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23(f LES P£TlTS-nLS D*ARlfAUlD D'AHDILLY.
Oa les déposa provisoirement sor des tréteatix, au fond des cryptes de Palaiseau. ' ' * Cependant leâ tombes de Port-Roy«l* n'étaient plus inviolables. Api^ celles des Amauld, on ouvrit celles de madame de LongneviUe et de madistme de Cooti ^; puis, à quelques jours de distance, celles de Le Maistre, de Sacy, de Racine et de tous ceux dont le Qom rayonnât à tnir vers les décombres '• Puis vin> le tour 'des morts* vulgaires, de» solitaires inconnus, des religieuses sans nom, des humbles serviteurs tte l'aUbaye [janvier 1712] ^ Alors ce fut un affreux assaut de profanations entre lès fossoyeurs ivres ^ et 1^ cbiens du canton ^« Ceux-li volaient leurs derniers lînceùlç aux cadavres que la
« «e quIiVdit liii^aiteie, tM., p. S9^] dopt la demvDéeiBérita oepcodut « les louanges de sa majesté. Le transport à Saînt-M^jr fut rejette oomac n ne podTant se faire assez secrètement... Ne forte tumultus fieret tu populo, n Pomponne fat le lien éMa^ povr cet sépultures, et la chapelle basse ou sM- M terraine des seigneurs de Palaiscau, pourvoi do ^épùl» en attariaot Is « construction d'un caveau dans régiisè de Pomponna . ir (Gutibert, Mim. chrdn,, t v^ p. 280.)— Sur. la punition du roi et de ceux qui avaient partidpé à la de^tractioo 4ePert*RD5al,>?olr GnUbert frM./t. m» p. 189, 164; BesDigne, HUt. deP.H^U m, p. m ; D, Gémeocet, HUt, de P. R,, l x> p. 96 ; lé JI<aiet7.id*IS, p. 589.) » x
1 ciiilbert, md., t VI, p. SS4. .
3 D. Oémeneet, Oki. jU P. K„ t. x, p. 17; Pabjié d^umute, Gémiêêem., etc.* a?ntits. du troiaiène §émi§$>f -p. i04 ; Guilberi; î^ié., U vu, p. lOd.
, s Gullbert, ibid.^ U vn,> 108.
4 Guttbert, ièid., t vn, p. 188.— Cf. p. 84; et Plnanld, HUt. a^Wff é£ la dernière perêécut, de P,R,, t. n, p. 891.
9 N Le» ouvriers chargea de Texécution n*éloient gnères en état d*éeoater « al |a nature al la raiaoa, étanV presque abbrati$ par les excès de vin. ' (L'abbé d'EUemarre, III* Gémiêêem., p.*f(Mi«) « Ces ouvriers bnvoient, « rioient» chantoient et se aiocquoient de ces personnes qn*its trouvoient « ainsi encllair. • (RdaUon du » février 17IS, Le Glerc^ Viei idif. ée P. R:, t. IV, p. 59.)
c L'abbé d'BUeawm, lU* Çémieeem.^ p. 105 ; Plnaûld, Bùit, dbrif, t. ai, p. 401 ; GMbert, ibid*, t, vn, p« 87-91.
CHAP. V, 'SECt. I, ART. II. 231
tombe avait respectés', et rendîfientla mort impudique^; ceux-ci se disputaient les lambeaux de chair à demi consumés'. Les uns, à travers un épouvantable ouragan qui déracinait les derniers 'arbres plantés par d'^ndilly*, fiachstient à cdups de bêche les membres raidis qui ne se ployaient pas au tombereau commufa -* ;
î « J'ai sçtt que Ton avoU troiif é le eoipi do frère hàkaé tk, eatier, f ue M TouTrier qui le déterrpH défit le drap dans lequel il ^loîl enseYeli ; puis, «r ayant tn que la chemiaftétolt anssi très bonne, il dépouilla et laissa nud « ee corpf, et cvpôria ee liage pour Mn wage.w4iei diltirettr» le recoa* • noîssant, malgré leur yn«9se, s'écrièrent : « Ali I te voilÀ dônc,LalsiiéM. I» (Gullbert, Mém* ckron»^ L m, p. 89 et 9^.)
S n ••••• Ils eûlcndifcilt ecs homaies diri' Ica sotifts les plus infâmes à « r occasion de meo^res ttBdâqn*ilt trwkiokoL,.* L'indéoanaeétolt porléi « si loin qu'un vlel habitant de Magny, encore vifant en 1754, iiui, étant « Jeune dans le temps de oette exhumation atbit été fbrcé d'y travailler, a dédamil publiquenent son tiontortn diM'vt que, s'il a? oif foula, il auroit « appris Tanatomie ; expressions qui ne désignent que trop la situaiidn dk u Ton laîssoit des corp^ de filles exhumés et sans linceuil, oq qui étoient à « demi pourris. » (Goilbert, ibié., p. S^ èC 8§. — CC Te Clerc, 'Vie$ édif, dé /'.a,t.iT,p. 5^.) ' • .
s « Ce quMl y avoit de plus horrible, c'est qu'U y a? oit des chiens Çét « Clerc, Viet édtf,, t tr, p. 59 ; dix chiens) dans régllse, ikccbpés à manger K les ebaiis qui fcstotent encore à ees nembres séparés des corps; et per« Il sonne'ne s'avisoi^ de les pbasser... » (Cuilbert, ikid,, t, ▼!!« p» VJé)
4 1^ C*éloit le jour de l'homme, mais non celui du Seigneur. Un ouragan « fiolent et ftirieux se fit sentlr-te même jour paf toute la France, et laissa a en tous lieux de^ marques de son passage... Les ratages fbrent si grands « à Port-Royal même, quoique' [if fùt situé] dans un fond, que tous les M arbres fhiillers en fuirent arrachés. » (Goîlben, ibid,^ t. m, p. 158.)
5 « On les met dans un tombereau, et, afin d'épargner les Toitures, on « les charge tant qu'on peut.'Ce qui est cause qu'à. chaque cahot il tombe « dans le chemin quelquefois une Ûte, un bras ou un pied ;.ce que les pas- M sans ramassent et enterrent sOr le bord du chemin... m (Guilbert, ibid., U VII, p. 88.) 0 Les fosSoyeuif hacboient les corps. .«'pour les faire tenir « dans des mannequins ou paniers..., sauf à laisser pendre un bras, une « jambe pu une tête... v {Ibid,, p. 92.) a Les fossoicurs ne prennent pas « seulement ta peiiie de lever un corps entier quand ils le trouvent, mais « fls le hachent & coups de bêche. » [ L*abbé d'Ettemarre, III* Gémiiaim,, p. 105.)
232 LES PETirS^FOS D'ARNAULD D*ANDIUY.
les autres en recueillaient .une afireuse curée d'entrailles K
Noud avons dit que le marquis de Pomponne ne recueillit rien de sa complaisance ; et cependant il la porta jusqu'aux dernières limites. Tout le .temps que vécut Louis XIV, les restes de Ba famille denieurèrent sur leurs tréteaur, et le caveau qu'on lui avart permis ne s'ouvrit point èr Pompojine. Peutpêtre aussi craignait-il d'introduire dans sa maison de plaisance des ombres vengeresses;- car, dix ans après, la mort du de&fructeur de Port- Royal, ceuxquien avaient fait la gloire gisaient toujours au fond des cryptes de Palaiseau ^. Il fallut qu'un visiteur étranger, auquel le marquis de Pomponne en avaût ménagé le-^pectacle, lui fit observer que ces illustres débris couraient le risque .d'être dispersés, ou même profanés, %i une mutation remettait l'église de Palaiseau aux Ynains de quelque fauteur d^i Molinisme '. L'auteur de cette réflexiên était l'un de^ secrétaires d'état de Louis XV, Le. Blanc, ministre de la guerre. «L'ancien brigadier, à qui elle n'était pas venue sans doute depuis quinze ans, la trouva judicieuae. ÉHe ensevelissait à la fois ses remords et ses hontes, et lui épargnait un caveau. 11 n'en écon(Mnisa pas moins sur les bières, qu'il
\ 1 « M* Btondel avance, dftns son supplément maniucrit an Nécrolofe de « Port-Royal; que les ouvriers déponUlèrentJe corps d*ttn prfttre [inoonna], M le (rainèrent par les pteds le long de Végliseo'usqu'au monceau où étoîent « tes corps; que lÂ, arec des pioches et aùti^ ônUls, Us mirent en pièce « ce corps que la mort avait respecté| et qu^ des chiens loi manfèmt les 0 entrailles. » (Guilbcrt, Mém, chron., t vu, p. 940
^ Suppl, au NétroL de P. R,^ p. 208 ; Guîlbert, ibid,, U TC, p. 980.
* Guilbert, i6iV« ^- Cf. Journal de Darêanne^ t, iv, p. 285* — iLe curé de Palaiseau à cette époque était M. Auder, qui mourut le 3 septembre 174^ (Guilbetf, t'^iV., p. 295. —Cf. le NéeroL de Cerveau^ jL ii, pr iSi ; la Os de W. de Caylu», évéque d'Auxcrre [parDettey], t, ii, p. 87, ^c)
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fit en simple bois,, et sur les inscriptions qu'il y déposa en simple parchemin *i ; mais du moins les corps ou les cœurs du grand Amanid, de <f Andilly, de la Mère Angélique» de la Mère Agnès, ceux de LUzancy et de sa sœur Angélique'de Saint-Jean, ceux de la fille de Simon-Nicolas lùi-mètne et de deux de ses sœurs eurent une sépulture^ — Ils eurent même une épitaphe, au-bas de laquelle rentralneînent d'une (5ofiscierice soulagée avait involontairement glissé un reproche et ùo aveu dans ce souhait suprême : Tandem requiescant, qu'ils reposent enfin * ! — Enfin ! comme ce mot doublement acéré clouait au marbre la tyrannie et la servilité !