SECTION II
l'abbé de pomponne.
'ARTICLB I".
Education de t abbé* de Pampatinei
L'abbé de Pomponne fut d'abord un peu mo>us et eusuite un peu plus selcvileiiue ne l'était son 4i'ère. CepeiH dant une éducation commune, agissant sur des esprits de même trempe, aurait dû modifier uniformément les caractères. Mais, nous l'avons dit,, cette éducation soù- Dftise à trois influences ne les subit point toutes dans les mêmes proportions. De là deâ nuances. Nicplas-Sîmon
avait dou2e ans lorsque mourut d'Andilly [1662-167 A] ;
1 Gnilbert, Mém, cAron., l. vi, p. 295. Qf. S. Siniyu, J/em., t. iv, p. 109. s Suppl, au NécroL deP, R,, ^, tîi, 9 Guilbert, méU, p. 294.
234 LE8 PETITS-F1L6 D'ARNAJJU) D'AfiMLLY.
Cbarle^-Henri h'qq avait que cinq [1669-1Ô7&]. Gdui-â eu avait vingt-cinq lorsque mourut le grand Amauld [169A]. Il devait le remplacer dai)s TÉglise, comme son frère devait continuer daps le monde la fortune de sa famille. Pomponne, en connnuniquant à toufi .deux sa prudence, transmettait plus particulièrement k Tatné les traditions de ^on père; et soumettait.plus volontiers le palné à la direction de son onele ; de sorte cpie chez le premier ce fut principalement l'ambition qui se combina avec la prudence pour produire Ips résultats que nous avons vus, et que chez 1^ second s* opéra le bizarre aœalgame d'une réserve pusiUanxme et d'une invincible opiniâtreté pour amener les résultats que nous verrons.
C'est à la correspondanbe imj^mée du grand Arnauld qu'il faut demander les preuves de sa sollicitude pour le jeune abbé dansle(][uel il voudrait se former un héritier Du fond de l'exil il surveille son éducation, se met en
correspondance avec l'abbé Raveçhet ' *son précepteur,
1 OEuvreê dudocl,Afnaul4f U iv, p.. 3, lettre MXtxvn, da S9 avril 1694; p. hl% lettre mxlix, du 4 juin 1694i et p. 53. — Cf. Eloge de Vab^ dt Pomponne, par Dacier/Jtf^m. de Caead, de* Imcript.^ L xxvii, p. 256.— Par un sîi^ulier^ hasard, Tabbé Ravecbet, qu^avaît choisi M"* de Footpertiiis, cette amie* commune de Pomponne et,dû grçnd AmauM (0Euvre9 de celut-el, t. IV, p/52, lettre litr, du 18 j\rin i69h), pour élever rbéritier de UMU deux, 9e trouvait dans dea cooditiiNU telles que le père el ronde de son pupille 4>oi\yaient les souhaiter. Instruit par les Jésuites et partiaan fougueux de leurs doctrines dans sa jeunesse, il se montrait alors Tun des défenseurs les plus opiniâtres et les plus emportés du Janaéntsme ; plus tard même, llabbé de pomponne, sçn élève, mats ooo son émule en.couratei comme nous le verrons bientôt, /bt obligé en ami plus politique que ckré^ f tes, dit le biographe janséniste de Ravechét (NécroL de$ appelans, p. 50 ; voir cependant Journal 4fi i^pnanne^ t ii, p. 565),' d*enfenner chex aai œ dernier pour IVmpécher d*aller en Sorbonne, sous Louis XIV, prolester contre la bulle Unigenituu Apnès la mort de Louis XIV, Ravechei fut élu K}'ndic do fa facu'té de théologie, et accueillit en cette qualité le fameux appel d(^ (iiiutre év£'qiiis(5 mars (717). Les quatre éréques furent exilés, le
,GUAP. y, SECT. II, A&T. I. 235
trace sou plajD d'études- et choisit jusqu à ses lectures ^ 11 les lui choisit agréables : a }1 vaut mieux, écrit-il ^ « Ravecbet, qu'il s'applique à étudier des choses qui. lui <( agréent, quoiqu'elles lui .soient moins utiles, que ^e le « presser d'en étudier de plus importantes qui ne. lui « agréeroient pas, ce, qui le pourroit dégoûter des études 4c et le jeter dans la fisûnéaqtise^.^) C'est d'après ceprincipe sans doute qu'au lieu de mettre Jansénius aux mains du jeune abbé il lui conseille le^ Provinciales ^ ; mais ce ne saui:2Ût être d'^rës le Inéme motif qu'il hii déconseille la Sorbonne. -r. Q.ea ^vait un plus grave» .
Pomponne, alors dans la di^grâGe,*et louvoyant entte ses opinions et les intérêts de son avenir, avait pris pQur son deuxiëmç ûis un , de ces deini-termes dans lesquels son habileté s'était .tant de.fois réfugiée, U l'ayait |)lacé à rO}:atoire^, niais ^n lui faisant .suivre les cours de, la Sorbonng, L'.Oratcùre était à demi Jaiiséniste.^.laSorboone à demi Moliniste. Tout en pouitfuiy£»U les Jésujtes, celleH^i ne conférait ses grades théplogiques qu'en faisant signer au récipiendaire une censa^e personnelle contre le grand Arnauld?. Au. lieu de faire graduer (^ théologie son p^it-neveu, le doèt^un voulait qu'on le. fit graduer
notaire mis & la Bastille et 1^ sjndic expédié pour Saint'Brieax. En s*y rendant œlui-d mouTift le %k aTril 1717 dans Pabbaye deSéint-Melaine de Rennes. (NécroL d$ê apftékiM, p. 46; N4{roL de Cerveau^ 1. 1, |w Vè^.SupjpUwi» €ux Piouy, eccUê., 4 mars 1748, p»Z9i SuppL au.NécroL de P. R.,'p, 579; Jtntmakde Verdun, defén-ièr ft juillet 1717 ; Goutte dir i" mai ^71*}, etc.
1 œmveê iki doe$. ÀrnauUt, U nr, ik 7S, lettre «uv, eu Sô jnU!^ i'094.
3 Jbid,s p.* 5S^ lettre mly» du 16 juin J694t ...
»)«rf., p. 71.
^ BkL, U ni, p. SM, lettre occcfii, dtt 5 juin 109 1 .
5 Voir plus btut, L i, p. 392.. — CS. Larp^, Vie étArnauid, U u, p. 260, etc.
fi V&ir OKuvres du doct, Arnauld^ t. xn,'prért l>îsl* et critique, p. xxxvii à 4.\\\ï\ ; la seconde moitié du t. xix, ù dater de Ja p. 3U, et tout le t sx.
236 LES PBTITS-FaS D'AANAUID D'ANDILLY.
en droit canon : «Jl y proliteroit pour le moins autant, c( écrivait-il h madame de Fontpertuis, et on le mettroit « par là hors tlé danger d'être pressé de faire jamais ce « ^u'on avoue qu'il ne pburroit faire sans se déshonorer ; « car si son père yeaoit àmanquer, comme tout honune « est mortel, estyon assuré que sa mère, et ses parens de « ce tôté-là auroient la mêifte fermeté? De plus, si Dieu (( lui faisoit la grâce' de ne penser qu'à servir l'Église, « comme son état l'y oblige,' il est quelquefois nécessaire « pour celad' avoir des degrés. Or on n'en-peut avoir en « théologie, sans passer par où on ne voit pas qu'il puisse « passer avec honneur, llfaut donc se mettre en état d'en (( avoir en tbroit canonique. Et si on [le roi] s'en étoanoit, « et qu'on en parlât âji père, rien, ce me ïemble, ne seroit « plus honnête, et plus approuvé dans le monde, que d'en « dire là vraie raison.* Car il est -toujours demeuré un <( certain sentinsent d'humanité qui fait que ceux même « qui ont peu d'attçntibn à ce qui est juste ou injuste « en soi', approuvent toujours qu'un honnête honu&eait ce égard' à ce quf' tanche T honneur ou le déshonneur de a sa famille. Péutrêtre même que ce lui seroit une occa- « sion dé parler au patron [au roi] ; et en lui disant bonf( nement ce qui l'empêche de faire étudier son fils -en « théologie, faire -tembel'. le discours sur l'oncle et lui « donner envie de voir un petit livre [le Phantasme du f( Jansénisme] ', qui explique bien des choses» dont ce peut-être Sa Majesté n'a jamais été bie» informée. Il « pourroit aussi témoigner de la doideur de ce qu'étant « sj avancé en âge, il peut tomber malade dans un pays « éloigné où ses jflus proches seront privés d'avoir la
1 Œuvttê du docU ÀmmUdt U uv«
CHAP. V^ SEGT. n^ ART. L 2S7
« consolation do kù dire le dernier adiea ; que tout ce « qu'il souhait^roit est qu'il plût à Sa Majesté de trouver « bon qu'il pût demeurer incognito avec deux ou trots m de ses amis, où il j)ourroit être vu de très peu de per- 0 sonnest qui n'auroient garde d'en fûre du bruit. Je « crois bien que tout cela n'est qu'une vision ; mais m'éc( tant veau dans l'esprit en l'écrivant, j'ai laissé aller a ma plume ^ » Et nous aussi, nous avons laissé aller la nôtre à transcrire cette touchante visdon de l'exilé ; plus touchante peut-être, si le fantôme du: JanséiHsme ne s'y agitait pas au premier plan, en rel^;uant au second les douces imites de la famiUe : car, on le voit, à travers ses sollicitudes pour son petit-neveu, le grand Amauld poursuit obstinément le triomphe de ses idées, comme Pomponne la restauration de sa fortune k travers l'éducation de son fils: — Le pouvoir eât le but que leur coup d'œil -vise par dessus la Jiète de i' enfanta
Mais l'enfant grandira ; il lui faudra viser le pouvoir à son tour. Le grand AiBauld ne demande pas mieux qu'on l'y instruise. Il applaudit à un voyage de Rome qui doit y aider. II dévanoe le voyageur de ses recommandations dans les abords. du. Va^cau : a J'espère que (f vous pourrez lui beaucoup, servir, écrit-il Ji l'abbé du
« Vaucel, son principal agent près du Saint-Sié^e.i
tt en l'exhortant de bien employer le tems, pendant qu'il « est jeune; parceque c'est akrs queTon se peut rendre (( capable des emplois où on peut être engagé par la « providence de Dieu^...» Et ailleurs : «Il peut y avoir « quelque chose de trop humain dans le désir qu'a le
1 Œuvm d» docU Àrnauld^ t m, p. 58, lettre dgil, du lOjanvier 16bS. 3 Jbid.f t. IV, p. 60, lettre m, du 8 juillet 1694*
338 LES PBTITS^nLS D'AUAf}|.D D4IÎI>ILLY.
tt j6une abbé [de Pompo&ne]* de s'inâtruire de l'état de la « cour de Rome, et de son gouvernement ecclésiastique « et civil Mais la chose en soi est bonne ^;. »
ARTiaE II.
Vùbbé de Pomponne bénéficier et grand' seigneur.
' D'Andilly, qui dé soir côté trouvait la chute bonne en êOh et mèrrie'avec ses accessoires, n'avait pas perdu de temps pour y songer. A peine Charles-Henri avait*41 eu deux ans que son aïeul entretenait son père des bénéfices que l'en pourrait soUielter en sa faveur, a Ma femme^ te lui écrit Pomponne le 49 seiitembrei67i, nîie mande (I qu'eller^vous a fendu' conte de mille dioses qui ne se « peuvent eScrire. Je ne souhaitteray point de bénéfices à n mes enfans qiie je ne voie espérance qu'ils se rendront a dignes de les posséder et d'en bien user. C'est touttesu fois l'unique récompense que l'on remporte' presque i( aujourd'huy des services;* mais je la cmirois donnée a plustost pour lamine que peur le soustten de ma fa-
« mille, sy elle y passoit en des mains qui en fissent un « mauvais usage. .. » lyAndilly, tout émerveillé de tes sentiments, nt>te pieusement, la lettre où ils se manifestent de l'initiale G, qui signifie : A garder^ et comme cette lettre embrasse une' foule de sujets', afin que l'on
1 Œutreê du docU Ârnauldy t iv, p. 52, lettre mlt, du 18 juin 169^. — Cf. !• m, p. 760, lettré anv, du 39 mars 4694, et t. ir, p. 8, lettre Hiuni, du 29 aviil 1694 ; p. 48, lettre iixLvif, du 28 mai 4694 ; p* 47, lettre hilix, du 4 juin 1694 ; pt 49, lettre mlui, du 17 juin 1694 ; etc.
3 Voici le reste de celte lettre : « Stokolm, ce 19 septembre 1071. — c L'extrême salisfactiou-quem» femmo a rempqrté du voiage qa*elle veuoit
CBAP. V, SBCT. n, AEt. H. 239
ne s'y trompe pas, il la résume sur le reveirs par ces deux mots : Touclmnt bénéfices. Biais son admiration faisait probablenaent les mêmes séserves que les scrupules de son fils ; car.enfin celui-ci ne voulait pas se priver die l'unique réi^ompeme de seê gervices^ et lorâ^ue l'enfant eut atteint sa quinsiëme amiéë, le trouvant
de fUre à Pomponne a passé jusqnes à moy par le etote qii*efie m^en a rendu. La plua grande a é^ dé tons iToir nien mercy reCronvé en une parfailte santé, et ensuitte de n^avotr pas^sealement trouvé celle de mes enfansTort bonne, mais de les avoir trouvé avec touttes les qualités tiui peuvent en rendre plus content à'ieur ftge; C^est un avantage que j*attribue principalement à Téducation qu*il2 reçoivept i^uprez de vous, et dont je yous rends encores de nouvelles grkoésJ^avoir bien voulu ne leur pas ester [voir plus haut, t ii, p. 119j.~Pour le reste de Pomponne, des avenues et des plans, ma femme m*en ftiit un sy beau portrait qu*elie augmenteroit encore Tenvie qiie je p*ay déjà que trop fort^de les revoir. Mais il ne faut touttesfois pas se la mettre tfo)> dans la teste, par le chagrin que Ton anroit sy l'on la.voioit long4emp8 sanf socoei. Je suis im aiie de la satisfaction que M«^de Sacy a teamoigné des estude$ de mon fils. Sy ceste malbeurebse'fièvrq ne revient point cet hiver, j*espére.qu*il regagnera le temps perdu. Voicy bientost le .tour de Thoinon [plus tard cbevalier de Kalte] à commencer à apprendre. Pour les deux petits bollandois, dont je suis bien aise de Vous voir cqptent, ils demeureront longtemps inutiles. Ma femme me mande, etc.. Lolottjs [plus (ard religieuse A Gi fc Malqoue et è Chelles] a sans doutte prefiité dans le Toiage qu'elle a fait en UoUande. S<m.espiit sV est adoucy, et comme elle a naturellement inclination pour lire et pour apprendre, elle s'y est insp-uitte de mille cbosei. Je crains sei^ément pour elle l'air de rudesse et de peu d'bonnesteté où elle r^, et qp'il ne la rejette dans une crierie et des desmeslés peu honnestes qui y ^ont natqreb. Je luy ay fort dit de s'en préserver, et je crois qu'elle le fera. Elle a tognu une manière de vie toutte opposée. — J'apprens que le mariage ^ue M. de La Vcmelie proposoit, pourroit bien ne se pas (aire ; mais la difiiculté semblé venir des parens qui l'en avoient chai^gé et qui changent peut-e^ de pepsée. Ainsy cela nliroporte. — Je ne puis encores voir du jour quand je sortiray d'icy. La longueur est fort naturelle en ce^te cour» et le roy et la reine qui sont allés depuis huit jours k une chasse fort esloignée de ceste ville n'en reviendront pas de quelques jours. — ^Je ne sçarois point l'accident de M. Marfn. Je luy cscris, et à M. de La Rochefoucault » Au dos : « G/ touchant bénéfice. ■ •
2&0 US PSTHS^POS D'AUliu&D D'ARDILLY.
sans doute sui&saniment digne d'un bénéfice, il lui fit conférer l'abbaye de Saint^Mûxent, à Poitiers ^ qui valait quatorze mille livres de r^tes [ 8 septembre 1684] 2.
Le nouvel abbé obtenait cette faveur en même temps que son' frère, Nicolas-Simon, était créé coloneP, deiu ans après que son père eut été créé marquis ^, au moment où les piïrsécutions redoublsùent .contre le grand Arnauld, dont le roi voulait fsdre siû^r la personne dans les Pays-Bas \ Sans doute Pomponne n'avait pas eu as-
}. Gazette de France du 80 septembre 16ï4f P« 668 ; Ga^^» ckrUt., t. ii, col. 1263.
3 La ctêfdu grand PouUté de France, U i, p. 47* * '
s Voir plus haut, L ii> p. 21S, n* 5.
^ La Chesnaye Desbois, Dût. de noldeêu^ y Pomponne.
s OEntree du doct.Àmauldf t ii, p. 466, létt: cccctci, da 9 oetobra 1684; p. 469, Ilelt ccccxcm, da 18 octoiire 1684 ; P* 488, lelt ggccictii, do S8 novembre 1684. — c On engagea M. fle Pomponne à demander dfrecleihent au « roi le relopr de soli oncle, et la permission de le recevoir chet lui. Cette « démarcbe n*aYoit rien qui pût compromettre celai qal la feroit ; le roi ne « poliYoit pas désapprouva que M* de ï^omponne écoutant la voix du taog « réalamftt la liberté d*un vieUiard privé dans un ppys éfranger des secoars « i|ue son 1^ et ses infirmités lui rendoient nécessaires! M. de Pomponne à « qui lacbose Ait proposée répondit qa*il s^intéressoft^vivement h la sîlnatioa « de son^oncle; mais qu'il n*éU>it pas à portéie de faire une pareille démarche, « ni d*obteniroequ*on désiroit qaMldemandât^ que depuis sa retraite [do ml- « nistère en 1679] H n'atfoit plut de considération à ta cokr^. » (Laiiière, Vk dyAmatUd, L ii, p. S08. C^ pi 192-196 H p. 206*2I7.)— « Pour faire « voir que ce fut la seule nuiuvaise volonté des ennemis du ministre *[ de « Pomponne] qui lui fit-perdre sa cbai^e,-!! suffit de remarquer, qù^ayant « eu ordre du roi de Tuller trouver quelques jours aprèsj eomme U voalat «( témoigner à Sa Majesté qa*il étoit bien malbeureux d^avoir eoooar« sa « disgrilice, quoique sa conscience ne lui pût rien reprocher; ce prince « TarrèU tout court à ces roots, et ttai dit qu*ll n'étoit pas vcai quil eût « encouru sa disgrâce, et qu*il le lui feroit bien voir par la manière dont il « ogIroiL— En eflfet il le fit coucher sur l'état comme ministre avec one pen-
tt sion de vingt mille livres^ et se stmcint de teê enfant «(if^m. de Dm.
Foué^ p. 490*) *
CHAP. V, SECT. n^ ART. U. 261
sez de crédit pour obtenir -quatre grftces à la fois ^ et le docteur avait assez de résigoation pour voir comment on escomptait aux siens sa disgrâce. .-^ La seule chose qu'il ne leur eût point pardonnée, c'eût été de^s'écarter de ses principes. Ils étaient, .nous le^savons', d'une excessive rigueur en matière de bénéfices. Sa haute intégrité n'admettait point le cumul. Lorsque le jeuqe dignitaire eut atteint sa vingt-quatrième année, il obtint Fabbaye de Sûnt-lkkëdard de Soissons, en même* temps que son frère aîné fut promu brigadier ^ Mais il se démit de celle de Saint-Maixent ^ Le Mercure ffalant nous dit ce /pi' il avait gagné au change : a L'abbaye de Saint-Mëdard « de Soissons.[qui vaut trente mille livres de rentes]^ <i est une-des plus belles 'abbayes de France, et qui n'a (( jamais esté piossédée que par des princes et des cardi* (( naux ou* des évesques. Elle relève immédiatement du '( Saint-Siège, partage les droits épiscopaux av^c Févès- (( que de Soissens, et dpnne droit de séance au chapitre K.de la cathédrale. Mais xe qu'il y a de plus agréable ce pour M., l'abbé de Pomponne, c'jsst que la jurisdlction (( et les terrés de cette abbaye joignent celles de M. son (( père à Pomponne. Ainsi elle approche .un ^l digne fils
1 Toot ce qpe fit Pomponne en- faveur de son onde, xe fut de ft*infonnerites projets hostiles du gouveniement. contre la liberté de celoi-ci, et de lui indiquer lesjieux d*où il pourrait le mieux s*en garantir. (Œuvres du dœt, Arnauld, t. ii, pi 170, lettre du IS npTembiê 1682.)
2 Voir plus haut, 1 1» p. S54» 278, et. t. ii, p. S5.
8 La nomination de Tun est du SI mars, celle de Tautre du 1*' norembre 1693. (Gaxeiie de France du 7 novembre 169d, p. 578 ; yoir plus haut, t. II, p. S2S; GalL chriêt, U ix, éd. hî%'^Mercure gaUni de novembre et décenâwe 1693, etc.)
4 Eloge de Tabbé de Pomponne, Mém, de VacwL deê JmcripL^ t. xxvii, p. 255.
s La clef du grand Ponillé de France, U if, p. 99.
242 LES PEnTS-ms D'AKNAtJLO l/AlfbnXT.
« d'un père illustre; au lieu (fu'auparavant il estoit obligé (( de passer une bonne partie de sa vie dans le fond du « Poitou à Saint-Maixent^ dont il estcdt abbé, et dont il « a remis l'abbaye, n'ayaht jamais voulu posséder deux a béiiéfices'à la fors, par un principe de piété qui est hé- « rédita'ire à cette iflustre maison ^ » Le Mercure eût été plus exact, sans cessée d-ëtre galant, s'il avait dit que ce principe de piété, que cette délicatesse de conscience étaielit personnels au grand -Arnauld; car après la mort de celui-ci et 'avant celle de Pomponne, Tabbé de Saint-Médard fut ilommé AumAnier du roi attaché au duc de Bourgogne^ sans résigner cette fois son autre bénéfice [lôflS] 2, . ' •
La perte qu'il -fit de son pè'ré Tannée suivante ne fut point fatale à sa fortune comme à ôelle de son atné. « Après la mort du marquis de Pomponne, le marquis « de Torci, son gendre, étoit devenu ministre et secréa taire d'état pour les affaires étrangères. La bienvcîl- « lance du prince |H*évint 1^ recoftimandation du' minis- «tre; le roi: lui ordonna d'ouvrir ses bureaux à son « beau-frère, et de le former aux négociations. Il des- « cendit même, en faveur de l'abbé de Pomponne, à des « soins de détail; il daigna jeter les yeux sur son tra- <( vail..; Le roi s'informeit'-de ses progrès; il l'examina, « ft TinterrcJgeâ lui-même, et, satisfait des lumières qu'il « avoit acquises, en .ce geure d'étude, il le nomma à (( l'ambassade de Venise^. »
1 Merture galant, décembre 1698, p. 86.
2 Gazette de France du 80 août 1698, p. 418 ; Eloge de Vuhbé de Pompoone, Mém, de Vaead, des Jnseript,, t. xxm, p. 256.
s Eloge de l'abbé de Pomponne, Mém, de Vacad. deê. înifripi,^ t. tzm, p, Î56 ; Jommal de Verdun, décembre 1704f pt 3a7| BWrt- 1765, p. 171 ;
GHAP.¥^ 8BCT. n, AHT. If* Ut
Dacier, à qui nous empruntons ee fragment d'unpa-^ négyrique de. F abbé de 'Poniponne> prétemd que son héros s'acquitta de cette mission avec le plus grand succès ^ Il parait que Louis XIV lui dut la vie de dixneuf mille hommes, pour lesquels Tambassadeur engagea sa fortune jusqu'à concurrence de quatre cent mille livres. Cependant la mission qu'il remplissait alors fut la seule dont ce prince le chargea ; mais en revanche, il le créa conseiller d'état* d'église [23 noveoibre 1711] ^.
jMiileC i705, p. srt jUTi«r I767> f. i9$ m A 1740, p. 997 ; Gateite de Piraiwê, 14 ftnîer 1704 ; tS mai et 5 juin t705, etc. — Après le panégyri^pie, I*lilstolre4 c Depuis le retour de Charmont de Venise, le rbi, mécona lent de eette répabHque.... n^j vréh envoyé personne. Par force sou- « ptesaes:.. ils se raoeomiDodèrent avec lé roi. L*abbé de Pomponne Tidl- « Kssoit dans' hi charge d*auinôn!er de quartier. Le roi*s*étoit exp1i<tué « afantageiisement snr Inf, mais- que son nom d*Arnauld lui réi^gooit a tr«p dans rèpiscopat *pottr 1^ foire ja;nais monter, n ftillut 4pnc se c tourner affleats. n étoll bean-frère de Torcy. Pomponne, son père, hif a avoit faH mettrele net dans ses papiers avec Tagrément du roi; et H con- « tinocVt de même avec Torcy; il avoit déjà été d Rome [on le voit, la a choêê éiuii bonne en fo£] et en diverses cours d*Ita1ie.-Tout cela ensemble « le fit choisir pour Vambassade de Venise, et il remit sa place d^aumônier. t [Nous la lui retrouverons dans hi note suivante.] {Mivu de Saint-Simàn, t. vm, p. 59.) — Pomponne sortit de Venise sans successeur» comme il y était entré sans prédécesseur immédiat (Cf. Saint-Simon, t xiv, p. 2S2.)
4 Mém. de Vaead, des 7n$eript,, t xxvii, p. 357.
) Journal de Verdun, janvier 1712, p. 89 ; Gazelte de France du 5 décembre i7ii; — « L*abbé de Pomponne, revenu de son ambassade de H. Venise et de ses négociations en Italie, vieitlissoit tristement dans le seff cond ordre, aumÔniër du roi. Cela étolt ftcheux à un fils et à un beauff frère de ministres,' qui n*y étolènt pas accoutumés, et qui croyoient, pdr « les manTab exemples récents, les premières places de TEglise faites pour <f eux. Torcy, tout limide qu'il étoit^ ne le put digérer plus longtemps. l\ n tCy avoit rien à reprendre aux mœurs ni à la conduite de son beau-frère ; <r mais le roi ne Idi avoit pas caché son invincible répugnance à placer le « nom dlAmauld dans un siège épiscopal. Torcy se réduisit donc à la resf source que le chancelier avoit procurée à l'abbé Blgnon, son neveu, que c la dépraTation de ses mœurs avoit exclu de Tépiscopat. La place de f conseiller d'état d*église, qu'avcrft le feu archevêque de Rein», n*étoIt
2ft&. JXS PEJ1TSrFIL9 D'AINAOU) D'ANDDXT.
Aiodi le grand Arnauld aydt eu rsûson en présageant que le droit canon profiterait au moins autant à son petite-neveu que la théologie ^ — Mieux valait le Conseil d'État que Texil.
L*abbé de Saint-Btédard, Taumônier du roi, le cou-
t pM remplie. Torcj-fit enoon parler le roi sur Mm beàn-frèie» qui s^eiplit qna comme il a>oit déjà fait lorsque cette exclusion enits^a Torcj d*emf ployer Tabbé de Pomponne en Italie ; mais en même temps le rdi en dit c du )iieû et témoigna être ncM de rcmpéeliementdirifflant. Là démos t Torey tonma court sur la place, de oonmiller d*état et J^obUnt sar-le> t champ. L^abbé de Pomponne sY donna tout entier, ftinte de mienz. et
• eu prit Toccasion de. quitter sa ^ace d*aum6nier du roi. • (Méwi, et Sainf-Simon, U x?ni, p. lîli.) Cette place coodbisait d'ordinaire si inftiiUlbiement à Tépiscopat que le Journal, de Vgrdum (décembre i704« p. 887)« annonçant la nomination de Kabbé de Pomponne à rambaidc de Venise, le qualifie d*aimidRter de êa majuté en attendant une préUiJtwre* -^11 faut reconnaître d'ailleurs que Tabbé n'«ut Tambitlon dé la préiatore que jusqu'au moment où, par une autre Yole, il eut assuré sa fortune, t Dans la suite, dit son panégyriste (Mém. de Vaeaâ. des Inscrifa,, L nm,
• p. 255} i lorsque M. le duc d'Orléans, régent du royaume, lui olùit Té» t Tècfaé de Rhodes [vacant le 25 férrier 1716, par la mort de Philippe de t Lésé de Luiignan, GalL ekriat,, t i, col. 2SS] il n'eut pas radrciia de c concilier les devoirs de l'épiscopat avec le tendre attachement qui le lloit f à des parens qu'il chérissoit et dont il étoit chéri. Il 's'avisa de balancer «4'un cdté les règles de l'Église, et l'exemple de M. l'évéque d'Angers, son f grand-onde, qui avoit renoncé à>sa patrie pour s'en faire une de sa ville « épiscopale, et de l'autre la douce société de sa famille ; ce dernier attrait c l'emporta, il refusa l'évèché. a-^Le panégyriste oublie de dire comment son héros concilia -ses principes sur la résidence avec ses titres d'âbbé de Saint-Médard et de conseiller d'état II oublie encore de. rappeler qu'après avoir reftisé m février 1716 une dignité ecclésiastique d'abord si ardem* ment souhaitée, Vaifthé conseiller acquit dans le mois dé septembre suivant une dignité mondaine, qui^lui fit échanger quatre cent mille livres contre le droit do porter un ruhan. — Or quelle conclusion tirer de ces faits, sinon que l'abbé de Pomponne n'avait de vocation que pour la fortune, et de scrupules quç par respect humain?
t Voir plus haut, t ti, p. 236. Le docteur Amauld était plus qùB personne à même d'en juger, lui qui avait reçu jadis de Saint-Cyrah un conseil tout contraire à celui qu'il donnait pour son neveu ; car, engagé dans Tétnde du droit, c'était Saint-Cyran qui t'en avait détourné pour le laire étudier en théologie. (Mém, de LancelotyU i, p. 520.)
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seiller d*état, d' était doucement habitué au cumul; et« ne se trouvant pas saus âDute suflisamment4[)purvu, il acheta de Torcy, son beau-frère,, la* charge de commandeurcbancerier-garde^les-sceaux-et surintendant des finances des ordres du roi'. 11 la paya quatre cent mille livres ^ — Cette fantaisie de dignité fie lui coûtait pas plus ^e la vie de dix-neuf mille hommes. — Aus^i l'Académie, qui ne disposât alors d'imcumprix de bienfaisance, crut-^Ue devoir l!afilmetti*è gratuitement dans son sein» Il fut nommé acad^icien honoraire des inscriptions et belles^lettres sans avoir écrit une page '. Heureux «homme I il obtenait comme bomplémeqt de ses dignités* un titre qui,- atfx yeux de la scieitce, eût suffi: à les remplacer toutes. H le mérita toutefois, après TavoTr reçu, en T^stimant à don véritable prix ; car il ne vit rien au dessus,- et pour-ne pofait deseendre ir enraya sagement sa fortune. Par tempérament) d'ailleurs, il n'était point enclin à* en épuïsef les -chaûces. En vain celle-ci s'était fait comme lin jeu ironique et provocateur d'approcher* le dernier des Arnaùld de tooiesles gloires» Son favori n'avait jarmais pris de la gloire que les bénéfices assurés, sans courir le moindre danger pour les auginenter.
Héritier' d'un nom illustre, il Pavait obscurément effacé derrière d'autres noms illustres, dans chacune des
1 « Torcy Tendit quatre cent mille livres* sai eharge de chtiiceUer de « rardre, ayee pepnission* de conUDue^ à le porter, à sûvbean-fiiènrabbé « de PoBipoaoe, qui cfbtlnt en' même temiM «a breratite retenue ilenrois « «eut mille y Très dessus. >* (Mém. de Saint-Simpm, U nri, p. 2841.— Cf. Gmzetie itt France du 5 décembre 1716 ; Journal de Verdun de novembre 1716, p. 381.)
3 II siégea pour la première fois le n avril 1743. (Jour»^^ ^ Verdun, juin f748» p. 466$ Mim^ de Vncad. du Imcript,, U xxvli, p. S56«— Cf. t. XVI, p. 8.
il. 17
2A<1 LES PETITS-FU.S D'ARNAIILD D'ANOILLY.
dignités qu'il avait obtenues. — Cette abbaye de Saint- MaiiQnt dont son adolescence avait' été dotée, Richelieu et le$ deux frèréa du maréchal d*Humières ' l'avaient possédée .immédtatement avant lui ; son successeur y devint archevêque de Tours K — Après; aveir hérité de Richelieur chose bicarré I le petit^fils de d^Andilly hérita de Mazarin.. Seà devanciers à Saint-M^ard avaient été ^ oêrdmal et son petit-neveu, Philippe de SOiVoie, .le frère du célèbre prince Eugène'; son héritier .y fut k cardinal de Bemis *• — Celui-ci le remplaça également jau conseil d'état % où l'avaât précédé Charles-Maurice Le Telli^r, * archevêque de ileims \ — Il succéda comme chancelier de l'prdre au neveu du* grand Colbert, qui fut, aussi bien que âon oncle, vingt ans mînisU^ ; il ladasa cette digniti^ à PhelypeaiOx de Saint-Florentin, qfiile fut un demi^-siêcle \ r^ Enfin, Itii qui n'avût rien écrit, 0 remplaçadahs le savant fauteuil l'abbé Bignon^ et y /ut remplacer parle marquis de Paidmy^, tous deux membres de plaideurs académies , tous' deux bibliophiles passionnés ; le premier vendant sa bibUothèque pour
^Ibid. ' ' '
» tbià., t. «, col. 4iî. • •
4 VBnrope eeclé»* on Ététt du eUrgé en 1757, pt 241. > Cf. Âlmanadi royalj 1756» p. 135, et 1757, p. 155.
• i^m^Ml ift V<rrfiii»/J«ivkr,171f, p. S». ^te47M^àl776; ^
• ÈtémdêVneadé'ém hueripi^, U xvi, p.«S. H était apiii ràtedéiDle àmmàeiÊC»(ikkL, p. 309) et de racadénie fniKiJM (Mu. tk Paeûd, eu êcl»nu$, élagt de l*aMié BigiiOD, par Mainli, 1743, hliL, p. iSS) ; enfin il éUit de l'académie de peinture et de lenlptutt. (Ma., Pi 139. ^ Cr. Jmttnai dm uumnU, août 1746, p. 477.)
3 BÊim. de Cûêêd. du J^«cr^., t. ht», p. 5» M« de HiilBiy dttdl lement honoraire de ratad6mle dei sciences.
CHAl». V^ SECT. U, ART. Ilf. M
mieut coiffiyerver celle du roi', le second reifdant la sienne digne d'un roi poui* miefux la conserver*; tous deux auteurs féconds, célniH^i publiant tantôt quarante volumes en trois ans^, tantôt soixante'-^cinq en moins de huit^; celui-là enrichissant dé ses travaux tous les re-^ cueils érudits^f et compilant à la ibis quatre panégy-* riques de S. Louis; pour en prononcer deux lemême jour denrant'deux de ses quatre académies^.
. AftTICLEvm.
L'aëbé (k Pcmfonnt éditeur non respênsabk.
Il faut lé dire cependant,, si* l'abbé de Pomponne n'écrivit pas, il imprima. 11^ se fit l'éditeur .dçs Slémoires de sa famille ^ ; mais en cola même il ne s'écarta point de sa U^e de conduite, «t produisit dans le monde littéraire les œuvres des siens» comme il. produisait leur nom dans les dignités, k peu près incognito. Cette fois encore c'était de la i»iidence, non plus émue' d'aipbition, içais réconfortée d'opiniâtreté ; car. si l'astre du courtisan, s^ns.trop s'écarter de la lignô intennédiàire tracée par Pomponne, avait quelque peu dévié du cercle où Teût enfermé le grand Amauld, pour s'élever jusqu'à celui qu'avikit tenté de déorire.la fortune de d'Andilly, • dans sa vie littéraire le docile abbé, indina plus particu-
1 Mém„ tk Cncad. dei fmeriphf t. xti, p. Zlh^ei CaiaL âei tivra tmyrittUê de la èikUofh. du rol^tMolof « 1 1, Mèto* liM», p. lti. •
2 Mém, de Caead. deê InêctipU, U xltii» p. 385. S Bibiiotkn dez Romane, 1775-1778.
4 MéUtngeê d^une grande btbliotMiiuè, 1779 à 1787.
B et Quènird, France Hitéraire et les rtCdeUs que noas^énom de c^ler.
* Méru de Caead, deê êekneee, 1749, hist, p. 187.
7 Voir Tilppf fi<<f<^^ note Q.
248 LES PSTlTSnLS D'âRNâULD D*AI(DILLY.
lièremenl; sa course du point où Peut maintenue d*Andilly vers celui auquel Veut, ramenée de préférence le célèbre docteur. Ainsi pendant'les vingt-deux dernières années de son existence [17S&-1756], saAS prendre d'autre précaution qUe celle de rester dans l'ombre, il produisif au jour, sana discontinuer, la plupart des documents od le$( siens avaient con^gné les* services rendus par eux, soit à l'état; soit au Janslénisme ; et, satisfsût d'atteindre son but avec moins *d' éclat que de succès, il servit sans trop se compromettre sa cause et sa famille. Ce fut d'ubord à d'Andilly qu'il vint en aide. Depuis trente ans,- Le Yasser, Biayle, -^mard, Desmaizeaux avaient porté à la réputation de ce dernier les plus rudes atteintes qujB renouvelaient incessamment les éditions de Bayle, où elles étaient consignées''. Eh vain celui-ci avait adressé dès le principe une espèce de défi à la famille de d'Andilly et à ses partisans. « Vous n'ignorez pas, éçri- « vait-il en l70i à Desmaizeaux., que te. famille Arnauld a a des amis qui ont la plumé bien forte, soit pour attaiX quer, soit pour défendre ; je crois qu'ils ne se tairont « points ^ » Pendant trente années la famille Arnauld, représentée par lé marquis et par l'abbé de Pomponne, et les fortes plumes dont elle disposait avaient gardé le silence. Deux Jansénistes 1^ rompirent enfin; "Sougerel eC Goujet reçurent communication des Mémoires de d'Andilly et en publièrent, l'un des fragments ', l'autre le texte ^, celui*là joignant aux fri^ments un plaidoyer, celui-ci au texte une préface, pour aider l'aïeul des Pom-
t Voir plus ha al, 1. 1, VÀppendice, Qole C«
2 CJEnvfVf ie J^oyl^, t. IV, p. 646.
s Biblioik^ raison, des ouvrage» de» »apant»f U v, p. 356/ et t. %i, p. 7l«
4 Mém. de me»»ire Bobert Arnauld d^AndiUy, 1734.