VERRE A VITRES EN COURONNE
La composition et la fonte du verre soufflé en couronne ou en plateau étant les mêmes que celles du verre en cylindre, nous n'avons donc à nous occuper ici que du procédé de soufilage que nous empruntons à M. Debette. (Dictionnaire des arts et manufactures.)
6ï LES MERVEILLES DE LA VERRERIE.
« Dès qu'il a rassemblé la quantité de verre convenable, l'ouvrier la réchauffe en l'introduisant dans le four par l'embrasure placée au-dessus du pot de verrerie; puis il souffle cette masse et en forme peu à peu une sphère volumineuse; il réchauffe celle-ci en soutenant la canne sur un crochet de fer qui fait saillie en dehors, et lui imprime un mouvement continuel de rotation pour empêcher la pièce de verre de fléchir et de s'affaisser d'un côté ou de l'autre.
<( Il aplatit ensuite le côté opposé au bout de la canne, soude une autre canne et coupe le col du sphéroïde vers le bout de la première canne. On dilate alors l'ouverture de ce col au moyen d'une planche qu'un aide introduit dans l'orifice et qu'il appuie contre les parois, tandis que l'ouvrier fait tourner la pièce et produit de la sorte un cône tronqué semblable aune cloche à melons. Il réchauffe ensuite fortement la pièce, puis, plaçant la canne horizontalement sur une barre de fer, il lui imprime un mouvement de rotation très-rapide. En vertu de la force centrifuge, la cloche s'étend et s'aplatit de manière à donner une table ronde et d'une épaisseur assez égale jusqu'à une certaine distance du centre. Quand l'opération est terminée, l'ouvrier porte la feuille de verre, en continuant de tourner, sur une aire plate en cendres chaudes, l'y dépose horizontalement, et par un léger choc la détache de la canne; un aide la reprend à l'aide d'une fourche, et la place dans le four à recuire dans une position verticale. »
D'après cette description que la seule figure pourrait au besoin expliquer, on comprendra que ces verres à vitres, qui n'étaient pris que dans la partie circulaire de la couronne ayant à son centre un noyau très-épais et assez large, ne pouvaient fournir de vitres ayant plus de 39 centimètres sur 31. Aussi est-ce à cette seule exiguïté qu'il
faut attribuer l'abandon de ce genre de fabrication dont les produits, ne répondant plus aux besoins de l'époque, obligeaient la France à s'approvisionner à l'étranger. Ce tri-
Fig. 15.
but payé à l'industrie étrangère dura jusqu'au commencement du dix-huitième siècle, époque à laquelle Drolinvaux, militaire français qui avait été frappé de la supériorité des vitres qu'on fabriquait en Bohème au moyen du soufflage en cylindre, fonda au siècle dernier la verrerie de Saint-Quérin qu'on peut regarder comme la souche de toutes les verreries qui depuis se sont livrées à la fabrication des verres à vitres en cylindre, fabrication, du reste, qui se trouve décrite dans l'ouvrage du moine Théophile (douzième siècle) intitulé: Diversarum artium schedula.