DE LA COLORATION DES PIERRES PRECIEUSES ARTIFICIELLES EN STRASS
La base de toutes les pierres précieuses artificielles est le strass, auquel on donne la coloration par la dissolution, dans ce cristal en fusion, soit de certains oxydes métalliques ou autres, soit de l'or, de l'argent, du soufre, du charbon, etc.
Le strass, cristal très-riche en plomb, a été produit, vers le commencement du dix-neuvième siècle, par un artiste qui lui a donné son nom. Telles sont ses parties constitutives d'après M. Dumas :
Silice 38.2
Oxyde de plomb 53.0
Potasse 7.8
Alumine, borax, acide arsénique. . . . Traces.
Nous allons maintenant faire connaître, d'après M. Péligot, les formules employées pour la fabrication des pierres précieuses factices le plus en usage, renvoyant
le lecteur à l'ouvrage de M. Lançon1 pour toutes les autres.
Améthyste. — 1,000 parties de strass et 25 d'oxyde de cobalt.
Aventurine. — On ignore l'étymologie de son nom. Suivant les uns, elle vint de sa ressemblance avec le quartz aventurine, et, suivant les autres, de l'iieureuse maladresse d'un ouvrier qui laissa tomber par aventure un peu de limaille dans un creuset contenant du verre en fusion.
Malgré les diverses tentatives faites par plusieurs verriers français, nous devons reconnaître que, d'origine vénitienne, c'est encore aujourd'hui Venise qui possède le seul procédé, le seul tour de main plutôt, de la belle aventurine sans veines enfumées. A la tète de ces heureux verriers, nous devons citer le nom de M. Bigaglia.
Suivant M. Péligot, « l' aventurine est un verre jaunâtre, dans lequel se trouve disséminé une infinité de petits cristaux de cuivre, de protoxyde de cuivre ou de silicate de cet oxyde. Lorsqu'il est poli, ce verre offre, à la lumière surtout, un aspect chatoyant qui le fait employer dans la bijouterie. »
Depuis la publication des excellentes Leçons de M. Péligot, une découverte a été faite (1865) sur la matière qui nous occupe, par M. Pelouze. Ce savant formule ainsi la composition de l'aventurine dont il est l'auteur : 250 parties de sable, 100 de carbonate de soude, 50 de carbonate de chaux, et 40 de bichromate de potasse.
Émeraude. — 1,000 parties de strass, 8 d'oxyde de cuivre, et 0,2 d'oxyde de chrome.
Rubis. — 1,000 parties de strass, 40 de verre d'antimoine, 1 de pourpre de Cassius et un excédant d'or.
1 L'Art du lapidaire. Paris, Garnier, 1830.