Pline, XXXVI, it
9- Olympiodore, rit Aristot. meteorolog. , t. II, 228, Ideter. — Comparez Elien II, 3i.
D'après Plutarque', on prêterait le bois de tamarisque à tout autre combustible, et ce renseignement paraît venir de bonne source, car en Syrie et dans la Hautc-Égypte le tamarisque atteint les proportions du chêne. Avec un tel calorique, la vitrification s'opérait rapidement; on remuait le plus possible la masse en fusion % et bientôt cette masse se transformait en un fluide (massa) aux teintes grasses et noirâtres 3 qui s'appelait ammonitrum (sable au nitre). Dés lors, il ne s'agissait plus que de continuer la cuisson ' et de faire disparaître cette couleur noire, résultat que nos verriers obtiennent par l'écrémage du bain et par l'addition d'une dose de nitrate de potasse.
Les termes techniques usités pour ces opérations préliminaires sont les mêmes qu'employaient les fondeurs de métaux. La composition du verre est la conditura ou la mixtura ; combiner les soudes, c'est temperàre harenam, car tout mélange est un temperamentum. La fonte fvûatç, fcwvEÎa) s'appelait plus spécialement la cuisson, car à côté du verbe fondre foeîotott] nous rencontrons souvent les mots cuire (e<|istv, coquere) et brûler (/.aieiv) 5.
Après avoir constaté que l'affinage est à point et que le verre a la pureté et la transparence voulues, on arrête le feu; la matière vitreuse prend alors une certaine consistance (tokvoxtiç), et c'est à ce moment que les ouvriers saisissent leurs cannes ou leurs felles et vont la cueillir dans le creuset , les uns pour la façonner (tu7CoOv, formarc, figurare) au moyen du souffle (spiritus, flalus; vitrum conjlare), les autres pour la couler dans un moule. La canne {virga) est un tube de fer ayant à peu près la longueur d'une coudée" et muni, à l'une de ses extrémités, d'une embouchure en bois. Lorsque le manchon est cueilli , on imprime à la canne un mouvement de rotation {circumduccre in girum) et on commence la paraison du verre en le roulant sur cette table de fer qui s'appelle, par une singulière contradiction, le marbre1. Les Égyptiens se seraient-ils servis d'un bloc de granit ?
On le voit, les procédés de nos fabriques modernes ne diffèrent pas sensiblement de ces antiques usages, antiqua ratio vitrî, comme dit Pline. S'il nous restait quelque représentation figurée de l'intérieur d'une verrerie grecque ou romaine, nous pourrions peut-être accentuer davantage cette analogie, et le sujet nous serait ouvert de toutes parts ; mais il n'y en pas. Tout ce que nous possédons en ce genre , c'est le fragment d'un poëme grec qui porte le nom de Mésomèdeet, par conséquent, remonte à l'époque de l'empereur Hadrien. L'auteur ne se préoccupe pas de la fritte , il nous montre l'ouvrier cassant un bloc de verre et jetant les morceaux
i. Qiuvst. comnvales, III, 10, 3 : «pic lï. «y. wO
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