. 1(6 et 449.

«/6irf., p. 134etp. 55.

4 Ibid,, p. 135.

B Ibid,, p. 35.

CHAP. n, 6ECT. n, AIT. U, S IV. l&i

sédait, .et réalisa* ainsi cinquante écus, avec lesquels il se dirigea vers la Trappe. Il était encore nanti de vingtdeux livres lorsqu'il y arrivi^ [7 j^jin 1692] '. Non seulement Rancé refusa de l'y garder, mais il ne voulut pas même le voir, à cause, disait-il, die la nature des affaires pour lesquelles il était disgracié ^. Le pauvre Maupas, réfugié à Paris,. y fut atteint, d'après leâ indications de Rancé) par une lettre de cachet qui le reléguait à Limoges ^. Ce fait, connu de quelques personnes à Paris, excita des murmuf es contre l'abbé de JaT):appe^ Celui-ci, pour les dissiper, permit à un» jeune religieux qu'il affectionnait; et qui apostasia quelque «temps après, d'écrire une lettre pour accuser Maupas d'avoir cherché à corrompre- sa croyance ^. Maupas se défendit, et demanda réparation de ces calomnies ^. 11 ne l' obtint-pas : c'est sur ces entrefaites ^e mourut le grand Arnauld. L'année qui suivit cette mort, un ancien élève ^ devenu l'un des principaux* partisans de ce j docteur. Wallon de Beaupuis, jadis préfet des- petites écoles de Port-Royal®, diacre au service du couvent^, etenfm persécuté pour la

i Lettre de Maupoê^ iMU, p. 35, 483,188, etc.

2 Ibid., p. 26, iShé t Un jour Je rencontrai le P. abbé... au couroir du la t cbipeUe. Je^passé sansm'arréter. U en fut raYÎ, parceque, dit-il, il n'a jat mab été tu$pecté de rien contre le roi. » (Ibid., p. 1430 Cependant en 4689 Rancé avait été accusé de haute trahison, connne nous le verrons bientôt^ par un chanoine de BeauTaSs qui fut pendu. [Ibid,, p. 38 ; Vie de Wallon de Beaupuis, p'..264 ; Œuvres d Arnauld, t.iii, p. 358-269, etc.)

S Lett. de Le Nain de TUlenû, p. 37 et 150.

^.Ibid., p. 28, et lettre de Maupas à Nicole, Ibid., p. 150.

9 Jbid, p. 28 et tonte la lettre de Maupas, p. 180-150.

c Lettre de Maupas à Rancé,' en date du 26 septembre 1692. Ibid., p. 152.

^ Vie de Wallon de Beaupuis, p. 1, 14, 21 ; Lett. de Le Nain de Tillem., . p. 20 ; Genreau> Nécrologe, t it, p. 87.

* Cenéw,ibid;, p. 88 ; D. Clemeocet, Bist, dePort-Boyali U ii| p. 451.

' SuppU au NicroU de Port^Royal, p. 370, 372.

cause de Janséoius K avs^t, h\\ d^m^nd^ i^ Rapeé la permission de visiter la Trappe, oji il i^v^lt eu trois neveux, où il a>vait encore un de s^s ^is ^. Cette permissiou lai fut yerbalewçnt accpr^ée, ^tW^Uop, ftgé ^p soi^î^pte-quiaze aus, fit 4 pi^d les spi^Mtfi U^up^ qui le sépar$(ieQt du ))i|t (le son voys^gp, (.orsqu'il fut su'Hvé, ^ancé l^i refusa dé .voir son ^ini* li (Jew^nda à Venxbra^r seulepieut, sans rjen lui dirp, éfl prépepçp de V«d)t)é, et u'qbtiut qu'un pouveau refus ', Jl Insista ppiir eï\ avpir rexpliçatioq; on la lui promit s'il VQulfût p^r seripeut aengfiger au silence* U ^ima^mieux rep^rtu* s^ns riep savoir K Nicole, qui regardait là yie de cp-s^^t prêtre comme ui^ €$pf€c (le miracle ^ et TiUemont, qui ét^it son élève ejt qui voulut f^ourir entre ses ))r£^ ^« se i^pntrèreot étrangement scandalisés. Ce dernier il t uii vqy^ge à la trappe [^696].' I) y fut-question de U^upas çt de ^>'al}on. Rançé s!excusa ^ l'éçard du preroipr gn towt qu'U ne lui croyait pas toute sa rs^isoQ ^\ à F égard ilu Bepqnd, qu'il avait reçu des lettres de là QQur oii an l^i défeqdait de raccueiltir ^. Or ces lettres, i} p^r^H qu'il les avait reçups autrefois à la suite d'une affaire où lui-même atait été compromis, mais dont il était sorti tellement yictori^u^^» ftv^c tous ses coaccusés, que leur accusateur avait été pendu '^

* Guil|)ei1, Vém. ekro^oU^ t ti, p. 5154, — P, ticmencet, iTuU de Port-Iioyalf t. vu, p. 418, n,, ç^c, elc.

2 LeU, de Le Xain d^ TiUem^f p, ^i.

4 Ibid., p. 21 et 22. • . ;

B Guilbert, Mém, chronoU^ J. 74, p. 554. — R. Clefpcncet, Hjst, de PorU Royal, L vu, p. 419, n,

6 UtU de Le Nain de TiUem,, p. 22, Gonjc^, Vie de Nicole^ ^arU i, p. 24.

7 Ibid., p. ^8, Vie de fVa^ion de Beaupuis, p. 516,

9 Ibid., p, 28.

W/«d.,p. 23.el24.

CHAP. U^ SECT. n^ ART. U, $ IV. \^

Le grand Arnauld n'était plus là pour discipliner son parti. Les plus fougueux, cette fois abandonnés à euxmêmes, publièrent à l'adresse de Rancé, et sous le nom de Quesnel, un commentaire ' deâ quelques lignes dans lesquelles le réformateur avait fait T oraison funèbre du docteur ;

« Enfin voi(à M. Arnàuldmortl On n'est point suret pris qu'un ^véneipent aussi considérable... ait pénétré « le fond de votre politudè, où l'on vous porte d'autres tt nouvelles b^çn lAoins hnportantesr. Ce fameux dpctenr u vous avoit assez connu, et vous avoit donné des preuves « assez authentiques de sa tendresse et de sqn estime^ « pour fstire présumer que sa mort ne vous( serpit pas « indifférente. Majs on est étonné au-delà de ce qu'on u peut exprimer que vous vous en expliquiez d'un ton « sec, dur, et plus raport^nt à celui d'une Gazette et a d'xm Mercure jGaland, qu'au récit qu'en devroit faire «un homme de votre caracîtère ^.... Ses plus grands ff ennemis ont cru qu'on pouvoit prier Dieu pour lui, « parcequ'il étoit mort dans la communioa de T Église; 0 et il faut que vous ayez des raisons bien particulières Il pour lui avoir refusé ce secours que* vous donnez à Cl mille courtisans qui en sont très souvent indignes, et « à qui il est, selon toutes les apparences, fort inutile. . . . ^

« Que veulent dire les paroles suivantes : Aprh avoir « poussé sa carrière le plus loin qu'il a pu?... — Quand 0 M.. Arnauld. auroit aimé la vie et appréhendé la mort « plus ^' homme du monde ; quand il }' auroit prolongée « par tout le soin et l'application possible ; quand il au-

1 Retmdl de pièces eoncernant M. ÂrnaM, pt 100.

» nid., p. 107, .

a Jbid., p, i09.

illU ROBERT ARNAULD D'ANDILLY.

(( roit été paitri en la sensualité et )a délicatesse, plongé (( dans la mollesse et dans le plaisir, vous ne nous en ((diriez pas davantage.... Si M. Arnauld ne s* est pas « toujours nourri de bouillie, de fèves et de poids, ce

r( il' est pas que son inclination ne s'y portât^ Mais

« ceux qui avoiént soin de lui ne croyoient pas le dece voir toujours laisser aller à son zélé, et prolongeoient « plus qu'il n'auroit voulu .une vie ôussi précieuse à <( J'Église. Donnez-nous des Arnaulds, et nous les nour- « rirons d'or potable 2..., Un homme^^qui veîlloit, qui « prioit, et qui écrivoit autant que ce docteur incompa- « rable, n'avoit guère le tems ni \e don de^se délicater : a et je m'assure qu'il n'y a point d'anachorette, et point a de moine de la Trappe, qui eût voulu changer de contt dition avec lui, .pour austère et pour efroyable que sa « profession eût été à la nature. On est à l'ombre dans « vos -cloîtres, quelque rigueur qu'ony exerce. On n'y u a point d'autre affaire que celle den'en point avoir... ^ « Il est vrai que Dieu lui a donné, une longue vie *. . . . Il « est si rare d'estre vieux et d'estre bon, et de pousser (( aussi loin sa carrière et avec autant de bénédiction « que M. Arnauld l'a poussée, qu'en vérité il seroLt plus « expédient pour un grand, nombre d'estre enlevés, de « peur que par une fragilité qui n'est que trop commune.

1 « Ou sçait assez que M. Aruauld a aimé la vie, et que-Ia péoiXence ne « Va point abrégée, puisqu'il a pris toutes lés {irécautiôns nécessaires pour

• la rendre longue, et que le eupio dissolvi de S. Paul n*étoit point dans sa

• bouche.» (Lettre du P. A. du B., théatin, à M. Tabbé de la Trappe, dans le Reateit^<U pièces concernant M, Arnauld^ p. 1^2. — Cf., \bid.\ la réponse, p. 144* }•

» Ibid,, p. liO.

A Ibid,, p. 112.

CHAP. II, SECT. Jî, ART. II, § IV. 745

(c il^îie viennent à perdre et à se relâcher de leur charité « f)remière, à tomber dans le tV^uble el dans lé vertige, tt à voir éteindre leur sagesse, anéantir- leur piété, obs-

c curcir leur gloire '

{i Quoy qxiîlensoit, voilà bien (fes. questions finies,

« C'est la suite dé vo'trè texte, Monsieur'^.. Il faut avouer- 0 que ces* questions, ne sont rien moins que* .de3 jeux « d'esprit, et que leur solidité est 'toute autre qne celle « des questions dont vos écrits sont rémp7is,. permettez*

<{ nous de vous le 'dire. Monsieur, sans* émotion et sans

« jalousie. Car que les ipoines soieï>t d'institution divine «ou non; qu'ils doivent parler, ou qu'ilsMoivcut se « taire; qu'on fear .pertnette l^s$»âins ou qa'ofa lesledr « interdise; qu'ils mangent du .gibier ou de la grosse « viande, du ppisson.ou des légumes ;... que les Çhar- « treux et îesBètiédictinsét tous les autres ayent tort, (( que vous .ayez raison dans le procès que vous leuf in- «tentez; tout cçla ^st au rang des questions, sinon « faites h, plaisir, a\i. moins d'une utilité^ fort mince, ehtt comparaison des questions .capitales et importantes u que M. Ariiaulil a proposées'jet résoîues. £t sî une fois « Dieu voys'^Avoît retiré de ce monSe, comme il. f en a e retiré, il me.semMe que sans crainte d'estre faux pro- « phètoy je poUrqis vous dire par avance que ce seroit « des question» plu tost fmies que les siennes....^

tt Son éruditiôn-Qt sanauthoriiéétoit d'un grand poids « pour le .parti: Heureux qui n'en a point d'autre que « celui de Jésus-ChrisH lyous n'y prenez pas garde, ser- « \itçurdeDieu. Vous détruisez d'une main ce que vous 0 édifiez de'Tautref. Vous soufflez le cjiaud et le froid

1 Recmeil de pièces^ elc,*Pt il3.

2 JM„ p; 115.

ill6 ROBERT ARNAULD D'ANDILLY.

(( d'une même bouche; et vous insultez cruellement a M. Arnauld dans le tems même que vous paroissez le (c combler de louanges. Vous relevez son autorité et son « érudition; mais vous abbaissez prodigieusement sa per- « sonne lorsque vous le qualifiez d'un homme de parti... « Vous devriez bien vous souvenir^ Monsieur, de l'époque « de la Lettre du SO^ novembre 1078, au maréchal de « Bellefonds, ofi vpu^ em.ployâtes aVeo si peu de succès a et tant d^ contradiction^ .cette expression départi..,^ « Vous deviez Wen éviter une.telle récidive dans la faute « qui vous a coûté si cher, et qui révolta contre vous (f de3 gens de toutes çspècjes. . . ; car ce pompeux galima- « thîas ne servît en ce tems-là^ Monsieur, .qu'à vous « rendre suspect' à ceux à-qùi vous vouliez plaire, et à a ceux qui. ne vous plaisoient pas. Port-Royal -et les Je- « suites en furent scandalisez. Votre lettre passa pour a une honnête abjuration de la doctiune de S: Augustin « [sur la grâce]. Quelques-uns l'appelèrent une înfôme (c prostitution de la vérité, un libelle tliffamatoire très ft pernicieux, un dernier effort de la^ politique. Vous y « donnâtes à-c6nnottre manifestement que les éloges et « les menaces,*quoy qu'ion en'dise, vous étoient sensibles, « faisaient sur vous dés impressions'a'ussi vives que sur « le reste des hommes. On taxa votre» incontinence à « parler et à écrire, et on trouva étrangement mauvais, « que pendant que vous fermiez la J)ouelie à Vos moi-

(( nés. . . . vous parliez plus vous seul eu une lettre qu'ils

« ne font en toute leur vie ; et vous vous donniez la lift berté déjuger de l'unuers du* fonds de votre cellule;

« d'ouvrir voire bouche au milieu de F Église contre

1 Recueil de pièce», etc., !>. 117. * •

cHAPé n^ SECT. n, art. |i, g iv. 147

a votre prqfessiony contre yotre état et cootre vos réso- « lutiops, et peut-être pontre vos himièreS) en 'affectant « de garder le silence ej de pe vous piôler de rien. On n Qe peut souffrir .sai^d peipe, qifis ipa)gré }es doctrines ((de France et (Jp ftoipp, pendan); qpe toiif le ujonde «jouissoi^ d'^pe pfpfonde p^i^, yous vou3 4^pu tassiez (( bprs de raison et 4j^ propps, sans .pii3siqp, sai}^or4re (( et de gayeté. ^p oqBjir, pouf .veqir dépl^rpr 1^ gwprre, ({ pQur f évejller^eé ^sputes assoupies, qwe yops téfppi- (( gpîez ne pas entpp4PP? W^ ypiw ne fj^i^iez qu'éljau-. « cher, p.t d^ Jft^fl»ère ^ pc pontepter perspnpe*. Qp vous u envisagea pour Jofs cpjgmp. up bûpnpe qui aviez unett œuvre ep iètp, ^i qui pensje; à tput sacriflér pour la tt maintenir, 'j^ppn^iêpdèv IJIpifsieiff^ . qu^)p ne vop^ « fasse pas pli^s de grâce apjpurd*bi|y..i'. i » Qije^pe} dé^aypua cette f-pttre ^. Wi^ i\ pp. ayait ^-

cràtepcient écrjt pne aqtfQ quf . devais n'&tre pas jhQim violente; car ^^cé, ^prës l>yprr 4éc)aré, Is 16 déçexpbre 16^i>, pn lipnjipe de wérite,.,;>fe|rf 4e ^m et 4'0r^(}itiop ^, ^riti Tabbé Niçoise,, le 12 janvi|er *i6@5 : « J'ai reçu depuis deux join-^'une Lettre 4e plus de yipgt a pàge9 4e minute 4e vôtre bon ^i |e P.^Quesjnel, sur «le sïijet 4es quatr^ 'lignes que je vops avois écrites tt [après I9 ipprt'd»^ docteuf Arnauld]. Elle est toute « remplie d'ppe durplé. eti.dTiine vivacité ipcompréhpn- « sible. n prét|^4 nie prouver que j'ai flétri Ip nom 4e tt )|[. Arn.^p|49 ^^J^' ^^i ^i donné un coup de poignard a après sa mort^ tt que j^fmois autant qu'il étoit en

1 Hçqidl (te jnéeeê^ e(p., p. ifS.

^ /frtd., p. 125 et 429>

' < Cest i|n homme de mérite, qui joiot une grande sagetflB ft une gilmde • éraditioik » {M^'GoDodf feff.'ciLTk, p. ^O»)

168 ROBERT ÀRNAliLD D'ANDILLY.

« mon pouvoir une plqie ûiortelle à m mémoire, et une <( infinité de choses plus violentes les une» que les au- « très. Je n*ai jamais ouï parler d'une imagination aussi « extraordinaire. Quand j'jiurois écrit un volume, de «dessein,* contre la- vie, la conduite et les sentiments « dQ M. Araauld, et que je me fusse servi pour cela « des "ejqpressions les pkis injurieuses, il ne me trai- (( terôit pa^ d'une autre manière*. Il çst malkisé que «vous n'en entendiez* bientôt parter. U me demande * « des rétractations, des déclarations «publiques, comme a si j'avois.re^ran^A^^de mon plein pouvoir M. Amauld « (ïe r Église après sa mort. Il ajoute que toute la France (( attend une réparation de ma part; et, si j'avois mis le « feu au Port-iïbyal, ou que- je l'eusse reiaversé de fond « en comble, il ne ni' en diroit pas davailtage. ' »

Arnauld était le chef de son parti. Quesnel-n'en était qUé le boutefeu; Raflcé, qui avait eu seâ motifs pour faire avec k prenfîer un échangé de modération, parut, un

instant les avoir oubliés en rendant au second violence

pour violence. « Par où,, je. vous- prie, hii dit-il, par où « vous.êtes-vous figuré que je désirasse avec tant d'il»- « patience et a empressement la niort dé M, Arnauld? « Qu'avions-nous de commun ensemble, qoel rapport, (( quelle relation ? C'jéfoit un ecclésiatetique, up docteur « qui s'étoit fait un grand nom. par sa vertu, par sa ca- « pacité, par sa doctrine, par la multitude' fte* ses écrits (( et de ses ouvrages. Et moi je suis un homme retiré « dans un cloître. Nous marchions par des voies bien c( séparées ; nous n'avions -garde de nous rencontrer dans « le même chemin.... J'oublie, Monsieur, tous les. sujets

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