‹ La véritésur les Arnauld, complétée à l'aide de leur correspondance inéditeChapitre 8 sur 88 · CHAP. H · texte numérisé non relu

CHAP. H

membre de l'Académie française ; enfin des recherches communiquées par L'Huillier d* Interville sur différents recueils d'épigrammes latines n'apportent que des renseignements sans valeur sur les travaux et sur les relations littéraires d' Amauld d' Andilly ^ Il en est tout autrement

tenaires de la morale corrompue, (Cerreau, Néerol.f t. lu, p. 195»} — Il e9t certain quMl n*était point partisan des Jésuites, et quMl Tétait au contraire deSaint-Cyran, pour qni il composa, au nom et par ordre du clergé français, un âoge que cdoî-ci rétracta plus tard. [Procéè-verbaux des assemb, du dtrgé en 1655-1657, p. 550, 664, S04. —Cf. Gallia christ, édit. de 1666, t IT, col, 831 ; Colonia, Dict. des liv.Jansén,, t. i, p. 135; Afem. de Lancehif 1. 1, p. 83, 424t etc.) Godeau ne fVit pas plus heureux comme panégyriste qu^il l^avaît été comme bénéficier. — î\ le fut beaucoup plus comme poète; ses Ters sont complètement oubliés.

1 II n*est cependant pas tout à fait inutile de rapprocher les travaux de Robert d*Andillysur Chapelain de l'opinion qu'exprime son neveu, le célèbre Sacy, dans le testament littéraire qu'a recueilli Fontaine (Mém,^ ii, p. 5S3) : t Vous pouvez m'ètre témoin, dit l'habile Janséniste à Fontaine, avec quelle f précaution j'ai toujours pris garde de parler favorablement, autaot que je t le poQVois, des ouvrages de tout le monde, soit saints, soit profanes, soit en

• vers, soit en prose. J'ai toujours estimé ioui, jusifu*au poème de laPueelle,

■ parceqn'il semble que [Port-Royal ] ayant quelque réputation d'éloquence, « «m mépriserolt les autres. Cependant nous n'avons pu éviter quelquefois

• qu'on ne nous accusât de cela. Vous avez vu Messieurs de Valois. Je ne f sçais comment ils s'étoient mis dans l'esprit qu'on n'estimoit pas leurs lic Très ; et sur cette pensée, quoique fausse, ils se sont un peu emportés « cootre nous. Mais le R. P. Dom Luc d'Achery les a détrompés..... Quand «je vois que S. Augustin, un si grand esprit, approuve, loue, et encourage t à travailler des gens qui ne sembloient pas grand'chose, un Orosius, un « Liccntius qui mettoit sept pieds à un vers hexamètre, cela me fait voir c qaelle modération [chez les ennemis de Port-Royal celte modération s'ap- « pelle du Jésuitisme] on doit garder avec toutes sortes de personnes ; et il « D*y a rien dont nous autres devions paroitre plus éloignés que de n^avoir

■ pas assez de considération pour ceux qui écrivent»* — Sacy et S. Augustin eussent-ils changé d'opinion en présence de la presse périodique? —A coup sûr Robert n'y eût pas changé de méthode, c car je me souviendrai toujours, c écrit son frère le docteur Arnauld (Obvv., t m, p. 78, lett. 652), de ce que

■ m'a dit autrefois M. d' Andilly, que quand on lui faisoit présent de quel- « qne livre, et qu'il craignoit qu'il ne fût pas trop bon, il en faisoit le « remerciement sitôt qu'il l'avoit reçu, avant que d'avoir eu le temps d'en « pooToir rien lire, afin de n'être pas obligé de dire ce qu'il en pensoit.... s — Escobar était Jésuite.

6 ROBERT ARNAULD D'AlfDILLY.

des recueils qui complètent ses Lettres et ses Mémoires^ Les lettres de d'Andilly que renferme notre dépôt se rapportent aux deux principales périodes de son existence ; les unes à ses relations de courtisan ; les autres à ses préoccupations de solitaire. — Celles-là sont les moins nombreuses, et dès le début il s'y trouve Uhe singulière lacune.

SECTION l d'andilly a la cour.

ARTIttE I".

Démêlé de dAndiliy avec le président de GramoiuL

Avant de quitter le monde, F homme politique s'était efforcé d'y ressaisir toute la pureté du nom qu'il voulait enfouir sans tache dans la solitude ^ Un président du parlement de Toulouse , Gabriel de Gramond^ avait publié en 16&3 une Histoire de France depuis la mort de Henri IV^, dans laquelle, après avoir indiqué les efforts tentés par d' Andilly pour s' insinuer dans les bonnes grâces de Gaston, duc d'Orléans, il citait un manifeste de 16S1 dans lequel ce prince accuse son ancien courtisan de

^ c .... C*est un devoir de piété dont je m^acquitte.... pour conserver à f mes cnfans ce que je suis (d)ligé comme père de leur laisser sans aucune I tache, et leur seul trësoi' que je souhaite qu'ils augmentent sans cesse t parleur vertu.... » (Leftrei tCArn, éC Andilly, p. i63.) « On ne doit pas « trouver étrange que je veuille laisser à mes enfans, au moins une réputa- « tion sans tache. » [Mim, ttÂm, it Andilly, part, n, p. 183.)

> HÎBtoriarum Galliœ, ab exeessu ffenrici IV, llb. tviti ; réimprimé par lés Elievirs, en 4658, avec les passages danft lesquels Amauld fl* Andilly se tlroavalt attaqué ; malgré ce qu*affirme Tabbé Goujet dans la préface des Mémoires éTArn, tT Andilly, avis, p. iv. — ^Voicl le jugement aussi laconique que fraternel do fcrand Amàuld ftur té livre: • ... Un président Cratliond, ^ ttt uilê trb j^itoyafilë hl^tt i (ÔEuvHs iu dàçièUr Arhàûii, t. in, p. I52, — Cf. Guy Patb, Uttret, U i» p. lOi, lètt 90.)

CfiAP. n^ SECT. 1, ARt. 1. 7

l'avoir entraîné, sôus l'inspiration de Richelieu, à des démarches compromettantes ; accusation contre laquelle n'avait point réclamé l'inculpé*, et dont s'appuie l'historien pour traiter Robert d'esclave vendu au cardinal.

En 16ft5, Robert publia pour sa défense non seulement les lettres qu'il avadt expédiées dans ce but au premier président du parlement de Toulouse, fiertier dé Montrave, mais celles qu'à diverses époques il avait écrites soit au duc d'Orléans, soit aux amis du prince. A ce recueil il ajouta même, avec un peu d'ostentation, la plupart des lettres qu'il avait adressées pendant vingt ans aux personnages les plus influents de l'époque, dans l'espoir sans doute que la preuve de relations éclatantes neutraliserait l'effet des accusations portées contre sa conduite.

n eût été plus décisif de publier en même temps les réponses faites à ces lettres ; et si d' Andilly n'avait pu le faire de son vivant, du moins eût-il dû réunhr aux papiers qu'il léguait à sa famille cette partie de sa correspondance qui renfermait une moitié de son plaidoyer ; or toute cette moitié, qui n'eût été ni la moins curieuse ni la moins concluante, a disparu des archives de Robert ; et sauf deux billets de Montrave, qui l'entretient des efforts tentés pour amener Gramond à se rétracter, et qui lui demande en échange l'envoi des productions jansénistes de sa famille, les deux cent quatre vingt dix-neuf lettres du recueil publié en 16A5 restent sans réponse.

On voudrait trouver l'explication de ce fait dans un passage des Mémoires de Robert ^ où il est dit : « Plu- « sieurs pièces de feu mon père, et d'autres papiers fuit rent dissipés à Pomponne par les soldats, lors des

1 Voir r Appendice, note C

) PirU I, p« Sd. •— ce Lettres de la Af. Angélùfue, t n, p. 140*

8 ROBERT ARNAUU) D'ANDOXY.

« gueiTes civiles de 16Â9 et de 1652. » — Mais d'abord si ces papiers eussent été précieux pour lui, comment Robert après les guerres do 16i9 n'en aurait-il pas soustrait les restes aux ravages de 1662 ? Puis si ces papiers précieux eussent été ceux qui manquent à notre collection, comment se seraient-ils trouvés en 16A9 et en 1652 dans une maison de campagne abandonnée ^ lorsque Robert, deguis 1646, habitait Port-Royal-des-Champs, y poursuivait sa correspondance, et conservait au sein de Paris, rue de la Verrerie 2, un hôtel à Tabri des surprises I Enfin et surtout, si les guerres de la Fronde eussent dispersé les réponses faites aux lettres écrites et imprimées par d*Andilly, comment plusieurs de ces lettres, antérieures à sa retraite, et par conséquent à la Fronde, également écrites par lui, mais inédites, celles-là même dont nous allons nous occuper, seraient-elles parvenues jusqu'à nous? A- moins qu'il n'eût fait de sa correspondance une double part; Tune pour la campagne, composée des lettres de ses amis ; l'autre composée des siennes, qu'il eût laissées à la ville en sûreté. — En dehors de cette hypothèse, il n'y aurait, à notre avis, aucune vraisemblance à rejeter sur la Fronde les lacunes qui se trouvent dans les papiers de Robert ; et si elles sont préjudiciables à celui-ci, nous ne savons qui en accuser.

Mais si elles sont utiles à sa mémoire, peut-on l'en accuser lui-même? — Depuis la Fronde, il a soigneusement conservé des lettres choisies dans toute sa correspondance. Avant et pendant la Fronde il en a consei'vé cette partie

1 Elle ne. rélait pas autant que Je feraieul croire les Mémoires de]d*Andilly. — Cf. Mém, de l'abbé Amauldf part ii. p. 159.

3 Mém. d'Arn, d'Andilly, part, i, p. 14> et plusieurs suscriptions des lettres qui lui sont adressées dans sa correspoDdaQce inédile, passim.

CBAP. n, SECT. l, ART. IL 9

dont il est Fauteur ; évidemment, alors aussi, il pouvait en conserver l'autre : et s'il ne l'a point fait, les conclusions les plus favorables qu'il soit permis d'en tirer, c'est qu'avant de renoncer au siècle il attachait plus de prix à la copie de ses lettres qu'aux réponses de ses amis, et que depuis sa retraite la solitude lui avait appris à mettre de l'importance aux souvenirs du monde. — Un jugement plus sévère serait peut-être plus logique ; mais il ne s'appuierait jusqu'à cette heure que sur des présomptions. Ces présomptions résisteraient -elles au contrôle des faits? — C'est ce que nous apprendra un coup d'œil rapide jeté sur la vie politique de Robert Amauld, et sur les documents connus ou ignorés qui s'y rattachent.

ARTICLE IL D'Andilly, courtisan de Gaston, duc d^Orléans.

Ce qui frappe d'abord dans les écrits déjà publiés de Robert d'Andilly, après les complaisances sincères de sa vanité ' pour son amour-propre, c'est la bonne foi avec laquelle il expose les convoitises, les calculs et les mécomptes de son ambition. Introduit à seize ans [1605] dans le conseil des finances, dont l'un de ses oncles était intendant 2, il se lie avec MM. de Luynes d'après l'avis de cet onde, qui, dit-if, prévoyait leur faveur ^. A la

1 c n a de la Tanité à revendre. • (Tallemant, Historiettes, t. ii, p. 313.) — Voir VAjrpendice^ note D.

3 Mémoires éfAm» d^Anditty, part i, p. 31 et 98.

' Ihid», p. 107. « Comme mon oncle Pintcndant [Isaac Arnauld] était « extrânement préroyant, et qu^il jugcoit que rinclination que le roi portoit

• à MM. de Luynes les pourroit porter un jour ù une grande faveur; il

• m^aTOÎt conseillé de faire amitié avec eux; et je n*y eus pas grande peine, ■ paroeqn^Us furent bien aises d'avoir quelqu'un qui les pût servir, comme

• Je faiioiê, de toot mon pouvoir, i —Voir t^ Appendice^ note E.

mort de celui-ci [I6l7], il espère le remplacer comme intendant des finances. Mais Albert de Luynes, tout en lui promettant mieux (une place de secrétaire d'état), * fait échouer ses projets. *

N'ayant pu réussir près du favori de Louis XIII, d' AndiUy parvient à faire d'un de ses amis, du colonel Orfaano ', le favori de Monsieur, duc d'Orléans, héritier présomptif dii trône; tandis que lui-niême s'insinue fort avant dans les bonnes grâces du prince de Condé * et de la reine-mère, Marie de Médicis 5, ces deux principaux "chefs de l'opposition au sein de la famille royale. — L'influence de Condé valut à Robert, après la mort de Luynes, l'offre d'une place de secrétaire d'état ^' qui lui échappa, parcequ'il crut se la faire donner gratuitement,

1 Mém, d^Àrn, é^AndiUy, part, i, p. 132. a Ibid., p. 115-118, 129-135, 154, 163.

* Ibid,^ p. 117, 133, 146 ; part, u, p. 10-17.

4 Ibid,, part i, p. 163. « M. le prince me témotgnoit alor$ toute lu bonne fl Toionté du monde. » Nous pensons que plu» tard le prince de Condé ne témoigna plut la même blenveillanoe à d*Ândllly. Le 11 Juin 1635, ce prince écrivait au maréchal de La Force : « Tai mandé et commandé absolument < à M. Bellefonds de vous aller joindre. Je tous supplie de lui commander, f afin quHl n*ait nulle excuse, car M, d^ÀndiUjf (e gouverne,,, t (Mémoire$ du due de La Force, publiés par M. le marquis de La Grange, députtS t. m,

[. 427.)— Voir dans \e$ Mémoires d^Àm, d^Andiiiy lui-même (part u, p. 94) e refus qu*il fait, à cette même époque, d'obtempérer aux ordres du prince. •^Quant à la cause de cette désobéissance, voir i6i((., part i^ p. 79» et parL it» p. 73.) — La princesse de Condé, en 1643, portait encore un vif intérêt à Robert. (Ibid., part, ii, p. 119.}— En 1646 Robert, près de se rclirer à Port-Royal, ne fut prendre congé du prince que parccquMl le rencontra chei le cardinal Maiarin, au moment où il prenait congé de celui-ci {ibid., p. 131). » Mais ce prince meurt le 26 décembre de !a même r.nnée, et dès 1647 Tabbé Âmauld écrit en pariant de son fils, le grand Condé : «M. le prince auquel M. Amauld [le mestre de camp] et notre famille « étoient particulièrement attachés. x> (Mém., part, ii, p. 85.) — VvMr de? preuves de cet attacbementj ibid,f p. 173-181» ^ Mém. d^Àm. d^Andilly, parU i, p. 106; part, d» p. il, 23» 117.

* Jbid.^ part, i, p. 161-163.

CHÀP. n, SEGT. I^ ART. IL 11

contre la coutume fiscale de cette époque. ' — Avec l'aide de la reine ^, le favori de Gaston concilia à son ami la confiance de ce prince ^, qui le créa intendant général de sa maison et de ses finances [24 février 1625]. * — Hais bientôt les proches d'Ornano prirent T alarme, craignant de le voir supplanté ^ et d'Andilly fht éconduit [1625], 6

Richelieu TaccueiUit. D'étroites relations s'étaient établies entre d'Andilly et le cardinal ^ Celui-ci lui faisait espérer une place (gratuite sans doute) de secrétaire d'état ^. Déjà même les papiers les plus importants lui avaient été confiés pour le mettre au courant des affaires ; et c'était sur ces entrefaites qu'avait éclaté sa disgrâce près de Monsieur.

Richelieu fit jeter à Vincennes Ornano, l'ancien ami, le rival de Robert ^, et voulut réintégrer de force près du duc d'Orléans le favori disgracié ^^. D'Andilly, sans se prêter à une intervention violente, essaya de tous les autres moyens pour ressaisir son crédit en l'absence

« ÊÊém. éTÀm. iPÀndiU^, pttt. h P* â6S.

2 JbiiLf part, ii, p. 60.

< IMèU, p. 48* > Il m*âTolt procoré ta confiance de Monsieur. »

* JbUL, p. 29» et Brevet de nomination, « Alors tout le monde regardoit c ee prince comme pouvant un jour monter sur le trtoe^ le roi [après dix

• ans de mariage] n'ayant point encore d'eafans. • (IM,, p. 27.) B Jbid.^ p. 90-37, H'hkf 49-52.

> Ibid.t p. 42.

^ Jbid.f part u, p. ii, 24» 25, B9g 40, 51. — U parait que la famille Amaoid était auMi alliée de celle du Trepablai, k laquelle appartenait le célèbre Père Joseph. (Mém, de Vabbé Àmauld, part, i, p. 28.)

• Mém. ^Àm. d^Àndilly. p. 40, 49.

9 Jbid.9 p* 47 et 59. — • Il y en avoit même quelques-uns qui disoieut

• qull y aT^t grande apparence que je ne lui avoii pas rendu de fort < bons offices. Je leur fermai la boociie. » (Jbid,, pt 40f )

M lbid.f p, 48-55.

12 ROBERT ARNACLD D'ANDUXY.

d'Ornano ^ mais û n'aboutit qu'à se faire donner publiquement son congé [1626] *. Richelieu le punit de son échec par l'oubli : a Tant de choses qui arrivèrent en- (( suite, dit mélancoliquement Robert dans ses Mémoires^ (( empêchèrent Son Eminence de donner son application « à ce qui me regardoit » '

Au bout de huit ans toutefois [163i] Son Eminence se rappela d'Andilly pour l'envoyer en Allemagne avec des fonctions bien inférieures à celles qu'il convoitait. * L'habile cardinal déploya même tout à coup à cette occasion une sollicitude dont le secret se trouverait peutrètre dans l'opposition sourde mais tenace que faisait alors le célèbre abbé de Saint-Cyran, l'ami et le maître de d'Andilly, aux mesures par lesquelles Richelieu préludait à la dissolution du mariage qui unissait le duc d'Orléans à Marguerite de Lorraine. ^

D'Andilly et ses amis, dont le rigorisme se ploya plus tard si facilement à la dissolution des vœux d'un cardinaljésuite ^ qui voulait devenir époux et roi, tentaient-ils alors, par l'opposition, de ressaisir sur l'héritier présomptif du trône un ascendant compromis par des liaisons avecle pouvoir? Deux passages des Mémoires de Robert jettent quelque jour sur ce point : « Après que Monsieur

1 Mém. d*Àm. tVAndilly, p. 56-59.

2 ibid,y p. 56. Cf. Lettres de la M, Angélique, i» i, p. 26.

3 Jbid,, p. 60. — Mém. de Vakbé Âmauld, part i, p. 13 ; Uttres de In M. Angélique, t x, p. 28.

^ Mém, d*Am, d^Andilly^ part, ii, p. 63.

s Am. d^Andilly, Mém. »ur Saint-Cyran (Vie édif, de P. A., 1. 1, p. 18 et 19) ; Mém, de Lancelot, t. i, p. 75, 176, 182, etc. ; M. Sainte-BeuTC, Port-Royal, t, i, p. 348; Racine, Bistoire eeclés,^ X, x, p. 155;Morcri, verbo Verger; Mém. de Du Fossé, p. 9 ; Œuvres du docteur Amauld, t \xix, p. 15 ; Tabbé Goujet, Mém* de Nieeron, t xx, p. i49.

s Lettres de la Jf. Angélique, pasdm»

GHAP. n^ SECT. I^ ÂET. H. 13

« fut de retour en France, écrit^O, ce prince m'envoya un {f brevet de mille écus de pension... ^ » Or Gaston était rentré en France le 8 octobre 1684, et c'était le 2 novembre que Richelieu en faisait partir Robert ^. « Le len- « demain de la naissance du roi [Louis XIV], écrit ail- « leurs celui-ci. Monsieur me dit dans un grand entretien u que j'eus seul avec lui : Ne m'aimerez-vous donc plus a à cette heure qu'il y a un dauphin en France ? » ^

D' Andilly aima toujours Gaston ; mais il aima beaucoup aussi le dauphin. Son affection alla même jusqu'à lui faire regarder comme le comble de sa fortune d'être chargé de l'éducation du royal enfant. L'éducation des princes était dans les goûts de sa race. L'ami, le très proche parent de d' Andilly, le marquis de Feuquîères, avait été tout récemment désigné comme gouverneur du futur Louis XIV, lorsque la mort était venue le frapper [1640] ♦. Catherine, celle des sœurs de Robert qui donna le joiu* à Sacy et à Le Maistre, ces grands instituteurs de Port-Royal, avait elle-même élevé ^ [1631-1634] la fille unique de ce duc de Longueville qui épousa la

i Mém. iVArn. (C Andilly, ptit. ii, p. il7.

3 n se troaTe quelque désaccord entre la date qu'Indiquent les Mém, £Am. if Andilly pour PoGtroi de la pension de mille écus que lui fit le duc d*Orléaiis, et la date que porte le brevet même de cette pension, qui fut expédié le 3 août 1637. Mau cette légère contradiction n*est d'aucune importance, n est certain que Saint-Cyran, Tami intime de d' Andilly, s'opposait à la rupture du mariage de Gaston dès 1634» et que d' Andilly s'était rapprocbé du duc d'Orléans, sinon quatre ans, au moins treize mois avant que prit terme cette stérilité de vingt-deux ans suivie de la naissance d'un dauphin inespéré [5 septembre i638].

s ma., p. 58.

4 Menu iCArn. tCAndiUy^ part, i, p. 75 ; Mémn de Vabbé Arnauld, pari. I, p. 188.

6 D. aémencet, HiêU yen* <(e P. A, t n, p. 201 ; Besoigne, HiiU de P. R., U I, p. 808 et 312 ; Tallémant, EiêtoricUeSt U u, Pi 318.

ik ROBERT \RNADLD D'ANDIIXY.

cousine, puis la sœur du grand Gondé ^ Le frère du grand Gondé, le prince Armand de Conti, avait épousé la niëcê de Mazarin, et ce fut Sacy qui dirigea l'éducation de leurs enfants '. Toutes les branches de la dynastie semblaient dévolues à la famille Arnauld. ^

ARTICLE III

IfAndilly, courtisan de la reine-tnèrej^ Anne dt Autriche, S !**• Tculatifa dirwl« «I penowicUw d« d^AndlUj.

Robert sut se rendre agréable h la future régente *, à la nouvelle reine-mère, Anne d'Autriche ^ Près d'elle se trouvaient au pouvoir,* depuis la mort de Richelieu, les

1 Oiv sait combien cette sœur du grand Condé, la célèbre duchesse de Longueiillej fut eUe<mèint dévouAe au JanttaisiM, tt qnels imporlanU services elle loi rendit.

2 Mém, de Fontaine, t. ii, p. 471-491 •

s A Pexception toutefois dn grand Condé, qui Ait éle\é par les Jésuites (TallemaDt, Hiitori,, t. ii, p. iWf et qui après afoir donné à son fils, M. H duc, un gouverneur qui tourna au Jansénisme (Mém, de />t( Fossé, p. 93}, prit pour lui-même un directeur jésuite (Œuv, du doct.Am,, t. ii, p. 538, lettre 5tt du S6 juillet 1685, et p. S58, lettre 527 du t3 aoftt 1685).

i < Mon père, qui avoit toujours eu un attachement fort particulier pour n elle [Anne d'Autriche], en reçut alors [lorsqu'elle devint régente] beau* a coup de marques de confiance..* « (Mém, de l'abbé Ârn., part i, p. 246.)

^ Mém, d^Am, d^Andiity^ part, n, p. 117-126. — SI Féducation des pupilles royaux semblait dévolue à la flunille Arnauld, la faveur des reinesmères semblait fliire -partie de son patrimoine. Ainsi le premier de tons, Taleul de Robert, avait débuté par être procureur-général de Catherine de Médicis, et tellement aimé de cette princesse qu'elle Texoepta, quoique huguenot, du massacre de la Saint-Barlhéiemy. {Ibid,, part, t, p. 4.) Le fils de celui-ci, le célèbre avocat, père de Robert, fût aus9i procureurgénéral de Catherine de Médicis. Robert dut sa fortune à Marie de Médicfo (voir plus haut, p. 10, n. 5, p. 11, n. 2, et Mém, de ta Ugue, t. vi, p. 183) j et la fbveur d'Anne d'Autriche le suivit jusque dans sa retraite. (Mém, d^Arn, d^Anditty^ part, n, p. 140) M. Sainte-Beuve, Port-Royal^ t. u, p. 254, n. 2.) Catherine, Marie et Anne sont les seules reines-mères en France dont les Arnauld aient été contemporains.

deux créatiires principales du ministre qui ^v^t si cruellement persécuté cette princesse ; des Noyers et Cbayigny, sur lesquels reposaient alors les dernières faveurs de Louis XIII, et à. qui semblait promise la plus haute influence dans le conseil de régence ^ Ghavigny était l'ami de Saint-Cyran ^; c'était l'être de Robert '. Des Noyers était voué aux Jésuites, pour qui il avait fondé un noviciat dans la rue du Pot-de-Fer * ; le souplç Rob^ n'en fit pas moins son ami*

t Mém^ du due de La Boekeftmeauld, p. i»SO t Mém* de La Ckattrê^ p. tS^-MS. Oq mH moM d'Andilljr a itfv la style dei pranicft* [Wat M. Sainle-BeuTe, Port-Royal^ ii, p. 268.)

3 I M. de ChaTÎgny étoit fort Tami de M. de Saint-Cyrao t (Arn.

d*ADdnijr, Mim. $ur Salnî-^Cyran ; Viêédif.de P, H, 1. 1, p. 4fl}|Ct ÊÊém. de Laneeht, t i, p. 74f «74, B09, eCd, et SuppL ûufiéero(. de f. il., p. 171.)— Sur Forthogniplie du nom de Sain(-€yran,ToirVigneul MarrîUe [Dom d^Argonne], Mélange» d*hist. et de Httérat, L nt, p. 250*

s • Anunild d*Andilly itoH esté de tout temps Tamy particulier de • ChiTÎgiiy* t [BibL de CÀrsenolj M» de Comvrt, t. x, p. 224 ; puUié par M* de Monmerqué, CoUecU Petitot, i. xltiii, 2** série^ p. 224). — Voir aussi Menu d*Âm. d^AndiUy, part, ii, p. ^0 ; Mém. de Du Fo$$ét p* i6«

* c M. des Noyers, secrétaire d'état, et si passionné pour les Jésuites, ■ ainsi que chacun le sçait, qu'on croit qu'il avoit f^it des Tœux.... (Am« d'Aodilly, Mévu sur M, de Saint-Cyran, Vie édîf. de P, R,, 1 1, p, 28, Vie du docteur Arnaud, par Quesnel, p. 74; et Mém, de Laneelot, 1 1, p. 83]. — f H. des Noyers étoit foct Tami de mon père... t {Mém. de Vabld Amauld, 1. 1, p. 139 et 289.) « n étoit Tami et le protecteur des Jésuites, i (Ibid.t p. 286, et la lettre de des Noyers, Lettre» inédite» de» Feuquiére», L I, p. 228). — - En se rapprochant de des Noyers, comme jadis en serrant jRicheliea, Robert ne feisait pas seulement abstraction des griefli qu'afait Anne d'Autriche sa protectrice contre ces personnages, mais il oubliait jusqu'aux griefs que pouTait avoir sa propre famUle. Des loyers avait fait anéler, et Richeliett avait fait exécuter à Amiens le marquis d'Ueucourt, geotilliomme picard, cousin-germain de Robert, beau-frère du. marquis de Feaqoières qui, selon Texpression de Tallemant était la re»»ùuree de leur famille, (Mém, du maréchal de La Force, publiés par M. le marquis de La Grange, t. m, p. 445 ; De Vérité, E»»ai »ur l*hi»t. génér. de Picardie, L II, p. 884 ; Le Clerc, iii»t* de Rickelieu, t iv, p. 464 } Tallemant, iR»t(>nette», û n, p* 800. «^ Ci. Lett, inéd. de» feuquiére»^ publiées par M. Et. GaUois, t. I, p. 188, 159 (?), 160, 198, 220 (?}»812.

16 ROBERT ARNAl'LD D'ANDILLY.

Ces liaisons l'éblouirent ; son œil de courtisan ne sut pas découvrir dans 1* ombre d*une modestie sournoise et de l'amitié de Chavigny, derrière laquelle il se blottissait alors ^ le véritable régent, le cardinal Mazarin. Aussi il faut entendre Robert dans ses Mémoire^ raconter d'abord l'assurance que lui donnait la reine-mère, avant la mort du roi, de mettre le dauphin entre ses mains pour l'élever comme ilvoudroit; puis s'écrier avec amertume : (( Le fantôme du Jansénisme ^ empêcha Sa Majesté « de continuer dans ce dessein. Mais y eût-elle persé- •H véré, M. le cardinal Mazarin auroit-il pu y consentir? « Ceux à qui Dieu fait ,1a grâce de mépriser tout ce qui « les regarde en particulier, pour ne considérer que lui « seul et ne penser qu'à s'acquitter de leur devoir, ne « sont pas propres à des favoris. L'intérêt de ceux-ci va

1 Voir Mém. de Choisy, p. -65 ; Afe'm, de Brienni, t i, )l. 287. — c Dès « que leur prolecteur [ Richelieu, protecteur de des Noyers, de Le Bouthil» « lier de Chavigny et de Mazariu] fut mort, ils jugèrent que le seul moyen (( de subsister estoit de n*avoir pas de discusûon ensemble... Le cardinal N Mazarin et M. de Chavigny conjoints de tout temps Brunirent encore I plus estroitement. » (Mém, de La Chattre, p. 287.) — M. Sainte-Beuve n'a peut-être pas assez distingué les temps quand, il a dit, en parlant de Chavigny : « Haï de la reine-mère, il devint la béte noire de Mazarin, » (Port-Royal, t. ii, p. 18.) La rupture de Chavigny et de Mazarin, rupture qui jeta le premier dans la Fronde, et Tamena presque à Port-Royal (Mém, de Fontaine, édit. de 1753, t. x ; Mém, de Le Maiatre, p. 122), nous semble une des principales causes de l 'animadveision du ministre pour d'Ândilly qu'unissait ù la famille Le Bouthillier, outre son propre intérêt, une amitié commune pour Saiût-Cyran. (Cf. Mém. de Lancelot et de d*Andilly, passim ; le P. Bure, Vie de Fabert^ t. ii, p. 82, etc.]

2 Cette etpressiou, créée par la famille Arnauld, est passée dans la langue de Port-Royal avec tout un cortège de synonymes, chimère, visions, imaginations, etc. Vou: le Phantasme du Jansénisme, par le docteur Ar. nauld. Nicole a publié Us Imaginaires et les Visionnaires ; Fooilloux, Chimère du Jansénisme ; Cf. Quesnel, sous le nom de Dubois, dans la Foi et Vinnocenee du clergé de Hollande; Tabbé Arnauld, iiém,^ part m, p. 79, 100, etc.

CHAV» n, SECT. I, AIT. m, s n. I7

« à s*élever toujours de plus en plus, à affermir leur au- « torité, à obscurcir le mérite des autres, k s'attribuer la « cause des bons succès, à rejeter sur autrui celle des H mauvais, à se rendre les distributeurs des grâces et « des faveurs, et à faire que leurs maîtres ne voyent que « par leurs yeux, afin de leur être nécessaires ^ » A ce portrait peu flatté d'un ministre tel que lui semblait Mazarin d'Andilly oppode* ensuite Tutopie d'un roi tel que Louis XIY eût été sans doute si la reine-mère le lui eut omfié pour t élever comme il voudrait — Qu!elle fut proyoqaèe ou spontanée, teUe était donc la suprême aml)ition de Tami de Saint-Cyran; il voulait élever un roi à sa fantaisie. Mais les Mémoires de Robert ne nous éclairent qu'imparfaitement sur les démarches que lui dicta ce désir. C'est ici que sa correspondance nous vient en aide«

S II« TentaliTes directes par des tiers.

Durant l'honorable exil auquel Richelieu l'avait condamné en 16îâ, d'Andilly avait rencontré dans le Bassigny madame.de Saint- Ange, qu'il entraîpa depuis à. Port-Royal. Dans le monde, il s'était lié avec cette danje d'une amitié telle, dit-il, <i qu'il n'y en eut jamais de plus « grande '. » M. de Saint- Ange était premier maltre-

^ Ce qu*U j a ^ sibgali^r» c*est que ce passage des mémoires ile d'Andilly élaii toiabè entre les maliis deXooisXlV, qui le destinait ik6lfie^in« séré dans les instmctioils dressées par lui pour le dauphin» son fils; dû moiaa c'ert Topinloo dé Grouvelle, annotateur des OSuvre$ de ce monarque» t. !!• p. S9h* — Robert,' qui n'avfiit'pu endooirioer .les princes de son Tivant, était-il destiné à devenir leur i^titulcur posllmme ^ — Nous doQtoos que cette decuière consolation lui ait été réservée; car Grouvelle «ndfry**! pour le (kagment que L'ouiaXIV aurait emprunt^ de ses Mémoireê^ la pagioation de Tédition jnincept qui patnt vingt andées nprès la mort d« grand roi*

^ « Aprts avoir passé quelques jours à Port-Royal près de mon père

18 ROBBtT AMAVI^D D'AIIIffX.T.

d*bdtol de la reine, o w la fidtiité duqiioU ajoute Roberti oeUe--ct avoit Une entière confiance ^ n Prëe de la reine se trouvait aussi Nicolaa de Qartillat« en qualité de trésorier général, « mon intime ami , dit encore Robert , « à qui j*ai de très grandes obligations. [Jamais d'An* u dilly n'a dit plus vrai.] Lui, madame de Saint-Ange et (( feu so&m^iy éfoient les seuls à savoir que j'ai été assea a beureux pour servir Sa Majesté [la reine-mère] en des « occasions si importantes qu'elles ne pouvoient F être a davantage K » — Ces derniers mots sont suivis de ceux dans l^queis Robert consigne l'ouverture que lui fit la reine, au sujet de l'éducation du dauphin. Cette ouverture parait donc se lier dans son esprit au souvenir des trois personnes qui avaient la confiance de la reine, et l£^ confidence des services que rendait d'Andilly à cette princçsse. Or voici, selon nous, en quoi consistaient ces services.

D'Andilly écrivait dçs lettres ou des mémoires à propos de tous les points délicat» qui surgissaient dans les affaires. Leftres et mémoires destinés à' la reine 'étaient adressés à MM, de Bartillat et de l^aint-Ange pour être rois sous ses yeux. On eût dit. que Robert s'essayait à diriger la mère, pour révéler son aptitude à diriger le fils. Le ton magistral ne manquait pas à cet essai, ni les principes austères, dont l'iiabile courtisan lempéraitfct rigueur par les charmes de ce- style qu'il appelait avec

K [lelAjtiin i«48'en rereimnt d^ItaRe], noii^s allâmes à Paris ïù^ diet •r M. de Saint-Ange, pfemler maltre-d'liôte] de h reine, et tellement de noi " amis, aussf bie» que madame sa 1émme« qne mon pèrç àvoit mis auprès ft d*ell« une de mes sœurs qui avoit voulu sortir de Port-Royal, oA elle aroit » été éfetée, et où* elle 8*est depuis faite feligieuse/comme madame de Saint* Ang« elle-même. » (êiém, de l'abbé Am,, part, n, p. 148).

Mc'm, fCArn* d'Andilly» part. îi, p. 119.

Ihid,

CHAP. Il» 86GT. i, ART. Ui, g If. 19

plus de vérité que de modestie le langage de sa maison ^ et que sa famille ^, en efiett introduisit à Port-Royal.

Plusieurs de oes pièces font encore piurtie de notre collection. — La première est datée du 8 décembre 16A3, Dans le Recueil imprimé des Lettres de d' Andillyi il s* en trouve une sous la même date adressée. à madame de Saint- Ange. La nôtre a pour but de rassurer la régente, et de lui indiquer les mesures à prendre après une défaite que nous croyons être celle de DdtlingenJ Au revers de cette lettre, d' Andilly a écrit de sh main s Pour faire mr à ia rejfnep et que S. Mi a veue», ^- Une autre, datée (lu 16 décei^bre de la même année, engage la^ i:égénte à faire appliquer dans toute leur sévérité les édits sur le dud au duc de Guise, qui venait dé bfeBser mortellement Coligny en plein jour, au milieu- de la Prace Royale '\ — Un Mémoire sans date contre les. duels nous semble avoir dû précéder cette lettre de quelques mois. — Nous * voudrions pouvoir fraqscrire en entier deux pièces, également sans datê/întîtûléfes, l'ime vAdvis à tareyne */

^ f Moo père 'dit aaUtfoîs asseï agréablemeott qttoiqu'«Tec.iui pei^ de • ■ ?aoUé, qu^il n*y aVoit pas lieu de s'élonner si mon onde le docteur écri- « foit si hîeo, et qn*il parloit simplement la laog«e de sa Jiiais9n..t [Mém, de Paàhé ÀmofM, AverUw.» p« fi.)--En revanche le^rand Arnauld écH« * Tait : « L'élof uence éloit à [mon frère Robert] d^ÂndJliy un bien comme

héréditaire. » (Œuvr, du docteuf Arnauld, t. ux. p. 560, it* ûictumpour

les neveux de Jansén^us.)

2 Baliac Ta appelée la famille éloquente. (TalleipaDti BUtorièiieê, t. ii, p. 295.) a Le bon style va sortir de cette rac^ » (M. Sainte-Beuve, Pori'Raifml, i. i, p. 65. CC Vigneul Marville[Dom d^Ârgonne], Mélangea ^histoire et de iittérature, L i, p* 465; Ârtlgny, iVottr." Mém. de Iktér*, t, ns, p.' 39).

* Mém. de Madame de Motteville, 1. 1, p. 200, .-—Voir fa^ipeniiV^ nbte G. ^

* Ce mémoire est aussi précédé de ce^second titre xPour attirer tes Ei" nédietions du de/,*et la date où il a été composé semble résulter du pas* sage suivant des Mémoiree ^e Tauteur (part, n, p. 126) : iL'un dos pre-

soins qsa la retne-mère se crut «obligée de prendre pour aiiintr le»

20 ROBERT ARNAULD D'ANDÎLLY.

r autre : Mémoire pour un souverain ^ qui offrent en quelque sorte le programme de l'éducation ^*un prince, et un code abrégé de conduite pour la direction des affaires. Tout ce que nous pouvons dire ici, c'est que ces deux morceaux remarquables forment pour ainsi dire la critique prophétique de la conduite ultérieure de' Louis XIV *. — Mais où tendait toute cette correspondance?

A la mort de sa femme {1687], d'Andilly avait pris dans son coéùr la résolution de se retirer du monde ': Six ans, il est vrai, s'étaient écoulés depuis ce ihoment sans qu'il- l'eût réalisée. Mais le 11 octobre 1643, Saint-Cyrkn, cette autre moitié de lui-même, venait d'expirer en lui léguant son coeur, à condition qu'il se retirerait à Poft-Royal *. Dès le 28 octobre suivant, d'Andilly annonçait à sa famiHe d'abord 5, puis à la i'eine ^ et peu après au monde ^ qu'il était près d'ob-

c bénédictions de Dieu «ut: <a régence^ fat d*einpécher Tes duels.» — C*6St ]var un article relatif aux duels quft-comnience VÂdvU*à lu reyne,

^ a Lors de lir majorité du roy Louis XIII, ndon père fit un écrit intitulé : « Avis au lioi pour bien régner,,» (I^ém, d'Arti. d'Andilly ^ part i, p. 15.} OiYÏÎh déj& vu, la famille Arnauld était Tune de eelles où se conservaient le mieux les traditions.

2 Voii- V'Appendict note F. ^

* 5îém, d'Arn, rfM/irfi//y,parl. ii, p. 12».»- Lettres de h M. Angélique^ 1. 1, p. 94» leU. 52 du à mars 1637. 'Cette lettre prouve que. la résolution dQnt (fÂnditly fait honneur à s'a tendresse pour sa femme était antérlenrc à lu mort de ccUo-ci {ihid., p. 143, lett. 64 du 28 aoQC 1637), et provenait de impression qu^vait faifc sur Robert une dé ses propres maladies. (Voir cependant ibid,, p.r 121, lein 07 d« 9 novembre 1637.)

* Mém, rf'Àrw. d'Andilly stir Saini-'Cyran ( Vies édifiantes de P, R. Tpar Lecleicj; 1. 1, p. Iff.) Lancelçt,' M^m., t. i, p^ 156.

6 Mépi, deCoulanges, p. 369, — ^ Lett. inéd. du 5, du 20, du 25 novenÂre et du i5.décembre 1643. .

Le li. Inéd. du 5 novembre et du 15 décembre 1648.

7 La* «lonvellc n'en était p/Eis encore répandue à Port-Royal en octo* bre 4GJ4i ("AArm. de Fontaine, 1. 1, p. 257) outlu moins le lieu que d'Andilly choisissait pour retraite n*y était point connu. Mais nos lettres iuédites

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