Ibid., p
ponant le nom de l'undes trois Antefde laXl" dynastie. Ellese trouve depuis i873 au Musée Britannique.
L'EGYPTE ,, parlent d'un obélisque composé de quatre émeraudcs , d'une hauteur totale de quarante coudées sur une largeur de deux et de quatre coudées ', Selon l'avis de beaucoup d'antiquaires , ce monument, qui décorait quelque temple d'Ammon, était en verre, car ses dimensions excluent toute idée de pierre précieuse. On cite également une statue colossale de Sarapis, en émeraude, qui se voyait, au premier siècle de notre ère, dans une des salles du Labyrinthe'. Je ne prétends pas éclaircir un point si difficile à juger et pour lequel les moyens nécessaires d'appréciation nous manquent. Mais en me rappelant la statuette égyptienne de la villa Albani1, cette figure assise, taillée dans un gigantesque bloc de prime d'émeraude (plasma di smeraldo), j'hésite à me rendre aux raisons de nos savants modernes qui ont d'ailleurs trop l'habitude de trancher les questions avec les seules ressources de leur esprit critique et sans s'inquiéter des monuments.
Quant aux vases de verre coloré, les bas-reliefs peints qui ornent les parois des tombeaux de l'Ancien-Empire en représentent déjà de toutes les formes. Pour que l'on ait reproduit de pareilles œuvres d'art à une date aussi reculée, il faut que l'invention du soufflage remonte à une antiquité prodigieuse.
Tout le monde connaît les peintures des hypogées de Beni-Hassan (province de Minyeh), où se déroule une interminable série de scènes empruntées à la vie domestique d'un fonctionnaire d'Ousertesen I". Elles méritent d'être regardées de près, car rien n'est plus propre à nous donner une idée de l'intérieur d'une verrerie égyptienne. L'époque à laquelle elles appartiennent était une des plus florissantes de l'histoire , la XII' dynastie.
Sur ces fresques », nous voyons deux ouvriers , assis à terre devant un brasier allumé; la canne aux lèvres, ils soufflent des morceaux de pâte verdàtre qu'ils approchent de la flamme du fourneau pour conserver au verre sa chaleur et sa ductilité. Plus loin, on aperçoit deux autres verriers dont l'un est occupé à souffler un vase, tandis que son compagnon, au moyen de deux baguettes, soumet un manchon cylindrique à l'action du feu. Un troisième, à genoux derrière ce groupe, prend d'une main un vase déjà terminé qu'il vient de rouler sur le marbre , de 1 autre il paraît tenir une pûte vitreuse Des scènes analogues se répètent dans les tombeaux de Thèbes , où toute une rangée d'ouvriers, imberbes, vêtus de la sfwnti, sont à genoux devant le brasier. Ils soufflent du verre jaune 5 ; d'autres appliquent des anses à une grande amphore ou entretiennent le feu du fourneau 6. N'oublions pas que ces tableaux
i . Théophraste dans Pline, XXXVII, 74.
a. D'après Apion Plistonices (Pline XXXVII, 7?), Celte statue mesurait neuf coudées.
3. Ungarclli , Délia statue! ta del re Sabaco e délia statua Uontocefala esistenti nella villa Albani { in-4). — Visconti, la villa Albani, ora Torlonia (Imola, 1870), p. 147, n. 1037.
4. Wi]lùi\son,Ma>i)iersand custo»is> t. III, 89. - RoselIim.jl/GîmweH/i.t.II, pl. 5a, — Deville,pl.~III.
5. Cailliaud, Recherches sur les Arts et Métiers des anciens peuples de VEgyyte (Paris, i83i-37), pl. X, 1 : Hypogées de Qournah,
6. Sauzay, les Merveilles de la Verrerie, p. 5. Comparez Cailliacd, /. c, pl. VI, b.
[fl VERRERIE ANTIQUE
ont été tracés , il y a quarante siècles , par des témoins et des contemporains. Sous un règne qui ne nous a légué aucun échantillon de l'industrie verrière, nous voyons des manufactures en plein fonctionnement, montées, il est vrai, avec simplicité, mais se servant des mêmes outils dont on a continué à faire usage jusqu a nos jours.
Ces peintures de Thèbes et de Beni - Hassan ne sont pas les seules qui existent. Dans les tombes de l'Ancien-Empire qui recouvrent en grand nombre le plateau de Saqqarah, on rencontre les mêmes sujets , et à côté des sculpteurs, des potiers, des charpentiers et d'autres artisans, qui travaillent à l'ameublement du défunt, on voit déjà des verriers exercer leur art1. Il est certain que ces représentations appartiennent au moins à la IV4 dynastie, à la IIIe peut-être, c'est-à-dire à une antiquité fantastique. Aucun archéologue n'oserait faire remonter aux rois de Memphis le verre le plus primitif de style et de pâte.
J'ignore, en effet, si les tombeaux de Saqqarah ont fourni à nos musées d'autres objets que des vases de terre et d'albâtre. Ce n'est que depuis peu d'années qu'on poursuit dans le royaume des Pharaons ces fouilles méthodiques qui , seules , peuvent fixer la chronologie des monuments de ce genre; et jusqu'ici les travaux de M . Mariette n'ont pas , que je sache , élucidé la question si délicate du classement de la verrerie. Le plus ancien vase opaque , portant une date , est un petit flacon du Musée Britannique", aussi gracieux de forme que de couleur, et dont le col est orné du prénom et des titres de Thoutmès III, roi de la XVIIIe dynastie (XVIIe siècle avant J.-C). La pâte est d'une teinte bleu turquoise sur laquelle se détachent, en couleur jaune, les hiéroglyphes, quelques rameaux verdoyants et les bordures; sur l'anse, d'un bleu foncé, on aperçoit des raies jaunes et blanches.
Apres les incertitudes et les tâtonnements dont se compose en grande partie cet exposé historique , on est heureux de rencontrer de temps en temps un monument de cette valeur qui consolide nos argumentations et leur redonne toute leur trempe. Nous n'en trouverons plus beaucoup d'aussi instructifs. Par contre-coup, je me vois obligé d'éliminer de mon cadre le fameux grain de collier3, portant en creux le prénom de la régente Hatasou, sœur de Thoutmès III. Les savants anglais + qui ont examiné cet objet tout récemment, n'ont pu en déterminer la matière; c'est plutôt un morceau d'obsidienne qu'une pâte vitreuse.
Quant aux verres blancs , fabriqués en Egypte , nos renseignements sont presque nuls. Cela ne veut pas dire qu'il en manque dans les collections . publiques ; mais on est bien embarrassé pour leur assigner una époque précise.
i. Lepsius, Denkmarter, t. III, pl. i3. 49. — Brugsch, die j.-gjptische Grœberwelt , p. 24.
a. Ch. Ha.rrison, Photographs J'rom Ihe collections of (lie Brilish A/ttseum , pl. 2S3. Birch, Guide
ta IheE g\y liait Room,ti; 47 1 o J Dcvïlle,pl. IV", i .
3. Wilkinson, t. III, 90. S.iuzay, p. 7. — La couleur est noir verdàtrc.