‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 33 sur 88 · GHAP* IV9 SECT. I> ART. I · texte numérisé non relu

GHAP* IV9 SECT. I> ART. I

Talné de ses fils lui était nécessaire ; et pour Fobteilir il multipliait les promesses. « Je fus trouver mon père à « PariSf portent les Mémoires d'Antoine; il me confirma n ses promesses, et m'obligea de ratifier le contrat,.- qui « étoit le plus grand tort qu'il pût me faire '. Il me donna t( cent pistoles, et je n'en ai jamais eu davantage K »

Ces cent pistoles furent le plat de lentilles de cet autre Esati ; bientôt il reconnut que c'en était fait de son droit d'aînesse. Et cependant s'il n'avait pas hérité de l'afiection de son père, il en avait reçu une dose d'am* bition qui, pour n'être pas identique à celle qu'aurait dû lui transmettre le sang, n'en eut pas moins de semblables résultats. L'année même où Robert, voyant la régente ajourner l'exécution de ses promesses, annonçait le projet de se retirer du monde [16i8], Antoine, à qui la régence refusait un brevet d'aide-de-camp ^, prit le parti de remplacer sur ses épaules l'aiguillette par le petit coUet — Cela ne lui rendit point les bonnes grâces de son père.

Alors il s'exila de lui-même à l'abbaye de Sainte

* Une note qui se trouTe dans les papiers de d^Âodilly prooTe que la terre dont 11 portait le nom avait été vendue par contrat du Si f^ler 1644. D'après les Mémoires de son fils il paraîtrait qu'on avait persuadé à celuici que raliénation était consommée dès 1643. (Uém. de tabbé Amauldt part, u p. 280.)

s « Ce n'étoit pas qu*il fAt avare ; on pouvoit Taccuser au contraire

• d'être lil>éral et même prodigue. Mais par mallieur pour ses enfans, fl t ne Tétolt que pour lui-même, et pour ses nouvelles amitiés, qu'en urt

• autre homme que lui, on aurolt pu nommer amours, avec assex de raison. • ( Ibid., part i, p. 68.)

s Mém, de Vabbi Amauld, part, i, p. îè3. ^ Ce n'était pas l'éloîgne* ment du mariage qui avait fait la vocation d'Antoine. <« J'ai toujours cru,

• écrivait-il à i'flge de soiiante ans [1677], que s'd 7 avoit une vie heureuse « sur la terre, ce doit être ceUe de deux personnes qu'un parAît rapport « d'esprita et d'humeurs unit pour toute la vie par ce saint lien. Mais « enfin je ne devois pas être de ces heureux. (Ibid,, p. 139.)

8 LES FILS D'âRNâCLD D'âNDILLY.

Nicolas d'Angers^ où menait alors une vie assez dissipée ' celui de ses oncles qui en était pourvu, et qui depuis, évêque d'Angers même, fut, ainsi que nous l'avons vu, l'un des quatre prélats les plus opiniâtrement dévoués à la cause du Jansénisme ^. L'ancien mousquetaire avait sans doute rêvé un cloître joyeux. Il s'éveilla au bout de cinq ans sous la crosse d'un sectaire. Ce réveil inattendu laissa sur sa physionomie quelque chose d'étrange et d'indécis, une sorte d'étonnement mêlé d'insouciance, et de joyeuseté tiraillée par le rigorisme ; le tout, empreint dans ses Mémoires, y produit les contrastes les plus piquants. A tout instant le Janséniste improvisé se trompe de langage et de chemin. Il n'arrive jusqu'à son oncle qu'en traversant les ruelles, et c'est toujours par quelques madrigaux que commencent ses actes de contrition ^.

Un instant toutefois la tristesse, une tristesse profonde, prévaut dans cette nature composite, et tout d'un coup le madrigal éclate en pleurs. Madame de Sévigné vient d' apparaître pour la première fois au semi-janséniste, (( amvant dans le fond de son carrosse tout ou- « vert, au milieu de Monsieur son fils et de Mademoiselle

^ Mém, de l'abbé Amautd, part ii, p. 8. « Nous passions une vie fort n douce [dans i*abbaye de Saint-Nicolas d'Angeis]. » (Voir plus haut, 1. 1, p. 257.) Cependant i'abbé de Saint-Nicolas avait eu d'abord la relléilé de réformer ses religieux, et avait appelé pour cela Saiot-Cyran à Angers, où ce'Ui-ci : «r en une assemblée de plusieurs ecclésiastiques et religieux, fut le « seul d^avis [sans doute avec Tabbé qui Pavait fait venir] d'introduire les réformés. » (Hecueil in-i2, p. 88.)

3 Mém, de Cabbé Amautd, part, iti, p. 79.

^ àiém. de Vabbé Amautd; Cf. part, i, p. 89, 183, 212, 232 ; part ir, p. 23, 88; part m, p. 1^8, etc.; et part, i, p. 236; part, u, p. 183 ; part III, p. 79, 100, etc. -« Cf. LetU inéd, des Feuguiéret, par M* flt Gallois t. I» p. 178 et 211,

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