C'est ce qu'on a oublie au Louvre, où M. de
Longpérier a réuni à la Collection assyrienne une soixantaine de rosaees en terre émailléc, provenant
d'Egypte, et dont quelques-unes portent au revers la lettre grecque X. J'en ai vu d'autres avec la lettre A, Les rosaces analogues du Musée Britannique ont été mieux classées.
i(3 VERRERIE ANTIQUE
pas son nom ) aurait offerte en cadeau au roi d'Egypte. Théophraste , qui avait trouvé ce renseignement dans les annales hiéroglyphiques, pensait à une pierre véritable1 et il se peut très bien que des blocs de prime demeraude, habilement ajustés, aient formé cet obélisque. Mais plus tard, quand le roi de Perse Xerxès fit ouvrir le tombeau d'un des fondateurs de la dynastie chaldéenne 1 , il eut la surprise d'y trouver un monument en verre et dont la matière ne paraît pas avoir prêté à l'équivoque. Le corps de son ancêtre était déposé dans un cercueil vitreux qu'on avait rempli d'huile ; il nageait pour ainsi dire dans un colossal flacon à essences. Ce n'est là qu'une légende, je le sais; mais pourquoi n'aurait-elle pas un fond de vérité historique ? Nous connaissons les sarcophages éthiopiens en pâte de verre , et qui donc oublie que le corps d'Alexandre le Grand 3 , transporté en Egypte dans un coffre d'or, y fut enseveli dans un cercueil de verre? On raconte qu'au milieu du XIIe siècle, les restes du prophète Daniel reçurent les mêmes honneurs par ordre du kalile de Suse J.
Après avoir parcouru deux périodes, celle de lemaillcrie et celle de la pâte vitreuse, l'industrie assyrienne s'est arrêtée. Elle n'a pas dépassé l'enfance de l'art, l'état rudimentairc ; nulle trace qu'elle ait songé à employer le verre à la fabrication de la vaisselle. Les vases que M. Layard a extraits de ses fouilles' appartiennent en majorité à l'art grec, et quelques-uns même à l'époque* de la décadence où Ninive, sous le nom de Chuidiopolis, était devenue une colonie romaine.
C'est ici que surgit une difficulté sérieuse. Si les Assyriens n'ont pas fabriqué de vases opaques ou en pâte mal affinée , il est de toute impossibilité qu'ils en aient fait de blancs et de translucides. Néanmoins, il existe, au Musée Britannique, un flacon célèbre , !e vase du roi Sargon , provenant également des excavations du palais de Ninive , et dont la pâte, de couleur vert d'eau , a une légère transparence. Sur i'une des faces se trouve gravé un lion et, au revers, en caractères presque imperceptibles, une inscription cunéiforme contenant le nom de Saryoukin, ce grand conquérant qui régna sur l'Assyrie de 721 à 704 avant notre ère. A ne considérer que cette légende , peu s'en faut que ma thèse du développement logique de l'art de la verrerie ne devienne problématique et que notre canevas ne perde, d'un seul coup, toute sa solidité de trame. Mais en y regardant de plus près, l'anomalie n'est