Galicn, t. XII, i85, éd. Kiihn
h. Schol. d'Aristophane, Nuées v. 7Ù8 : ûxkzv y]ji='î û. Aristoti: dans Athénée XI; p, 4G4.
sablon en le réduisant en poudre (terere) à l'aide du mortier (pila) ou de la meule (mola). Puis ils mélangeaient neuf parties de ce sable pulvérisé avec trois parties de sel de nitre', en régularisant les proportions soit avec la balance, soit avec une mesure de capacité. Ces matières premières, on les versait dans des pots {urcei fictilcs, ollœ) ou des creusets (mortariola) en terre cuite % après quoi on les mettait au four.
Avant l'invention des fours de fusion, le verre se fabriquait dans des excavations pratiquées dans la terre. Les peintures égyptiennes que nous avons citées plus haut, représentent ces brasiers au bord desquels les ouvriers sont assis pour cueillir la matière vitreuse. Et comme l'Orient est le fidèle gardien de toutes les traditions, ce genre rudimentaire y a coexisté longtemps avec les fourneaux perfectionnés, s'il ne leur a pas survécu. Maïmonidc qui, en sa qualité de médecin du sultan Saladin, avait séjourné bien des années en Egypte , a encore vu de ces excavations cimentées et pourvues de banquettes circulaires, sur lesquelles on plaçait les creusets 3.
Quant au four proprement dit (en grec xà(Mvoç ùe>.oupyt/.ii 4, en latin fornax), nous ne sommes renseignés ni sur sa forme, ni sur sa disposition intérieure. Celui que Ion voit, à côté du brasier, sur les fresques de Beni-Hassan, est très-simple; une ouverture, ménagée en bas et munie d'une grille, facilite la circulation de l'air. Mais je crois que les anciens déjà avaient des arches accessoires (arcae ou mansiunculae) 5, attenant au grand four de fusion, chauffées à des températures différentes, et destinées à la confection des soudes, au frittage, à la recuisson. Chaque arche avait sa voûte hémisphérique (fornax arcuarius), son tisard (ûopa, os) et ses ouvreaux (ônaî, fenestellœ) par lesquels on introduisait les pelles et les cannes. L'hiver, les passants s'arrêtaient volontiers dans une verrerie pour se réchauffer à la chaleur du fourneau G.
La fonte du sable mêlé à la soude constituait et constitue aujourd'hui encore le frittage (ftaXa£iç). J'ai trouvé plusieurs mots s'appliquant à cette opération : nixEiv, p,aXà(ïïeiv, ùaXoùv, fundere} liquare. Mais pour arriver à la fusion complète du verre, il faut une chaleur intense. Aussi, dès que la fritte était achevée, on la transvasait (transfundere) au moyen de cuillères de fer (cochleae ferreae)i dans d'autres creusets, plus solides, et l'exposait à un feu violent. Le bois de chauffage devait être sec et léger8. Sur les bords du Nil, on brûlait les tiges ou les racines du papyrus , et si , par la négligence des ouvriers , le' feu venait à s'éteindre , on attribuait cet accident à une salamandre qui se serait glissée dans le fourneau. Les verriers avaient donc grand soin de secouer le papyrus avant de s'en servir 9,
t. Jenc croîs pas me tromper en interprétant ainsi le passage, encore inexpliqué, de Pline. L'auteur romain compte d'après le système duodécimal.
2. Vitruve, 1. VII, 11.— Ollœ optime coctœ.Co/tfJnuateur de /'Heraclius, p. 57.