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LA GLACERIE AUX ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

Compte rendu technique concernant trois des glacer ies-usines de la “ Pittsburgh Plate Glass C°

Les dix usines de la u Pittsburgh Plate Glass et Ce ” sont désignées dans les documents administratifs, techniques ou commerciaux de la Compagnie par des numéros d’ordre.

Celles que nous avons eu l’occasion de visiter portent les numéros 3, 4 et 5, et sont situées à Ford City en Pensylvanie.

Leur production en 1900 a été de près de 900000 mètres carrés.

Fours.

Tous les fours contiennent chacun 20 pots.

Ils sont chauffés exclusivement au gaz naturel.

11 est probable que d’ici à trois ans, par suite de l’absorption au gaz naturel par certains services publics, ce mode économique et extrêmement simple de chauffage devra être abandonné. Les fours devront être chauffés par du gaz produit dans des gazogènes ordinaires au moyen des houilles grasses.

La u Pittsburgh Plate Glass et C° ” est entrée depuis longtemps déjà dans une voie dans laquelle commencent à s’engager plusieurs industries européennes, en s’assurant la propriété de charbonnages destinés à faire face aux besoins de sa consommation.

Cette Compagnie possède trois sièges d’exploitation dont elle n’ab-

sorbe qu’une partie de la production pour l’alimentation de ses chaudières.

Le type des fours ne diffère guère de celui adopté par les glaceries européennes, si ce n’est que le niveau des chapelles est notablement moins élevé que dans les fours européens.

Il a été procédé jadis à d’assez nombreuses expériences de systèmes nouveaux de chargement des pots, mais ces expériences n’ont pas donné de résultats favorables, et le chargement primitif à la pelle a continué à prévaloir.

Pots.

Les pots sont généralement de dimensions plus faibles que ceux adoptés en Europe dans ces dernières années.

Le volume moyen coulé des glaces d’épaisseur normale ne dépasse guère 14 m\

Les pots sont de forme ronde, le type ovale employé en Europe n’a pas encore été appliqué aux Etats-Unis.

Halles de Coulée.

La disposition générale des bâtiments servant à la production des glaces brutes est la suivante :

Les fours sont disposés suivant un axe central.

De part et d’autre de la halle des fours et perpendiculairement à celle-ci sont établies les halles de coulée. Un pont roulant électrique parcourt la halle des fours dans toute son étendue, tandis que des grues également électriques assurent le service des halles de coulée.

L’espace disponible entre chacune des extrémités des tables de coulée et l’alignement des carcaises dépasse d’environ lm,50 les espaces correspondants admis par la plupart des glaceries belges.

L’utilité de cette surlargeur n’est nullement démontrée, et cette disposition oblige à employer des prolonges qui rendent plus difficile le poussage des glaces dans les carcaises.

Cette surlargeur semble avoir ôté motivée par l’installation de grues roulantes chargées de conduire jusqu’à la table les pots amenés par le pont roulant des fours à l’extrémité de la halle de coulée.

Carcaises.

La u Pittsburgh Plate Glass C° ” a décidé de transformer ses carcaises

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à plusieurs glaces en carcaises à une seule glace. Elle a déjà commencé à réaliser ce programme, et très prochainement la transformation sera complète.

Le système des carcaises à deux glaces a été sérieusement étudié comparativement à celui des carcaises à une glace avant que cette décision soit prise.

La comparaison précitée a conduit à conclure que du moment où le combustible peut être obtenu à un prix extrêmement bas, il y a lieu de préférer la carcaise à une glace, mais que si le combustible atteint un prix relativement élevé il y a lieu de choisir la carcaise à deux glaces.

Ce qui justifie la décision prise pour les usines de « Ford City » est le fait que pendant quelques années les carcaises pourront continuer à être chauffées au gaz naturel, dont le prix est des plus minimes, et ensuite au moyen de combustible coûtant environ 4 francs la tonne.

On comprend qu’en Belgique où les briquettes reviennent à 20 francs la tonne le système des carcaises à deux glaces soit généralement préféré.

Les anciennes carcaises des glaceries de u Ford City ” étaient construites pour trois glaces et certaines d’entre elles pour quatre glaces.

Le chauffage à l’aide du gaz naturel se fait au moyen de groupes de becs disposés sur les longs côtés des carcaises.

Le tirage est assuré par un collecteur raccordé à une haute cheminée desservant un groupe important de carcaises.

Coulée.

Bien que la traction du rouleau se fasse encore à la main, on est parvenu à réduire le nombre total des desservants à 20.

Il y a lieu de rapprocher le chiffre des nombres de 32 hommes, et même jadis 40 hommes employés, pour la coulée, par les glaceries européennes.

Un dispositif intéressant consiste dans le remplacement du lourd chariot à cornes, si peu maniable, et exigeant pour être manœuvré un espace considérable, par une pince à contrepoids suspendue au pont roulant.

Grâce à ce dispositif, la prise et la remise du pot sont effectuées par deux hommes seulement sans compter le personnel du pont roulant.

Aucune découpe n’est effectuée à la halle de coulée contrairement à ce qui se pratique encore dans quelques glaceries européennes.

Une application intéressante est celle de l’amiante à la construction des portes de certains fours tels que les « fours à bomber ».

L’une des usines possède une installation très complète de fours à bomber.

Refroidissement continu.

Nous exposerons plus loin en un chapitre spécial les résultats extrêmement favorables obtenus par l’application du refroidissement continu aux glaces n’excédant pas, comme surface 10 in2, et comme épaisseur 10 mm.

Des essais assez prolongés ont ôté effectués en vue d’appliquer le même système aux glaces atteignant 15 nr de surface et 15 mm d’épaisseur. Les résultats obtenus dans cette voie n’ont pas permis jusqu’à présent de généraliser ce système aux grandes dimensions et aux fortes épaisseurs.

Ateliers de douci-poli.

L’opération de doucissage et de polissage est effectuée moyennant deux scellages seulement ainsi que le font les glaceries européennes.

Les plates-formes employées ont en général 9 mètres de diamètre ; elles ont ôté, jusque récemment, actionnées chacune par un moteur spécial.

Actuellement tous les appareils sont mûs par un moteur unique.

Les plates-formes à doucir ne diffèrent pas sensiblement des types modernes employés en Europe, si ce n’est que les rails supportant les tables pendant le travail sont relevés par des pistons hydrauliques. Le doucissage s’effectue en trois heures et demie. Les tables amenées sous les polissoirs sont actionnées directement par la transmission et non point par le châssis supportant les polissoirs, ainsi que cela a lieu dans les appareils du système Malevez, par exemple.

La partie supérieure des appareils à polir est disposée approximativement comme celle des appareils à doucir du système Malevez.

Deux moellons légers équilibrés au moyen de contrepoids supportent les polissoirs. Ces derniers ont environ O"1, 40 de diamètre et sont beaucoup plus légers que ceux généralement employés en Europe.

L’opération du polissage n’absorbe guère plus de *2 heures 1/4 pour un travail soigné.

Une expérience de répartition automatique de la potée et des émeris a engagé à revenir au système primitif du lançage à la main.

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Le scellage continue à s’eiîectucr sans molleton, bien qu’un essai dans ce sens ait été tenté.

Il est juste de dire que le prix du molleton employé au cours de cet essai était à peu près décuple de celui dont se servent les glaceries belges.

Le scellage au plâtre de la face déjà polie donne lieu ainsi que nous l’avons constaté au cours de notre visite, à d’assez nombreuses filasses.

Transbordeurs.

Tous les transbordeurs servant au transport des tables sont très bien conditionnés et actionnés par trollov. Ils marchent à très grande vitesse, chargés ou vides. Ce sont les transbordeurs qui, au moyen de cordes passant sur des poulies de renvoi, assurent la manœuvre complète des tables.

Les transbordeurs circulent sur une voie d’environ 3m,50 d’écartement.

Qualité du verre.

Le verre qu’il nous a été donné de vérifier est de qualité très satisfaisante.

Nous n’y avons pas constaté d’amas de points ni de bouillon et les schlagues y étaient peu nombreux. La teinte du verre vu par la tranche est peut-être légèrement plus verte que celles des meilleurs produits européens, mais ce fait serait môme sans importance quant à l’emploi commercial des produits.

Magasins.

Les chevalets sont extrêmement rapprochés, tant dans les magasins que nous avons visités à Ford City que dans ceux que nous avons parcourus dans d’autres villes.

Les piles de glaces sont disposées presque verticalement, ce qui permet d’en augmenter l’épaisseur sans redouter l’écrasement.

Les magasins ainsi disposés peuvent contenir, à surface égale, incontestablement beaucoup plus do glaces que la plupart des magasins européens.

Emballage.

Des ponts roulants desservent toutes les parties des halles d’emballage.

Les caisses sont fabriquées au moyen de planches ne dépassant guère 12 mm d’épaisseur, môme pour de grandes dimensions.

Les caisses pleines sont disposées horizontalement etempilées jusqu’à grande hauteur sans qu’il en résulte aucun inconvénient.

Services accessoires.

Les fours à plâtre sont disposés verticalement et desservis par des chaînes à godets.

Les chaudières sont toutes du type Babcock et AYilcox, c’est-à-dire à tubes. Elles sont alimentées de combustibles automatiquement, et l’enlèvement des cendres est également automatique.

Le service électrique est important, bien que le comité technique ne soit pas jusqu’à présent partisan d’employer l’électricité pour actionner les appareils à doucir et les appareils à polir.

Les glaceries de Ford City disposent en commun d’une importante fonderie et d’ateliers mécaniques, bien outillés, qui fabriquent non seulement tous les appareils dont elles ont besoin, mais qui produisent également ceux qui sont nécessaires aux sept autres glaceries de la Compagnie.

Travail.

L’impression qui se dégage d’une étude des conditions de la production des glaceries aux Etats-Unis c’est la préoccupation constante qu’ont leurs dirigeants de faire produire à leurs appareils, et à leur personnel, constamment le maximum possible. C’est-à-dire que toute perte de temps est soigneusement évitée, jusque dans les moindres détails delà fabrication.

Glaces minces.

Malgré les préjugés anciens il faut reconnaître que dans la plupart des applications les glaces minces, c’est-à-dire de 2 à 5 mm, présentent de nombreux avantages sur les glaces épaisses de 5 à 10 mm. Elles sont notablement plus légères, exigent des châssis moins résistants, sont plus maniables et, argentées, sont plus blanches que les glaces plus épaisses.

On pourrait ajouter qu’elles permettent de réaliser une économie de transport et même d’emballage.

Leur épaisseur moindre est de nature à empêcher normalement leur

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production à des dimensions très grandes, mais si l’on considère que le volume moyen de toutes les glaces demandées par la clientèle mondiale ne dépasse pas 0 m2,60, on reconnaîtra que les dimensions auxquelles il est possible de produire des glaces minces sont plus que suffisantes pour répondre à 90 0/0 de la demande normale.

Différents essais de production de glaces minces ont été tentés dans plusieurs pays, et les mécomptes rencontrés ont, en général, accrédité l’idée que cette fabrication présentait des difficultés excessives.

Ce que nous avons eu l’occasion de constater de visa , sous ce rapport, dans l’une des usines de la « Pittsburgh Plate Glass C° », permet de conclure qu’en réalité les difficultés rencontrées n’étaient pas insurmontables.

Le refroidissement des glaces s’opère dans les appareils continus ou « Stracous ». La discrétion ne nous permet pas de fournir des renseignements complets quant à cette partie de la fabrication, bien qu’elle nous ait été montrée et expliquée jusque dans ses moindres détails. Nous pouvons dire toutefois qu’une glace de 10 m2 met 1 heure 50 pour être refroidie de sa température d’entrée, supérieure à 1200° jusqu’à 200° qui est la température de sortie. L’appareil contient à la fois 11 glaces. Son pouvoir de production se calcule comme suit. Chaque glace : 10 m2 ; par heure, 60 m*; par 24 heures, 1440 m2 ; par 300 jours, 432.000 m2 ; ou par 365 jours, 525000 m2.

La casse provenant du refroidissement est nulle sauf pendant trois ou quatre heures qui suivent la remise en marche après un arrêt de 24 heures.

Nous avons eu l’idée d’appliquer ce mode de refroidissement continu il y a plus de 15 ans. Cette idée n’ayant pas été adoptée, nous nous contentons de le mentionner simplement ici.

Doucissage et polissage.

Des appareils généralement employés au travail des glaces minces ont environ 6 m de diamètre. Toutefois il nous a été donné de constater que des résultats très satisfaisants étaient obtenus en fabrication courante avec des appareils de plus grande dimension, construits pour les glaces épaisses.

Des expériences ont été poursuivies jadis pour le fixage des glaces minces sur des tables perforées rainurées, sous l’action d’une pompe à vide; mais ces expériences n’ont rien présenté de particulièrement intéressant.

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