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VERRES IMITANT LES PIERRES PRÉCIEUSES

28)', parfois le vert (pl. X, j9) >, le jaune (pl. XXIX, 120)3, le violet (pl. XXIX, 121); puis l'idéal est atteint dans ces rarissimes petits vases où le bleu et le vert, alternant avec des veines laiteuses ou du rouge le plus vif, sont comme écrasés par un ruban d'or qui prête aux couleurs environnantes un reflet de son éclat (pl. II, ij )5. Un flacon de ce genre, découvert à Cumes, imite la forme d'une clochette6; d'autres sont des espèces de tubes, sveltes et allongés, dont le liséré, soit d'or, soit de vert poudré d'or, décrit une ligne de dentelures ou serpente en spirale autour du cylindre'. Cette bigarrure de tons, loin de déplaire, a quelque chose de si abondant, de si inattendu, qu'elle étonne et charme 'œil. Ce n'est pas la beauté, mais c'est la fraîcheur et la grâce.

Les imitations du jaspe , du porphyre, de la brèche, sont beaucoup moins fréquentes qu'on ne croirait. II est vrai qu'à Rome, où l'on rencontre d'énormes quantités de fragments de verre coloré, on réunirait facilement toute une série d'échantillons de ce genre; mais les vases complets sont rares, et plus rares encore les reproductions exactes de ces pierres. Presque toujours il s'y mêle une couleur ou un émail, appliqué à l'extérieur du vase, qui n'existe pas dans la réalité, car on ne vise pas à la ressemblance stricte. Le verre a cette supériorité sur la nature qu'il peut agrandir son domaine à volonté, en prenant pour auxiliaires fart et le goût.

Il faut cependant citer cette belle pâte opaque de couleur pourpre que Pline appelle haematinum 8 et que l'on distingue à peine du marbre rouge. Une tête de Jupiter Sérapis trouvée à Rome''; une coupe revêtue d'un enduit stannifere et venant d'Algérie10 sont les seuls spécimens remarquables que j'en connaisse. Je ne sais si les vases lesbiens en verre pourpre (nopçupfciç étj ÙÉXou) dont parle un poëte ancien "appartenaient à la même famille ou, ce qui est plus vraisemblable, s'ils

1 . Grand vase pïriforme (bleu foncé, avec des taches blanches). Musée de Naples, n. 1 373. — Amphorisque en verre bleu transparent avec mouchetures en émail blanc opaque; trouvé à Hellange, en i853. Publications de la Société archéologique de Luxembourg, t. IX, pl. II, 5. — Amphore à panse sphérique,en verre bleu foncé Vvec mouchetures en émail blanc opaque [ Musée de Boulogne]. R. Smith, Collectanea antiqua, t. I, pl. I. — Gobelet trouvé à Athènes [Musée de Rouen]. Deville, pl. e3, d.

a. Slade, pl. coloriées II, 1. 2. VII, 1 (n. ri5).— Py\is du Musée de Naples (rubans jaunes et verts sur fond bleu foncé). — Couvercle de vase (vert avec des taches blanches). Cat. Campana, n. 194.

3. Petit vase jaune, avec des taches blanche*. Musée de Naples. —Grand lécythe, couleur d'amtre, avec des taches en émail blanc. Collection Slade (p. 16, n. 85; fig. 28;. Trouvé dans une des îles de l'Archipel. — Cunthare de la même collection.

4. Grand vase (sans anses) de verre violet avec quelques mouchetures blanches [Musée Britannique]. — Scyphus. Deville, pl. 53, a.

5. Ce verre vient de Naples, ainsi que celui de la Collection Slade (n. 76; pl. col. II, 1). Un troisième parait être sorti des fouilles de Volterra {Bullettino deir Instituto, 1874, p. î35).

6. Coll. Temple au Musée Britannique (Harrison, pl. Sg3). — Coll. Campana au Louvre.

7. Collections Slade (pl. col. III, 3,n. 75. Harrison, /. c.)etWebb.— Le .Musée étrusque de Florence possède une coupe de ce genre, ornée de rubans d'or et de lisérés rouges sur fond bleu, avec bordure blanche.

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