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329 LES II£U6IE06ES K £A FAKIUJS âMAtJLD.
i( que nôuâ perdons plus à ne point Toir vos jolies invena tiens, que vous ne ferez à voir des acconmiodemens « fort naturels et grossiers... » S* il y a quelque chose de plus touchant que la demande un peu gauche du vieux soldat, c'est à eoup^sûr le tour ingénieux et tendre que prend ce refus tout féminin pour lui en dissimuler la gaucherie.
Il ne faut pas croire toutefois que les quatre-vingtdeux lettres d'Agnès au chevalier de Sévigné, dont notre manuscrit contient la copier reflètent trop souvent ces nuances délicates d'un esprit qui, sans le savoir, rencontrerait à P6rt-Royal les inspirations de l'hôtel de Rambouillet. La plupart sdnt remplies d'une piété atâsi grave qu'ëUé eut affectueuse ^ et souvent la ibaladie ^ la mort apparaissent entre les Aeat vieillards sans qu'aufeun d'eux sourcille à cet aspect. « Vous seroit-îtbien venu dans « l'esprit, mon bon frère, que le silence que j'ay gardé (i & vostre eSgard^ depuis que Dieu voua tient en sa inain (( pour vous purifier par une fâcheuse maladie, auroit ce esté une marque qiie j'oublie ce que je vous dois en sa «présence? Non, certes, vous avez trop de justice et de a bonté pour donner lieu à une pensée qui seroit si désa- (( ventageuse à la reconnoissance et à la charité que Dieu tt me donne pour vous. Je luy ay donc demandé durant «plusieurs jours qu'il vous disposast à une sainte mort. « Mais il vous a rappelle à la vie. . . Vivez donc, mon bon « frère, de la vie des saints, puisqu'il n'a pas voulu que « vous mourussiez de la mort des justes '. »
Ailleurs c'est le chevalier qui envoie son testament à Port-Royal^ et Agnès lui répond*: «Nous avons reçu,
* F* 2, lettre tv, dti 2 mai 1664.
2 F» 23, >S lettre lv, de décembre 1670.
CHÀ#. Tl, SECT. î, ART. Ht, § I. 327
« mon très cher frère, le saint dépost qu'il vous a pieu « nous corlfier. 11 nous a attendrie d'abort ; mais il faut « plustost louer Dieu qui Vous fait agir si chrestîenrie- <( Inent. » Ou bieil t'.6st Agnès elle-même, qui, toujours valétudihaîre et lasse de souffrir, écrit de son lit le 5 février 1671^: «J'avoue, mort très cher frère, que j'au- « rois esté plus heureuse si j'avbîs achève ma course... « Car èncote que je confesse que tout ce què j'ây fait « juscjtiésàpréâèfat ne mérite que confusion «devant ï)ieii, « néantmoirtS je croy que la mort acceptée de t)oh cœdr « comme la fin des péchés est plus capable dé satisfaire « à liieu que tout fee que' lioUâ pouvons faire en ce « inonde... Jen'ay pomt esté à la messç depuis le jour « de sainte Genevièfvé, et par concéquent je n'ay bougé K du Hct, ce qui me fait croire que nous serons encore « quelque temps sans nous voir, que devant Dieu. » '— Ils ne se revirent plus en effet que devant l)ieu. Qiiiùze jours plus tard, la sainte fettiitie était allée eii recevoir sa récompensé ^
ARTICLE III
Lacune dans la correspondance de la Mire Agnès, $ I. La Mère Agnès et sa ramille.
Des différents poiritô de vue sous lesquels notre collection permet d' envisager l'etistehce de la Mère Agnès, nous voudrions pouvoir* rapprocher celui qui nous rêvélerait ses relations de farîiille. Malheureusement sa correspondance avec les siens n'a point été recueillie dans le manuscrit de ses lettres; et nos layettes ne cofntiénnent
1 F» 25, v», leUrc lx. ' *
2 Le 19 février 1671. (Mém, de la M, Angélique, t, ni, p. 222.)