‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 63 sur 88 · II. M · texte numérisé non relu

II. M

%l(^ LES REUOIEUSES DE tK FAlOfU ARIAULD.

« dans sa conduite, avant qu'elle fust en chaj^e, ee n'a * u esté que pour Téviter qu elle a ainsy affecté (en certaines « occasions» et mesure à l'égard de nous toutes ' depuis « quelques années) de paroistre de cette humeur, se sera vaut de tous moïens pour nous éloigner de penser à tt elle. Et elle y ayoit si bien réussy, qu'il y en avoit très a peu qui ne fussent prévenues sur son sujet, et qui «n'appréhendassent de la voir ,ep la place où eUe est. tt Cependant Dieu aïant résolu de faire un si grand don tt à cette communauté, a tellement réuni nos esprits dans (i son électiop, que jamais il n'y en eut de plus unanime « que la sienne. L'expérience que nous faisons de plus fi en plus de l'utilité de son gouvernement en i^ dé- « trompé plusieurs. J'en guis une, comme vous sçayez, ft mon très cher père ; et c'est de quoy je ne sçaurois

fi rendre à Dieu assez . d*acticms de grâces : Credidi fi premier quod Iocuèus. sum. — Sœur DornuuE, rali-tt gieuse indigne, r^ 31 décembre 1678. «

' ARTiaE n,

Cmrespendance inédite de ta Mère Agnès.

Ncttre dépôt,, d'où feette lettre est extraite, n'en contient aucune de la première Angélique, mais a dû contenirtoutes celles qui, dans les trois volumes imprimés de sa correspondance, sont adressées à son frère Amauld

^ Qaani àla sœur Pomitilk, amie du docteur Arnauld, la mère pouYait avoir envers die un motif particulicir de froideur, si Ton en croit Racine:'" M. Amauld, le plus -souvent, n^avoit nulle voix au chapitre. On le «t crojoit trop bon ; et c'étoit atfsez qu'il dit du bien d^une religieuse pour « qua Ton n*en fil plus de cas. Ainsi il prânoit fort la sœur Gcrtmde ; tt la « mère Angélique de SaintWean se retio>it d'elle. • (Fra$nu $mr P, iL, OEuv., t VI, p. 299.)

OBiP. TI> SKI. I^ AtTt n^ $h 311

d'ÀBâiUy* <-- En revanche nous avons tronvé^ hors des layettes él# la oolleoUon» un reeueil manuscrit qui très probableBDent en a fait partie (nous na saurm» Tafl^r^ mer eependant < ] , et qui renferme la copie de troie ce«l quarantettrois lettre» inédites de la ïnére Agnès^ Des trois abbesees de: sa faiJiiJle» Agnès est ht mc^ns eoQUtie par ses œuvres et par «sa eorrespondancet dûnl quelques firagsrartsàpenie.QBt été rendus publics^ Ceux que oontient nétre. manuserit soët adressés à difféf entes flOBfurs de Port^oyal» à des religieuses étrangères^ à des daines bienfaitrioes^ enfln à des péàitents qui haUtaient aett à ParlSf soit aux champs» les dépendanees de la eélâbre abbaye.

S t La MM Agnès et ses religieuses.

Les fetti^es destinées aux soeurs de Port-'Royal efflrènt eomme une curieuse échappée par où Ton peut plonger dans la vie intérieure du cloître péititenta Cette vie, si èH attentive et si recueillie, s'y révèle dans toute son humilité, dans toute sa vigi^nce, dans toute sa soumis^

taon, et av66 ses sedes Mtes, qtil sortit àtà ne pas atteûi^ dre la perfection. Agnès né s'épargne point à diriger

f n estHiflMlé Lèîtreit âé É>hfetifeé\ tt[digîêUéê9\ de' Plàf^-^niô^i Iff^ ié tlO» 1^, et aft feuillcB. L^édvltiirs esl ofM d^ ce&les <|«i ^e fetiwfiTfiit W^gàm frécpiemment dans les copies fipiites par les religieuses de Porl-Royal ; la reliure est en Ycaii granit. —Manquant de preuves sufbsantes pour rattacher, «e reCHeil am papiers de la fediUla Aimalé, dont nmià r^tlsitt» traaté sépttré) Dons ravoiis isseni aa caUlopie daa Msa. son^ 1« n* Bis 6», des JEMU$ lett.Fr.

^ Le plus grand ftotnbfé se ItàtrtR dmts îe l^ei êéif. de P. B,, feeuëStiéi par Le Clero. (Cf. Mém, de la M. Angélique^ t.'i, et t. lî, pofjtm, t. m, p. Sif , 361, etc. ; le Beewii in-13, p. 833, 519 ; HiêU des Persétmt, p. Ut 4S» S77, 9«i, l^iAcin, (et., r^UO^^U H là* A» P^ 'iU n« Ss p. 43; I. ii, ■• •> ^ SMhSOdt n« It^p^ AI.) .

Ïi2 LES RELIGIEUSES DE LA PAULLE ARHAULD.

chacune vers ce but. A celles-ci ce sont de tendres proches, à celles-là d'habiles conseils, à toutes des encouragements. « Chaque fois que je vous rencontre, (( écrit-elle à ^une^ je vous trouve plongée dans la <( mélancholie, et cela est fort pénible à voir. Et ne re-

(c levez pomt ce mot de pénible pour dire que vous estes « bien marrie de donner de kt peine, car ce n'est pas « pour cela que je lé dis, et c'^est le moins que je puisse « faire de porter un peu du l)eaucoup que vous souffi^ez.

a Ce qui me fait plus de peine t'est que je vous

« trouve un peu esloignée de la disposition d'enfant « dans laquelle vous dittes qjue Dieu vous met pour mon « regard. Un enfant n'a point de dei&ance ny de réflec- « tion, et vous en estes toute remplie. Vous m'obcervez « beaucoup plus que je ne vous obcerve.... Un enfant « dit ses besoins quaivl il en a, sans attendre qu'on le « prévienn<3^ et je ne sçauroîs obtenir devons que vous « demandiez à nous parler, n'ayant ce dittes^vous rien « pour dire x et vous portez escrit sur le visage ce que a vous devez, commimiquer, et vous en avez l'esprit si «plein que vous n'avez jamais tout diti appelez-vous «t cela estre. comme un enfant? »

« Il faut que je vous réponde » , écrit Agnès à une autre sœur \ « sur ce qtie vous dittes que vous n'ettes que (( trop cincère. Il est vray que vous dittes quelquefois ccvos sentiments lorsqu'il les faudroit suprimer par (( mortification, afin de ne les dire que par humilité, et « fidélité à se faire connoîstre. C*est le motif qui fait la « vertu, et non pas l'action. H ne suffit pas pour estre

1 F» * J8', lettre ccxnii. -

2 F* 9d, lettre cLXiuf à la sœar AnfjéL de Sainte-Agnès de Marie de la Falaîre, morte le 9 oct. 1658. (D. Glémenôet, iSsU deP.R.^ p. 867 eC 891.)

GSAP. YI^ 8BGT. I^ ART. n» S L 313

a sincère de. dire tout ce qu'on pense, mais il le faut fc dire au temps qu'il faut, en la manière et pour la fm « que Ton doit. Le temps doit estre le plustost qu'il ce « peut, hormis quand la passion est esmeue ; la manière, « simple et sans prévoir ce qui en arrivera ; la fin, pour tt estre connue pour telle qu'on est, et par conséquent hu* « miliée, car on n'a rien 4 dire qui ne tende à cela. C'est « là la sincérité (fue-je vous désire... » — Ainsi un peu de tristesse, trop de. sincérité, voilà de .quelle nature sont les penchants qu'Agnès trouve à copibattre ou à diriger dans ses sœurs.

Parmi ses novices, il en est une, sa nièce, la fille atnée d'Amauld d'Andilly ^ qu'elle surveille avec sollicitude, qui lui ouvre son cœur, et vient s'accuser, de^vant elle : a Je ne m'ettois point aperceue, lui dit-elle^, que vous tt eussiez rougy ; et quand je l'eusse remarqué, je ne a m'en fusse pas mise en peine, ne croyant. pas que vosa tre paix intérieure tienne à si peu de chose, quoyque tt ce soit vostre principal défaut de la laisser souvent tt altérer, ce qui diminuera à mesure que vous devientt drez plus humble; car vostre timidité ne vient que « du contraire, à quoy vostre rumine contribue pas peu^ ; « vous m'entendez bien, ma sœuf..«. » Charmante innocence qui vient s'accuser de rougir } Profonde sagacité

1 Sœur Catherine de Sainte-Agnès. (Voir Jfe'm. detaML Angélique, t ni, p. 489.; Elle toi noTi)x de 1680 à IW. .-

3 F* 115, lettre oxcin*

' Le nom était bien poar qaelqne chose» mais point )a timidité, dans ces paroles d*une antfe sœur de la novice, de la mère Angélique de SainMeân, à qui en 1664 on demandait son nom avant de Texpulser de Port-Royal :'<i Je c le du bien haut êan» rçu^ir, répond-elle, car dons nne telle rencontre c*ést c quasi oonfesser le nom de Dieu, que de confesser le ndtpe. ^t (Relatiof) de la captivité de la M* Angélique de Saint-Jean, dans les Âctest (eit, Retdt,, n« 5, p. 8.) ' • .

Mft LES lUtLtOlBBSES BK LA PlMUftE âlVAULD.

qui analyse U rougeur d'une enfimt, et, pénétri»! de répiderme au cœur, trcmve eoudain qudle pulntiou la fiutépaneuk'!

S II. La Mère Agnès et les religieuses étrangères»

La eorree^ofidiuice d' Aguès avee deà rdigieudes ëtran^^ gères ourre à nos regards* un autre aspect; Port-Boyal s* y révèle dans ses relations extérlôtires, avee les orages qui le menacent et les persécutions qù* il endure. Quatre^ ^ngts lettres à madame de Foix, coadjutrice de Tab^ baye de Notre-Dame de Xaintes^ contiennent à ce sujet des renseignements dont f histoire peut faire son profit Mais ce qu'on h'y 3aurait trop admirer, c*est le calme placide, la douce quiétude, F inaltérable charité que éoneerve la sainte abbesse m parlant de ses persécuteurs. <f Se TOUS diray , ma chèfe mère , écrit-elle le a 26 avril 1661, que nous sommes montées d'un degré M dans Testât de personnes suspectes et calomniées, en « ce que Ton en vient maintenant aux effets. La première a chose que Ton a, ftiitte contre nous a esté que le roy a « ordonné à messieurs les grands-vicaires de nous oster « nostre supérieur et nos confesseurs, et d'en mettre a d'autres qu*ils luy présenteroient pour les agréer*. Les « graHds-rvicaires r'^pondirétit qu'ils n'avoient pas ce tt pouvoir là, nostre supérieur nous estant donné par « M. lé cardinal de fiets immédiatement Le roy ne se c( satisfit pas de ceste réponce. Il leur commanda de « mettre leurs taisons par écrit, et de les donner à M. Le

1 FraAçoîsc li.î de Foix. (GalL ekriêi., U n, col* ilSI.)

2 Aiém, de FoiKtotne^ I, u, |i. 19S } Hist. des Per§é€ut., idaUoa ée ce qui s'est pettsé k Porl-Royul ilepuia le eomaenoctteni d'avril IMft JM^v'ka 29 avril 1663, p. i-82, cl les interrogatoires, p. 83-187, etc.

CHAF. TX, fiEGT. 1, kWt^ Ut $ lli SiS

« Tellier [son confesseur}, pour les hiy eiiT6yêr $ cette « répoBoe ne partît que d'hier 26 ) et conune je ttof « qu'elle n'aura point d'efifet, lea voye^ csnohiques vc^ 41 nant à manquer, on Tiendra à la Violence pour exilât « ceux qu'on nc^ nous pourra pas ester.' Il est inutile, « ma cbère mère, que je voius témoigne la peine où nous 4c soUunes sur ce point, puisque tous la oonceTrec mieux « que je ne tous là pourroîs dire, et que je n'ay inten^i* « tion que de vous dire simplement les choses^ sans les « exagérer, à Timitation de l'ÉTangile qui rapporte la a passion du fils de Dieu, en disant seulement l'histoire, « sans blasmer les personnes qui l'ont exécutée ^ « . « • ; et a pareeque .le traittement qu'on nous fait est infiniment K audessous de celuy qu'on a exercé enTers Jésus-Christ, « nous sommes encore beaucpup plus obligées û'ea « parler aTSC toute la modératioD qui nons sefa possible, ic Nous apprismes la t^temiëre nouTelle mééredy dei>n nier ; le samedy sùiTant H. le Ueutenani civil, et Mi le « procureur du roy au Ghâstelet Tinrent de Ift pàlt du (( roy nous faire commandement de rendre toutes Mh a pensionnaires à leurs parens, et cela danà trois jours « avec deffence d'en plus recevoir à l'avenir, ny pour les « élever^ ny pour les fsdre novices. Ils ont mesine escrit

1 « SoUTMèi-roas de cette exoellenfe remarque de Itolll. île Bbint-Gjrnm t « que tout rÉvangile et même la passion de notre Sauveur est écrite dans « une très grande simplicité et sans aucune exagération, m (Lettrée de la M. An^lUfwê, t. m, p< 5S6, lettre Mxtxnii, ea cheralferde Séitigné^ ea date du 46 mai i6fi.) « PermcitteiHOoi, mon très cher {nerea]/ de vous ûftt m que vous employei toajoufs des expn^ssiaBé trop fortes, aussi bien que m moi| oomme fourberie, barbafie, tes méehanSf vendm ^ ta ctnir, etc. Je ff vottdroift que nous eussions autant de Min d*évlter ees termes el les m eipreMons contre la charité, qae^iioas avoiis'soiD daller «eOès qui se^ m roleaf contre li modestie* j» (iM,, t ui, p% f Of ^ lettre Miiiesiivi^ ft Ant Le Mabtre, du S7 mars 1650.) • .

SI 8 LES RBUGIBCSBS DB LA FAMILLE ABNAtXD.

a le nom des filles qui sont dails le noviciat, c'est àwdire « les postulantes, quoyqu'ils ne nous ayent encore rien « dit sur leur sujet. Mais il y a lieu de juger qu'elles a passeront comme les petites filles qui estoient an nomce bre de vingt et un. On a aussy compris celles de tt Port-Royal-d^Cbamps où il à «stéun commissaire tt faire le mesme commandement. On ne sçauroit s'imatt giner la douleur de ses- pauvres enfans qui fait fendre « le cœur. Toutes les personnes quji- se rencontrent dans « le dehors de la maison lorsqu'elles sortent ( ce qui ne (( se fait que l'une après l'autre), en pleurent de pitié. « Mais c'est encore pis des postulantes dans la crûnte « qu'elles ont qu'on n'en vienne jusquës à elle. Nous attt tendons tout ce qui nous pourra arriver de plus, avec tt le plus de soumission qu'il nous est possible, dans l'esa pérance que Dieu nous veut éprouver, et non pas nous « abandonner entièrement ^ d Toutes les quatre-vingts lettres sont écrites durant la persécution ; aucune ne dément' celle que nous venons de citer presque au hasard.

S m. -La Mère Agnès et ses amies.

Vingt-neuf autres lettres d'Agnès, datent d'un temps meilleur, et sont adressées à deux bienfaitrices de la maison, mesdames d'Aumont^ et de Chazé'. Ici l'aspect

1 Ff 455« lettre ccxltii.

2 Anne HuraaU de€l»eveniy. (Néarol de P. R.» p. 487; BeBoigne, Hist. de P. R., U I, p. ^96; Mém. de U Af. Ângéiiqw^ t i, p. S47, 260» 597; t. u, p. 47, 70, iOO, iSl, 8S6.) -tM*« d*Aumopt dit: « Je m*aoooiiiiiiode « mieux de la M. Agnès [que de la M. Angélique]. » {Ibid., p. 329, 395.)

s Sœur Lée-Magdeleine de Sainle-ElisabeUi Bochart de Champigoy. {NécroU de P, R., p. 456 *, Bcsoigne, .ffi»t. de P. A., 4. m, p. ii ; sa vie écrite par AngéUque.de Saint- Jeao, liederc, Vkê é4if*t t lUf p. i;ii^« de U M. ÀngéUquk, t ii, p. 4S&0

GHAfi. YI, SBGT. I, ART^ H, S BI* ^17

change. Ce sont toujours les relations de Port*Royal, mais avec le grand monde et en temps de paix. Ce que la gratitude a de délicat -se confond avec ce qu'une honnête aisance a d'ingénieux. Un bienfaiteur, c'est, pour nous servirdes expressions d'Agnès ellei-mème» un Jésus- Christ visible qu'il faut paf fumer <te ses affections ; et les affections de la sainte femmci se répandent vraiment en parfums. Son âme cahne et sereine exhale sa paix suave en une douce'gaieté. « Nous sommes arrivées fort a heureusement, » écrit-elle à Madame d'Aumont' durant un voyage qu'elle fait à Port-Royal-des-Ghamps [vers 1652] pour visiter les trayaux d'assainissement et les constructions que l'on y exécutait par la munificence du duc de Luynes ^ : « Nous sommes descendues devant a l'église, qui nous a remplies d'admiration de son fi changement qui la rend û majestueuse et si dévote a que rien plus. Je vous ay trouvée au pied de l'autel, €f parceque c'est à peu près l'heure que vous avez àccou- « tumé d'y estre, n'estant pas encore six heures... L'on c( memonstra [ensuite] la sacristie, la nouvelle diappelle, (( le chœur..., puis l'on nous condpisit dans Saint-Ber- » nard ^ par une nouvelle gallerie par où V onvoit encore le » ciel aussy bien que la terre, sans qu'il^soit besoin d'où- « vrir lés fenestres, parcequ'il n'y en a point. Mais cela ne « me fait point de peur, car tous les vents séroient ranci gés en bataille, je ne les craindrois point avjec notre <c grand voile. Le bruit s' estant répandu* que la mère

1 F» 87, lettre lxxix.

2 Besoigne, Bi$U de P. R., 1. 1, p. 834, et L ii^, p. iSl. . •

s Voir la description de Port-Royal qiy se trouve -dans Besoigne, Hi»L de P. it, t. III, p. 320, tiMém» de la M. iiita^/ioM, L ji, p. 366 : «.La chambre de Tabbesse, (pii est celle de S. Bernard.** »

tl8 LES BEIl&IIDSBS 0£ LA MIHLiE AâSàULD.

M Agnès estoU à Saint-Bçmafdi ma sœur Margunite* « Gertrude ^ ae mit à genoux sur sob Uct pour essayer si ii elle &e pôaroit point venir ^Jusqu'à nous. Je caams «jusqu'à elle* d'étant point lasse. Je la trouvé fort « mal et fort changée, paide et la vdix tremblante, quoy- « que s(m cœ|i> feut fort espanouy. Je demeure là, ma u chère sœur. «» Je ne vouq dis point ce que je vous suis* « Vous la viendres apprendre, s'il vous plaist^ vousfc mesme^ si vous voules le sçavoir. »

Une autre fois c'est Madame d' Aumont qui s'éloigne de Port-Aoyal, et la mère Agnès lui écrit? : « Vous sçavez « que la privation irritte le désir; c'^st pourquoy je ne « bouge d'auprès de vous la nuit et le jour. La nuit « Hiesme j'estois couchée auprès de vous, et m' estant « réveillée, j'ay voulu vous baiser la main ; mais à ce « faux réveil le véritable ayant succédé, j'ay trouvé qu^il (( n'y avait rien d^e vray, sinon que je ne vous verrez 41 poiM... Nous devons eatre bien aise qu'il y ait plu- « sieurs chemins de l'éternité, afin d'en pouvoir renoon- - (( trer souvent quelqu'un. Nostre ëloignement en est un, if et j'espère que vostre retour en sera un autre. Je vous « donne le bon jour, ma très chère, et le beau jour, car <( jlesents à la splendeur du soleil rayonnant dans vostre « cabinet^ où je suis dans un repos aussy grand que je a vous le désire en tontes les parties de vostre corps et « de vostre âme. » Ne dirait^n pas qu'ici les parfums d'affection s'impreignent d'une senteur poétique en s' exhalant à la double chaleur de l'amitié et du soleil?

Dix ans plus tard. [1661], cette figure douce et illuminée delà mère Agnès est toujours aussi douce; mais

& Marguerke de Sainte-fiertrilde Du Pré^ aorte le b juillet iSSe. 1 F« 33, lettre luui et i^ S4» lettre ttaaf*

leB aimées et les persécutions ont fait plus d'ombre alentour. Ce n'est plus la clarté radieuse du cabinet de son amie qui resplendit dans ses lettres \ c'est une lueur plus tendre peut-être, mais aussi plus voilée ^qui s'y reflète au fond de sa cellule plus, assombrie. « Je me rends, « écrit-elle à un solitaire de Port-Royal ^ je me rends à « l'avantage que vous avez sur moy qui, en qualité d'une et pauvTQ, ne puis refuser sans orgueil les aumosnes que « l'en me veut faire.' Il m'est arrivé depuid peu de jours « une disgrâcej c'est la rupture d'une lampe qui m'avoit « esté donnée avec autant de charité qu'il vous plaist de <( m'en offrir une encoris plus belle et plus durable^, et

« si lumineuse qu'elle me servira d'un soleil de nuit

a Puisse Jésus-Cbrist vous rendre la lampe d'une de» Cl vierges sages I »

S IV.. Lsr Mère Agnès et le cheraUer de Sévignè.

. Le solitaire auquel s'adresse le billet précédent est le chevalier de Sévîgné ^ Blanchi dans les agitations des

^ F* SOO, lettre ccGxxn

s Le bon chef aller troufait sans donte fcïTooeflsion de plaeer une ]tfin|»e que lui avait reAisée le S7 janvier de la même année {16(^1] la mère Angélique en lui disant : < J*en ai une de dix sols de lequelfe je me sers dec puis vingt ans avec de Thuile à brûler qui n*est pas de noix pare, mais c mêlée avee de moindre dont Je ne reçois depi^is tout* ce iems aucune ë ineommoditéf non plus que toutes nos sœurs'qui n'en ont pas d*autres. » (Lettrée de In M, Angélique, t m, p. 511, lettre mxx.) A défaut de lampe, Texodlent chevalier avait voulu offrir de l^uile, ce qui d'après la l^tre précédente indiquait pins de bienveillance que de jugement \ « J^ -vous remercie, c lui répond Angélique, je vous remercie très humblement de votre 'huile. « J*en ferai un meilleur usage que vous ne Voulfez, là faisant brûler devant le « Saint Sacrement. » (IbiéL, p.' 513, lettre Mxxt; du 7 février 1661.) '

• NéeroL ife A A., p. 115; Nécrol, de Cerveau, t. m,* p.- 158 ; Racine, J[|{ff. tteliê.i t. xij p. 543 ; D. Glémeûcet, Hist* de P, R», U vii, p. 547, etc.

320 E£8 BBUGIEtJSES U lA PAIOUJB ABNAtLD.

camps, c'était à Port-Royal que celui-ci- avait demandé son repos, ou plutôt un meilleur emploi de son activité ^ \ cinquante ans, il lui avait fallu se faire une seconde éducation, remplacer l'emportement par la douceur, la hauteur par l'humilité ^ et, pour suivre son office, apprendre un peu de latin ^. Oncle de Madame de Sévigné, beau-père de Madame de La .Fayette^, il serv.ait de copiste à Sacy ^ ; et pendant qu'il forçait celui-ci ê^user de ses chevaux et de son carrosse ^, il allait se promenant abrité du soleil sous un parasol qui le faisait suivre et moquer des enfants \ Ils ignoraient .ces enfants du peu-

^ Mém» de Fontaine, U li, p. iSi*

s IbiiL, L II, p» 444. «Son plus grand .défaut étoit un certain air impérieux i que loi avoit donné sa noblesse et son commandement dans les armées... i II Yonlut lirre dans la dépendance, avec la soumissioa d*un cnfaoL..

> Ayant toujours jusques là asseï aimé la déKeatesse dans son TiVre, il «cultiva rab^tiuence et la mortification dans le manger. •• Mais ce qa*on c admira le plus, Ait )a douceur qu*on lui TÎt avoir pour ses domestiques: c car il leur avojt été. toujours extrêmement dur et f&cheux. Cependant à « Ibrcerde se combaUre, H devint si- bon envers ses domestiques que aea

> infirmités l'obligèrent dé garder, qu'il les servoit presqu'autant lui-même c qu^l en étoit servi. »

' NéeroL de Cerveau, t. ni, p. 456 ; Racine, iRei. ecelés., L xi, p. 544, de

4. c M"* de La Verne [plus tard M-« de La Fayette] étoit [à Angers] avec c mqdame sa iBère,4ui.avoit épousé depuis peu M. de Sévigné, auparavant c chevalier de Malte... » [Mém» de Vaùbé Àmauld, part m, p. 39.)

B« Ménu'de ÈoHiaine, L ii, p. 444*

« Ibid., p. 448.

"7 f «i. n se comeoloit d'aller prendre Pair au jardin des Capucins... Il « n'y ovoit qu'une incommodité, qui est qu'allant là avec son parasol, de c peqrdu mal de télé, les petits enfans, qui n'étoient pas accoutumés à « voir un. homme ainsi coêlTét le.suivofent avec quelques cris désagréables. « Sur quoi il damanda à M. de Saci, s'il ne feroit pas bien de se faire < suivre de son valet de chambre, pour battre régulièrement la mesure, «lorsque ces enfans commenceroieul leur musique, et pour leur faire c changer de ton. Il est vr4i que ce cas de conscience fit rireM. de Saci, et « ^ue M. de ^Sévigné comprit que le meilleur seroit de ne point battre si

> dévotement ces enfons qui ne feroient que s'irriter davantage par uo « traitement qu'ils n'atlendoient pas. » {fiUm^ de Fontaine^ t. u, p« 443.)

pie que le soldat pénitent, plein de miséricorde pour leurs maux, avait jadis recueilK Fun des leurs aii milieu d'une ville saccagée, et que, le dérobant sous son manteau pour sa part du butin, il l'avait^ieusement adoptée Mais Agnès le savait, et la plus pure comme la plus ted-^ dre amitié unit cette femme au mâle courage et le vieux guerrier aux entraiUës ma];emelle8. -

Celui-ci avait voulu <}ue la sainte recluse lui donnât le nom de frère ^. «Puisque Dieu fait la volonté de ceux «qui le craignent,, lui écrit-elle', il est juste que je fasse (( la vostre, en vous appellant mon frère en Jésus-Christ, ce qui est l'alliance qu'il nous commande d'avoir les uns f< avec les autres. C'est.ce qui me fera toujours prendre o part aux avantages qui vous arriveront pour vous rena dre de plus en plus enfant de Dieu et frère de tous ceux « qui luy *appartiejDnent dans la mesme qualité. . . »

Un autre passage nous révèle mieux, encore les motifs et les conditions de cette douce condescendance: a Nous a demandons à Dieu cette divine charité qui se rend la (( dominante de nostre cœur, de nostre âme et de nostre <c esprit ; en sorte qu'il ne nous reste pour les créatures ce qu'un rejaiUissement de cet amour, encore ne's'àra reste-tril pas à elles, mais il retourne à ^on'principe, ce comme le rayon ne se sépare, point du soleil, encore « qu'il éclaire là où il semble que ' le ^leil ne soit pas, (( estant fixement attaché au ciel pendant q\ie sa clarté « se répand sur la terre. Et c'est ainsi que l'amour du c( prochain ne doit point détacher de Dieu, mais seule-

1 BÊim. de Fantainet t. n, p. 442. "-GC Àctef, iett^ reiat.j t. n, n* tii, p. 176.

3 Cf. Lettres de la M. Angitique, t m, p. 499, 501, eijc .s F« S05, lettre occxuix Mi, '

ftas LES KflLipinwis» w lA Hfn» mmdld.

u ment désirer d'attirer avec neua cou de qui kt te&- « dresse noue touche davantage, «fin de les réunir à ce (( divin principe ^ • m

C e3t à Fort-Royal de P^ris (fue il étsii Booée cette fra* ternelle a|ieGtîo», Le.elievalieF denSévigné a'y était coba^ truit une d^meur^e^ où U eâpérait .tenuiueF ses jovn^ Mais Torage de IQQàf qui lui ecleva Agsto et Sacy« lui rendit aa demeure inu^e. Tantôt Sacy du haut das tours de la BastUle le voyait enrei^ au bas. des qtu», soapaMsoi à la main^ exposa noa jplus cette fois aux iires de la populace^ mais aux injures des sbkes^y liravaqt tout pour rencontrer un des regards du captif. Tant&t c'était Aginès, exilée, à Port-Royal^des-Cbampa, qui Tapieréevait sur les limites du déserta démodant qu'où lui permit de s*v

^ F* 160, leUre c€Lv, du 9 M'ptcnibM i6«4f à V"^ de Xaintei.

2 Lettrée ée laiL Angélique, U uit 1^ k^- r" ^^ ^*^'» h ^'^h 306, 555, etc. /

* Mém, de Fon faine, t. n, p. hhh* — Cf. Acteê, ietU,re(af,, t. tr, n* tin, p. 57 ; 00 IX, p. 47.

4 c On ?oyoit iiuçlquefois des aipis [du haut de] cette teiraïae [où U étoît I pemiis à M. de Sac/» de se promener], ou le Ion; de la porte Saintc Antoine...* Le pauvFC M»de Sévigné, qui y Teqoit quelquefois au dehofS f de la ^asUlle, eut le déplaisir d*jr èUe maltnûtéf car étant man. par » malheur avec un parasol.*, il fut bientôt apperçu et Ton en donna avis à cunofficiet, qui^ s^imac^nant que ce parasol étoit une chose trop eitraor* s dinairc 4ionr ne 'pas marquer, quelque signe, envoya deux di-9lei| i comme les appaUa ce pauvre Monsieur, qui s'érigèrent en soldats et qui t lui demandèrent ce ^u^il faisoit là et qu*il se retirât au plutOt La nature

• souffrit un peu dans le iboaieiit, et, se souvenant encore du vieil faornine, f U parla à ces personnes de Taiv du marquis de Se vigne, leur demnada c par quel ordre ils étoîenl si effrontés que de lui faire cette demande, et tqu'irieur feroit donnerMes étrlvières; et en parlant de cette sorte, il

• gagna pourtant le fossé. pour passer la rivière; et comme les aaties c étoiènt Gasconst ils vinrent redire au logis, non œ qu'il leur avell dit, « mais qu'ils lui avoient fait l>eaucoup de peur, et qu'il avoit liinUil « songé à s'enfuir, j» (B/flali9m 4f .^ prison dfi M, 4$ Sme$, pf» Qeilnyt, [pseudonyme de ï'odtainc], Le Clerc; Viet àdifu t%/sVff p. m^

flOA^ yi$ aecT. i^ art. n» ^ nr. SIS

établir t et qui lui écrivait ': « Au sujet du désir que vous « aves, et may avee vous, que yotis soyez habitant du détt sert..., je vous supplie très humblemrat de ne point tt vous.baster. Il est temps de pratiquer la dévotion des tt retardeniens que feu M. deSaint-Cyran recommandoit « tant, et qui est une marque, cooime il dit, qu'on agit u par l'esprit de lUeu, qui est .ennemy des précipita^ « ticms... » En attendant la réunion différée, une douce mysticité mettait ^^illusion à la place de la réalité : a C'a tt donc 'esté mon bon ange qui a mis le billet que vous a avez trouvé si bon en la^place du mien, où il n^y avoH s que fort peu de choses et de trèspetittes choses. Jevou«> « lois seulement vous dire que je prierois nostire Seigkieur tt Jésus-Christ qu'il nous attirast dans le désert avec « luy, et qu'il se mit au milieu de vous et de moy pour tt pou^ attacher à sa divine présence^. »

Enfin arriva le moment souhaité où le pénitent put échanger sou hôtel de Pari? contre une cellule dans la vallée où se trouvaient transportés Agnès et Sacy. Alors commencent les derniers beaux jours du vieillard, éclairés des lumières de l'un, échauffés par l'affection de l'autre* — Et le pauvre vieillard ne sait comment témoigner sa gratitude. Tantôt ce sont les quatre côtés du cloître qu'il veut bâtir à la fois, et Agnès qui lui écrites tt Cette magnificence m'a surprise. J'ay apréhendé que 9 Pieu nous tenta dans cette occasion, pour voir si nous « sommes fidelles dans la pauvreté qui ne nous permet « pas de désirer, ny mesme.d'âcceptet* que ce qui nous

^ Le 9 jalo 1069, ^ 17, lettre xnn.

> P« 45, vS lettre zzxi.

3 F» 20, lettre un, da SI juillet 1670. --rCir, Btsolipiie, Jliff. de F, II,, t, IT, !»• S9S, S94«

SS& USS BEUGIBUSBS DE lA PA1II£CE ABNAtJLD.

(( est nécessaire ; et nous craignonô'mesme que tous

« né fassiez- pas bien de nous l'offirir, au préjudice de nos « frères et de nos sœurs qyi sont plus pauvres que nous. « Je me promets que cette espèce de remerciment ne « vous dépléra point, parceque vous aimez la- vérité...» Tantôt ce ne sont plus ses richesses, ce sont quelques fleurs que le solitaire espère faire agçêer. Mais son austère amie lui répond^ : « Je vous remerdie très humblec ment de vos fletirs, à qui je* ne procureray pas une « plus longue vie, parcequ'ilne convient pas à des reli- «gieuses de cultiver. des. fleurs...*)) L'humble pénitent ne se rebute point. -=- Mieux avisé, il envoie dés fruits, et cette, fois son présent est accepté^. — Ses lettres sont scel-

1 F* 19, lettrt PMI, da SA ma» d07<k ^ Vair aoisi f* SO^t ▼* » la lettrecccxxiiï,* adressée à M. deSérigqé, et cjui a ce titre dans notre maniucrit : Que 'U$ aenteurê ne conviennent jhu aux pénitens, (CC Lettre de (a Mm An-^ géliquet L m, p. %9A^4ettrf4Qâ, du 18 noTnnbre 1660, aâ chevalier de Sévigné. ) Il faataTouer toutefois que les mortifioaltons d^Agnès en se privant de fleuBS étaient un peu mofns méritoires quelles ne le paraissent au premier aliord,& en juger par cette lettre quelle écrit le 1*' septembre 1669 à madame de Sablé, et qui se trouve avec vingt-quatre autres qu^eUe loi a également adre>8sée8 dans la layette de cette dame à la bibliothèque royale : « Tay « penhrPodorat dès]*âge de dix-huit ans (Cf. Mém de ta AL Àngétique, L n, « p. MS)« en la mesme manière qu*on le perd quand on a de grands nnaes ir à quoy j*estois fort sujette. Je pensois tousjours qu*ilreviendroit, mais n*ca (t ayant p6int de nouvelles, je .n'ay point couru après ; c'est à dire que je ne « Vif en syis pafi mis en peine,non pas que jen'aymeassèstouts les sens qui sont n nécessaires ùJa vie, mais je ne mets pas celuy-là du nombre; et vous ooiicla* et rei avec moy qu*on s*en passe fort bien, puisqu'il y a dnquante-huict a» « que j'en suis privée. Et; si j'ose dire ce que je pense, vous gaigneriez, ma « très chère sœur, à cette perte ti vous vous en serviez pour satisftire à « Dieu pour avoir pris' trop de plaisir dans les bonnes odeurs... » liais si la sainte fille ne «faisait aucun sacrifice en se privant de l'odeur des fleurs, elle en Ihiàaît un'eu'se privant de leur vue qui ne pouvait lui être indifférentè-4 car elle ajoute : « Encore que vous n'ayex pas l'odeur des fleurs i naus -ne laisserons pas de vous en envoyer autant qu'il y en aora ; car il « ne fitut pas punir vos yeux pqur vanger vostre odorat, t

' F* 179.v% lettre xxxniH du 15 septembre.

CHAP. n, 8BCT. l, ABT. U, S !▼• ^^

lées par l'effigie du bon Pasteur. On admire Feffigie; il envoie le cachet: « Il faut donc yous céder, écrit Agnès ^ « pour ne pas faire une seconde faute, qui seroit de borttuer vostre libéralité, de quoy vo3tre générosité seroit « contristée. Vous aurez donc la gloire de vostre magnitt ficence, et moy T humiliation de vous avoir fait une <{ demande si indiscrette. . . »

Le bon vieillard ne veut pas laisser à sa chère correspondante cette humiliation; et, pour la lui enlever, il renchérît sur elle d'indiscrétion. Dans une poétique fantaisie de sexagénaire^ il souhaite, lorsque viendra la mort, emporter l'image de cette clôture inconnue dans laquelle il a placé tant d'affection; et il voudrait que son amie, alors plus que septuagénaire, pût visiter à son tour le modeste asile qu'il' s'est lui-même industrieuse^ ment accommodé. Il ose en hasarder la demande: « Vous tt avez le privilège, lui dit-on \ de donner tout ce que vous « voulez et d'accorder tout ce qu'où vous demande. Et « nous, au contraire, nous trouvons des - in^)uissances « partout. C'est pourquoy nostre bastiment nie dedans tt ne vous apparoistra point, parcequ'il y a un chérubim tt à nostre porte qui en deffend l'entrée avec une espée « de feu, c'est à dire un anathème de nostre mère l'É- « glise ; et nous en trouverions un semblable contre nous « à vostre chambre, si nous voulions l'aller visiter' ; ce « qui oblige à rendre les privations réciproques, -sinon

* F» 47, V», Icllre xxivxi, du 25 juillet.

2 F» 17, vo, lettre xxxviii.

3 « n faut faire une règle capitale de ne parler jamais aux Hermites» c que pour des choses absolument nécessaires. C*est le moyen de les honorer « toujours et qu*Us nous honorent, ne nous voyant qu^en Dieu et pour c Dieu. » (Lettres de la M, Angélique, U i, p. 590^ lettre. gccliit, du 25 norembre 1651.)

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