IV PRÉFACE
Un autre indice qui donne à penser que Molière avait pris un intérêt tout particulier à cette comédie, ainsi qu'aux autres pièces de Donneau de Visé qu'il fit représenter sur son théâtre, c'est qu'il engagea sans doute son libraire Jean Ribou % à publier ces comédies, après avoir obtenu en son nom les privilèges pour l'impression. Avant la Veuve à la mode, la comédie des Amants brouillés ou la Mère coquette, la première pièce que de Visé donna, en i665, au théâtre de Molière, avait été publiée par Pierre Trabouillet, qui partagea son privilège (en date du 4 janvier 1666) avec les libraires Théodore Girard, Michel et Bobin.
Nous voulions seulement, en écrivant cette préface, rechercher comment Molière se réconcilia avec Donneau de Visé, qui lui avait été d'abord hostile, et qui travaillait d'ailleurs pour la troupe royale de l'Hôtel de Bourgogne.
Ce fut sur ce théâtre qu'on représenta, en 1660, une comédie en vers intitulée : la Cocue imaginaire, composée exprès pour profiter de la vogue extraordinaire que la comédie de Molière, le Cocu imaginaire, venait d'obtenir au théâtre du Petit- Bourbon. La première édition de la Cocue imaginaire avait été publiée sous le titre des Amours d'Alcippe et de Ce'phise, en vertu du privilège