VOCABULAIRE
Affinage, voir Écrémage.
Canne. — Tube en fer creux. L'une de ses extrémités (celle que le verrier tient dans sa main) est munie d'une garniture en bois. De tous les outils du verrier la canne est sans contredit le plus indispensable; c'est, grâce à son seul secours, qu'on peut obtenir le soufflage du verre
qui, comme on le verra, est le mode de travail employé pour la fabrication de la presque totalité des objets en verre.
Ainsi qu'on peut s'en convaincre en se reportant à la planche (pages 4 et 5) représentant des verriers thébains, son usage remonte à la plus haute antiquité.
La canne mesure de deux à trois mètres de longueur.
Carcaisses. — Fours à recuire les glaces.
Ciseaux. — Ils servent à couper le verre lorsqu'il est encore malléable.
Cuillère. — 11 y en a de deux espèces. L'une qui sert à transvaser le verre d'un grand creuset dans d'autres plus petits ; l'autre à écrémer le verre en fusion.
Ecrémage. — Action d'enlever les corps étrangers qui surnagent sur le verre. Ce travail est quelquefois désigné sous le nom d'affinage.
Fritte. — Par ce mot dont l'objet joue, comme on va le voir, un rôle très-important dans la fusion du verre, on désigne l'opération qui consiste à faire subir aux substances vitreuses une chaleur assez forte non-seulement pourchasser l'humidité et brûler les substances combustibles qui s'y trouvent, mais encore pour leur faire subir un commencement de fusion.
Les creusets contenant la fritte sont ceux qui, placés dans les parties latérales du four (voir planche 10, p. 51), reçoivent une chaleur moins grande que ceux qui, occupant le centre du foyer, sont les creusets de fusion.
Gamin. — Nom donné à l'ouvrier qui aide l'ouvrier souffleur.
Groisil. — Produit de la casse et des rognures de magasin.
Halle. — Atelier de fabrication.
Lagre. — Feuille de verre épais, ou plaque en terre rèfractaire sur laquelle on pose le verre lors de l'étendage.
Marbre. — Plaque en fonte ou en fer, sur laquelle le verrier fait la paraison.
Ouvreau. — Nom donné à des espèces de petites fenêtres qui, s'ouvrant et se fermant à volonté, sont placées au-dessus des creusets, afin que l'ouvrier puisse successivement y introduire les matières vitrifiables, et en retirer le verre dont il a besoin.
Palette. — Outil en fer servant à marbrer et arrondir le cueillage du verre.
Paraison. — Opération consistant à tourner et retourner sur le marbre le verre pâteux et adhérent à la canne.
Pelles à rebords, plus ou moins grandes, à l'aide desquelles on jette les matières vitrifiables dans les creusets.
Pontil. — Longue verge en fer plein, qui sert soit à étirer simplement le verre, soit à le torsiner. (Voir Étirage du verre et Verre filigranes .
Recuite. — Tel est le nom que Ton donne à Tune des opérations les plus importantes de l'industrie verrière, car, sans elle, le verre étant très-mauvais conducteur du calorique se briserait au moindre changement de température.
Pour obvier à cet inconvénient on dépose chacune des pièces terminées, et alors qu'elles sont encore rouges, dans un four spécial où on les laisse se refroidir lentement. Suivant M. Péligot, « c'est à un recuit insuffisant qu'il faut attribuer la casse si fréquente des verres de lampes, surtout quand on les emploie pour la première fois. »
Puisque nous sommes dans la casse, ne la quittons pas avant d'avoir signalé une erreur qui attribue au persil la faculté de casser le verre. Ce conte n'a certainement pu être inventé que par quelque cuisinière rejetant sa maladresse sur le dos du persil qui, soyez-en certain, est tout aussi inoffensif au verre que peut l'être une rose ou un œillet. En un mot le persil ne casse que le verre qu'on laisse tomber à terre.
Ringard. — Instrument en fer avec partie supérieure en bois, servant à remuer la fritte et la matière vitreuse des creusets.
Maintenant que nous savons quelles sont les matières dont on fait le verre, que nous connaissons la signification des mots techniques employés par les verriers, nous n'avons plus qu'à pénétrer dans leur vaste atelier, qu'ils désignent sous le nom de halle.