SCENE III. Il
Crispin.
Il le faut avouer, c'estoit un bon vivant.
Beatrix.
Bon! Je ne pense pas qu'on en trouve un semblable. Hay ! hay ! hay ! hay ! hay l hay ! Que je suis misérable ! Ah! ah! ah!
Crispin.
Elle étouffe, il la faut délacer :
Ses soupirs sont si gros qu'ils ne peuvent passer.
Ayant pleuré Monsieur, je pleure pour Madame. Ah ! que ne laissoit-il des enfans à sa femme ! Son neveu, que Ton tient son unique héritier, N'auroit pas tout son bien.
Crispin.
Il l'aura tout entier.
Dame Jeanne.
Aile n'a point d'enfans?
Beatrix.
Non.
Dame Jeanne.
Que n'en faisoit-elle?
Crispin.
Qu'importe? on la prendra pour la veufve pu celle.
Beatrix.
Elle n'eut pour cela jamais d'ambition, Bt toujours les enfans furent sa passion.
Crispin.
Dans un pareil besoin on en doit faire faire. Elle devoit prévoir qu'elle en auroit affaire; Et, comme sans l'apprendre on sçait ce métier-là, Elle eût trouvé par tout des ouvriers pour cela.
Clidamis eut pour elle autrefois de la flame. Je crois qu'il voudroit bien hériter de la femme Ainsi que des écus.
Crispin.
Je le crois, entre nous, Et j'en ay veu Monsieur presque quasi jalous.
Beatrix.
Il l'aime assurément, et j'ay sceu le connaistre.
Dame Jeanne.
Vous n'avez pas encor entarré vostre maistre Qu'à sa veufve déjà vous baillez un épous.
Beatrix.
Mais elle vient. Comment la consolerons-nous?