‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 28 sur 88 · VANITÉ DÉ D*ANDILLY · texte numérisé non relu

VANITÉ DÉ D*ANDILLY

Cette bonne foi vaniteuse de Robert, dont nous garions plus haut, (p. 9) , se révèle à chaque page de ses Mémoires, Mais il sufllt de ta constater dans la nomenclature qu'il donne des cliarges dont lut cl les siens ont été investis, refusants ou frustrés, « car il abonde et « ne tarit plus une fois sur le chapitre des alliances, des parentés et « des mérites de tous les siens.» (M. Sainte-Beuve, Part-Boy ai, t. ii, p. 2^^!.] — Antoine, Taîeul de Robert, le premier des Arnauld qui soit venu d'Auvergne se fixer à Paris, commandait pendant les guerres une couipaguie de chevauilégers; et, la paix rétablie, il e^crçoit d'autres charges, dont Tune était celle de procureur général de la reine Catherine de Médicis. {htém, (fArn. d'Andilly, part, I, p. h.) — Jean, Talné de ses fils, oncle de Robert, commanda également une compagnie, et refusa d*élre secrétaire d*État. [li)id.y p. 8.) — Antoine, le puîné de Jean» le père de Robert, après avoir été procureur général de Catherine, auditeur des requêtes, contrôleur des restes ( Guilbert, Mém. c/trort., part, i, 1. 1, p. 211 ), fiit avocat, et re/'usa d'être avocat général, conseiller d'État et premier président au parlement de Provence. U paraît qu'il eût accepté la place de chancelier si on la lui eût offerte. {Ibid,, p. 24, 25, 29, 31.) — Jsaac, le troisième fils, fut intendant des finances; Henri IV allait le nommer surintendant loi*squ'il fut assassiné. [Qu'en aurait pensé Sully? Voir la note suivante, E.] [Ibid., p. 34, et hettres, p. 491.) — David, le quatrième fils, fut contrôleur général des restes. «Il étoii sçavant; éloquent, très capable, bien fait, « plein de probité et de cœur.* Sa femme étolt cousine-germaine de « M. Mole, garde des sceaux. » (/6td., p. 35.; — Benjamin, le cinquième fils, fut tué jeune au siège de Gergeau ; « on n'en parloit qu'avec atlmiration » dans sa famille. (Ibid,^ p. 36.; — Le sixième fils, Claude, fut trésorier général. Il mourut à vingt-sept ans, au moment où Henri IV allait en faire lui secrétaire d'État. (Ibid,, p. 37 cl 91.) — Le septième fils était Louis, contrôleur général des restes. t< C'étolt, dit Robert, le seul de tant de frères qui n'avoit pas l'esprit « fort élevé. » {Ibid,, p. 38.) Il paraît qu'il n'eut d'autre ambition que celle d'exceller dans un genre de talent qui lui valut le surnom dont parle Tallemaot. (Voir plus bas note E, p. 347 et t. ii, p. 42, n. 4.) -~ Le huitième et dernier fils de cette nombreuse famille

fot Pierre, meslre-de-camp du régiment de Champagne et gouverneur du Fort Louis. Louis Xni lui promit le bâton de maréchal de France, et il mourut de chagrin de n'avoir pu l'obtenir. {Méin, dArn..dAnd,^ part, i, p. 59.) -r- Feuquière, qui avoit épousé la nièce de celui-ci, fille d'Isaac, et qui étoit par conséquent cousingermain de Robert, voulut hériter du régiment et du gouvernement de Pierre. Robert s*y employa jusqu'à injurier le roi ; mais Toiras remporta. Feaquière n'hérita que des prétentions de Pierre nu bâton de maréchal, et comme lui il mourut avant d*avoir pu Tolitenir. Sa mort fempécfia également d*étre gouverneur du Dauphin, depuis Louis XIV. (Ibidé^ part, ii, p. 17, et part, i, p. 75.) Feuquière avoit un beau-rrère, et par conséquent Robert un cousingermain par alliance, « M. d'Hencourt, gentilhomme des plus qua- « llfîés en Picardie. » (/6td., part, i, p. 73.) Robert oublie de dire que Richelieu lui fit trancher la tête sur Téchafaud. ( Vie de Riciielieu, par Leclerc, t. iv, p. 664 ; De vérité, Essai sur l'hist. de Picardiey t. ii, p. d2&.]— Feuquière et lieucourt avaient deux beaax-rrères, fils d*Isaac. • Le plus jeune, garçon très bien fait, très ft courageux et qui proinettoit beaucoup, fut tué à Berghopsom ; « Tantre [nommé Isaac comme son père] fut lieulenani-général, «gouverneur de Philipsbourg [qu'il laissa prendre] et de Dijon

K [où il mourut de chagrin] Son courage, sa conduite et son

« ordre le rendaient digne des plus grand^ emplois, » dit Robert. (Ibid.;p, 76 et 87.) » Mais il n^cut de la fortune que des rebuis « et des conlrelems. d {Mém. de Cabbé Amauld^ part, ii, p. IS:). -—Voir aussi Tallemant, t, ii, p. 299, eïMém, de Lanceiot, t. i, p. 300.)— Quant ù Robert, il eut trois frères qui atteignirent Tâge virif: « Tun, lieutenant de la nicstre- de-camp des Cai^abins, très l>ien « fait, et qui avoit beaucoup d'esprit et de cœur, fut tué en 16^9 « devant Verdun. » (lbid,j p. 65.) Le plus jeune était le célèbre docteur; l'alné des trois était Henri, Tévéque d'Angers, que leroi avoit d'abord nommé, mais qu'il ne put maintenir à l'évéché de TonI ; il refusa d'être visiteur général en Catalogne. Il n*eût tenu qu'à lui d'être cardinal.* (/6td., p. 67, 68 et 69.) - Enfin Robert, l'aîné de tous, épousa la lîlle de M. La Boderic, qui fut ambassadeur d'Angl«terre« et que tout le monde (excepté le roi) désignait comv[te seul capable àa remplacer Villeroy au ministère. (f6tV/., p. 95.) — Robert lui-même, simple conseiller d'État, faillit être demandé pour intendant des finances par l'assemblée des notables tenue à Rouen en 1617 ; mais Luynes le joua (ibid., p. 116), faillit lui oflrir la place

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de secréUire d'État [Menu d'Am. (tAndiUy^ p. 133), et loi oflrit la place de secrétaire du cabinet, qu^it refusa. {fbitLfpwU ii, p. 135.) 1! i^efma ensuite fort noblement la même charge d'ioteodant qu'on lui offrit pour le détadier de soi| ami et protecteur Sdiombeiv {ibid., part, ii, p. 3)> à la disgrâce duquel on Taccuseit d'avoir contribué (Tallemant, t. ii, p. 313) moins noblement, celle de secrétaire d'État, qu'il pensait obtenir sans bourse délier (ibid^, part. I, p. 161), et qu'il n'obtint plus^ malgré les promesses de Richelieu, lorsqu'il voulut l'acheter. (Ibid,, part ii« p* &0.) Enin il hésita entre la place d'intendant générai de la maison du duc d'Oriéaq», qu'il occupoit, et celle de contrôleur général des finances, qu'on lui oSrpLt. 11 fit donner celle-ci i son oncle maternel, M. Marion, président an grand-conseil, et perdit la premiëre..(/6t^«, p. 29, 38 et 56.)— Déduction faite des succès, le» mécomptes imaginaires ou réels l'emportent de beaucoup^ on le voit, dans les destinées de cette famille, qui au sein du monde ajoutait ses désirs i ses droits pour escalader la fortune, et qui au sein de la retraite (où Robert écrivait ses Mémoires) transformait ses échecs en griefs pour la consolation de son amour-propre. '— 11 faut terminer ces remarques, ainsi que nous les avons commencées, par une citation de M. Sainte-fieuve : « Que de réductions semblables, j'ima- « gine, si nous avrons en toutes choses les moyens de confrontation! a 11^ ne nous manquent pas pour d'Àndilly... et je ne m'en ferai pas a faute avec lui. » ( Port-Royal, t. ii, p. 2^8.)

A4'appui de l'assertion de Tallemant, qui accuse comme no«8 l'avons vu (p. 9, n. 1), d'Andilly d'avoir de la vanité à t^even^ dre, assertion dont cette note est le développement, nous po,ur« rions citer un passage du P. Colonia et du comte de Briefinç {Dieu des livres Jansénistes, t. m, p. 53), si nous ne nous étions (ail une loi de ne jamais nous appuyer de l'opinion des Jésuites et des autres ennemis du Jansénisme lorsqu'il s'agit d'apprécier cette doctrine ou ses partisans. — Cet excès de scrupule n'est peut-être pas de Fimpsu'tiaUté historique ; mais, à coup sûr, ce ne serait pas au Jansénisme à s'en plaindre.

Note E; t. i, p. 0 et Uà.

EXEMPLES ET GO^SEaS DE FAMILLE DONNÉS A D'aNDILLT.

Nous avons dit (p. 9) quel habile conseil d'AndllIy avait reçu de l'un de ses oncles, Tintendant Isaac, au moment où commençait

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