XVI NOTICE
qui n'entre pas frappe à la porte : « Buve% vite! » ditBéatrix. Seulement le bouillon est trop chaud, il ne faut pas songer à boire: on se dépêche de cacher la tasse et de se mettre à soupirer. ^
Après r incident du bouillon, l'épisode du fripier et celui du tailleur. Miris, pour être irréprochable, habille ses gens de deuil. Le fripier apporte pour Crispin pourpoint, chausses et casaque, et Crispin est enchanté de a quitter les couleurs ». Quant à Béatrix, qui ne veut pas moins qu'une robe à queue, elle saute lestement sur un escabeau, afin que le tailleur comprenne la hauteur de Y escabeau dans la mesure de la jupe. Et toujours le rire mêlé aux tristes détails d } un convoi qui s 1 apprête, toujours le grotesque à côté du sinistre, toujours la réalité sous toutes ses formes. Rien n'y manque, jusqu'à la justice qui vient sceller les armoires et qui se trouve aux prises avec la garde-malade réclamant le droit de sa profession sur les hardes du mort.
Semblable au dieu de la machine antique, le commissaire amène enfin le dénouement. Avant que son oncle épousât Miris, le neveu aimait sa tante future, et, lorsque Clidamis (le neveu) fait instrumenter avec tant de rigueur, c'est peut-être pour obliger la jolie veuve à se jeter entre ses bras. Si c'est une tactique, la tactique réussit.
Miris, effrayée, passera sur bien des choses, pourvu que Clidamis renvoie le terrible commissaire.
Avec Béatrix, qui souffle un mot à l'oreille du neveu, un mot à Voreille de la tante, un pas se fait d'un côté sans qu'on recule beaucoup de Poutre. Clidamis balbutie, Miris se tait, Béatrix conclut, et tout est dit. Le corps n'est pas encore descendu dans la chambre basse que la veuve de Cléon est devenue la nièce de son mari.
Quand de Visé présenta son manuscrit à Molière, certainement Molière n'y reconnut pas cette comédie faite d'imagination sereine, de chaleur et de vérité au grand jour, dont il avait créé le modèle; mais la singularité de l'entreprise, Vidée de reproduire en laid la banalité des choses et de pousser jusqu'à Veffronterie Vexactitude de l'imitation n'étaient pas absolument pour lui déplaire. Un deuil menteur à réaliser, un tableau d'intérieur à composer avec ses comédiens, un nouvel aspect de la vie, de nouveaux costumes, de nouveaux jeux de scène, de nouveaux effets d'attitude, de voix, de silence à leur faire essayer, c'était pour lui un grand attrait et une partie de l'art théâtral où il était encore un admirable maître.
Qu'il ait suivi, qu'il ait dirigé les répétitions de la Veuve a la mode, c'était un soin qu'il