‹ La verrerie antiqueChapitre 38 sur 145 · Achetée en 1874 pour le Musée du Louvre · texte numérisé non relu

Achetée en 1874 pour le Musée du Louvre

1 1. Hedylus dans Athéne'e XI, 486. — Lesàium, genus vasis cœlatia Lesbis inventum. Festus, p. n5 (éd.Miiller).

étaient en pâte translucide. Nous avons vu (p. 36) qu on employait le marbre d'Alabanda, d'un rouge purpurin, à la fabrication de certains verres. En revanche, je me suis livré à de vaines recherches pour retrouver un de ces vases en pâte obsienne dont la couleur imitait une pierre noire, pierre d'Ethiopie, et dont on faisait non-seulement de la vaisselle de table, mais des bustes et des figurines '. Quelques bracelets (vignette^ p. 49) et imitations de camées sont tout ce que j'ai rencontré en cette matière.

Au résumé, les verres de couleur, même les verres transparents, ont toujours un point de ressemblance avec les pierres précieuses. Le blanc (candidum, Xeux&vJ simule le cristal de roche 2 , parfois la chalcédoine lorsque des veines de blanc opaque sont apposées sur un fond blanc diaphane ; le bleu (-ytauxov) imite le saphir5 ; le rouge se rapproche tantôt du rubis, tantôt du grenat de Syrie; le violet a l'aspect d'une améthyste; la teinte verte (^pâ^Lvov) varie entre lemeraude et la prase; le jaune (jurpivov) prend l'éclat de la topaze orientale ou de l'ambre. Mais on ne saurait admettre raisonnablement que ces gemmes aient été pôur les verriers une source d'inspiration habituelle. Il convient donc de ne pas pousser plus loin la comparaison et de réserver aux verres isochromes un chapitre à part, où le sujet pourra s'étendre et se développer à loisir.

Dans nos musées et collections particulières, il existe un assez grand nombre de verres imitant les pierres dures, pour nous aider à apprécier le genre.

Le Trésor de Monza possède une tasse en pâte bleue que les Italiens ont longtemps prise pour un véritable saphir +. Elle fait pendant avec le Sacro Catino de la cathédrale de Gênes, cette relique merveilleuse qui, sous le nom de Saint Graal, joue un si grand rôle dans nos légendes du moyen âge. D'après la tradition, le Sacro Catino aurait servi à Jésus-Christ pour^ célébrer sa dernière Pàque avec les apôtres. Retrouvé par les croisés, l'an 1102, dans la mosquée de Césarée de Palestine, il échut en partage à l'armée génoise. Je ne me propose pas d'en donner ici l'historique; mais je dois dire que, pendant sept siècles, on le crut taillé dans un bloc demeraude, et cette réputation imméritée lui valut l'honneur, sous le premier Empire, d'être transporté à Paris et déposé au Cabinet des Médailles {novembre 1806). Ce fut là seulement qu'on en examina la matière et qu'un minéralogiste éminent 5 reconnut que c'était du verre. Lemeraude compte parmi les gemmes que les anciens imitaient sans difficulté 6. On raconte que l'empereur Néron regardait les combats des gladiateurs à travers une émeraude ; nul doute que ce ne fut également une pierre

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