‹ La Versification de Frédéric MistralChapitre 37 sur 38 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ainsi donc la plus nette, la plus juste, la plus pure des techniques. la plus traditionnelle, sans que ce respect de la tradition empêche la liberté et l'innovation, la plus hardie parfois, sans que cette hardiesse rompe jamais avec l'héritage du passé poétique, qu'est-ce à dire sinon d’un mot la plus harmonieuse technique. où des

qualités presque contradictoires se fondent et se forti-

fient l’une l’autre, la technique enfin la mieux appro--

priée à une poésie qui se rattache étroitement au passé, tout en gardant sa profonde originalité, — voilà ce qu'il nous faut admirer dans toute l’œuvre de Mistral.

Ces éloges, à la fin de cette étude, se présentent

comme une conclusion naturelle ; ils ne sont point le

fait d’un enthousiasme patriotique, d'une admiration

convenue, ils jaillissent de l'étude elle-même. Quelle

que soit l’opinion que l'on ait Sur la valeur de l’œuvre

de Mistral, sur sa portée, sur son avenir.- il est une chose que l'on doit reconnaître, parce que ce n’est point affaire d'impression où de sympathie, mais fait d'expérience : Mistral est un admirable ouvrier en vers, un artiste que l’on peut comparer à tous les plus grands de toutes les littératures.

Sans doute un don naturel. que nous avons constaté,

servi encore par les fàcilités que lui offraient une lan-

gue, une prosodie, une orthographe très libres, lui | nermis de manier les vers avec une aisance souveraine ; mais il reste encore à son honneur que de cette aisance il n'a jamais abusé. Ce n’est point un virtuose ;

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