‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 36 sur 88 · II. U · texte numérisé non relu

II. U

38 tBS RLS D'ARNADU D'AmXILLT.

a de lui dans les affaires du fameux Arnauld^ son a oncle ^ »

ARTICLE m.

Conclusion*

Nous souhaitons, dans Fintérèt de la mémoire du grand Amauld, que la dernière ligne de Saint-Simon révèle les motifs de Taigreur avec laquelle ce Père de rÉglise janséniste parle de son neveu, quand il en parle; et les motifs de son silence, lorsqu'il se tait. Car du moment où il est certain que le neveu ne partageait pas les opinions de l'oncle, s'il se trouvait que celui-ci se fût tu sans ces motifs, il faudrait lui en supposer d'autres quand il parle ; et avouer qu'indifférent lorsque ses proches ne partagent pas ses doctrines il ne se montre hostile envers eux qu'au moment où ils refusent de lui faire partager leur fortune. C'est donc à l'éloignement de Fabbé Amauld pour les inspirations du docteur que nous préférons attribuer à la fois le mutisme de celui-ci pendant quarante ans, et l'espèce d'acharnement dont il fait preuve, douze ans durant, dans les répétitions de deniers qu'il exerce. — Mais si son silence est un symptôme de mécontentement, pourquoi ce mécontentement n'éclate-t-il que si tard et à propos d'intérêts si secondaires? — Ici notre dilemme trouve une nouvelle application. Ou il faut avouer que dans la dernière partie de son existence le célèbre docteur n'agissait que par cupidité, ou il faut reconnaître que dans la première il se reposait sur un tiers du soin de gourmander la rébellion de son neveu.

^ Mém,, t IT, p. 47.

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Et qud autre eût pu la gounnander à plus juste titre que le përeide ce dernier, dont l'autorité dévouée s'exerçidt alors au profit de Port-Royal durant V intérim de deux dictatures tbéologiques? Comme père et comme dictateur, d'Andilly, sauf l'effusian de sang (il ne fut pas toujours si heureux) ^ tranchait donc du liwlius Torqdatus envers son fils & l'instigation d'un tiers; eti attendant que ce tiers, Graccbus Janséniste ', mit les biens du proscrit au régbne du partage^ — Ainsi Robert était^ selon nous, un père très peu tendre et un dictateur trop docile, n subordonnait ses droits, et abandonnait sonfilsé à la vindicte du metnbre le plus éminent de sa famille* — Cette explication est la seule que iious ayons pu trouver pour décharger, en partie, lamémoire duptee des rigueurs dont se plaint l'un de ses fils, et que l'autre cherche à

* Voir la êiei, ir eu ekap. ir, emuacré stt c|iiairiéine fils de d^AndHIjr, Mes de ViUenevre.

2 Qa*oii nous pardonne ces réminiscences romaines» que nons n^enasiont pas hasardées si les Jansénistes ne nous en eussent donné Texemple en appliquant aa grand Amauld et ft Pascal, dont Tantorlté atait ftdt sopprimer les portraits dans la collection des kommeê Ulmêtreê de PeminU (Perranlt ne s^occnpait pas toujours de Peau d'âne)^ le passage sui?ant de Tacite : Prœfulgebant Coiêiui atque Brutua eo ipto quod efflgieê eoriim non vi$e* bantmr, {Biogr» nnh, t* Perravl, Charles.^— « Je m^en Tais Imiter M. Pe« « Usson,écritNîcole auP.Quesnel, (Leitru^ t m, p. 200, du 5 aTrill692), c qui se vante de s'être créé un office de dictateur perpétuel..* Je ne puis c m'empècher de tous dire [à propos du livre de Rancé sur les étudeê nuH m noMtiques],,. qu*il yaura bien du $ang échaufé dans les congrégatioiii mo« « nastiques, etc. »— Mais d*aiUenrs qu*aTons-nous kesoin de ces avlorllés? M* Yillgmaînj rit mprit Am-nTnt, dont la noîsiAre qualité est le goSt exquis avqsei il doit des i(-propos toojoars heureux, D*a*t-il pas tout réeemaMnt encore comparé la fiinijile Arnauld à la tribu Uaudienne ?— c A Port-Royal* a dit-il, se trouTait presque toute réunie, comme uat tribu antique» celte fa« c mille Amauld, étonnante par la variété des talents et Télévation unironne Q des caractères. Si la différence des mœun permettait ce singulier parallèle, c on dirait les Appius de Rome, tous ardents, habiles, opiniâtres. » (Mélangée, Pi 958; De Pascal)

AO IBS mS D'AEMACIA D'AMmUT.

conjurer. Si on Tadmet, la responsabilité de ces rigaeurs pèse en partie sur le grand Amauld ; si on la rejette, elle retombe sur le seul d*AndiIly. Le blâme peut être partagé entre les deux frères ; mais il est impossible qu'il n'atteigne pas l'un ou l'autre.

Les lettres qui nous paraissent le faire retomber sur tous deux, le testament que nous en avons rapproché joint à une lettre de d' Andilly qu*a publiée H. de Monmerqué ^ et à une autre de Pomponne que renferment nos papiers^, sont d'cdlleurs les seuls documents qui concernent Antoine dans la collection que Robert a formée pour la léguer à son fils de prédilection. Il n'y existe que deux lettres de l'abbé proscrit. Dans l'une, il donne àPomponne des renseignements sur des démarches que nécessite la nouvelle position de celui-ci comme secrétaire d'état [16 septembre 1671] ; dans l'autre, il hâte la solution d'un compte qui intéresse leur troisième frère, de Luzancy. La première a dû être amnistiée par suite de Tavénement de la famille au ministère^; la seconde a été protégée par les factures des fournisseurs qui l'escortent. Toutes les autres ont disparu. — En revanche, la plus grande partie de la correspondance dont il nous reste à parler émane du marquis de Pomponne, ou se rapporte à ses intérêts.

1 Mém, de Coulanges, p. 869.

2 Voir plus bas, p. 50.

9 c Mon frère entra dans Texerdoe de sa charge vers le oommenoemenC « de Tannée 1672... Je demeurai tout Tété à Paris et & Pomponne, oA était « mon pérêf prenant part aux bonnes nouvelles qu*on y recevoit par tous r les courriers. » ( Mém. de l'abbé Amauld, part* iix, p. 184 et 186.)

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