PARTI H : PRODUCTION ET MANIPULATION
la table seule est commandée par la machine, les plateaux sont entraînés par le frottement des glaces ; dans telle autre, les plateaux entraînent la plateforme ; dans telle autre encore les plateaux et la plateforme sont commandés par la machine tournant parfois dans le même sens, parfois en sens contraire ; parfois la table est rivée à son pivot, parfois elle peut s’en détacher pour être enlevée après chaque opération au moyen d’un chariot ; parfois ce sont les plateaux qui peuvent s’écarter au moyen d’un autre chariot comme dans la première plateforme décrite ; parfois deux tables sont travaillées par un seul et unique grand plateau ; parfois la table est recouverte de lames de fer, parfois de tôle de fonte ; parfois elle est tout en bois comme il en a été fait pour la Russie; parfois la plateforme est commandée par engrenage, par courroie.
L’esprit des inventeurs, on le voit, s’est courageusement multiplié dans la construction de cet appareil et la nécessité d’échapper à la multiplicité des brevets a fait naître des combinaisons de toute nature.
Autrefois, les glaces étant doucies des deux côtés, on passait à la seconde opération, le savonnage.
Par ce travail, les surfaces doucies étaient, comme on l’a dit, frottées verre sur verre avec interposition de quatre numéros successifs d’émeri de plus en plus fin. Le mouvement était beaucoup plus lent qu’au douci, dix à quatorze révolutions par minute.
Il y a cinquante ans, le savonnage se faisait partout à la main ; afin de réduire le coût de la main-d’œuvre, on a imaginé des appareils à savonner.
Ils sont actuellement de deux espèces, mais imitent mécaniquement le mouvement du savonnage à la main, qui consiste à promener sur une glace fixe une glace mobile dont le centre décrirait un 8 allongé.
Dans tous les appareils, la glace fixe repose sur une table de pierre recouverte de toile mouillée destinée à empêcher le glissement, habituellement la table est fixe ; on en a cependant construit qui ôtaient soumises à un mouvement de va-et-vient.
La première espèce d’appareils à savonner opérait le mouvement de la glace mobile au moyen de deux bras de levier ; la seconde espèce, au moyen d’un seul bras de levier.
Les glaces étant savonnées des deux côtés, on les soumet à la troisième opération, celle du polissage.
Polissage.
Depuis fort longtemps le polissage ne se fait plus à la main, mais au moyen d’appareils mécaniques de deux sortes ; les plus anciens qui impriment aux feutres ou polissoirs un mouvement de va-et-vient rectiligne ; les nouveaux qui leur impriment un mouvement de translation circulaire.
Dans les uns comme dans les autres, la table est actionnée d’un mouvement rectiligne de va-et-vient, elle doit être carrée dans les anciens et peut être rectangulaire dans les nouveaux ; parfois elle repose simplement sur un chariot, d’autres fois elle y est rivée.
Les appareils à rotation, introduits seulement en Belgique en 1807, ont détrôné les anciens appareils à va-et-vient par la rapidité du travail et l’économie du polissage. Un appareil d’origine allemande avait des tables rectangulaires de 3 m sur 5 m avec 18 polissoirs et polissait en six et huit heures, autr efois le môme travail eût exigé douze heures de plus, il fallait des ouvriers polisseurs spéciaux ayant fait un long apprentissage. Un grand châssis en fonte repose sur six manivelles dont quatre motrices et deux conductrices, il est relié transversalement par trois lignes de poutrelles accouplées entre lesquelles sont maintenues les broches des 18 polissoirs.
Un an plus tard, la Société des Glaces et Verreries du Hainaut à Roux introduisit un appareil analogue, d’origine française ; il polit également à rotation, mais le mouvement de la table au lieu d’être uniforme est uniformément varié ; il est obtenu à l’aide d’une vis et d’une bielle avec manivelle. Quand les polissoirs sont sur les bords de la table, celle-ci ralentit, ce qui assure le polissage des bords comme du milieu de la table ; avec ces appareils on polissait en cinq heures.
Les appareils à rotation ont été supplantés en 1889 par les plateformes à polir; à la suite de recherches incessantes on est arrivé à faire le travail de doucissage, de savonnage et de polissage des glaces scellées sur une même table sans interruption, c’est-à-dire que l’on doucit et que l’on savonne sur une labié et que celle-ci est transportée sous l’appareil à polir.