I. — L'alexandein
Mistral traite l’alexandrin de façon classique, surtout à ses débuts. Il nous est difficile de trouver dans Micèio ce que les théoriciens de l’art romantique ont appelé le vecs fernaire, tel que:
Les fleurs au front, - la boue aux pieds, - la haine au cœur...
C’est à peine si l’on peut compter sept vers de cette sorte dans le chanti de Mirèio, 5 dans le chant n, 1 dans le chant m1, 7 dans le chant v, 11 dans le chant vi, 3 dans le chant vu, point du tout dans le chant iv. On voit que la moyenne est en somme de six vers ternaires par chant, et encore quelques-uns de ces vers sont-ils susceptibles de recevoir à la sixième syllabe une forte coupe, qui les ramène à la forme classique. Ainsi :
La chatouno venié d’arriba si magnan (Mir., 1, Str. 15).
peut se scander, somme toute:
La chatou | no venié d’arriba | si magnan.….