‹ La verrerie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 26 sur 66 · DE LA DORURE SUR VERRE ET DU VERRE SABLÉ D'OR · texte numérisé non relu

DE LA DORURE SUR VERRE ET DU VERRE SABLÉ D'OR

L'or appliqué sur certaines parties extérieures du verre fut peut-être connu et même pratiqué par les anciens qui savaient, chose bien plus difficile, mêler l'or au verre; mais en l'absence des monuments eux-mêmes, nous nous contenterons de donner ici le mode employé de nos jours, mode qui, à peu de différence près, doit être celui dont on se servait autrefois.

Pour apposer un décor doré sur un verre, on fait dis soudre une certaine quantité d'or dans l'eau régale. Quand l'or est dissous, on traite cette dissolution soit parla potasse, soit mieux encore par le sulfate de proloxyde de fer. Le précipité étant formé, on le passe au filtre ; et une fois mêlé avec une très-petite partie de borax calciné, on le réduit en pâte au moyen de l'essence de térébenthine.

Après que cette pâte est appliquée sur le verre au moyen du pinceau, on expose le verre au feu du moufle qui, par sa température, volatilise l'essence de térébenthine et vitrifie le borax.

L'or ainsi solidement fixé sur le verre, on lui donne le bruni (partie polie et brillante) au moyen d'un polissoir de sanguine, auquel succède un brunissoir en agate.

Fiff. 32.

Verrerie vénitienne sablée d'or.

Ce mode de dorure est, au surplus, identique à celui employé pour dorer la porcelaine.

Puisque nous parlons de la dorure employée comme moyen d'ornementation du verre, ce ne sera pas sortir du sujet que d'appeler l'attention du lecteur sur un autre mode de travail très-rare et beaucoup plus difficile à s'expliquer,

car si tout le monde est d'accord sur le mode d'application extérieure de la dorure que nous venons d'indiquer, il nm est, certes, pas ainsi du travail dont nous allons parler.

Il s'agit d'un pot à anse, de fabrique vénitienne, dont le verre est décoré de parcelles d'or intérieures (fig. 32).

L'explication de ce genre de travail, qui, nous le répétons, est très-exceptionnel, a longtemps préoccupé l'esprit des savants les plus compétents dans la matière; et, au moment où nous écrivons ces lignes, le doule existe encore; car, suivant les uns, l'or aurait été mêlé à la pâte vitreuse alors qu'elle était encore dans le creuset, tandis que, suivant les autres, l'or en poudre n'aurait été répandu sur le verre qu'au moment de la paraison.

Puisque le champ des opinions est encore ouvert, qu'il nous soit permis d'émettre la nôtre sur un point qui, suivant nous, n'a pas été assez étudié, nous voulons parler de la complète pîanimétrie du vase.

Si nous admettons que l'or a été simplement apposé sur le verre encore malléable, il doit nécessairement en résulter (quelque précaution, quelque soin qu'on ait apportés pour son adhésion) certaines aspérités appréciables, sinon à la vue, tout au moins au toucher.

Ce dernier fait ne se produisant pas sur le vase qui nous occupe, il ne nous reste qu'à chercher quel a pu être le mode employé pour sa fabrication.

Suivant nous, il existe deux modes de travail qui, s'ils sont différents dans l'exécution, deviennent identiques quant au résultat; car l'un consisterait à semer la poudre d or sur la masse de verre au moment de sa paraison, tandis que l'autre s'obtiendrait en tournant cette même masse de verre sur un marbre couvert de poudre d'or.

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