CHAP. III, SECT. I9 ABT. I
et la seconde à celle de T illustre docteur. 11 est aisé d'ailleurs de reconnaître ces deux fortes impulsions, même à travers le mûntien froid et réservé que Henri devait à son aïeul maternel.
ARTiaE !•'.
lienn diplomate.
Agé de vingt-deux ans à la mort de son père, le jeune avocat laisse à Robert, devenu chef de la famille, le soin de rompre tous les liens qui rattachaient au monde, et de nouer ceux qui devaient rattacher à FÉglise. C'est Robert qui renvoie, au nom de son frère, les brevets qu'avaient adjressés à celui-ci les clients de leur père. C'est Robert qui l'attache au nonce Bentivoglio, devenu cardinal et retournant à Rome ^ Ce noviciat ecclésiastique, fait dans un voyage d'Italie, était en même temps une candidature aux faveurs prochaines soit du Saint-Siège, soit de la France. Aussi Robert obtint^il promptement pour son frère l'abbaye de Saint-Nicolas d'Angers, et l'offre d'une charge d'auditeur de rote qui devait le porter au cardinalat K Robert poussait rapidement Henri dans la voie des honneurs. Mais l'affection de celui-ci pour sa famille lui rendait l'ambition sédentaire; il préféra se fixer en France 5, et Robert n'insista pas pour en éloigner son
« Mém. (tArn. d'AndUi^^ part, i, p. 66. — CL OEuvru du doct. Ar^ namld^ L m, p. 530, lettre dcccxcix, du 15 août 169S.
2 Ikid,, p. 68. « Le roy me donna pour lui TaMbaye de Saint-Nicolas « d* Angers.., et Sa Majesté Touloit aussi lui donner la charge d*auditeur • de Rote, qui Tauroit apparemment porté au cardinalat.t.* etc. •
s Jbid,, p. 69.
254 LUS FRÈBBS D'ARNAILD D'ANDaLY.
pupille. Les famUles les mieux groupées sont les plus puissantes. Celle des Feuquières, dont c'était le principe, tenait de fort près, nous le savons, à celle des Amauld. Le marquis de Feuquières, qui était alors gouverneur de Toul ï , comme il le fut plus tard de Verdun, fit donner un canonicat et la dignité d'archidiacre à Henri dans la première de ces villes 2, de même qu'il fit depuis proposer un autre canonicat et la dignité de grand-chantre dans la seconde^ à l'étudiant qui devait être le grand Amauld [16S9]. Celui-ci refusa d'abord par motif de conscience *, « trop éloigné, disait-il, de toutes les inn trigues du monde pour n'être pas fort inutile au goufi verneur ^* » Puis il accepta d'après l'avis de Saint- Gyraa^, afin de pouvoir résigner ce bénéfice à un
1 DeH* ^<^< V« ^ Gallois, Lett. inéd. du Feuqtdéreê, U i, introd.,
PvXVI.
s Jbid,, U h p. 216. Cr. p. 200. -^ G*était là sans donte la consolaUoD qu*avaU demandée à d'Andilly, pour leurA-ère, la mère Angélique dans sa lettre éa 8 (évri» 1635 (t i, p. 56, leltre xxxmi) : « U faut que Totre courage « aille ju9qu*à consoler mon frère Tabbé de Saint-Nicolas, qui se consumera c de tristesse. > Cf. Ibid,, p. 121, lettre lxvii, du 9 novembre 1687.
8 Œntrei du doeU Amauld, U z, p. 12 et 14, lettre y et yi; Lanière, Vie d^Âmtmldt 1. 1, p. 84. —Les éditeurs ont daté «s deux lettres de 1685 ou de 4640 ; Larrière (ibid.) leur assigne la date de 1639. Gf« les lettres qui se (routent dans le tome premier des I^tU inéd* de$F^quUreSt p« 329, 847, 356, 854, 856 1 et Mém. de LaneeloU U t, p. 829t
4 La coosdeace du grand Amauld venait d^étre tout lécemment édaSrée sur ce point par Tabbé àe Saint-Cyran [1638. Mém» de Laneelot, t. if p. 318 et 329] ; car avant de conn^tre ce grand homme, ditFontaine {Biém.^ 1. 1, p. i2B\ « il a voit des bénéGces considérables, et des dignités dans les « églises cafhédrales. f 1 falsoit rouler le carrosse à Paris. Ses amis se contenc toienL... de gémir en eux-mêmes, de le Toir entrer tète baissée dans la t vole large et commune.... »
B Œuvres du docU Amauld, t. i, p. 15.
s Ibid., p. 24. — Cf. Lett, inéd, des Feuquiéreê, p. 330. En reAisant d'être utile à sa famille, et de se mêler des intrigues du monde, le grand Amauld ne négligea rien de ce qui pouvait être utile au Jaosénisine^eD se
CHAPi m, SECT. I, AAT. I. 2&S
adepte de Jansénius ^ Henri accepta pour son propre compte. 11 fut en même temps chanoine, archidiacre et doyen du chapitre de Toul ^ ; et l'évéque étant mort, il fut élu par ses confrères pour lui succéder '• Mais soit oubli, soit affectation d'indépendance, les chanoines omirent d'en référer au roi. Louis XIII, c'est à dire Ri^ chelieu *, faillit en rendre victime le nouvel élu ; heureusement Robert, qui n'était pas mal avec Richelieu, étsdt assez bien avec le célèbre P. Joseph K Henri obtint son brevet du roi. Mais Rome, à son tour, prétendit ses droits méconnus, et l'élu ne put obtenir ses bulles. Robert assure (( que par suite de cette contestation entre le pape tt et Sa Majesté, son frère ne voulut point prendre le titre u d'évéque, ni aucune part dans cette affaire ^. » Le Gaiiia chrûiiana ' prouve que le siège de Toul fut vacant du li septembre 1637 jusqu'en avril 1641, et qu'après quatre années d'attente inutile Henri se retirât Ce fut
jetant dans des intrigues de sacristiei car, sous la direction de Saint-Gjran, il fit ce qu'il put pour &ire conférer le canonicat et la place de grandehanlre, qn*!! araitSni par accepter des Fenquières, d quel^'un 4ê U iêcte, comme i*eipriiiie l'on des corretpondaati de celte ftmiUe (UiU inédé dtê Peuquiérei, X. i, p. 930. —Cf. Mém. de Cabbi Arnauld^ part m, p. 152), et jeta ainsi ses parents dans de grands embarras. ( Letu inéd. des /ht* quiéreêt L i, p. 347, 350^ 854, 356. — Cf. Lanière, Vie d*Amauld, U i, p. 40.) Cela d'ailleurs lui valut le biftme du reconnaissant abbé de Saint- Nicolas: « Il n'est pas croyable, dit le même correspondant des Feuquières, - comme M. l'abbé de Saint-Nicolas désapprouve le procédé du petit on- • de. » ( Cf. Mém. de Fontaine, 1 1, p. 127.) Il est vrai qu'alors d*Andilly s'était prononcé contre le plus jeune de ses frèrest (LetU inédp des Fa^ quiéns, L i, p. 348.)
1 Voir l'Appendice, note K«
2 Besoigne, Vies des quatre évéq,, U i, p. 236» S Lett, inéd. des Feuquières, 1. 1, p. 2169 272.
4 Mém, de la M. Angélique, t 11, p. 310.
5 Voir plus haut, p. 11, n. 7.
6 Mém, d*Am, d^Andilty, part, i, p. 69» ^ Oall, christ., U xiii, col. 1054.
toutefois en 10 A3 seulement qu*il vint résider dans son abbaye d'Angers ^ Alors, on se le rappelle, Robert ten* tait un dernier effort pour ressaisir sa fortune à la cour 2. Deux ans après, le courtisan désappointé allait s* ensevelir dans la retraite, tandis que son frère Tabbé quittait sa retraite pour devenir diplomate ^ [fmdel6i6]. Etait-ce un dédommagement offert à la famiUe? et Robert servait*il plus efficacement son frère par sa disgrâce qu'il ne l'avait servi dans^sa faveur ? Nous l'ignorons. Mais le solitaire conservait encore bien des amis à la cour.
Henri retournait à Rome chargé de négociations importantes. Le fils aîné de Robert, qui embrassait alors l'état ecclésiastique, l'y suivit^. Personne mieux que son oncle ne pouvait le former à cette sorte de noviciat. Henri déploya dans sa mission une rare habileté. Il en reste des traces incontestables dans cinq volumes ^ dont le manuscrit, comme nous le dirons plus tard<^, a fait partie du dépôt sur lequel nous appelons l'attention du public. Ason retour d'Italie, Henri alla jouir de ses succès diplomatiques près de Robert. Celui-ci devint, pendant les troubles de la Fronde, l'hôte de son frère àPort-Roy al, et lui donna pour hôte à Paris cette famille Saint-Ange qui
1 Mém, de Vabbé Àmauld^ part ii, p. 3.
2 Voir pluB haut, p. 18-96.
' Mém, de Vabbé Arnauld, part, ii, p. 1-144.
4 Jbid,, p. 0, et Mém, d'Arn, d^Àndilly, part i, p. 70.— «Avant d*enti«r dans le clergé, le fils aîné de Robert, Anioine, était entré dans les Mousquetaires ; et, chose singulière, son oncle Favait présenté à son régiment, comme plus tard il l'offrit à PÉglise-fM^m. de l'abbé Arnauld, part i, p. 80.)
• Négociationê à la eour de Borne, et en différente» cour» d'Italie, de Me»»ire Henri Arnauld, abbé de Saint-Nicola», depui» évéque d'Anger», iou» le pontificat du pape Innocent X, pendant le» année» 1645, 1646, 1647, 1648.
^ Ckap, T, $ect, ii, art, m.
• CHAP. III, SECt. 1, ART. IL 257
était toute puissante près de la reine-mère '. Au milieu des troubles mêmes, la régente déclara qu'elle choisissait Henri pour évêque d'Angers'. « Alors, dit un deâpané- « gyristesles plus dévoués de celui-ci ', l'abbé de Saint- « Nicolas fut comme métamorphosé et devînt totU ecclâa siaslique, » Le nouvel évêque avait cinquante-trois ans; la vocation lui venait un peu tard. « Mais; continue le pa- « négyriste enthousiaste ^ la consécration épiscopale 0 opéra sur lui ce que l'onction royale fit autrefois sur a le premier roi d'Israël, qui fut changé tout à coup, dit « rEcritiure, enunâutre homme, l'esprit de Dieu s'étant a einparé de lui. » — « Aussi, dit un témoin oculaire * qui a n'en étoit pas moins enthousiaste, il parut un homme « nouveau, selon les expressions de l'Apôtre. » — Lé nouvel évêque en effet touchait à cette crise où sa vie devait âe scinder en deux, où la main de son frère le docteur allait se substituer brusquement à celle de leur frère rbomme de cour, et produire cette secousse qui du diplomate a détaché le Janséniste.
ARTICLE IL
Henri, père de CÈglise.
Dix-huit mois s! écoulèrent entre la nomination de Henri et sa consécration ^ Ce temps, il le pasâa près des
^ Mim, de Vabhé Âmauld, part ii, {$. 4*47.
2 La couréUiLsortie de Paris le 6 janvier 1649. (Mém, d'Arn^ d'Ândilly, part. I, p. 13,) Henri fat nommé à Téplscopat d* Angers le 30 janvier sui- ▼ant. (GnlL chirisL, éd. dei656, t. ni p. i50 ; M"' Poulain de Nogent, Nouv, HUt. 'abi^ de Mb. de Pori-Royal, L n, p. 88.)
' Besoigne, Vies det quatre évéq,, 1. 1, p. 241*
4 EiogèdêM. Civique d^ Angers, par le P. de Bonrecaeil, imprimé dans les Mém, deMitér, du P. Des Motets, t. iir^ part, it^ p. 373.
^ Il fut consacré le 39 juin 1050; Besoigne, Vies des quatre évéq,, t. i, p. 84Î.
258 LES FîîfcRES D'ARNAILD D'ANDILLY.
siens ^ ot le sâci'e eut lieu à Port-Royal, où résidaient alors ses deux frères ^. Ce dénouement, et la longue -initiation qui r avait précédé, ne rassuraient pas encore complètement les habitants de cette sainte retraite sur les dispositions du néophyte quinquagénaire; car sa sœur, cette glorieuse mère des Sacy et des Lemaistre, qui mourait sous le voile noir de Port-Royal Tannée qui suivit la consécration de son frère , lui fit dire, dans un dernier adieu, qu'elle allait prier au ciel pour lui, mais non de la manière. qu'il le pensait".
C'est que la transformation du dipleinate en prélat était trop brusquée pour n'être pas suivie d'oscillations. Or le spectacle de ces oscillations, et des efforts par lesquels le docteur Amauld parvient à les fixer, offre une étude doublement curieuse ; car d'un côté les regards s'y trouvent entraînés vers l'extrémité de ce plan secondaire où, selon nous, l'évêque d'Angers se trouve relégué derrière les principaux membres de sa famille ; et de l'autre ils saisissent en plein relief une scène que nous avons es-" quissée par son côté extérieur dans la biographie de d'Andilly, mais dont il reste à indiquer le jeu intérieur : celle où la dictature de la république janséniste revient, au sein de Port-Royal même, des mains d'un courtîgan à celles d'un théologien. On nous permettra d'observer avec quelque soin ces oscillations, qui touchent, si nous ne sommes dans l'erreur, à deux points jusqu'à présent indéterminés.
Après son sacre, le prélat métamorphosé donne d'à-
* Mém. de Vabbé Amauld, part, ii, p. 160, cl part, m, p. 1. 2 Larritro, Vie du doct. Amauld, i, i, p. 94 et 163. — Cf. Mém, de ta M. Angélique, t. r, p. 250.
^.OEuvres du doct, Amauld, lettre xxri du 13 jaQvier 1651, 1 1, p. 51.
GHAF. m, SBCT. I, A«T. H. 359
bord quelques gagea aux opinions de Port-Royal. L*un d^ premiers, il met sous la protection d*un mandement daté du li août 1665 < la mémoire de Jansénius, que les ennenEiis de ce novateur voulaient trouver personn^é^ ment désigné dans une buUe d'Innocent X [31 mai IMS], où il n'était question que de doctrine». Le frère puîné de Henri fortifiait chez lui ces bonnes dispositions par um correspondance à laquelle se joignait, comme supplé* mait, toute la 'p<démique imprimée ou*manuscrite de Port<^ Royal. — Ainsi une seule épltre^ (toutes ne sont pas pu^ bliées) est accompagnée de deux lettres apologétiques, écrites par le docteur pour sa défense devant la Sorbonne, « lettres qu'il tient secrètes de crainte d'irriter ses enne* « mis, n et d'une dissertation latine en quatre parties sur lagrâce efficace, « qu'il n'ose publier encore, ce qui n'em-* « pècbe pas qu'on peut la montrer à des personnes discrè* « tes. » pans cette même lettre le docteur remercie son frèrç d'un travail qu'il en a reçu sur les congrégations De AtixiKis ; appelle son attention sur une levée de bou«cliers faite contré les Jésuites par le clergé .d*0rléans, de Rouen et de Paris, c'est à dire des diocèses qui cernent celui d'Angers ; et lui apprend enfin que le i£ septembre 1056 on a pr&enté les- Provinciales k Christine, l'ex-reine de Suède* — Quinze jours après [30 septembre] une seconde lettre ' annonce à l'évêque tf Angers que plusieurs liyres de son frère sont 'mis à \ index par le chef de la chrétienté ; mais qu'en revanche Christine approuve fort les Provinciales ^ et prise très peu les Jé-
* BcMigoe, Viu ém ^ma*rt éviq., 1. 1, p. 17S.
s (MwBT€ê dm dœU'Amtmid, lettre liix da 47 sept. IMA, 1. 1, p. Mi\.
' 7Hi(., lettre \.tu du 80 septembre 4050, t. t, t>« < 49.
260 LES FRÈKES D'ARNAULD O'ANDIIXY.
suites. — Le docteur oublie de dire quelle est Topinion de Monaldeschi ^
Mais pendant que s'écrivaient ces lettres on dressait à. Rome la bulte d'iGexandre VII [16 octobre 1656} qui donnait gain de cause aux adversaires de Jansénius, et leur fournissait l'occasion de produira ce célèbre Formu- •taire par lequel tout le clergé de France devait déclarer, avec signature, l'ancien évêque d' Ypres personnellement hérétique. C'était blesser au vif Port-Royal. Or quelque temps après, le théologien le plus accrédité près du Saint-Siège, le P. Hilarion Rancati, abbé de Sainte-Croix en Jérusalem, voulut tenter, sous un nom d'emprunt ^, quelques démarches de conciliation envers le docteur déjà le plus accrédité de Port-Royal. Ce fut à l'évèque d' Angers que s'adressèrent ces tentatives, afin que celtyci les appuyât près de son frère. Ce souvenir, vemi de Rome, sembla ressusciter che2 l'évoque des velléités diplomatiques. On le choisissait pour médiateur. Il s'émancipa jusqu'à prendre son rôle au sérieux envers celui qui depuis dix ans cherchait à diriger sa conduite. Ce re« tour à ses habitudes passées devait le rapprocher de son autre frère, l'ancien courtisan ; et Robert en effet seconda
' * Vers- la même époque, la m^re Angélique (LeUret, t. m, p. 198, lettre DCGGTxxi? du 24 mars 1656) s*entrelient des ProvineiaU» avec une autre reine, celle de Pologne, dont le successeur de Christine niTageaît alors les états. Malheureusement encore nons ignorons ce que pensait de celle correspondance le mari de la^reine de Pologne, qui avait été cardinal et Jésuite. (Voir cependant Leitrtji de la M. ÀngéUque, L ui, p. 15, 24 et 44.) Mais ce qu'il y a de certain, c*est que, grâce à la famille Arnauld, les inimitiés politiques, voire même les antécédents jésuitiques, ne nuisaient pas au succès des Prbvinciate$,
3 Le nom de Créveus. (Œuvres du docU Àrnouid, U i, p. 189. n. — Voir les lettres xcn« xciv et celle du 29 octobre 1861, p. 280. — > Cf. Lanière, Vie d'Attiauld, t. i, p. 478J
CHAP. m, S£CT. i> Art. u. 261
Henri dans ses efforts conciliateurs'. Il ne s'agissait que d'écrire au pape une lettre de soumission vague et ba« nale. Mais le docteur ne. voulait pas d*une formule ambigus qui, outre Tinconvénient de se prêter aux interprétations, aurait eu celui d'admettre, sur des matières théologiques, Tinitiative de ses deux frères à son égard. Son autorité triompha de cette velléité d'insurrection ; il en resta toutefois dans l'âme des deux anciens diplomates comme un ressentiment, et bientôt ils résistèrent au docteur sur le terrain même où celui-ci leur avait résisté. Ainsi, du moment où toute formule de soumission vague était rejetée, il fallût aborder de front la discussion du Fonàutaire bosUle à Jansénius. Les doctrines signalées dans le FormtUaire étaient condamnables, chacun en convenait; mais étaient-elles le fait de Jansénius? C'est sur ce dernier point que pesait toute la difficulté. «Je deu meure d'accord, écrit l'évêque d'Angers au docteur son « frère, que l'on ne peut avec justice obliger à signer pour « une question de fait. Néanmoins il faut tourner la métt daiUe. Faut-il que pour une question de fait un évèque a s'expose à toutes les extrémités imaginables, et aban- « donne tout un diocèse où Dieu lui fait la grftce de faire a quelque bien ^?» L'habile docteur comprend à cetliS lettre que la révolte n'est point tellement étouffée qu'elle ne puisse renaître. Use contente donc d'exposer la ligne qu'il suivrait à la place de son frère; mais il déclare en même temps qu'il est loin de vouloir faire violence à une conscience épiscopale ^. — U avait moins de scrupule
1 OBuvreê du doct. Amauldt lellre cixxt, de décembre i<l61, 1. 1, p. 288» et lettre gxxxtiu^ du SI nar» 160S, p. 296. 3 Jbid.^ lettre du 29 décembre i660, 1. 1, p. S24. * 1»C8 éditeurs des OËuvrcê du doct, Arnauld (t. i, p. 21kt u.) liront pu re-