Peinture
I,' antiquité nous a laissé quelques monuments qu'on peut considérer comme les précurseurs des verres peints du Moyen-âge et des Temps modernes (2). Ces produits sont rares. Les sujets qui les ornent ont été d'abord gravés légèrement à la pointe.
L^ plus remarquable des verres peints qui nous soient parvenus est un bol forme 71, trouvé à Nîmes en 1858 et conservé au musée du Louvre (3) (pi. i et fig. 157). Il est en verre vert émeraude, sur lequel se déroule une scène polychromée appartenant au répertoire gréco-oriental : le Combat des Pygmêes et des Grues (4). L'artiste a représenté trois grues et deux Pygmées armés d'une lance et d'un bouclier ; sur le fond du vase, il a peint une fleur à huit pétales.
En examinant de près ce précieux document, on aperçoit la trace d'une première ébauche à laquelle le peintre ne s'est pas arrêté ; c'est ce qui explique la présence de deux têtes de grues qui n'ont pas servi et qui doublent les têtes définitives.
Il est probable que le bol de Nîmes a été fabriqué dans, quelque officine des régions méditerranéennes. Deux bols peints, présentant avec lui de frappantes analogies, ont été recueiUis en Algérie.
(i) Becker, Rômisch. Inschrift, VII, H. i.
(2) N'ayant pu faire analyser l'enduit des verres peints qui nous passèrent par les mains, nous n'avons pas voulu aborder Its questions ayant trait à la technique de la peinture sur verre dans l'antiquité.
(3) I,e verre peint de Nîmes a été publié par M. Héron de Villefosse d^ns la Revue archéologique de 1874, t. I, p. 2S1 à 289 avec planche.
(4) Le Combat des Pygmées et des Grues est d'origine égyptienne. Il est souvent représenté sur les vases antiques du vi» et du v« siècles av. J.-C. Il est peint notamment sur le pied du célèbrenast! François conservé au musée de Florence et sur le vase F. 44 du Louvre. [Voy. Ed. Pottier, Catalogne des vases antiques du musée du Louvre, p. 733, et le Dictionnaire des Antiquités de M. Saglio, t. IV, p. 783,%- 5-90i-] tes Pygmées sont assez communs dans le décor des vases arveraes à reliefs moulés fabriqués à Lezoux. [Voy. J. Déchelette. Les Vases ornés, I, p. 224, et II, p. 146, n" 991.]
LES PROCÉDÊvS D'ORXEMKXTATION. 249
Le premier, en verre blanc laiteux, provient d'Alger (fouille de 1852). Il est orné de deux sujets représentant des combats do gladiateurs d'abord gravés à la pointe, puis peints (i).
IvC second, en verre bleu, a été découvert à Khamissa. Il est décoré de deux oiseaux voltigeant dans des feuillages. Une fleur à pétales rayonnants, rappelant celle du bol de Nîmes, est peinte sur le fond (2).
La peinture sur verre a laissé dans la vallée du Rhin quelques œuvres importantes du Romain IL C'est une bouteille forme 41, originaire de Dûrffenthal près Zûlpich, décorée d'un quadrige (Bonn. Provinzialmuseum no 17.303) (3). C'est encore une carafe forme 40, découverte à Cologne, ornée de poissons et de scorpions (Musée Wallraf-Richartz) (4).
Peut-être faut-il, avec les Allemands, rattacher aux productions rhénanes du iv^ siècle, des bols forme 81 trouvés en 1870, dans une sablière à Thorslunde, en Seeland (5). Les sujets peints sur ces bols appartiennent au répertoire gréco-oriental : chiens courants, oiseaux, fauves poursuivant des cervidés.