‹ La verrerie en Gaule sous l'Empire romainChapitre 54 sur 75 · VERRE.S A RÉSILLE TAILLÉE A JOUR ET MAINTENUE A DISTANCE · texte numérisé non relu

VERRE.S A RÉSILLE TAILLÉE A JOUR ET MAINTENUE A DISTANCE

DU RÉCIPIENT (Diatrètes). — Si l'art des sculpteurs sur verre est en décadence à l'approche du iv^ siècle, il n'en est pas de même de leur habileté technique. Les verres à résille maintenue à distance du récipient en font foi. Ces vases remarquables, qu'on appelle ordinairement diatrètes (2), sont de vrais chefs-d'œuvre de métier. Leur forme est celle d'un bol apode plus ou moins évasé (forme 79 et variantes) . Leur ornementation consiste en une résille de verre découpé. Cette précieuse dentelle n'adhère pas au récipient ; elle y est rattachée par de fines barrettes de verre.

Les diatrètes étaient des pièces de grand luxe d'une extrême fragilité. Les rares exemplaires qui sont parvenus jusqu'à nous datent tous du dernier quart du iii*^ siècle ou de la première moitié du iv<^.

Nous signalerons les suivants comme particulièrement dignes d'attention :

i. Strasbourg (Alsace). — Fouille de 1825. Diatrète recueilhe dans un sarcophage en pierre avec une monnaie d'or de Constance P'" (mort

(i) Trêves, Provinzialmuseum, salle 20, vitrine VIII, ii" 05.429' [voy. Antox Kisa, Das Glas im Altcrtume, p. 639, et fig. 243].

(2) Netzbecher des archéologues allemands.

LA \rERRERIE EX GAULE SOUS L'EMPIRE ROMAIN.

en 306) (i). La résille, comme il est de règle dans les récipients de ce genre, ne montait pas jusqu'à l'orifice du vase. Une bande, réservée dans la partie supérieure, portait une inscription en relief. De cette inscription, il ne restait que les lettres : .... Xim.... Xe. Avgv....

On a pensé que cette coupe faisait partie du service de table de l'empereur Maximien Hercule qui passa le Rhin en 297.

La diatrète de Strasbourg, conservée au musée de cette ville, fut détruite lors du bombardement de 1870.

2 et 3. Cologne. — Fouille de 1844. Deux diatrètes de verre inco-

FlG. 313. — Diatrète, trouvée à Cologne. — Antiqitarium de Munich,

■ IV s'".

KlC. 313.

— Dlatrète découverte à Cologne.

■ i\^ s. — ■ Musée de Berlin.

lore, découvertes, rue Benesis, dans deux sarcophages voisins dont l'un contenait une monnaie de Trajan, l'autre une monnaie de Constantin II (337 à 340) (2).

La plus grande de ces diatrètes, conservée à l'Antiquarium de Munich, est pourvue d'une inscription latine : Bibe. Mvltis. Anxis. (fig. 312).

La plus petite est au musée de BerUn. Sa résille est surmontée d'un texte grec : nue zhcaic il^vaum (fig. 313).

(i) ScHWEiGH-iUSEE, dans Kunstblatt, 1826, p. 358 ; dans Bonner Jahrbiiclier, V-VI, 380 et dans Mémoires de la Société des Antiquaires de France, t. VI, 1S42.

(2) Urlichs, Vasa diatreta in Kôln, dans Bonner Jahrbiicher, 1844, fasc. 5 et 6, p. 377-3S2, pi. XI et XII.

LES PROCÉDÉS D'ORNEMENTATION

4. Hohensulzen. — Fouille de 1869. Diatrète trouvée dans un sarcophage avec une bouteille forme 9 en verre incolore gravé. Cette diatrète, une des pièces les plus remarquables de toute la verrerie antique, est de taille exceptionnelle (21 centimètres de diamètre). Elle est en verre incolore décomposé. Elle est dépourvue d'inscription (i) (fig. 314).

Dans le sarcophage où elle a été découverte, elle gisait, cassée en

AAâyctict.Stnt.-l^ll.

FiG. 314. — Diatrète, trouvée à Hohensulzen. — Musée de Mayence et Musée provincial de Bonn.

deux morceaux, aux pieds du squelette. A la suite de quelles péripéties ces deux morceatix, au Ueu d'avoir été rejoints, sont-ils arrivés dans des musées différents? On ne sait. Toujours est-il que le plus grand fragment est actuellement exposé au musée de Mayence, et le plus petit au Pro\'inzialmuseum de Bonn (2^ .

(i) Bonner Jahrbûcher, T,rv, 69, pi. IT, 2. (2) N" A. S64.

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